ORIGINE

Blessure d’abandon : Elle a passé sa vie à vouloir qu’on l’aime (avec Sara Lepage)

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Le Laboratoire Origine

Un accompagnement collectif de 3 mois

Pour comprendre ce qui te freine, retrouver une vision claire de ce qui est juste pour toi, et repartir avec une méthode que tu pourras réutiliser toute ta vie.

Découvrir le Laboratoire Origine

Dans cet épisode du podcast Origine, je reçois Sara Lepage pour une conversation profonde autour de la blessure d’abandon, de la quête de reconnaissance, de l’estime de soi et du chemin vers l’affirmation personnelle.


Sara revient sur son enfance, le divorce de ses parents, la rupture avec son père, son parcours de comédienne à Paris, sa reconversion dans le coaching en développement personnel, la maternité, les relations amoureuses, la prise de parole et le besoin profond d’être aimé.


💛 Origine : ma formation pour reconnecter ton coeur à tous tes domanes de vie : https://graouacademie.fr/cours/origine/


Pourquoi certaines personnes passent-elles leur vie à chercher la validation des autres ?

Comment les blessures de l’enfance influencent-elles nos relations, notre confiance en nous et notre manière d’entreprendre ?

Peut-on transformer ses blessures en force pour avancer ?

Et comment apprendre à s’aimer soi-même sans dépendre du regard extérieur ?


Dans cet échange intime et authentique, nous parlons aussi :

- de la blessure d’abandon et de la blessure de trahison

- de l’estime de soi et du besoin de reconnaissance

- de la relation père-fille

- du perfectionnisme et de la suractivité

- de maternité et de transformation intérieure

- d’entrepreneuriat et d’autodiscipline

- de développement personnel et de coaching

- de prise de parole et d’affirmation de soi

- de vulnérabilité sur les réseaux sociaux

- de féminin, puissance intérieure et authenticité


Un épisode profondément humain pour toutes les personnes qui cherchent à mieux se comprendre, à guérir certaines blessures émotionnelles et à reprendre leur place dans leur vie.



🎙️ Origine est un podcast introspectif autour de l’histoire des êtres humains, de leurs blessures, de leurs forces, de leur singularité et de ce qui fait profondément qui ils sont aujourd’hui.


📍 Retrouve Sara Lepage :

Instagram : https://www.instagram.com/saralepagecoach/

Site / coaching / retraites : https://coaching-saralepage.com/


🎥 Découvre notre échange en vidéo : https://youtu.be/saFy7ibyklo



👤 À propos de moi

Je m’appelle Jérémy Guillaume et je crois profondément qu'un changement durable n’est possible que dans l’amour de ce que tu es et de ce que tu as été.

Et c'est exactement pour ça que j'aide les entrepreneurs à se reconnecter à leur cœur et à leur singularité en identifiant clairement leurs valeurs et leurs blessures dans le but de se créer un business parfaitement aligné.

On bosses sur la stratégie, sur l'acquisition, la conversion, la délivrabilité, le marketing, la communication, mais toujours avec une approche basée sur la rechercher des causes plus profondes des blocages existants.

Si t'es pas prêt à une introspection profonde, ce n'est clairement pas pour toi.


Viens échanger sur https://www.instagram.com/jeremyguillaume/ et direction www.jeremyguillaume.fr pour bosser ensemble.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Le texte complet de cet épisode, reformaté

Introduction et présentation de Sara Lepage

Jérémy : Bienvenue dans ce nouvel épisode d'Origines. Aujourd'hui, je suis avec Sara Lepage. Bonjour Sara.

Sara : Bonjour.

Jérémy : Ça fait quelques mois que je t'avais proposé cet échange, on le fait aujourd'hui. Je te suis depuis quelques années sur Instagram, j'ai des amies qui ont bossé avec toi — Océane, Marlène. Ta vision des choses m'a toujours intéressé, ce que tu faisais, les retraites que tu organises. On va parler de tout ça pour comprendre l'origine qui t'a amenée à créer tout ça dans ta vie. Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter ?

Sara : Je suis Sara, originaire d'Auvergne. J'ai grandi dans le Puy-de-Dôme, dans la nature, à la campagne. Ensuite, j'ai eu toute une carrière de comédienne et de metteuse en scène à Paris. Aujourd'hui, je suis coach certifiée, spécialisée en prise de parole et en affirmation de soi. Mais pour moi, je suis coach en développement personnel, puisque j'accompagne le développement personnel et professionnel de la personne.

De la scène au coaching : son parcours

Jérémy : Tu me disais en off que ce terme-là définit clairement ce que tu fais.

Sara : Oui, mais j'ai mis du temps à l'assumer. Au début, on te dit : « Non, c'est galvaudé, le développement personnel, ça ne veut rien dire. » Tu cherches un titre qui va être plus acceptable, et au final, tu te dis : non, ce qui me parle, c'est ce terme-là, parce que c'est ce que je fais et c'est comme ça que je l'ai vécu aussi.

Jérémy : Et comment tu as réussi à l'accepter ? Parce que quand j'ai dit autour de moi que j'étais coach, les gens me répondaient qu'il y avait des coachs partout. Moi, ça ne me touche pas, parce que je sais que mes clients viennent et qu'ils sont contents de venir. Mais comment tu as dépassé ça ?

S'affirmer en tant qu'entrepreneur

Sara : Je pense que dans le chemin de l'entrepreneuriat, il y a cette phase du « qui je suis » en tant que coach, mais aussi en tant qu'entrepreneur. Réussir à s'affirmer là-dedans, ça prend du temps, il y a des allers-retours, il faut se chercher. Je me suis fait accompagner, je me suis souvent fait coacher — il n'y a pas photo pour avancer et dépasser des choses. Au début, je voulais peut-être plaire à plus de monde, correspondre. Et puis à un moment, tu resserres l'entonnoir et tu t'affirmes dans ton identité. Les retours m'ont encouragée aussi : ce sont les résultats de mes coachings qui font que je suis coach en développement personnel.

Et ceux à qui ça ne parle pas, on ne se rencontrera pas.

Jérémy : C'est vrai qu'il y a souvent ce truc : tu prends confiance parce que les choses sont plus fluides, ça se passe, et tu n'as plus à te poser la question, parce que les gens sont là.

Ce qui la rend unique : l'énergie solaire

Jérémy : J'ai une première question que je pose à tous mes invités : qu'est-ce qui te rend unique selon toi ? Ce n'est pas une question facile, et je n'ai pas été sympa parce que je ne te l'ai pas dit avant.

Sara : On est tous uniques. Ce qui m'intéresse, c'est justement de faire prendre conscience à mes clients qu'ils le sont, à travers leurs forces, leurs talents, leur puissance, leur lumière. Et moi, ce qui me rend unique… je dirais mon énergie. Mon énergie et mon ouverture.

Jérémy : C'est quoi ton énergie, pour toi ?

Sara : Mon énergie positive, mon énergie d'amour, mon énergie d'ouverture.

Jérémy : Un côté solaire, rayonnant.

Sara : Oui, le côté solaire — même s'il y a plein de personnes solaires. Mais teinté de mon expérience, de mon parcours.

C'est ma joie de vivre. C'est la foi que j'ai en la vie, en l'humain, en moi.

L'héritage positif de sa mère : « Tout est possible »

Jérémy : Elle vient d'où, cette foi ?

Sara : De ma mère, je pense. C'est ce qu'elle m'a transmis, à travers son éducation et les messages qu'elle m'a fait passer pendant toute mon enfance. Ma mère était une femme extrêmement positive : je ne l'ai jamais entendue râler, se plaindre, être médisante ou critiquer les gens. C'était quelqu'un de vraiment bienveillant, qui m'a toujours encouragée, soutenue, qui a toujours cru en moi quoi que je fasse. Et pourtant, je lui en ai fait voir. Même quand j'ai voulu partir à Paris et que je lui ai dit « je veux être comédienne », elle m'a répondu : « Vas-y. »

Jérémy : C'est énorme.

Sara : Elle avait la foi. Et surtout, pour elle, tout était possible, elle n'a jamais limité les choses.

Ce n'était pas « fais attention, sois prudente ». Non : tout est possible. Tu as ce rêve, tu veux le réaliser, vas-y.

Jérémy : C'est hyper intéressant, parce que dans une autre interview, la personne me disait qu'elle s'était sentie très contrainte par ses parents, notamment sa mère, et qu'aujourd'hui elle a ce besoin exacerbé de faire ce qui lui plaît. C'est intéressant d'avoir l'autre penchant.

Sara : Oui, mais c'est plus souvent ce cas-là. Mes clients, la plupart du temps, ont été limités par leurs parents. Ça crée énormément de croyances, de conditionnements. Parce qu'à l'origine, il y a deux choses : les conditionnements, et notre nature.

Inné vs acquis : l'influence des conditionnements

Jérémy : Tu penses que la personne qu'on est aujourd'hui est davantage définie par quelque chose d'inné, ce que tu appelles la nature, ou par les conditionnements ?

Sara : Les deux, complètement. Et cette foi que j'ai, qui est liée aussi à une vision artistique de la vie, me donne la conviction qu'on peut tout créer et que tout est possible.

Peu importe tes conditionnements passés, tu n'en es pas prisonnier. Et ça, c'est une putain de bonne nouvelle.

Excuse-moi du terme, mais il y en a qui ont du lourd dans leur passé : de gros traumas, des vécus compliqués.

Une enfance libre à la campagne

Jérémy : Dans le podcast, j'essaie de balayer toute l'histoire des personnes. Elle était comment, la petite Sara ?

Sara : Un peu comme je suis en tant que femme adulte : un boute-en-train, très solaire, tout le temps en train de faire des spectacles — et de me donner en spectacle aussi. J'ai toujours eu ce côté artiste extravertie. J'embarquais tout le monde, je créais des spectacles et je faisais payer mes parents pour qu'ils viennent me voir.

Jérémy : J'adore ! Et l'enfance dans le Puy-de-Dôme, dans la nature ?

Sara : Ça m'a apporté beaucoup de valeurs. Quand tu grandis à la campagne, tu grandis dans une innocence. Ce n'est pas le même environnement que la ville, le béton, les routes, la violence et la lourdeur qu'il peut y avoir. Je suis partie avec une enfance légère, même s'il y a eu des événements familiaux plus lourds.

Jérémy : C'est pour ça qu'on a déménagé, nous, qu'on est venus à la campagne : les enfants peuvent être dans le jardin, courir, prendre une branche, faire une cabane. Il y a un côté insouciance qui, je trouve, participe à un peu de sérénité pour grandir.

Sara : J'étais libre, je faisais ce que je voulais. Ma mère n'avait pas peur que je sorte le soir, parce que j'étais au village, sur la place, avec les copains, et il n'y avait zéro crainte.

Je n'ai pas grandi dans la peur.

Jérémy : Tu as conscience de ce que ça t'a apporté après ?

Sara : Ce sentiment de m'expandre, d'être libre. Et du coup tu développes plus de confiance, parce que tu es confrontée : tu partais toute seule dans la forêt, dans la nature, tu construisais des cabanes. Tu n'es pas enfermée, ce n'est pas « on va au parc, on descend de l'immeuble, on prend le métro ». Ça n'a rien à voir. De la liberté, de la joie. Et toutes les émotions que tu ressens quand tu es petit te constituent. Je pense que cette joie de vivre vient de là aussi, de mon enfance.

Jérémy : Avec une mère qui te laissait exprimer ça, et par mimétisme aussi : tu voyais ce fonctionnement-là et il te paraissait cool.

Études d'art et départ pour Paris

Jérémy : À quel âge tu pars ?

Sara : J'ai commencé les études d'art au lycée, c'est là que j'ai basculé dans l'art. J'ai fait un bac arts plastiques, option lourde. J'étais à fond dans la mise en scène, je faisais beaucoup d'installations et beaucoup de photos.

Jérémy : Tu es allée là-dessus parce que tu avais cette appétence ?

Sara : Oui, la créativité fait vraiment partie de ma personnalité et de mes valeurs. Et je pense que ça vient de la liberté que j'ai eue enfant, de pouvoir laisser s'exprimer ça.

Un enfant est créatif par nature. Si tu le laisses s'exprimer, ça va grandir.

Après le lycée, je suis partie à Paris pour faire des études d'art dramatique. À la base, je ne voulais pas devenir comédienne, c'était un rêve un peu trop haut. Je ne voulais pas avoir ce rêve. Je voulais faire art-thérapeute avec le théâtre. J'ai fait la fac d'arts du spectacle et je voulais passer le concours d'éduc à côté. Sauf qu'en arrivant à Paris, c'est le champ des possibles qui s'ouvre, quand tu sors de ta petite ville.

Jérémy : Tu avais quel âge ?

Sara : 19 ans. Tu vois des gens qui sont en école d'art comme toi et qui font aussi des cours d'art dramatique, et tu te dis : moi aussi. Et personne ne m'a limitée là-dedans, ma mère notamment. Donc je suis partie en école d'art dramatique pour apprendre à jouer.

Persévérance et passion pour la scène

Sara : J'ai fait plusieurs écoles, six ans d'études en art dramatique : chant, danse, théâtre, comédie musicale, mime, caméra, j'ai tout fait. Une période très intense, parce que je travaillais à plein temps à côté pour payer mes études — ce sont des écoles privées. On m'appelait Sarah Croft, j'étais vraiment une guerrière.

Jérémy : Qu'est-ce qui t'a fait tenir ? La foi dans ce projet, parce que ça te faisait rêver ? Entre le boulot, la fatigue, les cours…

Sara : Il y a une nature : je suis quelqu'un de persévérant, très dynamique, avec beaucoup d'énergie. Donner beaucoup, c'est déjà un fonctionnement chez moi. Et puis ça vibrait tellement fort.

Jérémy : Tu étais à ta place.

Sara : Il y a un truc qui te dit : je veux faire ça, pas autre chose. Il y a une connexion profonde à ton inspiration, à ton aspiration.

C'est comme quand tu avances vers tes rêves : il y a une énergie qui te porte.

Jérémy : Tu avais déjà une vision de ce que tu voulais faire plus tard ?

Sara : Je voulais jouer, être comédienne, et faire de la mise en scène — ce que j'ai fait très tôt aussi. Je suis sortie de l'école et j'ai créé ma compagnie tout de suite, que j'ai gérée pendant huit ans avec des amis à Paris. Je faisais de la mise en scène, je pouvais choisir les projets que j'avais envie de monter, par rapport aux messages, aux thèmes, aux auteurs, aux textes. Je pouvais vraiment me faire plaisir et que ça ait du sens. Et à côté de ça, j'ai beaucoup joué dans différentes compagnies : les tournées, le festival d'Avignon — sept années de suite en tant que comédienne. La vie de troupe, créer tout le temps, se marrer énormément. Le théâtre, c'est l'art de jouer : tu dois forcément être connecté à ton enfant intérieur, et il faut se marrer. Si tu ne te marres pas de tes propres conneries, de tes propres blagues, c'est sûr que le public…

Jérémy : J'ai une amie qui s'appelle Sarah et qui dit qu'une journée sans rire est une journée de perdue. Je ne sais pas si c'est propre aux Sarah.

Sara : C'est Chaplin qui disait ça à la base.

Blessures d'enfance et relation au père

Sara : Après, je pense que dans mon adolescence, il y a eu des choses qui m'ont conditionnée aussi. Des événements plutôt négatifs.

Jérémy : Tu es ok d'en parler ?

Sara : Oui. Le divorce de mes parents, comme beaucoup d'enfants : j'avais 11 ans. Et ça a créé une énorme rupture avec mon père, quasiment pendant dix ans. Blessure d'abandon, blessure de rejet, blessure de trahison. J'étais en colère, très en colère, donc j'avais des comportements excessifs dans tout.

Jérémy : Ça a eu quoi comme impact sur ta vie d'adolescente, de jeune femme ? J'imagine que ce n'est pas léger, une coupure comme ça avec la figure paternelle.

Sara : La relation père-fille, c'est une relation sacrée. Normalement, ton père, c'est la personne qui doit te protéger coûte que coûte, quoi qu'il arrive. Donc quand tu n'as pas ça, ça te crée un énorme sentiment d'insécurité, et tu vas essayer de combler ça autrement, à l'extérieur. Moi, ça s'est beaucoup joué sur l'estime.

Si ton père a démissionné, tu te dis inconsciemment : quelle est ma valeur ?

Il y a eu un gros taf sur l'estime de soi, puisque j'allais chercher la reconnaissance partout.

Jérémy : Et tu penses que c'est aussi ce qui t'a donné cette niaque, cette énergie, ce « on y va, je tiens » ? Peut-être que comme ça t'a manqué, tu l'as aussi créé en toi.

Sara : C'est exactement ça. À force d'aller chercher la reconnaissance à l'extérieur, qu'on me dise que je suis une belle personne, une bonne personne… Monter sur scène, c'est aussi une recherche d'amour. Le comédien a ce truc de « je veux qu'on m'aime ». Le manque d'amour, tu vas le chercher à l'extérieur. Je l'ai cherché pendant des années, jusqu'à ce que je rencontre le développement personnel, assez tôt, à 21 ans. C'étaient des stages pour artistes qui s'appelaient « Extreme Limits » : des stages pour repousser tes propres limites, être un artiste libre sur scène et pouvoir accueillir tous les personnages possibles. Mais c'étaient des stages de guérison, en fait. C'est là que je suis allée regarder cette blessure d'abandon, en prendre conscience, et pardonner à mon père.

Jérémy : C'est là que tu as renoué avec lui ?

Sara : Plus tard, beaucoup plus tard. Mais en tout cas, moi, je me suis apaisée.

La quête de reconnaissance extérieure

Jérémy : Ça m'intéresse d'approfondir ce sujet. Tu disais que le public, c'était une manière d'être approuvée. Je vois beaucoup de personnes que j'accompagne, qui peuvent avoir de gros comptes sur les réseaux sociaux, et il y a une course inconsciente derrière : vouloir plein d'abonnés, toujours plus. Cette quête de remplir un peu mon vide, ma blessure. Souvent, leur peur, c'est : « Si je répare ma blessure, mon business s'effondre. » Toi qui as vécu ça, quand tu arrives à réparer ça, qu'est-ce qui se passe concrètement ?

Sara : Déjà, je ne l'ai pas réparé pendant toutes ces années à Paris, parce que j'ai toujours cherché. C'est dans le chemin du dév' perso que je me suis rendu compte que la vie, ce n'était pas « je veux qu'on m'aime », mais « je vous aime ». Et c'est après cette ouverture que je me suis reconvertie et que j'ai pris cette posture de coach.

Jérémy : Tu n'avais plus besoin d'être aimée, et du coup tu étais prête à aider les autres. C'est une croyance que j'ai, mais j'ai le sentiment que ce que ça change, c'est la trajectoire de ton activité : quand tu n'es plus à la recherche de quelque chose, tu n'as plus besoin de remplir, donc les enjeux sont différents.

Sara : Oui. Et la force que j'en ai tirée, c'est qu'à ne pas trouver à l'extérieur ce dont j'avais besoin, tu deviens hyper autonome, tu te responsabilises, et tu deviens la personne qui comble tes besoins.

Tu deviens beaucoup plus complète, comblée. Et c'est là que tu es vraiment épanouie, que tu es un être beaucoup plus rayonnant.

Et tu n'es pas frustrée parce que les autres ne t'apportent pas ce dont tu as besoin. C'était ça dans mes relations avec les hommes, notamment : forcément, je cherchais un homme qui allait m'apporter cette reconnaissance-là.

Jérémy : Ton histoire avec ton père a beaucoup impacté ta relation avec les hommes ?

Sara : Tellement. Surtout quand tu as une blessure d'abandon : c'était insupportable qu'on me laisse. Je suis en couple depuis que j'ai 13 ans, j'ai toujours eu un homme à mes côtés. Après, j'ai bien évolué dans l'homme que je recherchais. Mais au début, ça créait des scènes violentes pour moi émotionnellement : dès que je sentais que l'autre s'éloignait, me laissait, ou que je vivais une rupture, c'était insupportable.

Apprivoiser ses blessures émotionnelles

Jérémy : Et comment tu as réussi à dépasser ça ?

Sara : Le fait d'apprivoiser ces blessures permet d'être moins en réaction. Quand tu vis le truc, tu sais : ok, là, c'est en train de réactiver ma blessure.

Jérémy : Apprivoiser, c'est les voir, les reconnaître, les accepter, les aimer quelque part aussi. J'ai l'impression que des blessures, on n'en guérit jamais. Elles sont là, elles te définissent aussi.

Sara : Exactement, ce sont des cicatrices.

C'est ça, l'idée : passer de la plaie ouverte à la cicatrice.

C'est présent, ça fait partie de mon histoire. Je sens et je sais quand elles se réactivent, et je sais que c'est à cause de ça que je vais ressentir quelque chose de très fort. Du coup, je peux me calmer, je peux réagir différemment, moins subir le truc.

Un moment de vie difficile

Jérémy : Je vais te poser une question. Choisis un numéro entre 1 et 10.

Sara : 3.

Jérémy : Si tu pouvais effacer un moment douloureux de ton histoire, lequel ce serait ?

Sara : Je pense en premier lieu à un IVG que j'ai vécu. Très jeune. C'était un moment difficile, qui m'a quand même traumatisée pendant plusieurs années.

Jérémy : Tu arrives aujourd'hui à voir ce que ça t'a apporté aussi ?

Sara : À part l'envie viscérale d'être maman… Je pense qu'à partir de là, j'avais une revanche à prendre.

Jérémy : Parce que ce n'était pas vraiment voulu ?

Sara : J'avais 15 ans, donc la question ne s'est pas trop posée.

La maternité : un tournant radical

Jérémy : Ça a changé quoi pour toi, d'être maman ?

Sara : C'est mon premier grand rôle. Ça a changé énormément de choses.

Ma grossesse a été charnière dans ma vie, dans mes fonctionnements et dans mon rapport à moi-même.

Jérémy : Si on revient à ton histoire, tu as ta compagnie jusqu'à quand ?

Sara : Jusqu'à mes 33 ans. En fait, ma fille et ma reconversion, c'était en même temps.

Jérémy : Et ça change quoi chez toi, dans ton corps, dans ta perception ?

Sara : Sur le coup, je me dis : oh là là, qu'est-ce que je vais faire pendant neuf mois ? Parce que j'étais hyperactive : Sarah Croft, plusieurs vies en une, plusieurs journées en une. Et donc une certaine violence contre soi. Parce que dans la suractivité, dans le surmenage et dans l'excès, tu es quand même dans une forme de violence envers toi-même.

Jérémy : Et une forme d'addiction derrière : à la dopamine, à la suractivité, accomplir 15 000 trucs. C'est une addiction tolérée, mais ça reste une addiction.

Sara : Voilà. Sauf que quand tu as un enfant, tu n'es plus tout seul. Et tu prends conscience que cette violence que tu te mettais contre toi-même, tu n'as pas envie de la mettre à ton enfant, et sûrement pas à ton bébé. Donc dès ma grossesse, je décide de me reconvertir. Je décide de prendre ce temps, parce que très vite, je ne pouvais plus jouer : je jouais dans des pièces très physiques. Je donnais juste des cours le soir et je faisais de la mise en scène le soir, mais toutes mes journées étaient libres. Ça laisse le temps de réfléchir, de se poser des questions. Je me suis dit : je vais faire une formation, comme ça j'aurai peut-être un truc à côté, ça va être cool.

Jérémy : Mais tu dis ça sans plus de conscience que ça, en mode « j'y vais, on verra bien ».

Sara : Je suis curieuse, ça peut être sympa. J'avais envie que ce soit dans l'accompagnement, je cherchais du côté sophrologue, hypnothérapeute. Et là, je suis tombée sur cette école de coaching, Serenity Coach Institute, à Paris : physique quantique, neurosciences, psychologie. Ça a été une révélation.

La révélation du coaching

Sara : C'était un an de formation, un diplôme d'État, très intense. Dès le début de ma grossesse, quand je décide de me reconvertir, j'ai eu plein de peurs. Est-ce que je vais y arriver ? Est-ce que c'est une bonne idée ? Est-ce que c'est le moment ? Donc j'ai pris une coach qui sortait de cette école, en me disant : je vais tester de l'intérieur. En trois séances, elle m'a dégommé toutes mes croyances. Je me suis dit : ah ouais, c'est quand même méga puissant.

Là, je prends conscience du travail que tu peux faire sur tes schémas internes, sur tes croyances, sur tes pensées, sur tes émotions.

Jérémy : Tu avais touché du doigt avec le dév' perso, mais sans aller en profondeur ?

Sara : J'étais plus dans la méditation, le yoga, les stages de guérison. Je n'étais pas dans le coaching. Me voilà donc partie pour faire cette formation. Au début, tout allait bien : j'étais enceinte, j'avais le temps, je pouvais faire la sieste et étudier. En plus, j'ai eu une grossesse merveilleuse — les hormones, j'étais là.

Jérémy : Il y en a plein qui vont t'écouter et qui vont dire « Aaah ! ».

Sara : C'était parfait, jusqu'à ce qu'elle sorte. Parce qu'il a bien fallu qu'elle sorte, sachant que trois jours avant d'accoucher, j'étais avec mes élèves en train de donner des cours, avec un ventre comme ça. Ils me disaient : « Mais t'es encore là ? » Et trois semaines après, j'étais encore avec mes élèves, parce qu'on était en train de monter des spectacles et que je ne pouvais pas les laisser tomber. Quand tu es artiste, intermittente du spectacle, tu as un engagement.

Jérémy : Et comment tu as géré cette période, avec ta fille qui arrive ?

Sara : C'est là que tout a basculé. J'ai eu une césarienne d'urgence, donc grosse récupération physique, parce que c'est une très lourde intervention. Et puis allaitement exclusif. C'était très intense, mais j'ai adoré du début à la fin. Sauf qu'à un moment donné, je me suis dit : mais comment je vais faire ? Il fallait que je fasse un mémoire, des stages, que j'aille aux Alcooliques anonymes, que je coache trois personnes — et j'étais moi-même coachée par deux personnes. Et puis tu n'as plus de cerveau : tu te lèves la nuit, tu te prends des descentes d'hormones, tu ne comprends plus rien. Et surtout, tu as un bébé à t'occuper qui ne dort pas la nuit, parce que c'est un bébé.

Jérémy : La fatigue, le côté hormonal qui est violent, le manque de sommeil, le stress, la découverte d'un nouveau monde.

Lâcher prise sur la perfection

Sara : Exactement. Et c'est là que j'ai fait le premier switch, un vrai game changer. C'est le moment où tu te dis : « Là, Sara, tu ne vas pas pouvoir être parfaite. » Parce que j'avais ce truc de Madame Parfaite : il fallait que je sois parfaite, la performance, j'étais sur tous les fronts. Et là, je me suis dit : tu ne vas pas réussir, tu ne vas pas être parfaite. Mais c'est ok.

Jérémy : Est-ce que cette recherche de perfection est liée à ton père, ce truc de « il faut que je montre que je suis une personne géniale pour avoir la validation extérieure » ?

Sara : Oui, inconsciemment.

Jérémy : Et qu'est-ce qui fait que tu arrives à switcher à ce moment-là ?

Sara : Pour ma fille. C'est vraiment elle, la prise de conscience.

Pour être parfaite, il faut se mettre la pression, être sous tension, se faire violence constamment. Et là, avec ma fille : non.

Et puis j'étais coachée à ce moment-là, donc j'avais tout l'accompagnement qui va avec, les outils, les trucs qui te mettent en introspection, qui te font revoir tes schémas, tes croyances, la perfection. Parce que c'est très courant chez les femmes, ce driver du « sois parfaite » — chez les hommes aussi, mais surtout chez les femmes. Donc je décide d'appeler la directrice pour lui dire : « Écoutez, je ne vais pas réussir, je ne rendrai peut-être pas le mémoire, je ne ferai pas la soutenance, mais c'est ok. » Et là, elle me valide : « Oui, c'est ton chemin. » Je change de posture face à cet examen, face à tout ce parcours, et je le fais de manière plus respectueuse. C'était marrant : j'allaitais, hop, je la donnais au papa, je partais deux heures à la bibliothèque, je revenais, j'allaitais.

Jérémy : Tu avais quand même un rythme soutenu, une discipline.

Sara : Oui, mais sans me mettre dix fois trop la pression comme je l'aurais fait avant. Avant, je me serais dit : « Putain, il faut que je sois là. » Là, je me suis dit : « Tu vas être là, et ça va être bien. » Et j'ai réussi. Je suis allée au bout, je suis arrivée deuxième de ma promo, félicitations du jury.

Jérémy : Le fait que la directrice valide, c'était aidant : avoir ce soutien du « c'est ok, je peux lâcher un peu ».

Sara : Oui, et c'était la première fois que je changeais autant un de mes fonctionnements, qui était totalement automatique.

Jérémy : Dans quelle mesure, pour toi, un élément extérieur aide au changement intérieur ? Là, tu dis que le déclencheur, c'est ta fille. Est-ce qu'on peut changer aussi profondément sans un driver extérieur ?

Sara : Le coaching est là pour défaire ces schémas. Le driver de la perfection, je le vois avec quasiment tous mes clients, c'est un truc de fou. D'abord, en prendre conscience — il y a des outils dans le coaching pour ça —, et après, reprogrammer. Quand tu prends conscience que tu as un fonctionnement qui n'est pas bon pour toi, qui te fait du mal, que tu fais 60 heures par semaine, que tu t'épuises, que tu te mets la pression, que tu es sous tension et que du coup tu n'es jamais satisfait…

Jérémy : Tu cours après du vide.

Sara : Prise de conscience, puis outil pour reprogrammer. Ça, je le fais tout le temps en coaching.

Jérémy : Pour toi, il n'y a donc pas nécessairement besoin d'un driver extérieur, et je suis d'accord. Je trouve que beaucoup de personnes attendent l'extérieur et se donnent une excuse — je ne sais pas si c'est une excuse — mais en tout cas ne prennent pas la responsabilité de changer les choses, alors que la transformation vient de toi.

Sara : C'est ça. Après, mes clients ont déjà fait la démarche de venir voir une coach, ils sont déjà dans le « il faut que ça change ».

La prise de parole comme porte d'entrée

Jérémy : Tes clients, à quel moment de leur vie ils viennent, et pourquoi ?

Sara : Il y a d'abord une porte d'entrée : la prise de parole, puisque c'est ma spécificité et que je la mets en avant. Et dans la prise de parole, il y a deux formes de motivation. La première, clairement, c'est la souffrance : quand tu prends la parole et que c'est dur, compliqué, que ça te fait du mal, que tu transpires, que tu ne dors pas pendant deux semaines avant. « Bénédicte, la semaine prochaine, vous allez faire une présentation devant tous les managers. » Hum hum ! Il y a une réalité, il y a une souffrance. Et ça se joue dans plein de contextes, pas seulement professionnels, puisque la prise de parole, c'est se positionner.

Jérémy : C'est aussi dans un repas de famille, arriver à donner ton avis. Je vois le nombre de personnes qui sont en PLS au moment de Noël, dans les fêtes, parce qu'elles se disent : « Je ne pourrai pas dire ce que j'ai envie de dire, je n'ose pas m'exprimer. »

Sara : Ça part de là : savoir dire non. Dans la prise de parole, je travaille beaucoup sur l'estime, parce que c'est la valeur que tu donnes à ta parole.

C'est de là que découle tout le reste : j'ose, je n'ose pas, j'ai le droit, je n'ai pas le droit, je suis légitime, je ne suis pas légitime.

Coaching de performance et charisme

Jérémy : Tes clients en prise de parole, ce sont des particuliers, des entreprises, des entrepreneurs ?

Sara : J'ai les deux, mais beaucoup de pros. Et c'est là qu'on arrive à la deuxième porte d'entrée : beaucoup de chefs d'entreprise, de managers, d'entrepreneurs qui ont besoin d'une parole fluide, confiante et impactante, parce qu'il y a un enjeu pro derrière. Ce sont des gens qui ne sont pas forcément en souffrance, mais qui ont envie d'être meilleurs. Et là, j'ai beaucoup d'hommes : le coaching de performance a un côté plus masculin, ils ont envie d'exceller, d'être charismatiques.

Jérémy : Et quelles transformations ils peuvent vivre à la fin du coaching ?

Sara : Il y a beaucoup de réussites, on célèbre beaucoup, parce qu'il y a souvent des targets : une présentation, un discours à un mariage. Des clients arrivent en disant : « J'ai ça, je dois le faire, je suis en panique. » Le besoin est fort et la deadline fait qu'il faut y aller. Les particuliers, eux, sont plus sur des problématiques de dév' perso, et notamment les femmes : là, on est sur l'affirmation de soi. Ce n'est pas tellement la performance de la prise de parole en public, c'est plus « comment je m'affirme ».

Retraites de femmes et puissance intérieure

Jérémy : C'est ce que tu fais aussi dans tes retraites, non ? De l'extérieur, j'y vois vraiment ce côté retour à soi, revenir à l'intérieur pour arriver à s'exprimer à l'extérieur.

Sara : Exactement. On est vraiment dans l'introspection, dans le coaching, dans la thérapie aussi un peu, parce que je fais venir des thérapeutes.

L'idée de mes retraites, c'est se connecter à sa puissance intérieure pour être inarrêtable et inabîmable, et apporter énormément d'amour dans ça.

Si tu te reconnectes à toi, à ce qu'il y a au plus profond de toi et des autres — parce qu'on est en groupe —, il y a la source, il y a l'amour. Et c'est tellement touchant et bouleversant que ça te donne l'énergie, l'envie de continuer. Et c'est ça qui nous manque parfois : l'envie.

Jérémy : Souvent, on me dit : « Oui, mais si je me reconnecte à moi, c'est égoïste, je vais être moins connecté aux autres. » Et je réponds que c'est tout l'inverse : c'est justement parce que tu es ok avec toi, beaucoup plus en sécurité avec toi, qu'il se crée quelque chose de plus sain, et que tu es plus sain à l'extérieur avec les autres.

Sara : Tout le temps : « Si je me fais passer en premier, est-ce que je ne vais pas être égoïste ? » Mais qu'est-ce qui se passe si tu te fais passer en premier, si tu écoutes tes besoins, si tu t'occupes de toi ? Tu seras satisfait, comblé, complet. Et qu'est-ce qu'un être comblé et complet ? Un être plus épanoui, plus rayonnant, et plus à même de s'occuper des autres. Et là, ton oui, c'est un vrai oui. Tu sais cadrer, tu te respectes.

Persévérance et autodiscipline en entrepreneuriat

Jérémy : Une autre question : choisis un autre numéro.

Sara : Huit.

Jérémy : Qu'est-ce qui te rend fière de toi ?

Sara : Ma persévérance et mon autodiscipline. Parce que l'entrepreneuriat, c'est de l'autodiscipline constamment. Un jour, on m'avait demandé en quoi j'étais courageuse.

Je suis courageuse parce que tous les jours, je me lève et, moi toute seule, je drive ma vie. Personne ne me dit ce que je dois faire.

Je n'ai jamais rien lâché, j'ai accompli les choses seule. Je suis maman solo. Donc je suis fière de ma persévérance, et fière de mettre autant d'amour dans ce que je fais.

Jérémy : C'est quoi, les qualités qu'il faut pour être à son compte ? Quand tu dis autodiscipline, c'est quoi ?

Sara : Avoir des objectifs, être disciplinée pour les réaliser, avoir un planning structuré. L'autodiscipline, l'automotivation. Ça demande beaucoup d'autonomie, il faut être hyper forte, seule, sans qu'on te dise « rendez-vous à telle heure, ton boulot c'est de telle heure à telle heure ». Donc beaucoup de structure, beaucoup de cadre, mais beaucoup d'ouverture aussi : aux autres, au réseau. Il faut aller à la rencontre des opportunités, parce qu'elles ne vont pas venir frapper à ta porte. Si tu es seule sur ton canapé, on est bien, mais rien ne viendra tout seul. Il faut passer à l'action.

Transformer ses traumas en force

Jérémy : C'est intéressant, parce que d'après ce que tu me partages depuis le début, j'ai l'impression que c'est beaucoup lié à l'absence de ton père : tu as développé ces éléments qui sont, je trouve, essentiels dans une activité — tenir, avoir une vision, s'y tenir, avancer, connecter. Et dans cet aspect origine, je trouve intéressant de voir que quelque chose de profondément traumatisant à la base reste traumatisant, mais amène aussi un lot : cette structure, cette rigueur, cette autodiscipline que beaucoup d'entrepreneurs n'ont pas. Et c'est aussi pour ça que beaucoup galèrent : ils se lèvent le matin et ne savent pas ce qu'ils ont à faire, où ils vont.

Sara : Ce serait la sagesse ultime de dire : merci à mon père.

Jérémy : La méthode que j'utilise en coaching part du principe que dans chaque événement, il y a autant de positif que de négatif. Souvent, on voit plutôt un côté ou l'autre. Et il y a vraiment cette idée d'arriver à percevoir l'équilibre, de percevoir que tout ce qu'on vit est profondément juste, parce qu'il y a toujours une justesse si on arrive à trouver l'équilibre parfait entre les deux.

L'équilibre, c'est d'être autant dans le « ça m'a manqué de ne pas avoir ce père » que dans le « merci, parce que grâce à ça, je suis la femme que je suis aujourd'hui ».

Sara : Complètement. Notre parcours, il ne faut pas le juger.

Jérémy : Il faut l'accueillir tel qu'il est et le voir comme une force. Est-ce que tu as des personnes en coaching qui ont vécu des événements traumatiques et qui s'y attachent, qui n'arrivent pas à avancer, ou qui ont besoin d'énormément de temps, d'efforts et d'énergie parce qu'elles tiennent à cette identité-là ? Ça demande à un moment de se demander : est-ce que je suis prêt à quitter cette identité ? Est-ce que je suis prêt à changer l'histoire que je me raconte ?

Sara : C'est l'ego qui adore s'identifier à son corps de souffrance, à ses blessures, à ce parcours. « J'ai vécu ça, je suis ça. » Mais non, en fait, tellement plus.

Jérémy : C'est pour ça que je trouve ton parcours beau. Sur le papier, ça a été assez fluide — j'imagine qu'il y a eu des moments pas évidents —, mais arriver à Paris, découvrir le développement personnel, cheminer et réparer tout ça au fur et à mesure… Il y a eu un lâcher-prise quelque part, qui fait que tu es allée vers ça et que tu n'es pas restée dans « mon père est parti », en entretenant ce truc jusqu'à tes 90 ans.

Le déclic de 2019 : nouveau départ dans le Sud

Jérémy : Un autre numéro ?

Sara : Allez, 6.

Jérémy : Qu'est-ce que tu aimerais que les gens ressentent quand ils sont avec toi ?

Sara : La paix et la joie. Parce que ce sont les émotions les plus belles, je trouve. Si je peux apporter ça… Je sais que j'ai plutôt tendance à apporter le côté boost, mes clients me le disent souvent : « Ça y est, je suis boostée. » Ça, je sais que je l'apporte par nature. La paix, c'est un apaisement : être là sans avoir besoin de plus, rien à prouver, rien à atteindre. C'est la présence.

Jérémy : C'est quoi l'événement qui t'a le plus marquée dans ta vie ? Positivement, négativement, peu importe. Je ne crois pas au côté linéaire, mais parfois il y a des prises de conscience, des événements qui font qu'il y a un switch.

Sara : Je pense à toute cette année 2019, où je suis devenue maman, où je me suis reconvertie et où j'ai déménagé. Le jour où j'ai été diplômée, la directrice me dit : « Tu es méga puissante. » Et quand elle m'a dit ça, je l'ai ressenti. Là, je me suis dit : c'est exactement ça que je veux faire ressentir à mes clients. Se sentir puissant. Alors qu'il n'était pas du tout question que j'arrête le théâtre avant — je faisais une formation « à côté », je voulais un truc « à côté ».

Et là, j'ai dit : je quitte Paris, je veux créer ma boîte et je veux faire ça. Je veux accompagner les gens à ressentir ça.

Jérémy : Et le déménagement, comment ça s'est passé ?

Sara : Je suis arrivée dans le sud de la France avec mon bébé de six mois. Je ne connaissais presque personne. Ça fait six ans et demi. Et là, je me suis dit : je vais créer ma boîte. Easy. Je suis partie de zéro.

Jérémy : Pourquoi ici, et pas à Paris ?

Sara : Parce qu'avec le père de ma fille, on était dans l'optique de quitter Paris. Si je n'étais plus dans le théâtre, il n'y avait même pas photo, pour élever notre enfant. Paris, c'était sûr que je n'allais pas y faire ma vie, j'y étais vraiment pour le théâtre. Donc : plus de théâtre, on bouge. Et lui attendait ça depuis un moment. On a choisi le sud de la France pour l'environnement, le dynamisme, la mer, la montagne — et le côté Paris-Marseille facile à faire, parce qu'on avait tous nos amis à Paris, on quittait tout notre réseau.

S'épanouir en tant que maman solo

Jérémy : Et quand tu dis « maman solo » ?

Sara : Je ne suis plus avec le père de ma fille depuis trois ans et demi.

Jérémy : Ça a changé quoi pour toi ?

Sara : Je pense que la fin de cette relation, c'était la fin de cette quête du « je cherche quelque chose, je veux qu'on me reconnaisse » — à travers la figure masculine. Et grâce au coaching, je suis devenue tellement autonome et forte que je me suis détachée de lui. On n'était plus trop sur la même planète non plus : quand tu fais beaucoup de dév' perso, et j'étais à fond dans le coaching, on ne se comprenait plus. C'était la décision la plus dure de ma vie, franchement : quitter le père de son enfant, ce n'est jamais prévu.

Jérémy : Et par rapport à ce que tu as vécu, j'imagine que ça faisait écho.

Sara : Quitter quelqu'un, c'est très compliqué pour moi. J'ai mis beaucoup de temps.

Jérémy : Parce que tu n'as pas envie de lui faire vivre cette blessure-là.

Sara : Exactement, c'est une blessure d'abandon. Très compliqué. Mais en fait, c'était juste. Et par rapport à mes conditionnements passés, je repense à ma mère pour qui tout était possible. Se reconvertir : tout est possible. Tout est possible, je peux tout faire.

Jérémy : Tu avais des peurs quand même, à ce moment-là ? Quand tu l'as quitté, quand tu t'es installée…

Sara : Quand je me suis reconvertie, quand j'ai déménagé, quand je suis devenue maman.

Jérémy : Je vois que tu as un côté battante, il y a cette force. Mais j'imagine que tu as quand même des doutes, des peurs, des incertitudes. Tu es humaine. Et comment tu as réussi à les dépasser ? Parce que dans certains podcasts, il y a un truc un peu fantasmé : c'est idéal, il n'y a pas de peur, la personne est battante — et l'auditeur se dit « je ne suis pas comme elle ». Je sais que ce n'est pas le cas.

Sara : Pas du tout. Et en tant que coach, on ne peut pas véhiculer ce message-là.

Assumer sa vulnérabilité sur les réseaux

Sara : C'est d'ailleurs ce que je fais de plus en plus sur mes réseaux sociaux : parler de mes vulnérabilités. L'authenticité. Oui, j'ai plein de peurs, de doutes et d'inquiétudes, mais grâce au coaching, en partie, ça ne drive pas ma vie.

J'ai peur, mais j'avance. J'ai peur, mais j'y vais.

Il y a évidemment des périodes où tu es full confiance, et d'autres où tu te dis : oh là là, en ce moment je galère, je suis fatiguée. Je l'accepte et je le traverse. Et je suis outillée, aussi : quand on est coach, on est quand même outillée.

Jérémy : Tu as de la chance.

Sara : Tellement, parce qu'il y a des trucs que je n'aurais pas surmontés aussi facilement. Des choses qui n'ont pas été faciles, mais comme j'ai la foi, je me dis : j'avance et j'ai confiance, quoi qu'il arrive.

Jérémy : Tu as une vision claire d'où tu veux aller, de ce que tu veux créer ?

Sara : J'ai une vision claire de ce que je veux vivre en termes d'émotion, de vibration. Ce que je veux vivre intérieurement. Après, le comment et le pourquoi, ça se crée en chemin. Je n'ai pas une vision hyper claire : j'ai des rêves, j'ai des objectifs. Où je serai dans dix ans ? Je n'en sais rien, parce que j'aime laisser cette possibilité de ne pas savoir ce qui va se passer. Mais j'ai confiance, je sais que ça va être génial, parce que je vais tout faire pour.

Jérémy : Justement, une question que je pose souvent : où tu te vois dans 10-15 ans ? Il y a dix ans, tu étais à Paris.

Sara : Franchement, tout est possible. Ça se trouve, je ne serai plus là. J'ai quand même un enfant, ce qui limite les grands changements géographiques, puisque je veux absolument qu'elle reste proche de son père. C'est hyper important pour moi. Donc je ne vais pas partir vivre au Costa Rica.

Jérémy : En même temps, dans 15 ans, elle sera grande, ce sera le début de son autonomie.

Sara : Elle aura 17 ans dans dix ans, elle aura encore besoin de sa maman. Franchement, je ne sais pas. C'est vraiment une bonne question, et peut-être qu'il faudrait que je me la pose plus sérieusement, histoire d'avoir une vision plus claire d'où je veux aller.

Jérémy : Je remarque souvent — je ne sais pas si c'est propre aux personnes que j'accompagne — qu'une vision à court terme, c'est assez facile : un objectif sur l'année. Mais quand tu réfléchis à plus long terme, c'est moins évident, parce que les enjeux sont différents. Il peut y avoir des peurs qui ressurgissent : soit des peurs d'enfermement, « je ne veux pas faire la même chose », soit au contraire de l'insécurité. J'avais fait un programme de coaching où la personne parlait d'une sorte de vision millénaire : prendre un moment et réfléchir à ce que je veux qu'il reste après ma mort. C'est une vision au-delà de toi.

Si je dois laisser quelque chose à l'humanité, à mes enfants, à d'autres personnes, qu'est-ce que j'ai envie d'avoir créé qui puisse persister après ma mort ?

Je trouvais ça puissant, parce que souvent on réfléchit à ce qu'on veut faire, à ses proches. Mais se demander « c'est quoi l'héritage que je transmets ? », ça permet de connecter encore plus en profondeur à où tu veux aller. C'est quoi la transformation que tu veux voir dans le monde ?

Sara : Je pense que c'est en rapport avec nos valeurs. Et ce qu'on veut transmettre à nos enfants doit être un peu dans ce genre-là aussi.

Jérémy : De ce que je remarque, c'est souvent en lien avec ce qu'on valorise. Chez toi, peut-être l'autonomie, le côté battante, la sérénité, le retour à soi.

Sara : C'est sûr. Je me suis toujours demandé ce que je voulais absolument transmettre à ma fille, et c'est vraiment la vision de la vie. Parce qu'il y a des personnes qui ont des visions tristes et négatives de la vie, de l'existence. Il se passe des choses très dures, c'est vrai. Mais comme on la vit, cette vie, autant la vivre avec le cœur ouvert et les yeux ouverts, et voir la beauté dans tout.

Préserver la nature de l'enfant

Jérémy : Comment tu arrives à lui inculquer ça ?

Sara : Ce n'est pas difficile, parce que les enfants sont comme ça de nature. Ma fille, c'est un rayon de soleil. Elle aime tout, elle est enthousiaste pour tout, elle ne râle pas, elle ne se plaint pas. L'année dernière, on est parties toutes les deux en road trip en Thaïlande : 20 heures d'avion, deux semaines sans hôtel, sur la route. Elle était la plus heureuse. Pour l'instant, ce n'est pas compliqué de lui transmettre ça, parce qu'elle est comme ça. Il s'agit de préserver ça, de préserver sa nature.

La nature de l'enfant, c'est la pureté, c'est la joie pure.

Jérémy : C'est un sujet intéressant, parce que je me questionne parfois : dans quelle mesure nos modes de vie, nos environnements, les pressions sociales, nos propres systèmes de valeurs et de croyances ne vont pas déconstruire un peu, chez nos enfants, leur nature profonde ? Un podcast d'Origines, c'est justement « c'est quoi ton origine ? ». Je pense que le podcast n'existerait pas si on était tous très conscients de notre origine, parce qu'on ne s'en serait jamais coupés. Derrière la question, il y a ce truc : comment tu ne coupes pas ton enfant de qui il est profondément ? Ce qui n'est pas évident.

Sara : J'essaie de préserver au maximum. L'enfance, pour moi, c'est une bulle sacrée : il ne faut pas y toucher, il ne faut pas l'abîmer. Après, je ne dis pas que je mets ma fille sous cloche : il faut qu'elle expérimente aussi, et surtout ce sera son chemin quoi qu'il se passe. Elle a déjà eu ses parents séparés à l'âge de 3 ans. C'est déjà une première blessure, qui fait partie de son chemin.

Jérémy : Tu arrives à percevoir comment elle a vécu ça ?

Sara : Je n'ai pas l'impression qu'elle l'a mal vécu, il n'y a pas eu de signaux externes. Elle en a très vite parlé, elle l'a tout de suite verbalisé, et on en a parlé aussi. Et tout de suite, on a trouvé un équilibre : elle voit autant son père que sa mère, il n'y a pas de friction.

Jérémy : Tu es comment, comme maman ?

Sara : Je suis très cool, je joue beaucoup avec mon enfant. On vit toutes les deux : il n'y a pas de frère, pas de sœur, pas le papa non plus. Léonie, c'est ma partenaire de vie. Je fais les courses avec elle, « qu'est-ce qu'on mange ce soir ? », on cuisine ensemble. Ça crée une relation de ouf, on est hyper fusionnelles. Il y a eu une grosse période d'allaitement exclusif, ça nous a beaucoup soudées. Et quand on est ensemble, on est ensemble à 1000 %. Quand tu as ton enfant la moitié du temps, tu es super dispo : elle veut jouer à la Barbie, il faut faire les devoirs, la musique, tu fais tout avec elle. Donc je suis une maman très dispo, plutôt joueuse, plutôt joyeuse. On chante, on danse. Et en même temps, je la sensibilise déjà au dév' perso, avec des petits outils pour exprimer ses émotions, des cartes, des petits rituels. Parfois, c'est elle qui me le demande à table : « On fait un bâton de parole ? » L'autre jour, sa copine vient manger à la maison, et c'est la copine qui a dit : « On ne fait pas le bâton de parole aujourd'hui ? »

Jérémy : Ce sont les petites graines qu'on peut semer. Est-ce qu'ils ont de la chance, nos enfants, d'être nés à cette période ? Ça dépend des familles aussi, mais je me dis qu'il y a quand même une ouverture qu'on leur permet, dans l'écoute de soi, l'expression de soi.

Sara : C'est sûr, notre génération, pour les enfants, c'est le top. On a essuyé pas mal d'erreurs — enfin, d'« erreurs »…

Jérémy : Ils ont fait comme ils pouvaient. On n'a pas réussi à le dire bien, mais on est d'accord.

Authenticité et image de marque

Jérémy : Ces derniers temps, sur les réseaux, je trouve que tu mets beaucoup plus en avant la femme que tu es. Tu extériorises davantage ce côté « s'accepter », son pouvoir. Pourquoi c'est important pour toi, et quelle femme tu es, qu'as-tu envie de montrer ?

Sara : Il y a un vrai désir d'authenticité, de ne pas être que Sara la coach super positive, super dynamique. Je suis certes cette femme-là, mais pas que. Je n'avais pas envie que mon image sur les réseaux soit lisse et faussée par le contrôle que tu mets. Je tiens à publier avec le cœur : ce que je vis, les questionnements que je vis, les événements persos que je vis.

Jérémy : Tu partages des trucs très personnels.

Sara : C'est un grand débat avec moi-même : elle est où, la limite ? Est-ce que là, c'est trop ? Jusqu'où tu vas dans le côté vulnérable ? Après, j'en vois qui en font dix fois plus — je ne les juge pas. Pour moi, c'est ok parce que je le fais avec le cœur, c'est authentique. Ceux qui trouvent que c'est trop, tant pis. J'ai déjà eu des messages du type : « C'est quand même un compte professionnel, on n'a pas besoin de connaître votre vie privée. » Je réponds : écoute, tu scrolles.

C'est tellement facile de scroller. Si ça ne t'intéresse pas, passe ton chemin.

Par contre, je reçois énormément de messages de gens touchés par ces partages, qui me disent merci, parce que ça fait écho à leur histoire. Et à travers le partage de mon expérience, j'apporte aussi des clés d'éclaircissement. Ce n'est pas juste « voilà ce que je vis, je vous balance ça » : c'est « je vis ça, et voilà comment je le vis, comment je fais pour mieux le traverser ». J'en suis là, et je galère.

Jérémy : Ça humanise vachement. Tu as remarqué une différence dans l'engagement, dans les retours, en étant plus vulnérable ?

Sara : Plus les posts sont persos, plus ils sont vus et commentés. Parfois, je fais des trucs hyper chiadés sur le coaching : tu veux transmettre un outil, pour toi c'est l'outil de fou, tu te dis « je veux aider les gens avec ça »… et tout le monde s'en fout. Exemple parfait : hier, je publie un réel sur un bain glacé que j'ai fait, la méthode Wim Hof, où tu t'immerges dans une eau à zéro degré. Je suis à 500 000 vues.

Jérémy : Tu n'aurais pas ça avec une technique de coaching.

Sara : Les gens ne vont pas sur les réseaux sociaux pour acheter quelque chose, jamais. Ils ont besoin de se divertir, et d'entrer en connexion avec toi, avec ce que tu fais, avec ce que tu es. Comme j'ai pris le parti de m'exposer, je m'expose de manière authentique. Après, chacun met la limite où il veut.

Jérémy : Je le vois aussi : je mets une story toute dégueulasse, je suis à la montagne en train de faire une rando avec les enfants, c'est mal cadré, la lumière est dégueu, on voit un bout du sandwich d'un de mes enfants — ça fait des milliers de vues. Et puis tu fais un truc hyper chiadé, et c'est le flop.

Sara : Et pour revenir à l'image que je veux transmettre : c'est cette femme complexe, plurielle, qui a toutes ses facettes, mais qui les accepte, et qui s'affirme avec toute sa complexité, toute sa singularité.

On n'est pas trop, on n'est pas assez : on est ce qu'on est. Et j'ai envie de l'assumer, pour que les autres se disent : « Ah putain, elle, elle assume ! »

Jérémy : Et c'est hyper cohérent avec ton message : c'est difficile de dire « assumez-vous » si toi, tu caches la moitié de qui tu es.

Sara : Exactement. Et pour les femmes, ça me tient vraiment à cœur.

Jérémy : D'ailleurs, tes retraites sont réservées aux femmes. Pourquoi ce choix ?

Sara : À la base, non, c'était mixte, parce que je voulais la mixité : j'adore quand le masculin et le féminin se rencontrent, je trouve que c'est un pouvoir de guérison encore plus puissant, parce qu'on a tous une part de masculin et de féminin à guérir. Mais par la force des choses, ça n'a pas été mixte : il y a eu une fois un homme qui est venu, et ça s'est super bien passé, mais je n'avais que des femmes qui s'inscrivaient. Donc au bout d'un moment, j'ai dit : bon, je l'affirme, c'est pour les femmes. Et du coup je tourne le programme autour des problématiques des femmes : féminité, sensualité, sexualité.

Jérémy : Ça te permet de cadrer encore plus le truc, et d'être encore plus spécialisée.

Rêves de voyages initiatiques

Jérémy : Qu'est-ce que tu rêverais de créer, que tu n'as pas encore créé ?

Sara : J'aimerais beaucoup créer des voyages initiatiques. À l'étranger, ça, c'est un rêve. Parce que les retraites, c'est quelque chose qui me relie très profondément à ce que j'ai envie de faire depuis toujours, et parce que je l'ai vécu : j'ai fait plein de retraites transformatives et je me suis dit « waouh ». D'ailleurs, on me le dit :

En trois jours, ça vaut un an de thérapie.

Donc oui, des voyages initiatiques, ce serait le Graal.

La puissance transformatrice du groupe

Jérémy : Et pourquoi tu es autant attachée aux événements physiques ? J'ai l'impression que dans tout ce que tu partages, il y a quelque chose de très important dans le côté relationnel, en présentiel.

Sara : L'amour que je porte à l'humain, déjà. Et le groupe. Ça fait partie de ma construction, parce que j'étais dans le théâtre : moi, c'était la troupe. J'ai fait beaucoup de stages, beaucoup de retraites. Le groupe, la troupe, les gens : je suis très très sociable. J'ai toujours eu des groupes d'amis, on partait en vacances entre amis, en voyage entre amis. Et en présentiel, le groupe, c'est hyper puissant. Même moi, je ne sais pas ce qui va se passer, mais je sais que ça va être un cadeau inestimable pour chacun. Et c'est ce qui se passe à chaque fois. Là, j'organise la dixième retraite, et à chaque fois, quand tu demandes aux filles « qu'est-ce qui vous a le plus plu, avec quoi vous repartez ? », c'est justement la puissance du groupe. C'est inestimable.

Jérémy : Tu penses que c'est en partie lié à ce manque de ton père ? Vouloir fédérer, te sentir entourée, créer des expériences comme ça ?

Sara : Je ne sais pas. Peut-être, oui.

Jérémy : Quand une enfant de 10-11 ans a ce sentiment de manque, ça ne paraît pas incohérent de développer, après, la capacité de fédérer, de relier.

Sara : Peut-être. En tout cas, c'est pour avoir vécu cette connexion-là, de fraternité, de sororité. Et je pense qu'on est tous doués pour ça, en tant qu'êtres humains : pour être dans ce partage pur.

Pour moi, c'est un endroit où ça nous relie à notre nature.

Et hormonalement aussi, c'est prouvé : être en lien, être entre femmes, s'asseoir, la sororité, c'est super puissant.

Jérémy : J'en organisais beaucoup avec des photographes : on faisait des workshops sur une semaine face au Mont-Blanc, dans un chalet, avec un ami — c'était incroyable. Et il y avait ce truc où, pour certaines personnes, c'était la première fois de leur vie d'adulte qu'elles partaient une semaine sans leurs enfants, sans leur mari ou leur conjoint. Elles le faisaient pour elles. Et pareil : il y avait des transformations incroyables. Parce que rien que le fait d'être avec d'autres personnes dans le même mood pendant quelques jours, c'est forcément puissant. C'est un truc que tu ne fais jamais dans ta vie. Et dès que tu sors les gens de leur environnement, il se passe des choses, parce que tu n'as plus le même cadre, plus les mêmes préoccupations : « Ah tiens, il faut que j'étende la machine à laver. »

Sara : Toutes les injonctions, les obligations, les contraintes du quotidien, il n'y en a plus. Donc ça laisse la place. Et comme on les amène à cette introspection, on va aller voir ce qu'il y a à l'intérieur, à l'essentiel.

L'importance de l'estime de soi

Jérémy : Tu veux choisir une dernière question ?

Sara : Allez, la 10.

Jérémy : Qu'est-ce que tu as compris récemment sur toi, et que tu aurais aimé comprendre plus tôt ?

Sara : En ce moment, il se passe plein de choses, intérieurement et dans ma vie perso. Et récemment, j'ai compris que ma blessure d'abandon liée à mon père était peut-être, oui, une blessure d'abandon, mais pas que : c'est une blessure de trahison. Parce que la relation père-fille, qui est une relation sacrée, quand tu l'arraches, quand tu la déchires, c'est une trahison que tu vis. Ça, c'est ma dernière lumière. Je vois une thérapeute depuis peu — comme je te disais, je suis tout le temps accompagnée, c'est trop important — et on a bossé sur ça. En ce moment, je vis des choses qui m'ont réveillé cette blessure, personnellement, et je me suis dit : ah, mais c'est pour ça que ça me fait autant réagir.

Jérémy : Et du coup tu comprends mieux, et ça permet d'apaiser. Est-ce qu'il y a un sujet qu'on n'a pas abordé, un message qui te tient à cœur, que les gens ne doivent pas repartir sans avoir entendu ?

Sara : Il y en a plein. Sur l'estime de soi, ce que j'aime bien dire aux gens, c'est :

Prenez conscience que votre valeur est inestimable et indiscutable. On ne discute pas la valeur d'une personne.

Il faut vraiment partir de ce postulat-là, ça permet d'éviter les dévalorisations et les comparaisons, qui sont hyper toxiques et nous empêchent d'avancer, de nous affirmer. La deuxième chose, c'est qu'il n'y a pas une personne au monde qui mérite plus notre amour que nous-mêmes. Ça, c'est Bouddha qui le disait. Et on est responsable : il n'y a pas un adulte plus responsable de nous que nous-mêmes.

Jérémy : Quand tu poses la question aux gens — « est-ce que tu accepterais de faire à un enfant ce que tu t'infliges à toi-même ? » —, tout le monde te dit non, jamais. Tu ne ferais jamais à tes gosses ce que tu t'infliges parfois, ou les messages que tu t'envoies.

Sara : C'est vrai, tu as raison. Et un autre truc que j'adore, c'est la posture de se traiter comme sa meilleure amie. Quand tu vis quelque chose, te demander : si c'était ta meilleure amie qui vivait ça, qu'est-ce que tu lui dirais ? Et là, souvent, ça fait mouche, parce que ce n'est pas le premier message auquel on a pensé.

Jérémy : Tu as beaucoup plus d'empathie, de compassion, d'amour.

Sara : Tellement. Ou alors tu lui dirais : « Mais sors de cette situation ! N'accepte plus ça. »

Jérémy : Tu arrives à te le dire souvent ?

Sara : Oui, vraiment, la posture de la meilleure amie.

Jérémy : C'est intéressant, parce que moi je le fais souvent avec l'enfant. Mais j'aime bien le côté « un autre adulte », parce qu'avec l'ami, tu vas avoir un côté peut-être plus tranché derrière, sur comment tu peux t'affirmer aussi.

L'art de passer à l'action (Just do it)

Sara : Et la dernière chose qu'on m'a dite récemment, justement par l'instructeur Wim Hof : on parlait des peurs, du fait de rentrer ou pas dans l'eau froide. Comment on fait pour rentrer dans l'eau froide comme ça ? Eh bien, on le fait.

C'est vraiment le « just do it », que je travaille aussi en coaching. Tu le fais, c'est tout. Passe à l'action.

Jérémy : Ça vaut le coup d'y passer deux-trois minutes, parce qu'il y a beaucoup de personnes qui sont dans leur tête — je m'inclus dedans. On peut ruminer, s'imaginer, projeter, et ça n'a comme conséquence que de projeter encore plus, de créer de nouvelles peurs. Souvent, la meilleure décision, c'est de le faire. Et quand tu le fais, soit ça fait pschitt et tu te dis « bon, en fait c'est bon », soit ça crée un problème que tu n'avais pas imaginé — et là tu as quelque chose de concret, de réel, auquel te raccrocher. Je pense que c'est un des meilleurs conseils qu'on peut donner : c'est dans la réalité, dans la matière, dans le concret, qu'on peut voir ce qui se passe et prendre des décisions. Ça va générer un changement.

Sara : Oui, l'action. De toute façon, le coaching, c'est l'art de passer à l'action.

Conclusion : la connexion aux origines

Jérémy : Sara, on arrive à la fin. Le podcast s'appelle Origines. Qu'est-ce que ça t'évoque, ce terme ?

Sara : Ça me remonte encore plus loin que ma propre origine, que ma propre vie. Il y a un truc un peu ancestral, je vois le côté tribal, lié à mes origines lointaines. Donc la terre.

Jérémy : Beaucoup de transgénérationnel.

Sara : Oui. Il y a une impression, une connexion inconsciente quelque part. Je ne sais pas qui étaient mes ancêtres cinq ou dix générations avant. Mais on est tous reliés à la terre, à un moment donné.

Jérémy : Ce sujet me fascine : la conscience. Quand tu commences à t'y intéresser, tu te rends compte que personne n'y connaît rien. Le cardiologue que je suis allé voir, qui a découvert que j'avais un problème au cœur, je lui ai demandé pourquoi il avait choisi la cardio. Il m'a dit : « Le cœur, on le connaît par cœur. » Alors que le cerveau, on n'y comprend rien. Ce qui me fascine, c'est tout ce qu'il y a derrière : la conscience, la connexion aux autres, ces ressentis, le transgénérationnel. Je lisais ce matin un article qui expliquait que les cellules de la mère, quand elle a une fille, sont aussi les cellules de sa petite-fille. Il y a vraiment un truc qui se passe. Et cette origine, voir d'où ça vient, c'est ce qui me passionne.

Sara : Complètement. Et je pense que ce que j'ai envie de soutenir, de défendre et de transmettre avec les femmes vient de là aussi. Parce qu'ancestralement, on a pris cher. On a pris cher et on a été conditionnées ancestralement à répondre à des attentes. D'où l'envie d'aider les femmes à prendre leur place, à s'affirmer dans leur puissance.

Jérémy : Où est-ce qu'on te retrouve, pour les personnes qui veulent te suivre ?

Sara : Instagram, LinkedIn — mes réseaux. Et un appel découverte offert pour toutes les personnes qui voudraient aborder un sujet avec moi, voir quel pourrait être l'objectif qu'elles ont envie de travailler.

Jérémy : Pour le coaching, il faut une impulsion. C'est un vrai travail perso, très profond. Qu'est-ce que tu as envie de dire aux personnes qui hésitent, qui ne savent pas, pour franchir le pas ?

Sara : Just do it. Faites cet appel découverte, parce que c'est important de choisir son coach.

Je ne crois pas à la concurrence dans le coaching, parce qu'on va te choisir pour ce que tu es aussi.

Jérémy : Pour ce que tu renvoies, l'énergie que tu as, l'expérience de ton vécu.

Sara : Exactement. Cet appel découverte est important comme première prise de contact, et après la personne doit se demander : est-ce que je le sens ? Est-ce que j'ai l'élan ?

Jérémy : Merci Sara, c'était un super chouette échange. Dans 10-15 ans, on se fera un nouvel épisode pour savoir où tu en es.

Sara : Il faudra venir me voir dans ma cahute au Costa Rica.

Jérémy : Pas de problème. Merci infiniment.