ORIGINE

Fatigue, hormones, stress : et si le problème était plus profond ? (avec Guillaume Laugier)

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Le Laboratoire Origine

Un accompagnement collectif de 3 mois

Pour comprendre ce qui te freine, retrouver une vision claire de ce qui est juste pour toi, et repartir avec une méthode que tu pourras réutiliser toute ta vie.

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Vous vous sentez fatigué(e) dès le réveil ? Vous avez l'impression que votre énergie fait les montagnes russes toute la journée ?


Dans cet épisode du podcast Origine, je reçois Guillaume Laugier, praticien en santé fonctionnelle spécialisé dans l'accompagnement de la femme et la micronutrition.

Ensemble, nous levons le voile sur les causes réelles de l'épuisement moderne.


Au programme de cette interview :

- Santé fonctionnelle : Pourquoi il est temps de traiter la cause racine plutôt que les symptômes.

- Hormones & Stress : Comment notre mode de vie impacte directement notre équilibre interne.

- Alimentation & Micronutrition : Les clés pour retrouver une énergie durable (et pourquoi le petit-déjeuner salé change la donne !).

- Le lien Corps-Esprit : Pourquoi on ne peut pas dissocier la physiologie de nos émotions.

- Guillaume nous partage son expertise avec beaucoup de pédagogie et de bienveillance pour nous aider à comprendre que "souffrir n'est pas une norme".


💛 Origine : ma formation pour reconnecter ton cœur à tous tes domaines de vie : https://graouacademie.fr/cours/origine/


👉🏼 Pour aller plus loin avec Guillaume Laugier :

Instagram : https://www.instagram.com/guillaume_laugier/

Site Internet : https://guillaumelaugier.com/


🎥 Découvre notre échange en vidéo : https://youtu.be/3BIb_CeVdwM



👤 À propos de moi

Je m’appelle Jérémy Guillaume et je crois profondément qu'un changement durable n’est possible que dans l’amour de ce que tu es et de ce que tu as été.

Et c'est exactement pour ça que j'aide les entrepreneurs à se reconnecter à leur cœur et à leur singularité en identifiant clairement leurs valeurs et leurs blessures dans le but de se créer un business parfaitement aligné.

On bosses sur la stratégie, sur l'acquisition, la conversion, la délivrabilité, le marketing, la communication, mais toujours avec une approche basée sur la rechercher des causes plus profondes des blocages existants.

Si t'es pas prêt à une introspection profonde, ce n'est clairement pas pour toi.


Viens échanger sur https://www.instagram.com/jeremyguillaume/ et direction www.jeremyguillaume.fr pour bosser ensemble.


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Le texte complet de cet épisode, reformaté

Introduction : Pourquoi cet épisode va changer votre vision de la santé

Jérémy — Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast. Aujourd'hui, je suis avec Guillaume Laugier. Guillaume, c'est un ami de longue date : on se connaît depuis 25 ans, on était au lycée ensemble, on a fait les 400 coups.

On va parler de santé fonctionnelle. Tu es naturopathe spécialisé en micronutrition — je ne sais pas si ça se dit comme ça. C'est une reconversion, tu as fait autre chose avant, et je pense qu'on va en parler. Ça m'intéressait vraiment que tu viennes parce que tu m'accompagnes depuis deux ans. Entre-temps, j'ai eu une opération du cœur, donc il y a eu un petit truc. Mais sur l'accompagnement, je vois dernièrement les bienfaits sur le sommeil, sur ma concentration, sur plein d'aspects. Tu es spécialisé dans la santé de la femme, mais tu acceptes des amis, de temps en temps.

Il y a une question que je pose à tous mes invités : selon toi, Guillaume, qu'est-ce qui te rend unique ?

Guillaume — Ça commence fort. Qu'est-ce qui me rend unique ? On est tous uniques, en fait. Je le fais sans le savoir. C'est inné, c'est un don.

Le drame personnel à l'origine de la vocation de Guillaume

Jérémy — Tu es passé d'un domaine très technique à l'accompagnement en santé. Comment en es-tu venu à te dire : « OK, je veux aller dans cette voie-là » ?

Guillaume — En fait, je n'ai pas vraiment choisi. Je pense que c'est venu à moi, ça a été fluide. J'ai fait beaucoup de choses avant d'arriver à ce que je fais aujourd'hui, pour resserrer un peu l'entonnoir — parce que tu peux vite partir dans plein de trucs.

Jérémy — Pourquoi avoir choisi la nature ?

Guillaume — En fait, j'ai choisi la santé. La santé, c'est un truc qui nous touche tous. Quand tu commences à creuser, tu vas là où ça t'amène. Moi, j'ai creusé longtemps et ça m'a mené jusqu'ici.

Jérémy — Tu t'y intéressais avant ? Je n'ai pas souvenir que ça t'intéressait au lycée.

Guillaume — Non, pas du tout. Quand tu es jeune, tu te sens invincible. En général, tu as la chance de ne pas être malade — ce n'est pas le cas pour tout le monde, malheureusement — mais quand tu es en bonne santé et jeune, tu ne te poses pas trop de questions sur la maladie. Je fumais comme un pompier, je buvais tout et n'importe quoi. On a fait plein d'expériences diverses et rigolotes. Pas sans conséquences aujourd'hui : il y a des trucs que je regrette, d'avoir fumé aussi longtemps notamment.

Jérémy — C'est quoi, les événements ou les prises de conscience qui arrivent à un moment ? Parce que je pars du principe qu'on ne choisit pas un métier par hasard.

Guillaume — Je pense que j'ai le syndrome du sauveur, comme tout le monde. Je me soigne. Et puis, je ne sais plus quand exactement parce que ça commence à faire un moment, j'ai perdu mon oncle d'un cancer des poumons. C'est un événement qui a chamboulé la famille. Je l'ai vu mourir à l'hôpital sous chimio, et je me souviens que c'est à ce moment-là que je me suis dit que ce n'était pas possible, qu'il y avait un truc à faire. Il ne fumait pas, en plus, il était sportif.

Je me suis dit : comment ça se fait que ça nous tombe dessus ? Est-ce que c'est le hasard ? Est-ce qu'il y a des causes ?

J'avais déjà commencé à faire un bout de chemin parce que mon métier m'ennuyait, j'avais besoin de remettre un peu de passion. J'ai commencé à étudier les plantes. Et quand tu étudies les plantes, forcément, tu étudies un peu la santé.

Ce que la nature peut nous apprendre sur notre propre équilibre

Jérémy — Quand tu dis « étudier les plantes », je t'imagine avec ta loupe. C'était ça ?

Guillaume — Oui, parce que j'ai fait une école d'herboristerie et c'était beaucoup de botanique. Quand tu fais de la botanique, tu vas dans le détail pour identifier chaque plante. Tu es là avec ta loupe et tu vas dans la nature. C'est trop bien, tu vas dans le minuscule.

Jérémy — Tu penses que tu as toujours eu cet attrait pour la nature ? Je te pose la question mais j'ai un peu ma réponse, parce que je me souviens que, jeunes, on allait camper en Lozère dans ta famille. Tu as toujours eu ce truc d'être à l'extérieur, proche de la nature. Ça vient d'où ?

Guillaume — C'est une transmission, c'est mon éducation. C'est du conditionnement, mais du bon conditionnement, et j'ai eu cette chance. Mes grands-parents ont acheté une maison en Lozère quand je suis né, avec l'objectif de me faire passer des vacances à la montagne. C'est pour ça qu'ils l'ont achetée. D'ailleurs, cette maison s'appelait « Résidence Guillaume », mes copains se foutaient de ma gueule.

Jérémy — C'est un cadeau exceptionnel. Et la nature, en même temps, on vient de la nature. On est fait pour évoluer dedans, je trouve. Qu'est-ce qui fait qu'on se coupe de ça ?

Guillaume — Le mode de vie, l'évolution des choses. Et une grosse part, si on va dans un truc plus spirituel, de l'homme qui se perd dans son ego pour mieux se retrouver. La consommation.

Quand on est déconnecté de soi, on s'éloigne de la nature.

Jérémy — C'est intéressant. J'ai un concept qui m'accompagne dans tout ce que je propose : l'idée qu'on vit dans l'enfance, la petite enfance, l'adolescence, des expériences suffisamment fortes pour qu'on se cale là-dessus, et que ça crée un vide, un manque, une blessure. Et que la plupart des personnes sont en quête, adultes, de réparer ce truc-là, souvent de manière très inconsciente. Est-ce que ça te parle ? Tu parlais de ton oncle. Est-ce qu'il y a autre chose que tu as pu percevoir comme un manque, et qui t'a amené à cette écoute de soi, cette ouverture à l'environnement ?

Guillaume — Oui, dans le fait d'accompagner les autres, il y a forcément une histoire de lien. C'est sûr que ça nous lie les uns aux autres. Je pense que je crée ces liens par le métier que je fais, et ça m'apporte quelque chose. J'apporte quelque chose, mais ça m'apporte aussi. J'ai fait mes transferts, et c'est chouette parce que ça me permet d'avancer plus vite : je fais des thérapies à chaque consultation. Je rigole, mais des fois c'est difficile.

Jérémy — C'est vrai ? Pourquoi ?

Guillaume — Parce qu'il y a des trucs qui viennent me toucher, me cueillir. Des fois, j'ai des réactions que même moi je ne comprends pas.

Jérémy — Par exemple quelqu'un qui te partage quelque chose sur sa santé, sur sa vie ?

Guillaume — Ce n'est pas forcément le partage — franchement, j'en ai entendu de toutes sortes, c'est aussi riche que les êtres humains. C'est plus dans ce que ça vient me faire. Je mène mes consultations, il y a un cadre, j'ai un objectif, et ce sont des consultations riches, tu l'as vu : je pose beaucoup de questions.

Jérémy — Moi, ce qui vient souvent me prendre, c'est quand les gens ont un besoin d'être entendus mais qu'ils ne font que parler.

Guillaume — Ça peut envahir un peu.

Jérémy — Voilà. Mon job, à ce moment-là, c'est de lâcher prise, parce que les gens en ont besoin. Ils n'ont pas forcément d'espace pour ça. C'est vrai que c'est difficile pour moi de recadrer.

Guillaume — Tu as fait ça avec moi ?

Jérémy — Non. Mais tu dois apprendre tout l'aspect psychologique, finalement.

Guillaume — Même si mon job, c'est la physiologie, tu ne peux pas détacher le plan psycho-émotionnel.

Santé Fonctionnelle : Pourquoi on ne soigne plus seulement le symptôme

Jérémy — Je ne te l'ai pas demandé clairement, mais est-ce que tu peux te présenter ?

Guillaume — Dans le cadre de mon travail, j'ai l'impression que c'est un peu ça le sujet. Je suis praticien en santé fonctionnelle. Je me présente comme ça parce que je ne me sens plus vraiment naturopathe à proprement parler.

Jérémy — Naturopathe, c'est quoi ? C'est l'idée d'utiliser les plantes pour aller mieux ?

Guillaume — Pas forcément. C'est revenir à la source des problèmes sans aller juste voir le symptôme. Après, on utilise des outils, et les plantes font partie de ces outils. En santé fonctionnelle, c'est la même démarche : on remonte à la cause des maux, des maladies. Mais les outils sont un peu différents, on va plus dans la physiologie, dans la micronutrition.

Jérémy — Et tu n'es pas naturopathe, du coup ?

Guillaume — Peut-être que ceux qui m'écoutent et qui sont naturopathes ne valideront pas, mais quand tu sors de l'école de naturopathie, il me semble que tu as une base — on fait beaucoup de physiologie, de pathologie — mais que tu n'es pas vraiment équipé pour aller plus loin.

Jérémy — Pour analyser des prises de sang, par exemple ?

Guillaume — Oui. Alors, nous, en tant que non-médecins, on n'est pas censés lire de biologie médicale. Mais on peut faire des biologies avec des marqueurs nutritionnels, de micronutriments : vitamines, minéraux. Et c'est ce qu'on fait, d'ailleurs.

Jérémy — L'école de naturopathie, c'est soit trois ans les week-ends, soit un an en intensif, et tu ne peux pas balayer tous les systèmes du corps. Ce n'est pas assez long, même si l'école que j'ai faite comptait 200 heures de cours, ce qui est énorme.

Le besoin vital que nous essayons tous de combler

Jérémy — Je vais te demander de choisir un numéro entre 1 et 10, et je te pose la question correspondante.

Guillaume — 7.

Jérémy — Je ne sais pas si tu vas être content. De quoi as-tu eu le plus peur de manquer dans ta vie ?

Guillaume — De tout, en fait. L'isolement, être seul… J'adore être seul, mais être seul tout le temps, je trouve que ça doit être dur. Manquer de lien, d'amour, je pense que c'est le pire. Après, c'est ce qu'on cherche tous.

Jérémy — Parfois, j'ai l'impression que quand je dis ça, ça fait un peu bisounours.

Mais j'ai l'impression que le seul truc que l'humanité cherche, c'est l'amour. La connexion à l'autre, la reconnaissance.

Derrière toutes les problématiques qu'on peut avoir — tu parlais du manque d'écoute de certaines personnes qui vont beaucoup parler en consultation — il y a une recherche d'amour de soi, de l'autre, de lien.

Guillaume — Toujours. C'est ce qui fait ce qu'on est. Puis tous nos traumas.

Pourquoi la médecine classique passe parfois à côté de votre fatigue

Jérémy — Ce que j'ai trouvé très intéressant dans ta démarche, et j'en ai parlé à beaucoup d'amis, c'est justement le côté accompagnement. Avec l'opération du cœur que j'ai eue, je me suis senti très accompagné pour l'opération, parce qu'il y avait un acte chirurgical. Mais je ne me suis pas du tout senti accompagné sur la fatigue que j'ai ressentie, que je ressens encore et qui perdure. Et là, je commence à entrevoir une porte de sortie grâce à toi. Pas seulement grâce à toi — il y a le kiné qui m'a fait beaucoup de bien, je fais des séances toutes les semaines — mais il y a vraiment cet avant-après, avec les compléments et cette prise en charge avec toi. Est-ce que tu peux parler de ta vision de l'accompagnement ?

Guillaume — Si on part de ton exemple, je trouve qu'on a cette chance, en médecine, de faire de la médecine chirurgicale d'urgence qui est exceptionnelle.

Jérémy — Oui, mais ce n'est pas préventif. Et en plus, on est dans l'instant, dans l'urgence. Moi, j'ai passé un an avec mon médecin à lui dire : « Je suis épuisé tout le temps. Là, ça va bien, mais dans une heure ça ne va plus du tout, et je peux passer deux jours allongé. » Et il me disait : « Ça va passer, ça va passer. » Il n'y a pas de solution. C'était le côté un peu dommage de la médecine conventionnelle. Toi, tu as eu une écoute beaucoup plus large, tu es allé voir des choses beaucoup plus en profondeur.

Guillaume — C'est là où deux systèmes s'opposent, alors qu'ils sont hyper complémentaires. Je pense que c'est une question de manque de temps et de connaissances sur certains sujets, du côté du corps médical. Je ne veux pas cracher sur les médecins, ce n'est pas ça.

Mais quand tu vois qu'en France, la moyenne nationale d'une consultation chez le médecin, c'est huit minutes… Comment veux-tu qu'en huit minutes, un médecin arrive à t'écouter, à accueillir ?

Jérémy — Il y a des médecins qui prennent plus de temps. J'en avais une géniale, une homéopathe, mais elle a arrêté parce qu'elle était dégoûtée : on lui mettait la pression, c'était difficile. On met aussi beaucoup de choses sur le compte du stress : tu es stressé, donc tu es fatigué.

Guillaume — C'est sûr, ça fait partie du puzzle. Mais en santé fonctionnelle, on part du principe qu'il y a toujours une cause. Et peu importe laquelle, le but du praticien, c'est d'accompagner pour la trouver. C'est une enquête, en fait.

L'effet domino : Comment une petite cause crée de grands maux

Jérémy — Une cause physiologique ?

Guillaume — Oui, physiologique. Après, il y a des causes sur d'autres plans, psycho-émotionnels, mais mon job, c'est la physiologie. Donc là, on se dit : il y a de la fatigue, OK, mais qu'est-ce qui peut l'expliquer ? De mon point de vue, tout est une question d'action-réaction. Tu sais, le truc du battement d'ailes de papillon qui peut provoquer une tempête ? Dans notre corps, c'est pareil.

Il suffit d'un petit truc, et puis sur du long terme, sur des années et des années, tu peux arriver à t'épuiser.

Jérémy — Et c'est quoi, les causes principales que tu vois ? On a beaucoup parlé ensemble de tout ce qui est inflammatoire, de l'alimentation. Tu vois de grands piliers, des mécanismes de société dans nos modes de vie ?

Guillaume — Évidemment. Si on s'en tient à la fatigue, on voit très bien qu'aujourd'hui, la plupart des gens ont des rythmes effrénés, avec des to-do lists longues comme le bras. Quand tu as des enfants, c'est encore pire. Et avec des pressions sur ce qu'on doit être, ce qu'on doit faire : réussir notre vie, avoir un bon métier, s'épanouir sur tous les plans. Il y a beaucoup d'injonctions.

Épuisement psychique : Le vrai mal de notre société moderne

Jérémy — C'est intéressant, parce que j'ai l'impression qu'il y a cent ans, la pression était aussi importante. Peut-être que je me trompe, mais j'ai la vision de mon grand-père, qui n'est plus là, et qui a travaillé dans les champs à partir de 12, 13 ans. Il a eu une vie difficile, et pourtant il est décédé tard, avec peu ou pas de problèmes de santé. Donc c'est quoi ? Les modes de vie qui ont changé ? Le stress des réseaux sociaux, ton temps et ton attention qui sont happés, la comparaison que tu n'avais pas avant ?

Guillaume — C'est un peu tout ça, je pense. Peut-être qu'avant, le stress était surtout physique, parce qu'ils avaient des vies dures. On travaillait dans les champs, parfois tu n'avais pas l'eau courante, ni l'électricité. Mais moi, ce que je constate de plus en plus, c'est qu'on a beaucoup d'épuisement psychique, parce qu'on est super sollicités au niveau mental. Avant, ils avaient leurs traumas aussi — après la guerre, tout le monde était traumatisé, il y avait des trucs très durs. Mais j'ai l'impression qu'ils n'étaient pas dans autant de rumination que nous aujourd'hui.

Notre système nerveux, je trouve qu'il est hyper sollicité en permanence.

Et pour des trucs dopaminergiques : tu regardes 50 vidéos d'affilée, on a des écrans avec je ne sais pas combien d'images par seconde. D'ailleurs, il n'y a pas longtemps, ils ont prouvé que les nouveaux dessins animés étaient une catastrophe pour les enfants. Avant, les images étaient lentes.

Jérémy — La dernière fois, j'ai revu un passage de Dragon Ball Z. Parfois, ils sont là pendant deux minutes, statiques, ils parlent doucement. Il n'y a pas ce truc de tac, tac, tac. Je trouve que ça nous met dans des états. Mais j'en fais partie.

Guillaume — On est tous là-dedans. Je ne dis pas que c'était mieux avant, mais j'ai l'impression que chaque période a son lot. Avant, ils avaient des vies très dures aussi, et l'espérance de vie n'était pas la même.

Jérémy — Mon grand-père s'est toujours couché hyper tôt : à huit heures, il était au lit. Aujourd'hui, il y a peut-être un vrai décalage entre ce que ton corps ne vit plus comme fatigue et ce que ta tête vit comme fatigue.

Guillaume — J'ai l'impression qu'on est scindés, divisés. On n'est plus ancrés comme avant, on est de plus en plus dans le mental.

Le piège du "faux repos" : Pourquoi scroller vous épuise encore plus

Jérémy — Et la santé fonctionnelle peut permettre de réparer ça ?

Guillaume — En tout cas, dans mes consultations, c'est ce qui compte. Les gens qui viennent et qui sont épuisés — c'est-à-dire une personne sur une — la première chose à faire, c'est le repos. Mais quand je parle de repos, c'est repos physique et psychique. Et ça, souvent, les gens ont du mal à faire la différence. Ils me disent : « Oui, mais ça va, je reste sur mon canapé. »

Si tu restes sur ton canapé avec ton téléphone dans la main et que tu scrolles toute la journée, ce n'est pas du repos psychique.

Physiquement, tu es posé, mais tu es sollicité.

Pourquoi la santé des femmes demande une approche unique

Jérémy — Je ne l'ai pas vécu directement, mais tu t'es spécialisé dans la santé de la femme. Pourquoi ?

Guillaume — Bonne question.

Jérémy — Merci. Les autres étaient nuls ?

Guillaume — Non, il y a plusieurs raisons. D'abord, juste pour l'anecdote : quand je suis sorti de l'école de naturopathie, j'étais paralysé par les questions hormonales féminines. Je ne comprenais absolument rien.

Jérémy — Parce que tu es un mec, du coup c'est dur à comprendre.

Guillaume — Déjà pour ça, parce que je ne le vis pas. Et puis parce qu'en un an ou trois ans, tu ne peux pas balayer tous les systèmes. Quand tu sors de là, tout ce qui était cycle, ça m'impressionnait. Je me disais : mais qu'est-ce que c'est, les hormones ? Les différentes phases du cycle ? Tu ne comprends rien. Et ça pose beaucoup de soucis, parce que toutes les femmes qui ont des problèmes… Donc j'avais mis ça un peu sous le tapis.

Et puis j'ai fait un DU en santé et nutrition, et j'ai fait mon mémoire de fin de DU sur la thyroïde. La thyroïde, c'est une glande endocrinienne. Et quand tu commences à creuser la question des hormones chez la femme, tu te rends compte à quel point les hormones sexuelles ont un impact sur sa santé. Quand j'ai découvert cet univers, je me suis dit : je ne peux pas accompagner des femmes si je ne vais pas dans cette question du cycle et des hormones. Et aussi, pour être honnête, ma clientèle, c'est 99,5 % de femmes.

Jérémy — Parce que ce sont beaucoup les femmes qui prennent soin d'elles, aujourd'hui.

Guillaume — Beaucoup. Donc je me suis dit : si je fais l'impasse sur ça, je ne fais pas mon travail correctement. J'ai creusé cette question, et ça m'a passionné.

Jérémy — Du coup, tu es en burn-out comme les autres, tu ne dors plus, tu scrolles des vidéos…

Guillaume — Voilà, que des vidéos d'hormones et de nutrition.

"Ce n'est pas dans votre tête" : En finir avec la norme de la douleur

Jérémy — Aux femmes qui vont nous écouter, qu'est-ce que tu pourrais dire pour commencer à prendre soin de leur corps sous cet aspect fonctionnel ?

Guillaume — La première chose que je leur dirais, c'est : ce n'est pas dans votre tête. Il y a encore beaucoup de maltraitance sur le plan médical, avec des trucs que j'entends en consultation.

Jérémy — Comme quoi ?

Guillaume — « Ça va passer. » « Vous avez vos règles, vous souffrez, c'est normal. » Comme si c'était ça, le statut de la femme : souffrir quand tu as tes règles. Et je pense que les gens qui le disent, ils le pensent vraiment. Donc voilà : ce n'est pas dans votre tête. Moi, je pars du principe que quand une cliente me dit un truc, si elle fait un lien, c'est qu'il y a un lien à faire. Tu ne t'inventes pas des choses.

Souvent, les gens ne se font pas confiance, parce qu'on ne les a jamais écoutés, jamais considérés.

Je me souviens d'une cliente qui ne comprenait pas : le jour où elle n'a plus eu de douleurs de règles, ça l'interrogeait. Elle me disait : « Il y a un truc bizarre, là. » Alors que c'est ça, la norme : ne pas souffrir.

Jérémy — C'est fou. Et ça a toujours existé ? Si on revient cent ans en arrière, il y avait ces douleurs-là, ou tu penses que ce sont les modes de vie qui agissent ? Je me pose la question parce qu'aujourd'hui, je n'ai pas une amie qui ne me dise pas quelque chose : pas les mêmes symptômes pour toutes, mais des règles douloureuses, une endométriose, quelqu'un dans ma famille qui s'est fait opérer de la thyroïde… Il n'y a pas une personne que je connais qui n'a rien eu. Donc il se passe un truc.

Guillaume — Déjà, la bonne nouvelle, c'est qu'on prend en charge des choses qu'on ne prenait pas forcément en charge avant. Tu imagines, en France, le temps de diagnostic d'une endométriose, c'est sept ans. Sept ans d'errance médicale en moyenne.

Jérémy — Et tu t'y prends tard, parce qu'au début tu te dis : « J'ai mal, ce n'est pas grave. »

Guillaume — Sinon on te met sous pilule, on bloque tout. Donc le jour où les femmes arrêtent la pilule et veulent avoir un enfant, c'est là que tout reprend. Mais oui, je pense qu'il y a des choses qui évoluent dans nos conditions de vie et qui font qu'il y a une explosion des problèmes hormonaux. En partie à cause des — attention, je vais dire un gros mot — perturbateurs endocriniens.

Où se cachent les perturbateurs endocriniens qui vous empoisonnent ?

Jérémy — Ça agit comment ?

Guillaume — Les perturbateurs endocriniens, ce sont des molécules chimiques qui vont venir se placer sur un récepteur hormonal et mimer une action hormonale. Soit la bloquer, soit en mimer une différente, soit exagérer une fonction.

Jérémy — Et on peut dépasser ça ? Il y a des choses à faire ?

Guillaume — Il y a un milliard de trucs à faire.

Jérémy — Tu as des exemples ?

Guillaume — Filtrer son eau, manger bio, éviter les cosmétiques pourris, prendre des poêles en fonte, en inox. Si tu prends des poêles en Téflon et que tu les rayes, tu sais que tu bouffes des perturbateurs endocriniens. Tu manges du saumon, tu manges des métaux lourds. Il y a des tonnes de choses à faire, mais ça devient de plus en plus difficile parce qu'ils sont partout.

Jérémy — C'est ça, le truc. On en discutait avec des amis ce week-end : tu peux manger un peu plus sain, mais ça prend une place tellement importante que même l'eau de pluie, soi-disant, est contaminée.

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Jérémy — Qu'est-ce que tu recommanderais pour commencer à limiter ça — pas pour l'éliminer, parce que c'est utopique, mais pour limiter ?

Guillaume — Déjà, se déstresser.

Jérémy — Tu penses que c'est lié au stress ?

Guillaume — Non, déstresser dans le sens où si tu commences à te stresser avec ça, tu peux vite te créer une angoisse. Comme tu le dis, il y en a partout, donc il faut relativiser. Le monde dans lequel on vit est ce qu'il est, on ne va pas s'épargner totalement, c'est impossible. Donc on fait de son mieux.

Filtrer son eau, OK, mais si tu n'as pas les sous pour t'acheter une fontaine à eau à 300 balles, tu peux déjà la faire décanter : quand tu prends ton eau au robinet, tu la laisses reposer un peu pour que le chlore s'évapore. Ça paraît rien, mais c'est déjà pas mal. Tu ne manges pas bio parce que tu n'as pas les moyens ou pour x raison : tu rinces tes légumes et tu les laisses trempés un peu avec du bicarbonate de soude. Ce sont des trucs qui ne sont pas chers.

Jérémy — Tu ne manges pas la peau, par exemple.

Guillaume — Ou tu les épluches — le problème, c'est qu'il y a des choses hyper intéressantes dans la peau. Tu ne prends pas un dentifrice industriel dégueulasse, tu ne te parfumes pas tous les jours.

Jérémy — Je ne me lave plus les dents, de toute façon.

Guillaume — Impeccable. Ça paraît être du bon sens.

Jérémy — C'est ce qu'on essaie de faire en famille, parce qu'avoir des enfants donne cette conscience qu'ils n'ont pas choisi d'être dans ce monde ultra pollué. Mais ce n'est pas évident, ça rajoute une charge.

Guillaume — Il faut être équilibré là-dedans aussi, c'est comme pour tout. Si tu t'en fais tout un monde, tu peux même développer des troubles du comportement alimentaire. Avoir peur de tout, non.

Jérémy — Tu te stresses, tu as finalement moins de perturbateurs, mais un stress énorme, et ça ne résout pas le truc.

Guillaume — Le cortisol, en chronique, ça te crée des désordres hormonaux peut-être pires que les perturbateurs endocriniens. Ce que je fais souvent, c'est ramener de l'équilibre et de la douceur, pour éviter que mes clients partent dans des trucs extrêmes. Je leur dis : faites de votre mieux.

Jérémy — Je me souviens, tu m'avais parlé de privilégier les petits poissons plutôt que les gros pour avoir moins de métaux lourds, parce que ce qui est au début de la chaîne alimentaire est moins contaminé. Et tu m'avais dit : si de temps en temps tu manges un morceau de saumon ou de thon, ce n'est pas grave.

Guillaume — Ce n'est pas que ce n'est pas grave, c'est qu'on vit avec notre temps aussi. Tu vas être invité chez des amis. Après, tu fais ce que tu veux, mais tu peux développer autre chose.

Jérémy — Oui, tu ne sors plus, tu n'as plus de relations sociales.

Le rôle méconnu du foie dans votre équilibre hormonal

Jérémy — Au-delà de la prévention, est-ce qu'il y a des compléments qui peuvent aider ?

Guillaume — Oui. Mais déjà, dans la nutrition, il y a des choses qui peuvent t'aider. Par exemple, quand tu manges des Brassicacées — les choux, et aussi certaines salades qui font partie de cette famille — ça va te permettre de détoxifier un peu ton foie. Il y a des choses intéressantes à mettre dans son assiette qui participent au fait que tu vas mieux éliminer tes perturbateurs endocriniens. Après, bien sûr, il y a tous les compléments. Mais la première chose à faire, c'est de couper l'arrivée.

Ensuite, une fois qu'ils sont là, il y a des tonnes de protocoles de détox, parce que ces perturbateurs endocriniens sont lipophiles : ils s'accumulent dans le tissu gras, ils se stockent dans les graisses. Quand tu fais une détox, le problème, c'est de libérer toutes ces saloperies trop vite et trop fort, et derrière, de s'intoxiquer encore plus. Donc il y a des protocoles. Et puis tu as les grandes plantes phares du foie.

Jérémy — Le bouleau, des trucs comme ça ? Quand j'étais jeune, mon père faisait des cures de bouleau.

Guillaume — Le bouleau, c'est plutôt diurétique. Mais oui, les anciens faisaient ça — et c'est bien, c'est la période, en plus.

Jérémy — Il prenait aussi de l'huile de foie de morue à l'école. Ça, je pense qu'il était un peu forcé.

Guillaume — Je crois qu'ils ont été traumatisés par ça. C'est dégueulasse.

Jérémy — Mais ça aide, ce genre de choses ?

Guillaume — Oui, parce que l'huile de foie de morue est riche en vitamine A. Là, on est plus dans les processus physiologiques qui font que ton organisme fonctionne correctement.

Plus tu as de déficits, moins tes organes fonctionnent correctement.

La thyroïde, par exemple, c'est une glande à qui il faut des tonnes de micronutriments pour fonctionner. Si ta thyroïde ne fonctionne pas bien, ton système est au ralenti.

Thyroïde : Pourquoi vos analyses sont "normales" alors que vous êtes épuisé(e)

Guillaume — Mettons que ton système soit au ralenti : même si ça ne se voit pas d'un point de vue médical — tu n'as pas une hypothyroïdie médicale, on ne te donne pas de cachet — tu peux quand même être en sous-régime. Et sur le long terme, ça fait que ton foie est au ralenti, tes intestins sont au ralenti. Si tu vidanges mal, si tu assimiles mal tes micronutriments, tu tournes en rond sur un système engorgé, et ça te crée des soucis sur le long terme.

Jérémy — C'est intéressant, parce que j'allais dire que personne ne s'intéresse à ça. Il y en a, mais je trouve que la plupart des gens n'en ont même pas conscience.

Guillaume — De plus en plus, quand même. Le lien entre l'alimentation et la santé, notamment.

Jérémy — C'est vrai, les réseaux participent à transmettre ces messages, c'est positif. Mais autour de moi, beaucoup de personnes mangent un peu n'importe quoi. J'ai l'impression qu'on est encore loin d'une vraie prise de conscience. Et je pense qu'il y a un biais chez l'homme : comme ce sont des choses qui jouent sur le long terme, tant que dans l'immédiat tout va bien sur le papier…

Guillaume — Il y a ça, et puis on vit dans un monde où tu ne peux pas allumer la télé sans qu'il y ait une pub sur une saloperie industrielle à bouffer. C'est dur de résister. Et la question de l'alimentation vient toucher plein de choses. Il y a un gros axe psycho-émotionnel : on mange nos émotions, tout le monde l'a entendu au moins une fois, mais c'est tellement vrai. On compense de la souffrance. Les moments culturels se passent autour de la nourriture aussi, il y a des gens qui mangent certains aliments par culture, par habitude.

Jérémy — Ou à certaines périodes de l'année.

Guillaume — Voilà. Tout ce qui touche à l'alimentation, je trouve que c'est vraiment touchy. Il faut y aller doucement, avec beaucoup de bienveillance.

Jérémy — Tu parlais des choux et des salades pour la thyroïde. Est-ce qu'il y a d'autres choses faciles à mettre en place ?

Guillaume — Attends, je te parlais des Brassicacées pour le foie. Je préfère préciser, parce que les puristes qui vont m'entendre vont faire le lien entre les choux et la thyroïde : il y a des études qui montrent que manger trop de choux pourrait avoir un impact sur la thyroïde, justement la ralentir, parce que le chou pourrait empêcher l'iode d'y entrer. Et la thyroïde a besoin d'iode pour fonctionner. Mais il faudrait en manger des kilos, des cagettes. Il n'y en a pas beaucoup qui font ça, mais je préfère mesurer mes propos.

Jérémy — Parce que sur ces sujets, on entend tout et son contraire. On est dans une discussion tranquille, donc on peut dire des choses fausses.

Guillaume — Mais j'aime bien être précis.

Alimentation : Le retour au "vrai" pour retrouver son énergie

Jérémy — Est-ce que tu as d'autres choses à partager sur l'alimentation ? Je ne veux pas spoiler, mais je sais que tu m'as donné un petit guide pour le petit-déjeuner, pour les huiles importantes à utiliser. Des choses pour commencer ou développer ce bien-être à l'intérieur de soi ?

Guillaume — On dit qu'on est ce qu'on mange, et c'est vrai. On ne peut pas fabriquer de la matière, donc on va la chercher à l'extérieur. On est ce qu'on mange, et on est surtout ce qu'on assimile.

Jérémy — Ah oui, parce qu'on peut manger des choses qu'on n'assimile pas.

Guillaume — Si tu as une barrière intestinale pourrie, tu n'absorberas pas tes micronutriments. Bon, c'était la petite parenthèse. Mais la première chose à dire, pour mettre tout le monde d'accord — parce qu'aujourd'hui tu as ceux qui mangent cru, ceux qui mangent uniquement végétal, ceux qui mangent uniquement de la viande…

Jérémy — On ne sait plus qui croire, chacun sa chapelle. Tu regardes quatre reels, il y en a quatre qui te disent un truc différent : il faut faire du cardio, il ne faut pas faire de cardio, il faut manger beaucoup de légumes avant le repas… C'est insupportable.

Guillaume — L'accès à l'information est formidable, mais il provoque ce genre de choses.

Moi, je pense que la base, c'est de manger brut et non transformé.

Peu importe que tu manges du poisson, de la viande… Ma croyance, c'est que ce qui nous met dedans, c'est tout ce qui est ultra-transformé. Dans les magasins aujourd'hui, 80 % de la nourriture a des listes d'ingrédients longues comme le bras. Comment veux-tu que ton corps sache quoi faire de tout ça ? C'est de la chimie, ce n'est plus de la bouffe. Sans parler de toutes les substances qui sont dégueulasses par elles-mêmes.

Jérémy — Des dérivés du pétrole, des trucs comme ça.

Guillaume — Donc, bio ou pas bio : déjà, si tu mets dans ton assiette des trucs entiers qui viennent de la nature, des légumes, peu importe comment tu les cuisines, c'est simple. Il faut revenir à des trucs simples. D'ailleurs, ce que mangeaient nos parents, nos grands-parents, c'était simple. Tout ça n'existait pas.

Jérémy — Tu as raison. Mon grand-père — il nous sert bien pour cet épisode — avait son petit potager. Il faisait ses légumes et il mangeait à 95 % ses propres légumes. De temps en temps il achetait un truc, selon les saisons. Il allait acheter de la viande ou du poisson, boucherie ou poissonnerie, et c'est tout. Il est décédé à 98 ans.

Guillaume — On ne peut pas en faire une règle, mais j'ai l'impression que c'est quand même plutôt cohérent. De toute façon, on le voit : sur les cancers, sur toutes les maladies, il y a des liens qui sont faits scientifiquement entre l'alimentation ultra-transformée et les maladies dites de civilisation. Le syndrome métabolique : on bouffe trois tonnes de sucre, il y a du sucre transformé partout.

Jérémy — Toutes les maladies dégénératives aussi, Parkinson, Alzheimer.

Faut-il vraiment manger cru ? Le débat sur la digestion

Jérémy — Manger brut, donc. Est-ce que tu conseilles de manger cru ? Je sais que tu as eu cette phase-là.

Guillaume — Oui, ça fait partie de mon parcours. Ça m'a apporté énormément de choses : ça m'a permis de rencontrer des gens fabuleux, d'apprendre des trucs, de m'intéresser à mon système digestif.

Jérémy — Tu ne mangeais que cru ?

Guillaume — Oui, pendant un an. Végétal et cru, pas de viande ni de poisson.

Jérémy — Et donc ça t'a apporté quelque chose. Parce qu'il y a même des personnes qui mangent tout l'animal cru aussi.

Guillaume — Oui, c'est encore autre chose. Moi, j'en reviens : je ne le referais plus et je ne le conseillerais pas.

Jérémy — Pourquoi ?

Guillaume — D'un point de vue nutritionnel, il se passe aussi des choses à la cuisson. Par exemple, il y a un micronutriment dans la tomate qui s'appelle le lycopène, si je ne dis pas de bêtises. C'est un antioxydant hyper important, notamment pour les hommes et la santé de la prostate. Et ce micronutriment, tu ne peux pas l'avoir si tu ne fais pas cuire la tomate. C'est intéressant, quand même. Donc tu te dis : il se passe des choses à la cuisson. Puis on fait cuire nos aliments depuis la nuit des temps. Après, les gens qui te disent qu'il faut manger cru vont te trouver un milliard d'arguments.

Moi, personnellement, j'ai essayé, parce que j'adore tester.

Jérémy — C'est ce qui m'a toujours fasciné chez toi, et je trouve ça hyper pro : il y a des choses que tu m'as conseillées en me disant « ça, tu peux, parce que je l'ai testé et ça a eu un effet », et d'autres « ça, je ne te le conseille pas, parce que ce n'était finalement pas si efficace ».

Guillaume — Après, il ne faut jamais faire une vérité de son expérience, ni la projeter sur les autres. Ce qui marche sur une personne ne va pas forcément marcher sur l'autre, ça dépend de ton terrain. Il faut toujours remettre en perspective. Mais j'aime bien tester, parce que je suis curieux : si tu me racontes un truc, j'ai envie d'y croire, mais j'ai envie d'en faire l'expérience.

Jérémy — C'est une qualité.

Guillaume — Après, il ne faut pas faire ça avec tout.

Jérémy — J'ai mangé de la terre hier, ça m'a fait beaucoup de bien.

Guillaume — Écoute, grand bien te fasse. On a des sols très argileux ici, c'est peut-être pour ça : c'est l'argile.

Jérémy — Il y en a qui font des cures d'argile, aussi. Tu as déjà fait ?

Guillaume — Bien sûr, c'est la base du naturo. Un naturo qui n'a pas pris d'argile, ce n'est pas un vrai naturo. C'est un chélateur, ça vient aspirer tout ça.

Jérémy — Ce que je trouve difficile, c'est de savoir quoi faire et quoi ne pas faire. Moi, je n'y connais pas grand-chose, un peu grâce à toi. Je me suis renseigné parce que je suis curieux, mais je n'ai pas eu le temps de creuser. Et tu peux voir dix vidéos par jour d'un truc miracle : il faut de l'argile, il faut manger ça cru, ça cuit… Comment faire le tri ?

Guillaume — Les choses arrivent sur ta route, et après c'est toi qui vois. Ce sont des histoires de vie. Je suis content d'avoir eu besoin de passer par des trucs un peu dogmatiques pour arriver aujourd'hui à une vision plus souple.

Jérémy — Plus équilibrée.

Guillaume — Si tu m'avais parlé du crudivorisme il y a quatre ans, je t'aurais dit que c'était la solution à tout. Mais c'est mon chemin.

Je pense qu'il n'y a pas de vérité absolue. Il y a des histoires, et il y a des thérapeutes. Quand tu vas chez un thérapeute, tu y vas aussi pour quelque chose.

Peut-être que ça t'aurait fait du bien de manger cru pendant deux mois, je n'en sais rien. Tu fais tes expériences et après tu en tires des conclusions.

Le secret du "balai intestinal" pour un ventre plat et léger

Jérémy — Il y a la mode des jeûnes en ce moment. Pas le jeûne intermittent, mais des jeûnes longs. C'est quoi, ta position là-dessus ?

Guillaume — C'est rigolo, parce que c'est un sujet débattu par les médecins fonctionnels. Chacun a son idée.

Jérémy — Souvent, le message, de ce que j'en ai compris, c'est que le corps n'est pas fait pour manger en continu. Il y a des centaines, des milliers d'années, on n'avait pas de la nourriture à profusion tout le temps. Il y avait des moments où on ne mangeait pas pendant quelques heures, quelques jours, et ça permet de régénérer un peu le corps. Tu as testé ?

Guillaume — Oui, j'ai testé, sur de longues périodes. Et puis j'ai fait du jeûne intermittent, j'ai fait plein de trucs. D'un point de vue physiologique, ce qui est sûr, c'est que le corps a besoin de repos digestif. Si tu es tout le temps en train de manger, tu sécrètes tout le temps des enzymes, tu sollicites tout le temps. Et quand tu sollicites quelque chose trop longtemps, trop souvent, le risque à terme, c'est de l'épuiser. C'est comme si tu prenais ta voiture non-stop tous les jours sans t'arrêter : tu vas l'user plus vite.

Il y a un truc qui fait avancer le bol alimentaire dans les intestins, ça s'appelle le complexe migrant moteur. C'est comme une espèce de balai qui vient nettoyer tes intestins.

Jérémy — C'est comme un serpent qui se déplace ?

Guillaume — Ça fait des ondes, c'est le péristaltisme. Ça fait avancer la nourriture et ça te nettoie les intestins. Parce que si tu as des trucs qui stagnent dans ton intestin en permanence, ça fermente, les bactéries produisent des gaz… c'est une horreur. Ça, on ne le choisit pas, ça se fait tout seul — mais à condition qu'on laisse des temps de jeûne.

Il faut au moins quatre heures pour que ce balai se mette en route sans qu'on le sollicite.

Donc si tu grignotes entre les repas, ce balai va être moins efficace, et à terme il peut même s'arrêter. Ça crée des constipations chroniques, des fermentations, des dysbioses, des problèmes intestinaux.

Moi, en fait, je suis bête : je me demande comment ça marche. Si on fait ça, est-ce que ça fait ça ? Donc je me dis que le bon sens veut qu'on mange plutôt à certaines heures et que le grignotage soit limité. Après, si tu es un grand sportif, tes besoins sont différents.

Jérémy — Tu as besoin de nourrir ton corps régulièrement.

Guillaume — C'est pour ça qu'on ne peut pas faire un truc universel. Et puis il y a des gens qui ont des métabolismes plus rapides.

Génétique et IA : L'avenir de votre santé personnalisée

Guillaume — Il y a aussi ce qu'on appelle aujourd'hui la génétique. On pourrait manger en fonction de nos gènes : il y a des médecins qui font des tests génétiques, et en fonction de tes gènes, tu manges différemment.

Jérémy — C'est marrant, parce que ce matin j'ai commencé à écouter un podcast où ils parlaient de ça et de l'IA. Leur vision de demain, c'est que tu aies une IA spécialisée en santé, qui a ton génome, tes antécédents familiaux, tes prises de sang, et qui serait capable de te dire quoi manger, comment manger, quels sont les risques que tu prends en faisant ci ou ça. Tu penses que c'est l'avenir ?

Guillaume — Je pense que c'est un outil qui va nous servir. Si tu t'en sers à bon escient, ça peut être super utile. Après, est-ce que l'IA va savoir que tu grignotes parce que tu es en dépression ?

Jérémy — Il y a toujours des limites. Dans le podcast, le message était plutôt ce que tu disais tout à l'heure : les médecins, les thérapeutes, peu importe, ne peuvent pas avoir la connaissance universelle, donc ils ont forcément des zones d'ombre énormes dans leur pratique. Ils parlaient de l'apport de l'IA en termes de connaissances : tu peux avoir une connaissance beaucoup plus fine dans des domaines qui ne sont pas ta spécialité, et faire des liens, des passerelles que tu ne pourrais pas faire sans ça, pour un meilleur accompagnement.

Guillaume — C'est chouette, alors. Tant mieux.

Jérémy — Ça te donne accès à des choses que tu ne peux pas connaître, parce que tu n'as pas le temps de les étudier.

Guillaume — En même temps, il y a un truc où on peut vite se perdre : essayer de tout faire, et ne pas laisser le temps à la physiologie. Dans certains cas, il faudrait régler un milliard de trucs : la thyroïde, les surrénales, l'alimentation, les émotions… L'IA, c'est super, elle va tout sortir. Mais les gens, ils en font quoi de tout ça ? Ils vont être en stress, parce qu'ils vont se dire qu'ils ont plein de choses à faire. Tu ne peux pas avaler 150 pilules par jour, méditer deux heures, aller voir le psy et préparer à manger. Ce n'est pas compressible.

Moi, ce que je fais, c'est que je sélectionne, je priorise. Je ressens aussi la personne. Il y a des gens qui viennent me voir pour des questions alimentaires, qui ont passé leur vie à faire des régimes, et qui me demandent ce qu'ils doivent manger. Je leur dis : peut-être que ce dont vous avez besoin, c'est de manger ce que vous voulez. Qu'on arrête de vous casser les pieds avec l'alimentation. Vous avez passé votre vie à contrôler ça, le travail n'est pas là.

Ce n'est pas une invitation à bouffer n'importe quoi, c'est une invitation à se lâcher la grappe.

Jérémy — Parce que le système nerveux est aussi important que le système digestif.

Pourquoi votre biochimie dirige vos émotions (et inversement)

Jérémy — Tu parles souvent de l'aspect émotionnel. Est-ce que tu conseilles à un client, en parallèle du travail sur la santé fonctionnelle, d'aller faire un travail psychologique ?

Guillaume — Toujours. Absolument. D'ailleurs, grâce à moi, je fais beaucoup travailler les psys. C'est tellement lié, c'est incroyable. Il y a même des gens qui viennent me voir et à qui je dis que le travail, c'est du travail psycho-émotionnel.

Jérémy — Et du magnésium.

Guillaume — Après, tu donnes du magnésium.

Jérémy — En même temps, quand tu prends certaines gélules le matin, du magnésium, de la vitamine D, ça peut avoir un effet psychologique aussi. Tu te dis que tu vas être mieux dans ton corps.

Guillaume — C'est l'œuf ou la poule. Pour moi, c'est complémentaire. C'est comme si tu faisais tourner ta machine sans lessive : il faut les deux. Il faut travailler sur la matière et travailler sur le plan émotionnel, un plan plus subtil. Tu peux donner des choses pour aider les neurotransmetteurs, essayer de fabriquer plus de sérotonine, de dopamine. Mais si tu vois tout d'un point de vue chimique, tu auras toujours une solution chimique, micronutritionnelle ou nutritionnelle à apporter. Je pense qu'il faut élargir.

Jérémy — C'est ce que j'adore chez toi, et ce que je dis à Élo et à des amis : j'ai toujours ce sentiment que tu prends du recul. Tu ne m'as jamais dit « je vais dire ça à quelqu'un et pas ça, parce que je pense que c'est le plus juste », mais j'ai vraiment le sentiment que tu considères la personne, son état émotionnel, son état de santé, dans ce que tu repères. C'est peut-être biaisé, mais je trouve que c'est bénéfique.

Guillaume — Ça me paraît juste. Je fais de la santé, je ne suis pas médecin. On essaie d'accompagner au mieux, d'apporter quelque chose. Et il y a aussi la compréhension. Pour moi, c'est ça, le job.

Jérémy — J'ai déjà pris de la vitamine D parce que mon médecin m'avait dit qu'il fallait en prendre. Mais quand tu as le contexte, l'explication en consultation de ce qui se passe, sur quoi ça agit — pour des personnes comme moi qui ont besoin de comprendre — ça change tout, et je suis content de prendre les choses.

Guillaume — Tu as tout dit. Ça fait partie de la méthode, c'est un truc sur lequel je focalise : expliquer. Les gens que je reçois, souvent des femmes en errance médicale depuis des années, on ne leur a jamais expliqué. Il n'y a pas de pédagogie, c'est un manque, un déséquilibre dans ce qu'on propose. Pour l'observance, pour que le client mette des choses en place et que ça ait du sens, le fait d'expliquer change la donne.

Qui a envie de faire quelque chose qui n'a pas de sens ? Pas grand monde.

Il y a des gens qui, par caractère, s'en foutent : si tu as la valeur santé qui est très importante et qu'on te dit « fais ça », tu peux le faire. Mais la plupart des gens qui sont dans le plaisir ne savent pas pourquoi ils le font. Pour moi, l'accompagnement, c'est ça. Ça a du sens pour moi, et je le transmets pour que ça ait du sens pour les autres.

Le petit-déjeuner salé : L'astuce miracle pour l'énergie de toute la famille

Jérémy — Il y a un truc que je fais grâce à toi : les petits-déjeuners salés. Les enfants me voyant faire, ils ne veulent plus manger que du salé le matin. Je suis là à faire des œufs tous les matins pour quatre personnes. Les céréales sont en PLS.

Et c'est ouf, parce que la grande me dit qu'elle se sent mieux. Les petits aussi, notamment mon fils, qui avait toujours un pic de fatigue le matin à l'école : il en demande, parce qu'il sent vraiment la différence. Alors qu'il mangeait des céréales pas sucrées, mais ce n'était pas ouf. Donc ça a même un impact familial. Et c'est la première fois de ma vie que j'y arrive, depuis plusieurs semaines, parce que j'ai eu la compréhension du pourquoi.

On fait une deuxième question ? C'est une autre fiche, avec des questions sur les forces, les valeurs, la singularité. Entre 1 et 10 ?

Guillaume — 9.

Jérémy — Quel talent ou savoir-faire aimerais-tu transmettre à tes enfants ou aux personnes autour de toi ?

Guillaume — L'écoute.

Jérémy — Pourquoi c'est important ?

Guillaume — Parce que j'ai un grand besoin d'écoute. J'aime bien qu'on m'écoute, donc j'essaie d'écouter les autres. Et je trouve qu'il n'y a rien de plus insupportable que des discussions où on ne s'écoute pas.

Jérémy — Deux personnes qui discutent et qui veulent juste placer leur truc.

Guillaume — C'est insupportable. Plus je vieillis, plus ça me coûte. Il n'y a pas d'échange. C'est précieux, d'avoir une écoute.

Jérémy — Tu penses que ça vient d'un manque d'écoute que tu as eu plus jeune ?

Guillaume — C'est très bateau, mais oui. Quand tu es enfant, tu n'en as jamais assez. Même si tes parents t'écoutent, tu n'en as jamais assez.

Jérémy — C'est intéressant. Dans l'aspect émotionnel, je parle toujours de la perception qu'on a eue. Ce n'est pas une réalité, c'est sa perception de ce qui s'est passé. Ce n'est pas que tes parents ne t'écoutaient pas, c'est la perception que ton parent ne t'a pas assez écouté, pas assez entendu, pas assez vu. Et tu gardes ces schémas. C'est pour ça que ces questions sont là, aussi : pour mettre ça en lumière.

Ce qui est important pour nous à l'âge adulte, c'est souvent ce dont on a manqué enfant — dans la perception.

Et c'est souvent là qu'on est le meilleur. J'ai vraiment ce schéma en tête : la personne manque de quelque chose, enfant elle développe un mécanisme pour amplifier ce truc-là, et adulte, sur ce qui lui a manqué, c'est la meilleure personne pour permettre aux autres d'y accéder. On se soigne automatiquement.

Apprendre à s'écouter : Le premier pas vers la guérison

Jérémy — L'écoute, c'est hyper intéressant, et je pense que c'est lié à ce que tu disais tout à l'heure sur les femmes : écoutez-vous. Les personnes ont du mal à s'écouter, elles donnent leur pouvoir à l'extérieur. Qu'est-ce que tu pourrais dire pour qu'on arrive à être plus à l'écoute de ses besoins, plus à l'écoute de soi ?

Guillaume — C'est un chemin, aussi. Moi, j'ai eu la chance que des choses arrivent sur mon chemin et me fassent prendre conscience : des rencontres. Parce que les gens autour de moi changent aussi, et quand les gens changent autour de toi, tu changes aussi, finalement.

Jérémy — Ils changent dans quel sens ?

Guillaume — Dans mon histoire, ce sont des amis que j'ai vus changer. On discute et je me dis : tiens, qu'est-ce qu'il se passe ? C'est cool, il médite — mais c'est quoi, sa méditation ? Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Tu vois l'impact que ça a sur les autres, et ça te donne envie de changer aussi. Il y a une part de hasard, de rencontres. Et puis je pense qu'en vieillissant, quand tu te poses des questions sur le pourquoi, le comment, qu'est-ce qu'on fout ici, c'est quoi le but, le travail sur soi devient un peu le point central. Pas chez tout le monde.

Jérémy — Non. On est dans des trucs un peu perchés, là.

Guillaume — À ce moment du podcast, il n'y a que les personnes intéressées qui nous écoutent. Je pense qu'on est tous là pour un truc. Dans cette incarnation, chacun a une mission à se trouver.

Jérémy — C'est intéressant, parce que j'ai fait le premier épisode d'Origines avec Camille, qui fait du Human Design. Pour elle, on n'a pas de libre arbitre : on vient travailler un truc, puis on expérimente. Il y a vraiment cette idée que tu viens pour quelque chose et qu'il n'y a pas de hasard. La seule question, c'est ce que tu prends et ce que tu ne prends pas sur ton chemin. Et ça va te faire tourner en rond tant que tu n'as pas compris qu'il fallait prendre ça.

Guillaume — C'est un peu ça. J'ai un truc que j'aime bien dire aux amis :

Tant que tu n'as pas compris la leçon, la vie va te resservir le même plat, indéfiniment.

Jérémy — C'est vrai. Des fois, tu revis 50 fois la même chose dans ton schéma, et tant que tu n'as pas compris, tu n'en sors pas.

Guillaume — Je crois qu'on peut la comprendre, la leçon. Clairement, oui.

Jérémy — J'avais des discussions ce week-end avec Élo : j'ai l'impression que c'est dur de sortir de son schéma, de ses traumas, parce que c'est tellement identitaire, tellement fort. Il y a plein de personnes autour de toi qui voient exactement ce qu'il y aurait peut-être à faire, qui voient ce qui se joue chez toi. Et toi, tu ne le vois pas, ou tu ne veux pas le voir, ou tu en aperçois des bribes. J'ai l'impression que c'est le travail d'une vie. Je me demande s'il y a un moment où tu peux avoir l'illumination, où tu sors du truc.

Guillaume — J'imagine qu'on idéalise ça, qu'on va devenir une autre personne. Ce n'est pas ça. Je pense que le curseur, c'est ton état intérieur : est-ce qu'aujourd'hui je me sens plus en paix qu'hier ? Tu n'as pas besoin de débunker un truc incroyable. Petit à petit, si tu es vigilant, si tu travailles, si tu es bien accompagné, ton niveau de conscience monte. Mais c'est clair que les mécanismes sont tenaces.

Jérémy — Tu le vois pour toi ?

Guillaume — Oui, mais surtout quand j'ai les fesses vissées sur le fauteuil du thérapeute.

Jérémy — Parce que tu le vois pour les autres, en miroir.

Guillaume — Surtout parce qu'il me le balance et que j'arrive à le voir au bout d'une demi-heure, après qu'il a essayé de me le faire prendre conscience tout seul. Sinon, 99 % du temps, dans la vie de tous les jours, je retourne dans mes automatismes. Et puis d'un coup, ça devient clair et je me dis : mais qui c'est qui pilote ? C'est encore mon schéma pourri.

Jérémy — C'est un schéma qui a été aidant à un moment.

Guillaume — Rien n'est là par hasard. C'est vrai que j'ai une façon de parler un peu cash, mais je le vois avec bienveillance. Mais c'est long. C'est super long.

Jérémy — Ce sont toujours les deux faces d'une même pièce. Le schéma qui aujourd'hui nous enquiquine, c'est un schéma qui, dans l'enfance, nous a aidés à ne pas décompenser, à vivre, à surmonter les événements.

Tu veux une autre question ? Tu peux me dire non.

Guillaume — Pourquoi pas. Entre 1 et 10… 3. J'aime bien les multiples de 3.

Jérémy — Si ton toi d'enfant te voyait maintenant, qu'est-ce qu'il dirait ?

Guillaume — Putain, c'est chaud. Franchement, aucune idée. Moi, je n'aurais jamais cru faire ça.

Jérémy — Moi non plus, au lycée, je ne t'aurais pas vu faire ça.

Guillaume — Comme quoi, la vie est pleine de surprises. Mais je pense qu'il serait content.

Jérémy — Content de voir où tu en es, ce que tu as traversé ? Content de quoi ? Moi, ça me ramène à : est-ce que tu es content de ce que tu fais, de ta vie ? Est-ce que ta journée d'aujourd'hui, tu te sens épanoui ? Tu as passé une belle journée ?

Guillaume — Mon curseur, c'est vraiment ça. C'est plus à l'intérieur.

Jérémy — C'est quoi, une journée idéale pour toi ?

Guillaume — C'est une journée où j'ai réussi à être un petit peu en moi et moins dans ma tête.

Jérémy — Je pense que c'est la journée idéale de beaucoup de personnes.

Guillaume — C'est dur. On ne les voit pas passer : plus on vit, plus ça va vite.

Guitare et contemplation : Retrouver la joie de l'enfant intérieur

Guillaume — Une journée où j'ai pris ma guitare cinq minutes et où j'ai fait trois accords entre deux consultations, plutôt que de scroller. Et je suis largement dans ces schémas où je me fais prendre, comme tout le monde.

Jérémy — Récemment, je suis allé dans un endroit où il y avait un immense aquarium. Ça m'a rappelé que, jeune, j'avais un aquarium — un 250 litres. Et c'est exactement ce que tu dis : ça m'a redonné envie d'en faire un. Bon, il faut que je négocie, et j'attends un peu de voir si c'est une lubie. Mais c'est pour ça : pour me reconnecter à un truc futile, où je suis juste dans la contemplation. Je vais nourrir un poisson, couper des plantes, réfléchir à l'entretien, changer 20 litres d'eau. Des trucs anodins, mais très connectés.

Ce que tu dis me fait penser à ça : ce truc un peu d'enfance. On a eu des dizaines de moments insouciants comme ça, où tu joues de la guitare au coin du feu. Et qu'on a moins, adultes, à cause des injonctions, du boulot, de la famille.

Guillaume — C'est ça. Moi, je ne pense pas que c'est « un peu » l'enfant :

Je pense que c'est l'enfant entièrement qui a sa place, encore. Qui devrait continuer d'exister. Et qui était nourri de choses simples.

Dormir dans un champ. C'est léger. On nous sort des trucs trop complexes où tu te prends la tête, alors que nourrir un poisson, c'est plus simple.

Jérémy — Il y a un exemple que je prends souvent en coaching, avec les personnes qui disent « je n'arrive pas à méditer » : mon grand-père passait du temps dans son jardin. Il n'avait pas le sentiment de méditer — si tu lui avais dit ça, il t'aurait répondu que tu racontes des conneries. C'était juste aller prendre des carottes, des salades, arroser. Son puits avait un problème, il descendait au fond pour le curer. Et je pense que c'est ça : on a mis une couche sur ce que devrait être la connexion à soi, alors que ça peut être des trucs simples, cuisiner, couper des légumes.

Guillaume — Je dirais même plus : on peut se perdre et se rajouter de la charge mentale là-dedans. Par exemple, si tu dis à quelqu'un « il faut méditer une heure par jour pour être bien », dans un planning déjà ultra chargé, tu le fais asseoir une heure et il va cogiter dix fois plus. C'est l'enfer. Alors que tu peux méditer dans tout. Tu peux méditer en faisant la vaisselle : si tu es connecté au moment où tu fais la vaisselle, vraiment dans l'acte et dans la présence, finalement c'est aussi qualitatif.

Jérémy — Dans l'instant présent. C'est intéressant.

Conclusion : L'espoir d'une santé retrouvée

Jérémy — Est-ce qu'il y a quelque chose que tu n'as pas partagé et que tu aurais aimé partager ? Sur la santé fonctionnelle de la femme, sur ta pratique ?

Guillaume — Des tonnes, il faudrait dix heures d'enregistrement.

Jérémy — Peut-être un message, alors. Je sais que tu peux avoir tendance à être un peu timide. Mais pour avoir vécu des choses avec toi, pour voir ce que tu fais, je pense que tu mérites d'être connu. C'est aussi pour ça que je t'ai proposé de faire cet épisode. Quelque chose qui te tient à cœur.

Guillaume — D'abord, merci Jé pour ta bienveillance, ça me touche. Je crois vraiment en ce que je fais, je suis convaincu que ça a un impact positif, donc je me dis qu'il faudrait que tout le monde puisse en profiter.

Dans notre vie de tous les jours, on ne se rend pas compte à quel point chaque chose a une incidence, même la chose la plus anodine.

Notamment dans la santé hormonale, et encore plus chez les femmes, parce qu'il y a une importance des hormones chez la femme qui est encore plus présente que chez l'homme — même s'il ne faut pas dénigrer la santé hormonale de l'homme. Mais il y a toujours des choses à faire. Je crois que ça ne m'est jamais arrivé de dire à une cliente : « Bon… » Des fois, je ne sais pas, et je redirige allègrement vers des professionnels de santé, des médecins fonctionnels. Je leur dis toujours d'abord : faites tout ce qui est médical, il faut être sûr qu'il n'y a pas autre chose. Mais dans le côté préventif et fonctionnel, il y a toujours quelque chose à faire.

Je pense qu'il n'y a pas de fatalité. On peut toujours essayer d'améliorer les choses.

Pas les améliorer pour les améliorer, mais pour en retirer quelque chose de positif, du mieux-être.

Jérémy — Les personnes qui veulent venir te consulter, ou juste te suivre et te découvrir, elles vont où ?

Guillaume — Je suis un peu sur les réseaux, mais normalement je ne suis pas très fort.

Jérémy — Quand l'épisode va sortir, il y aura des petits reels de toi.

Guillaume — Ça, c'est cool, merci Jé. Je suis plus actif sur Facebook que sur Instagram. J'aime bien cette plateforme. Instagram, je trouve que c'est plus dans l'image. Facebook, je ne sais pas — peut-être parce que je suis juste has been, ou vieux. Après, les réseaux sociaux, c'est un outil. Sinon, j'ai mon site.

Jérémy — Je mettrai le lien en description.

Guillaume — C'est adorable. Mon site internet, et une plateforme de réservation, comme tous les thérapeutes a priori.

Jérémy — J'ai une dernière question. Le podcast s'appelle Origines. Qu'est-ce que ça signifie pour toi ?

Guillaume — L'origine des maux dans la santé.

Jérémy — Des maux, M-A-U-X.

Guillaume — C'est mon job, c'est ça. Ça me fait penser à ça : l'origine des maux. L'origine de tout, mais aussi des émotions, l'ouverture du cœur. Là, je vais loin.

Jérémy — On fera un autre épisode. Merci à toi, Guillaume.

Guillaume — Merci beaucoup.