3 mars 2026 · 23:17
Gourou : le coaching est-il devenu une secte ?
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Le Laboratoire Origine
Un accompagnement collectif de 3 mois
Pour comprendre ce qui te freine, retrouver une vision claire de ce qui est juste pour toi, et repartir avec une méthode que tu pourras réutiliser toute ta vie.
Découvrir le Laboratoire OrigineLe coaching est-il en train de dériver ?
Le film Gourou avec Pierre Niney relance une vraie question : le coaching moderne est-il devenu une forme de manipulation ?
(La masterclass dont je te parle dans le podcast pour trouver ta singularité : https://cours.graouacademie.fr/masterclass-singularite)
Mais en y regardant de plus près, on peut se demander si finalement, le problème n’était pas le coaching, mais notre besoin d’être sauvés ?
En sortant du film Gourou, je me suis posé une vraie question : pourquoi sommes-nous si attirés par les figures fortes ?
Pourquoi délègue-t-on parfois notre pouvoir à un “coach” qui semble tout savoir ?
Dans cet épisode, je te partage une réflexion profonde sur les dérives possibles du coaching, sur l’ego, sur le besoin d’appartenance et sur la responsabilité individuelle.
Pour moi, un coach n’est pas un sauveur.
Et un client n’est pas une victime.
Si tu t’intéresses au développement personnel, à l’accompagnement ou à la souveraineté intérieure, cet épisode va te faire réfléchir.
Dans cet épisode, j’analyse aussi les dérives possibles du coaching, la confusion entre compétence et diplôme, et la différence entre accompagnement éthique et posture de gourou.
On parle de souveraineté individuelle, d’ego, de responsabilité du client, et du besoin d’autorité dans notre société moderne.
Tu découvriras :
- pourquoi le problème n’est pas le coaching en soi
- comment reconnaître un faux coach
- pourquoi un diplôme ne garantit pas l’éthique
- et surtout comment éviter une dérive sectaire
👤 À propos de moi
Je m’appelle Jérémy Guillaume et je crois profondément qu'un changement durable n’est possible que dans l’amour de ce que tu es et de ce que tu as été.
Et c'est exactement pour ça que j'aide les entrepreneurs à se reconnecter à leur cœur et à leur singularité en identifiant clairement leurs valeurs et leurs blessures dans le but de se créer un business parfaitement aligné.
On bosses sur la stratégie, sur l'acquisition, la conversion, la délivrabilité, le marketing, la communication, mais toujours avec une approche basée sur la rechercher des causes plus profondes des blocages existants.
Si t'es pas prêt à une introspection profonde, ce n'est clairement pas pour toi.
Viens échanger sur https://www.instagram.com/jeremyguillaume/ et direction www.jeremyguillaume.fr pour bosser ensemble.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le texte complet de cet épisode, reformaté
Introduction : Mon avis partagé sur le film Gourou
Aujourd'hui, je vais te parler du film « Gourou », avec Pierre Niney. Et je dois avouer quelque chose : je suis sorti de ce film assez partagé, assez mitigé.
Je ne vais pas parler du scénario en tant que tel. Je trouve que l'histoire est plutôt bonne, elle se tient bien, et il y a un petit côté thriller auquel je ne m'attendais pas forcément mais qui m'a bien plu. De toute façon, très honnêtement, je ne suis pas un grand cinéphile, donc je n'ai pas d'avis particulier sur l'histoire.
Pourquoi je réagis : 10 ans d'expérience dans l'accompagnement
Ce dont j'avais envie de parler, c'est plutôt de mon impression autour du monde du coaching. Je suis à mon compte depuis 2012, je propose des accompagnements et des formations depuis plus de dix ans. J'avais donc envie de partager ma vision de ce métier de coach.
Coach Mat : Une caricature exacerbée ou une réalité ?
En sortant du film, j'ai eu deux réactions. La première, c'est de me dire que c'était une caricature exacerbée du métier de coach, que c'était vraiment abusé : les discours sont parfois un peu creux, le jeu est exagéré dans les échanges — j'y reviendrai. Et de l'autre côté, je me suis dit que forcément, ces personnes-là, comme Coach Mat dans le film, existent vraiment, probablement avec leur lot de dérives. C'est ce qui m'a donné envie de réagir et de faire cette vidéo, ce podcast si tu m'écoutes en version audio.
Personnellement, je n'ai jamais vécu d'expérience qui m'ait fait ressentir ce côté gourou. J'ai participé à des formations, des stages, des ateliers, des séminaires, des retraites aussi, dans plein de domaines du développement personnel, des trucs très business, tout ça. Mais j'ai toujours choisi avec du recul les personnes que j'allais voir. C'est peut-être pour ça que je n'ai pas ressenti ça.
Je dois reconnaître qu'une partie des personnes qui vont aller voir ce film vont sûrement se dire : « le coaching, c'est ça ». Et je trouve ça un peu problématique. Parce que si je n'y connaissais rien et que j'allais voir ce film, avec l'image qui est véhiculée, je penserais probablement la même chose : que le coaching, c'est un truc un peu sectaire, un peu bizarre.
Le fantasme du coaching vs la méthode réelle
Ce que le film montre, ce n'est pas le coaching en tant que tel, c'est le fantasme du coaching.
Il y a le côté show à l'américaine, exagéré, avec le fait de jouer sur l'énergie collective : tout le monde se lève, tout le monde crie ensemble. Il y a une forme d'adulation démesurée d'un individu, en l'occurrence Coach Mat, qui devient de fait ce gourou présenté dans le film.
Dans cette caricature, il y a aussi le storytelling autour de la performance, le côté performatif basé sur l'idée qu'il faut réussir à tout prix, coûte que coûte. Et je trouve qu'il y a une absence de méthode claire dans son approche : c'est très inspirationnel, avec de belles métaphores mais des phrases assez creuses finalement. Il n'y a pas de substance, et pour moi, ce n'est pas ça le coaching.
Les dérives du « Coach Sauveur » et le show à l'américaine
Il y a aussi cette posture de sauveur de Coach Mat, qui en réalité cache autre chose : ça lui permet d'exister en se mettant en avant. C'est souvent quelque chose qu'on voit. Derrière le fait de vouloir sauver des gens — alors que la plupart du temps ils n'ont peut-être rien demandé —, si on n'a pas travaillé plus en profondeur sur cet aspect-là, il y a une volonté de se mettre en avant et d'exister parce qu'on n'arrive pas à exister autrement.
Et dernier point, il y a ce côté spectacle, le show qui passe avant l'accompagnement. Il le dit clairement dans le film : il joue un rôle lié à son frère, il se met dans la peau d'un personnage. Ça, c'est le côté négatif du coaching, et il existe probablement.
Ma vision du coaching : Questionnements, éthique et posture
Pour moi, le coaching, ce n'est peut-être pas tout l'inverse, mais c'est quelque chose d'assez différent. Ce sont des questionnements profonds pour trouver des solutions à des problématiques, à des problèmes, à des doutes, pour avancer. Ce sont des méthodes testées et approuvées, qui peuvent varier en fonction des besoins et des individus.
Il y a aussi une posture, très importante, que n'a pas Coach Mat dans le film : une posture de recul constante, pour éviter ce qu'on appelle l'effet miroir, c'est-à-dire quand la situation nous renvoie à quelque chose de personnel et qu'on produit une interprétation qui n'a pas lieu d'être.
Un autre point important dans ma vision du coaching, c'est qu'il n'y ait pas de solution préfabriquée imposée à la personne qu'on accompagne. Dans le film, à un moment, il demande carrément à un père de famille de démissionner en direct. Ça, clairement, ce n'est pas quelque chose d'éthique dans le domaine du coaching.
Et il y a l'ego en mode sauveur, qui est pour moi le symbole de blessures profondes. Dans l'éthique que je prône, il y a le fait de savoir dire « je ne suis pas la bonne personne » ou « je n'ai pas les qualités et les compétences pour t'aider », et d'aiguiller la personne vers un psychologue, un thérapeute, ou autre. Avoir ce recul-là, ce que Coach Mat ne semble pas du tout avoir dans le film.
Un vrai coach cherche l'autonomie, pas l'adulation
Dans ma vision, un vrai coach ne crée pas de dépendances. Il ne cherche pas non plus à être admiré ou adulé. Si c'est le cas, c'est probablement qu'il répond à une de ses blessures, ou à plusieurs d'ailleurs, et c'est plutôt problématique.
Un vrai coach travaille à rendre la personne autonome.
Il aide la personne à comprendre ce qu'elle vit, pourquoi elle le vit, comment elle le vit. Il l'aide à comprendre son fonctionnement, à identifier ce qui la bloque, en lien avec un objectif clairement identifié. Et il n'y a pas ce côté spectacle qu'on voit dans le film.
Débat central : Qui définit la compétence dans notre société ?
Il y a par contre un vrai débat derrière ce film, qu'on ne voit peut-être pas au premier plan. Pour moi, il pose une question centrale :
Qui définit la compétence dans notre société ? Est-ce que c'est l'État ? Est-ce que ce sont les individus ? Est-ce que ce sont les deux ?
Si tu as vu le film, tu vois de quoi je parle. Si tu ne l'as pas vu, je n'ai pas envie de te spoiler complètement, mais on l'a vu dans les extraits : est-ce que l'État doit réglementer, mettre en place un diplôme pour les coachs ? C'est une sénatrice, je crois, qui se bat pour ça, pour éviter les dérives sectaires.
Je vois trois points importants pour répondre à cette question. Le premier, c'est la confrontation entre une vision qui valorise le diplôme et une vision qui valorise la compétence terrain.
Diplôme vs Expérience terrain : Mon parcours d'urbaniste à photographe
Pour ça, je vais prendre mon exemple, parce que je pense qu'il est parlant. Peut-être que tu ne le sais pas, mais j'ai un master 2 en urbanisme et projets urbains, donc l'équivalent d'un bac +5. Un master, ça dure cinq ans, où tu apprends plein de connaissances et de compétences dans le domaine de l'urbanisme, de l'aménagement du territoire.
Une fois en bureau d'études, je me suis rendu compte que j'utilisais peut-être 5 ou 10 % de ce que j'avais appris. Il n'y avait qu'un faible pourcentage qui m'était réellement utile au quotidien. À l'inverse, j'ai eu un apprentissage sur le terrain qui était massif, parce que je faisais de l'accessibilité — c'était dans une ancienne vie, un ancien métier — et je n'avais jamais fait d'accessibilité à l'école, on ne m'avait jamais formé à ça. Donc 90, 95 % de ce que je faisais dans mon quotidien, ce n'était pas quelque chose que j'avais appris.
C'est un point important, parce qu'on peut questionner cette notion de diplôme face aux compétences terrain : tu peux faire des diplômes, mais la réalité est souvent très différente de ce que tu as appris à l'école. L'école apprend d'autres choses, on le verra, mais c'est important de le souligner.
À l'inverse, en photo, je me suis lancé en 2012 comme photographe. J'ai appris avec des workshops, des formations, des ateliers, des vidéos sur YouTube, et beaucoup de mise en pratique. Je ne crois pas vraiment au côté autodidacte, je ne crois pas que quelque chose vienne de nous sans rien : je pense que c'est beaucoup d'expérience avec l'extérieur qui crée ça. Je n'ai pas de diplôme officiel, mais j'ai une reconnaissance éditoriale : la maison d'édition Eyrolles, avec notamment Hélène, l'éditrice responsable de la partie photo, est venue me chercher pour écrire un livre sur le portrait. C'est intéressant, parce que c'est un domaine où je ne suis pas formé par quelque chose d'étatique, d'officiel. Et pourtant, je me suis formé de plein d'autres manières et j'ai une reconnaissance dans ce domaine.
En coaching, c'est pareil : j'ai un apprentissage hybride, avec beaucoup de pratique, en me faisant accompagner à côté, avec beaucoup de formations aussi, des ateliers, des conférences.
Je me sens personnellement 100 fois plus compétent comme photographe ou comme accompagnant, sans diplôme officiel, que comme urbaniste diplômé.
Pourquoi le diplôme n'est pas toujours gage de qualité
Je trouve qu'on met beaucoup de valeur sur le diplôme alors qu'il n'est pas forcément un gage de compétences. Par exemple, dans mes études d'urba, j'ai fait une majeure de promo, et ça ne m'a pas empêché de ne pas être bon dans plein de domaines quand j'ai commencé à bosser, parce que je n'y connaissais rien. Ce n'était pas un gage de qualité.
D'ailleurs, dans le film, à un moment, Coach Mat intervient sur le plateau de Hanouna. Bon, je ne suis pas sûr que ce soit une vraie référence, mais il dit quelque chose du style : « Est-ce que vous avez un diplôme d'animateur télé pour exercer ? Est-ce que ça définit votre qualité ? » Et on voit bien que non.
Dans plein de domaines, le diplôme peut amener une vision du monde, une expertise, des connaissances, mais il ne garantit pas la qualité et la fiabilité de la personne.
Légitimité administrative vs Compétence réelle
Je crois qu'on confond souvent deux choses : la légitimité administrative — le fait d'avoir un droit parce que les choses sont encadrées — et la compétence réelle. Les deux sont souvent mélangées, et du coup ce n'est pas hyper clair.
Un diplôme valide un parcours, il valide un processus qu'on a suivi.
La compétence, elle se construit dans l'expérience, dans la répétition, avec les erreurs aussi qu'on peut commettre.
Ces erreurs façonnent notre manière de voir le monde, notre manière de partager, d'enseigner, d'aider les autres si on fait du coaching. Dans mon parcours, que ce soit en photo ou en accompagnement, j'ai appris en pratiquant, en me trompant énormément, en refaisant, refaisant, refaisant, et en me faisant moi-même accompagner continuellement depuis plus de 15 ans. La supervision, le fait de continuer à se former, de se remettre en question, d'être critique avec soi-même : c'est un critère beaucoup plus important que le simple fait d'avoir un diplôme affiché pour dire « voilà mon passe-droit ».
Il y a aussi un point essentiel qui n'est pas abordé dans le film : le résultat des clients sur le terrain. Si des personnes sont prêtes à débourser plusieurs milliers d'euros pour participer à un séminaire, comme dans le film, c'est forcément qu'elles en retirent quelque chose en retour. Le résultat n'est peut-être pas toujours quantitatif, il peut être qualitatif : plus d'espoir, une nouvelle motivation, autre chose, peu importe. En tout cas quelque chose qui leur manquait à la base et qu'elles viennent trouver grâce à un service. Il ne faut pas oublier que le principe même du commerce, c'est un échange de valeurs entre plusieurs individus, ou avec une entreprise, une entité, dans le but de répondre à un besoin.
L'importance des enjeux : Coaching vs Chirurgie cardiaque
Deuxième point : tous les métiers ne se valent pas. Parce que je vois venir la remarque : « il est bien sympa, mais il y a d'autres exemples où c'est important d'avoir un diplôme. »
J'ai un exemple très précis qui me concerne : j'ai subi une lourde opération du cœur il y a un peu plus d'un an. On est d'accord qu'ouvrir un corps en deux et recoudre un cœur, c'est différent d'un coaching autour d'un questionnement un peu existentiel. Donc oui, je ne suis pas contre les diplômes, je ne veux pas véhiculer ce message. Mais il y a des enjeux différents, et en fonction des enjeux, ce ne sont pas les mêmes sujets.
Un diplôme peut apporter d'énormes garanties. Il peut être rassurant, il peut apporter des bases solides, la certitude que la personne a au moins suivi, en théorie, un cursus adapté. Mais il ne définit pas totalement les qualités de la personne. D'ailleurs, pour revenir à mon opération du cœur : j'ai été envoyé à un chirurgien spécialisé par un professeur d'un grand hôpital à Marseille, qui m'a dit que c'était le meilleur dans son domaine par rapport à ce que j'avais.
J'imagine qu'il est devenu le meilleur davantage grâce à son expérience et à sa pratique qu'au diplôme qu'il a obtenu il y a 30, 35 ou 40 ans.
L'impact de l'IA sur l'accès au savoir et à l'expérience
Le troisième point, c'est que le monde change énormément avec l'IA et avec l'accès au savoir. On parle beaucoup de l'IA, mais peut-être pas sous cet aspect-là. Avant, la valeur était surtout basée sur la connaissance : avoir des connaissances, c'était très important, parce que c'était réservé à un petit monde. Quand j'ai commencé mes études, il fallait que j'aille à la bibliothèque universitaire pour ouvrir des bouquins et trouver des sources de données. Ensuite ça s'est développé avec Internet, avec Google. Mais aujourd'hui, avec l'IA, il suffit d'ouvrir un ordinateur ou un téléphone, de demander, et on a accès à la connaissance du monde entier, à des choses bien plus poussées que ce qu'on aurait pu savoir auparavant.
L'IA rend la connaissance très accessible. Du coup, ce qui devient de plus en plus rare, c'est l'expérience et la capacité à faire le lien entre plusieurs choses.
Faire le lien entre un vécu, un parcours, un truc qu'on a soi-même traversé ou conscientisé. Ce n'est pas juste rabâcher ou déballer de la connaissance, c'est arriver à faire ce lien-là. Ce qui devient précieux, c'est la capacité à être présent, et peut-être justement à remettre l'humain au centre de nos pratiques.
Gérer les dérives sectaires et l'ascendant psychologique
Certaines personnes vont me dire : « OK, c'est sympa, mais il y a quand même des dérives sectaires dans le monde du coaching et de l'accompagnement. » Oui, probablement que ça existe, c'est vrai. Mais je pense que c'est comme dans plein d'autres domaines. La finance, quand on te vend un prêt sur 24 mois alors que tu es déjà en galère : elle est où, l'éthique derrière ? La religion, quand on te propose d'adhérer à un message préétabli : est-ce qu'il n'y a pas une dérive sectaire là aussi ? Un médecin qui va te prescrire des médicaments pour te rassurer alors que tu n'en as pas forcément besoin. Ou le marketing, quand tu t'endettes pour te payer le dernier iPhone. Ce sont aussi des dérives pour moi, mais je pense que ce sont des choses qui font partie de la vie. C'est erroné de penser qu'une société peut exister avec que du bon, que du parfait, parce que par définition, je pense qu'il y a autant de bien et de mal dans toute chose, simplement on ne le voit pas. C'est un autre sujet, j'en parle dans d'autres vidéos.
Pour moi, le problème, ce n'est pas le coaching en soi. C'est la prise d'ascendant psychologique que peuvent avoir certains coachs sur les gens.
Et je ne crois pas qu'un diplôme empêche ça. Je connais des psychologues diplômés, qui ont fait plein d'études, qui ne se sont jamais fait accompagner pour autant dans leur vie, qui sont bourrés de traumas et qui ont forcément des réactions par effet miroir avec leurs patients, sans même s'en rendre compte. Et en même temps, c'est totalement humain, et c'est OK, parce que c'est un apprentissage.
Le danger commence quand quelqu'un retire de la souveraineté aux individus : quand il retire ton pouvoir, ta capacité à être lucide, ton libre arbitre, ta capacité à prendre du recul et à évaluer ce dont tu as vraiment besoin. Tout ça, je pense, est problématique.
Éducation et souveraineté individuelle : La solution aux dérives
Si on avait vraiment envie d'éradiquer les dérives sectaires dans un pays, l'idéal serait plutôt de mettre de gros moyens sur l'éducation, depuis tout petit. Parce que j'ai vraiment le sentiment que plus une population est éduquée, consciente, ouverte d'esprit, bienveillante, formée, compétente, et plus les choses se passent bien.
C'est d'ailleurs pour ça que je fais tout ce que je fais aujourd'hui pour aider les personnes à avancer. J'ai vraiment à cœur de les aider à mieux se connaître, à mieux comprendre leur fonctionnement interne, leurs réactions émotionnelles, à identifier leurs blessures et leurs vides, afin qu'elles puissent se sentir vraiment mieux, déjà avec elles-mêmes, et avec les autres.
Si ça t'intéresse, j'ai une vidéo en description pour t'aider à mettre un peu ta singularité au cœur de ta vie, et vraiment aller voir ce qui peut se jouer à d'autres niveaux de conscience dans ce que tu vis, pour être beaucoup plus conscient de qui tu es. C'est le premier lien en description.
Le danger de l'ego et du pouvoir dans l'accompagnement
Pour conclure sur les dérives : le vrai danger, ce n'est pas l'absence de diplôme en tant que tel.
Le vrai danger, c'est le pouvoir. C'est quand une personne commence à croire qu'elle détient la vérité.
C'est quand elle se place au-dessus des autres et commence à affirmer ses croyances, à affirmer son positionnement sans aucune prise de recul, sans discernement. Donc non, le problème, ce n'est pas tant le coaching, c'est plus l'ego de certains hommes — et je parle d'hommes parce que je pense que ça les concerne beaucoup plus, malheureusement — qui se pensent ou se voient supérieurs.
Alors, faut-il réguler le monde du coaching ? On peut se poser plusieurs questions. À partir de quand l'État doit-il intervenir pour protéger les individus ? À partir de quand cette intervention devient-elle paternaliste et pas nécessaire ? Mais il y a aussi une autre question, peut-être plus inconfortable : à quel moment le client, l'individu, reste-t-il responsable ? À quel moment délègue-t-on sa souveraineté à quelqu'un d'autre ? Parce que c'est ce qui est critiqué dans le film : des personnes qui investissent beaucoup d'argent, toutes leurs économies. Comment peut-on parfois s'abandonner totalement aux autres ? Comment des personnes qui délèguent leur responsabilité individuelle à une figure d'autorité se déchargent-elles de cette responsabilité ?
Je crois qu'un accompagnement sain — dans le coaching notamment, et dans l'accompagnement de manière générale — ne fonctionne que si les deux personnes restent responsables. Un coach n'est pas un sauveur, et un client n'est pas une victime à sauver. Si on rentre dans un jeu de dépendance, forcément, ce n'est pas un jeu sain du tout.
Pourquoi ce film résonne avec notre époque ?
Le vrai sujet de ce film, et la raison pour laquelle il sort maintenant, c'est peut-être qu'il ne parle pas tant du coaching que de notre époque. On vit dans une société où beaucoup de personnes sont complètement perdues. Je pense que tu le vois autour de toi, peut-être que c'est ton cas, je ne sais pas : des personnes désorientées, égarées dans leur identité — qui je suis, qu'est-ce que je dois faire —, perdues sur leur place au sein de leur famille, de leur groupe, de leur travail, et sur le sens qu'elles veulent donner à leur vie.
Il y a un questionnement beaucoup plus profond à se poser que celui de l'univers du coaching.
Quand on est perdu, on cherche des figures d'autorité fortes auxquelles s'attacher. On va chercher des repères, des certitudes que l'on ne ressent plus à l'intérieur de soi.
Et peut-être que le film parle davantage de notre besoin d'appartenance à un groupe, à une communauté avec qui ça va résonner, que du coaching lui-même.
Le besoin humain de repères et d'histoires communes
Moi, je ne vois pas de différence notable aujourd'hui avec ce qui se passe depuis des milliers d'années — j'allais dire des millions, mais là j'exagère. Les humains ont juste un besoin de raconter des histoires. Je ne sais pas si tu as lu le livre « Sapiens » : l'auteur explique que la différence entre l'humain et les animaux, c'est notre capacité à expliquer, à imager, à raconter des histoires complexes. Je crois qu'il prend l'exemple du bord d'une rivière, pour dire : voilà, au bord de la rivière, tu as tel élément, tel truc. Ça m'avait marqué, parce que je pense que c'est profondément juste. Notre besoin, c'est un référentiel commun, des histoires à se raconter, des histoires auxquelles se rattacher.
Au Moyen Âge, on a vu l'émergence des églises, qui apportaient de la structure, l'accès à une communauté, avec peut-être aussi la promesse d'une aide extérieure pour se sentir soutenu. Et je crois que le coaching moderne apporte un peu ça : l'accès à une communauté, une promesse de transformation parfois un peu radicale — et c'est peut-être là qu'il y a les dérives —, mais un cadre qui semble nouveau, qui parle aux personnes et qui est sécurisant.
D'ailleurs, un truc que je voulais dire aussi :
Le mot « coaching » veut tout et rien dire.
Aujourd'hui, on voit du coaching sportif, du coaching en nutrition, du coaching business, du coaching de vie, du coaching de prise de parole en public, du coaching pour le couple… Je pourrais faire une liste qui dure des heures. Mais derrière le coaching, il y a un besoin d'accompagnement que les gens ont, un besoin d'aide extérieure qui s'est créé ces dernières années par nécessité. J'ai fait une vidéo à ce sujet, sur l'évolution de l'accompagnement à travers les âges — je remonte assez loin — tu peux aller la voir si ça t'intéresse.
La réalité d'un travail intérieur (moins spectaculaire que dans un film)
J'ai vraiment le sentiment que, de tout temps, l'être humain a eu besoin de trouver des repères pour avancer : avec l'Église, aujourd'hui peut-être avec le coaching, et avec plein d'autres exemples. Seulement, aujourd'hui, les gens sont pressés. Tout va vite, peut-être un peu trop vite. Et je crois que le film montre aussi une transformation spectaculaire, rapide, émotionnelle, grâce au coaching. C'est ça aussi qui est critiquable, parce que le vrai travail intérieur, le travail de connaissance de soi, le travail sur sa conscience, sur sa perception du monde, dans ses relations, c'est un travail inconfortable, assez subtil, qui se fait dans la durée. C'est un travail long.
C'est sûr que c'est moins spectaculaire, moins cinématographique à montrer dans un film.
Forcément, pour qu'un film soit intéressant et que les gens aient envie de le voir, on ne va pas montrer un coach qui fait 15 séances sur 6 mois ou un an, qui prend le temps, avec de petites transformations qui vont aider la personne durablement mais sans cet effet de switch immédiat.
Conclusion : Humilité, éthique et remise en question
Pour conclure, je crois que le problème n'est pas tant qu'il y ait des coachs sans diplôme.
Le problème, c'est qu'il n'y ait pas de compétence, pas d'éthique, pas de conscience derrière ce que le coach fait.
Je le redis : un diplôme ne garantit pas la conscience de la personne, il ne garantit pas sa compétence. Et l'absence de diplôme ne garantit pas non plus qu'elle soit incompétente. Mais peut-être que ce qui garantit quelque chose, c'est l'humilité, le fait de reconnaître que personne n'est supérieur à personne, la capacité à se remettre en question continuellement, la capacité aussi à être honnête avec soi-même, à aller voir ses blessures en face, à les dépasser plutôt que de les faire subir à la société, à ses amis, à ses clients.
Parce que c'est aussi ça : je vois Coach Mat, qui est fragile, qui a ses blessures et qui veut prouver quelque chose à son frère et à la société. Ce sont deux mondes qui s'opposent : le monde de son frère, ingénieur, qui a tout réussi, qui a fait des études, et lui qui s'est fait sur le tas. Finalement, je pense que ça répond beaucoup plus à ses blessures — « voilà ce que je veux prouver » — qu'à autre chose.
Pour ma part, je suis très heureux que ce genre de film existe, parce qu'il permet de se questionner sur la pratique et sur le monde du coaching. Je trouve que c'est toujours intéressant, et je ne suis vraiment pas pour qu'on reste sans rien faire.
J'espère avoir participé, avec ce contenu, à élever le débat. Et je suis curieux d'avoir ton retour : qu'est-ce que tu as pensé du film si tu l'as vu ? Qu'est-ce que tu penses de ce milieu du coaching, comment tu le vois, qu'est-ce que ça t'évoque ?
Prends soin de toi, je te dis à très vite dans une prochaine vidéo, ou en audio si tu m'écoutes sur ton app de podcast préférée. Et j'ai hâte d'avoir tes retours en commentaire.