ORIGINE

Guérir son enfant intérieur : Mode d'emploi (avec Claire Albaladejo)

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Le Laboratoire Origine

Un accompagnement collectif de 3 mois

Pour comprendre ce qui te freine, retrouver une vision claire de ce qui est juste pour toi, et repartir avec une méthode que tu pourras réutiliser toute ta vie.

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Pourquoi avons-nous parfois l’impression de subir notre vie ou de répéter inlassablement les mêmes schémas ? Dans cet épisode du podcast Origine, je reçois Claire Albaladejo pour explorer une clé fondamentale de l'épanouissement : la guérison de l’enfant intérieur.


Claire Albaladejo nous partage son parcours inspirant, de sa prise de conscience à 37 ans jusqu'à sa mission actuelle d'accompagnement. Ensemble, nous décryptons comment nos blessures d'enfance influencent l'adulte que nous sommes devenus et, surtout, comment s'en libérer concrètement.


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⚡️ Au programme de cet épisode

• Comprendre les blocages : Comment les conditionnements et l'éducation façonnent nos rôles d'adulte.

• Reconnexion au corps : Pourquoi le corps est le messager de nos émotions et comment l'écouter (drainage, soins, présence).

• Le chemin de l'amour de soi : Apprendre à accepter ses parts d'ombre et sa lumière pour retrouver sa souveraineté.

• Passer du "faire" à l' "être" : Retrouver la joie et l'enthousiasme de notre essence originelle.

• Un échange profond et sans tabou pour tous ceux qui souhaitent arrêter de vivre en mode "pilote automatique" et oser enfin rayonner qui ils sont vraiment.


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ORIGINE : c'est ma méthode pour comprendre ce qui te bloque profondément et (re)mettre ta singularité au cœur de ton activité (et de tous tes domaines de vie).


👤 À propos de moi et du podcast Origine

Je m'appelle Jérémy et je passe une grande partie de mon temps à me poser des questions sur l'humain. Pourquoi sommes-nous qui nous sommes ? Pourquoi répétons-nous certaines histoires ? Qu'est-ce qui fait que deux personnes vivent la même situation de manière totalement différente ? À travers mon podcast Origine, je partage les réflexions, les outils et les rencontres qui m'aident, chaque jour, à mieux comprendre ces questions.


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Le texte complet de cet épisode, reformaté

Qu'est-ce qui te rend unique ? (Introduction)

Jérémy : Bonjour Claire. J'ai une question que je pose à tous mes invités pour démarrer le podcast : qu'est-ce qui te rend unique selon toi ? Qu'est-ce qui fait de toi la femme unique que tu es, ta vibration, ta singularité ?

Claire : Ce serait mon enthousiasme, ma joie, ma façon d'être, de pétiller et d'aimer.

Jérémy : C'est beau. Et ça vient d'où ?

Claire : Depuis toujours. J'ai toujours aimé la vie, en fait. J'aime croquer la vie à pleines dents, plus que jamais, avec tout ce que mon parcours de vie fait.

« J'ai toujours aimé être dans la vie. Vivre la vie et la rayonner. »

Jérémy : Est-ce qu'il y a des événements qui ont fait que tu t'es construite comme ça ? Parce que dans ma perception, la personne que l'on est adulte, nos traits de caractère, nos valeurs, tout ça est profondément lié à des événements d'enfance qui font qu'à un moment on se câble en mode « la vie, elle doit être comme ça ». Est-ce que tu as des souvenirs de moments où tu ne t'es pas sentie en capacité de rayonner, un peu enfermée, et qui ont fait que tu t'es construite en mode « il faut vraiment profiter, il faut y aller à fond, il faut rire » ?

L'impact de l'éducation sur l'adulte (Blessures d'enfance)

Claire : Je n'avais pas forcément le droit de pleurer. Il fallait tout le temps aller bien, tout le temps sourire. Qu'est-ce que ça renvoyait chez mes parents, de nous dire qu'il ne faut pas pleurer ? Mais ça a développé un imaginaire où il fallait que tout soit merveilleux. Et maintenant, ce ne serait plus « il faut que ce soit merveilleux », c'est « c'est merveilleux ».

Jérémy : Et tu ne t'interdis pas malgré tout de pleurer, d'être triste ?

Claire : Plus du tout.

Jérémy : Parce que souvent, on voit des schémas de personnes qui ont eu cette éducation du « tu n'as pas le droit de pleurer », donc tout va bien tout le temps, allez, on fonce. Mais c'est aussi se couper d'une part de soi, de ses parts d'ombre, de ses parts de mélancolie, de tristesse.

Sortir du mode « Pilote Automatique » à 37 ans

Claire : Pendant 37 ans, je me suis raconté des histoires. J'étais en mode pilote automatique : le matin je me levais, allez, on avance, on ne se pose pas de questions, on y va. Et j'ai commencé à entamer une thérapie, un travail sur moi, en janvier 2022. Là, j'ai commencé à accueillir mes émotions, parce que j'étais totalement dissociée de mon corps, dissociée de mes émotions. Tu me parlais d'un truc triste, je savais totalement me couper et d'un coup te raconter une connerie pour rebondir et parler de tout autre chose.

« Une émotion, mais qu'est-ce que c'est ? Non, pas du tout : on la fout sous le tapis, on ne l'écoute pas. »

C'est quand j'ai commencé à aller à la découverte de moi, par une thérapie, par des gens qui ont été mis sur mon chemin, que j'ai entamé tout un travail qui fait qu'aujourd'hui, ce n'est plus « il faut », c'est « je vis, je suis ».

Jérémy : C'est trop intéressant, parce que quand je te vois aujourd'hui sur l'aspect émotionnel, j'ai du mal à imaginer. C'est quoi l'événement, la rencontre ou la prise de conscience qui a fait qu'à 37 ans, tu as eu ce switch ?

Claire : J'ai travaillé pendant 20 ans dans une société où je louais des camions, j'étais commerciale. Je savais que ce n'était pas ma vocation, mais on se construit : j'ai rencontré mon mari dans cette entreprise, j'ai eu mes enfants, il souhaitait avoir une maison, donc j'ai suivi. J'étais un peu en sacrifice matériel pour suivre ses élans, et je me suis mise de côté.

Jérémy : Tu avais conscience de ça à l'époque ?

Claire : Tout à fait, je savais que je me limitais. Et un beau jour, je n'arrivais vraiment plus à aller bosser. Je ne me reconnaissais plus, je n'avais plus cet œil qui pétillait, je n'étais plus moi, je n'avais plus de joie. L'automne a toujours été compliqué pour moi, ce moment où on doit se replier, c'est la saison qui invite à ça. C'est angoissant pour moi. Et je me voyais m'auto-saboter : tous les bons moments, je les sabotais.

Je me suis dit : « Là, Claire, tu es en train de t'écarter de ton chemin, tu es tout sauf ça. » J'étais triste, je broyais du noir. Donc j'ai décidé de me prendre en main. Et c'était par des prières : je me disais que j'étais prête à accueillir un vrai changement de boulot, parce que je savais que je n'étais pas faite pour être commerciale. J'aime trop les gens, l'accompagnement, ça me faisait vibrer. Je ne savais pas que j'allais me destiner à ça, mais j'avais besoin de me mettre en mouvement.

Le déclic : de la location de camions à la thérapie holistique

Jérémy : Tu avais déjà cette ouverture au spirituel, à l'énergétique ?

Claire : J'ai toujours cru en moi. Quand j'étais petite, on me disait « tu crois en toi », et je disais oui, je crois en moi. J'ai cette foi en la vie. Et c'est au décès de mon grand-père, en juillet 2017, qu'il a fallu que je comprenne. Je savais que pour moi, il n'était pas mort, c'était un passage : je ne voyais plus son corps, il était dans les mondes subtils.

J'ai commencé à lire des choses plutôt cartésiennes au début, parce qu'il me fallait un peu de concret : Stéphane Allix, Jean-Jacques Charbonier sur les EMI. Et après, des choses un peu plus spirituelles, qui m'ont amenée à me dire qu'on est des êtres spirituels qui venons vivre des expériences humaines.

« Ça a été une révélation, ou juste une validation : on est de passage ici, mais il y a autre chose. Rien ne meurt, tout se transforme. »

Jérémy : Donc le décès de ton grand-père, puis le chemin entre 2017 et 2022, qui fait qu'en 2022 tu te dis : « Là, ce n'est plus possible, je ne peux plus me raconter d'histoires, j'arrête d'être en pilote automatique. »

Claire : Je ne suis pas là pour subir, je suis là pour vivre pleinement.

Jérémy : Pourquoi tu crois qu'on subit nos vies à ce point-là ? J'ai pris conscience de ça avec les années, quand je me suis lancé à mon compte : j'ai envie d'être en capacité de choisir ce que je fais, de moins subir. Et quand je regarde autour de moi, j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de personnes qui ont cette petite flamme intérieure mais qui ne s'autorisent pas, et qui subissent leur vie dans tous leurs domaines : le conjoint, le travail, plein d'aspects.

Claire : On nous demande de rentrer dans des cases : conditionnements sociétaux, familiaux. À 19 ans, je voulais partir au Mexique, faire le tour du monde. Et finalement : on va faire une année de plus après le BTS. Puis j'ai rencontré mon mari. Puis on va faire des enfants. Puis on va à la maison. La vie faisant que… C'est la facilité, répondre à ce que nous demande la société.

La peur de se perdre : apprendre à se découvrir chaque jour

Jérémy : Je vais te demander de choisir un numéro entre 1 et 10, et je te pose la question qui correspond.

Claire : 4.

Jérémy : Qu'est-ce qui te fait le plus peur aujourd'hui ?

Claire : Ce serait de ne plus être moi. Je me suis enfin découverte, je suis sur le chemin de découvrir qui je suis. Tous les jours, j'apprends à découvrir qui je suis vraiment.

« Ma plus grande peur, ce serait de me perdre. »

Jérémy : Est-ce que tu as l'impression qu'avant, entre 19 et 37 ans, tu n'étais pas toi ?

Claire : Oui. Je répondais à des critères.

Jérémy : Tu ne crois pas que quand on répond à des critères, on est quand même soi malgré tout ?

Claire : On se voile la face. On a des filtres, on joue des rôles. Mais maintenant, ce n'est plus possible pour moi.

Jérémy : Je pense aux personnes qui nous écoutent : qu'est-ce que tu pourrais leur partager pour prendre conscience de ce que c'est, être soi ? Comment on arrive à rester soi, à jauger dans son quotidien pour ne plus s'éloigner de qui on est ?

Ne plus se définir par l'extérieur (femme de, mère de…)

Claire : Déjà, ne pas se définir comme « je suis la femme de » ou « la mère de ». Parler de la femme que je suis aujourd'hui.

Jérémy : Il y a beaucoup de femmes dont l'identité se construit par rapport à leur famille, leur conjoint.

Claire : Bien sûr. Je le vois dans les cercles, quand on doit se présenter : « Bonjour, j'ai deux enfants, j'ai tel âge. » Cette présentation classique m'a allée pendant très longtemps. Mais aujourd'hui, qui je suis ? Je suis Claire. C'est dur de mettre des étiquettes. J'aime la vie, j'aime les gens, j'aime accompagner, en individuel comme en collectif. La vie, les gens m'enrichissent.

Jérémy : Tu ne crois pas que les gens se présentent aussi par rapport à leur système de valeurs, à ce qui est important pour eux ? Dire « je suis maman de X enfants », c'est parce que la famille compte. Quelqu'un qui a la valeur travail va plutôt dire son statut, son poste.

Claire : Je ne demande jamais à la personne ce qu'elle fait dans la vie, je ne la définis pas comme ça.

« Moi, c'est le cœur, c'est l'âme, c'est le lien. C'est tout ce qu'on ne voit pas, c'est l'énergie. »

Jérémy : On voit que tu es tout le temps en train de lire au-delà.

Claire : Je pensais que tout le monde était comme moi. Depuis petite, j'ai toujours lu les gens, je sais les scanner, je sais s'ils vont bien ou pas. Et ça, j'ai appris à le faire en autonomie, parce qu'avant, je prenais l'énergie des gens : je te voyais, tu n'allais pas bien, et j'étais capable de me mettre sur la même vibration que toi. Là, je ne le fais plus.

Jérémy : Comment tu es arrivée à ne plus faire ça ?

Claire : En prenant du détachement, en restant dans ma propre énergie, dans ma présence. Quand tu es présent à toi-même, ça ne peut pas rentrer.

Jérémy : Comment elle était, la Claire enfant de 4, 5, 6 ans ?

Claire : Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de quand j'étais jeune. J'ai surtout été éduquée par mes grands-parents. Mes parents travaillaient ensemble, ils avaient un salon de coiffure à l'époque où j'ai grandi, à Saint-Nazaire. Je n'ai pas beaucoup de souvenirs avec eux, mais j'étais tout le temps avec mes grands-parents, qui nous gardaient avec ma sœur. Je te parlais de mon grand-père : l'homme de ma vie, avec qui j'étais tout le temps en binôme. Cette petite fille était curieuse, joyeuse, déjà bien entourée d'amis, avec l'envie de faire des expériences, de découvrir.

Jérémy : C'est toujours un truc qui te porte ?

Claire : Exactement, et plus que jamais. La découverte, l'aventure, ça me nourrit.

Le manque d'amour et la création de notre identité

Jérémy : Est-ce que tu arrives à relier ce truc qui te nourrit à ce que tu as pu avoir ou ne pas avoir de la part de tes grands-parents ?

Claire : Oui. Je n'ai pas eu beaucoup de présence ni d'amour. Dans une famille où on ne se dit pas « je t'aime », où il n'y a pas ces moments où on se serre dans les bras, où on est juste là. On apporte les besoins physiologiques, bien évidemment. Mais moi, je suis vraiment — et comme toi d'ailleurs, je te vois comme ma version masculine — je crois qu'on est des êtres d'amour.

« Ce qui est le plus dur pour moi, c'est l'amour conditionné de l'humain. C'est : "je t'aime si". »

Jérémy : J'ai cette conviction qu'on crée notre identité, notre caractère, notre manière d'être, profondément en lien avec ce qui nous a manqué. Quand tu es dans ce truc de « je ne peux pas trop m'exprimer, il faut être rangé dans une case, pas trop montrer ses émotions », tu développes une appétence à créer des connexions fortes, pour trouver ce que tu n'as pas eu dans l'enfance et dont tu as besoin.

Claire : Moi, j'avais une sœur qui était tout feu tout flamme, donc c'était compliqué. Je me suis dit que j'allais être la perfection : je ne bouge pas, je me mets dans une case. Je ne m'exprimais pas, je ne faisais pas de bruit.

Pourquoi sommes-nous venus pour « Être » et non pour « Faire » ?

Jérémy : Qu'est-ce que tu as envie de partager aujourd'hui, à travers tes activités, à travers toi, qui est important au point de te dire : « Si je devais partir demain, j'aimerais que les gens retiennent ça de moi » ?

Claire : C'est d'accompagner les personnes à découvrir qui elles sont, ce qu'elles aiment, ce qui les fait vibrer, ce pour quoi on s'est incarné. Et au-delà d'être dans le faire, de chercher la mission de vie, le chemin de vie…

« Je pense avant tout qu'on est venus pour être, pour rayonner qui l'on est. »

Si on cherche tout le temps à faire des trucs… alors qu'en fait, il suffirait déjà de prendre soin de soi, de s'écouter, de prendre soin de notre corps, de nos pensées. Soyons le changement que nous voulons voir dans ce monde.

Jérémy : Et aligner nos pensées et nos actions, ce n'est pas évident. Parce qu'il y a le quotidien, on n'est pas seuls dans la nature à attendre que les choses se passent : on a des interactions sociales, des contraintes. Il y a des moments où tu te déconnectes de ça, juste parce que le quotidien fait que. Comment tu arrives, toi, à revenir à cette conscience-là, ou à ne pas la décrocher ? À être dans ce mode de fonctionnement constant : être dans ma raison d'être, être pleinement moi, incarner qui je suis profondément et le rayonner ?

Apprendre à s'aimer : le chemin vers l'amour de soi

Claire : Je suis persuadée que le chemin de cette vie, c'est d'apprendre à s'aimer, d'être dans l'amour de soi.

Jérémy : C'est le chemin de tout le monde ou c'est le tien ?

Claire : En tout cas, le mien. Et ce que j'accompagne aujourd'hui, en séance individuelle ou en collectif, c'est l'amour de soi : apprendre à accepter qui nous sommes, accepter nos parts lumineuses — ça, c'est facile — mais nos ombres aussi. On n'est jamais contentes. Je vois des femmes arriver au cabinet toute la journée, elles s'excusent, il y a tout le temps le corps…

« On a tout le temps un niveau d'exigence envers nous qui est tellement dur. Mais lâchons-nous la grappe, arrêtons ! »

Nous accepter, écouter nos besoins, nous écouter nous-mêmes : c'est ce que j'essaie de faire tous les jours, parce que c'est ce que j'essaie de transmettre aux personnes que j'accompagne. Si je ne le fais pas moi, ce n'est pas cohérent.

Jérémy : Quand tu dis qu'on a plutôt tendance à accepter nos parts de lumière, je ne sais pas si c'est vraiment le cas — et je m'inclus là-dedans. On en parlait avant d'enregistrer : accepter pleinement sa lumière, c'est autre chose. En apparence, on se dit que certains traits de caractère sont plus sympas, donc je les accepte, mais en même temps on ne les accepte pas complètement non plus.

Ma deuxième question, c'est le « comment » : concrètement, dans tes accompagnements, qu'est-ce que tu proposes pour arriver sur ce chemin ? Parce qu'il y a des personnes qui touchent du doigt ce truc de « je sens que je ne suis peut-être pas à ma place, je sens que je m'oublie », et qui ont besoin de se projeter concrètement.

Écouter les messages de son corps pour guérir

Claire : Déjà, il faut être prêt : tout le monde n'est pas prêt à faire ce chemin. Ensuite, essayer de s'autoriser des moments, avec moi ou avec d'autres personnes, mais surtout oser aller s'écouter, aller écouter les murmures du corps. Pour moi, le corps est un messager : tous nos maux physiques sont la conséquence de ce qu'on doit venir trouver et harmoniser à l'intérieur. Et c'est prendre des temps, des espaces pour soi, des parenthèses où l'on s'accorde de l'attention. Ce sont des choses vraiment très simples.

Jérémy : Au quotidien.

Claire : Au quotidien, et surtout en conscience. Mettre de la conscience partout. Un temps pour soi, tu peux prendre cinq minutes dans la journée, boire un café au soleil et juste être avec toi, être conscient de toi, dans l'écoute.

Jérémy : La dernière fois qu'on s'est vus, on avait beaucoup parlé du rapport au corps. J'imagine qu'il y a cette idée de revenir dans le corps avec ce que tu proposes : les massages, mais pas que — le voyage au cœur du cœur, tout ça. Pourquoi le corps est aussi important pour toi ? Quel message a-t-il à nous transmettre ?

Claire : Dans notre corps est imprimé tout ce que nous vivons depuis notre naissance — et des vies antérieures, si on y croit.

Jérémy : Même avant la naissance, même in utero.

Claire : Exactement, tout est imprimé dans notre corps. Le voyage au cœur du cœur que je propose, et que j'ai fait avec toi — faites-le ! — je le décris comme une maison : il y a des choses qu'on n'a plus besoin de garder, c'est saturé, il y en a partout, on doit faire du tri. Tout ce qu'on vit depuis notre naissance, c'est de se dire : « Voilà, ça m'a accompagnée, ça a fait la femme ou l'homme que je suis aujourd'hui. » Et ce sont des blessures qu'aujourd'hui je suis prête à transcender pour accueillir le nouveau, le beau, le plus aligné avec qui je suis. Je ne suis même plus la même que depuis hier, avec la discussion qu'on a eue.

« Tous les jours, on est dans une mort et dans une renaissance. Tous les jours, on renaît, on apprend, on évolue. »

Pourquoi nous coupons-nous de nos émotions ?

Claire : J'étais totalement déconnectée de mon corps parce que j'étais déconnectée de qui je suis, déconnectée de mes blessures, de mes émotions. Une émotion, je ne savais même pas ce que c'était. On ne m'a jamais appris à accueillir mes émotions. Je mettais tout sous le tapis. Et après, des fois, j'explosais, je pétais des câbles.

Jérémy : Ça me parle beaucoup, parce que j'ai eu les mêmes modes de fonctionnement : couper ses émotions, et à un moment péter un câble.

Claire : Je prenais tellement sur moi que d'un coup, je vrillais. Il fallait que ça explose. Et là, il valait mieux que je parte de la maison, parce que je détestais cette partie de moi. Je ne l'acceptais pas du tout.

Jérémy : Comment tu as pu vivre aussi longtemps déconnectée de ça ?

Claire : C'était le chemin. Il fallait que j'aie mon déclic.

Jérémy : Et probablement que parce que tu l'as vécu, tu es encore plus à même de comprendre comment on en sort.

Claire : Exactement. Et j'accompagne beaucoup de femmes aujourd'hui, parce que j'ai travaillé pendant 20 ans uniquement avec des hommes. J'avais besoin de réparer mon féminin. Là, ça commence à changer : il y a de plus en plus d'hommes en conscience, qui prennent soin d'eux, de leur corps, de leur esprit. Mais il fallait que je passe par là, et j'en fais vraiment une force. C'est mon parcours qui fait qu'aujourd'hui, je suis capable de transmettre : ralentir, s'écouter, s'aimer, prendre soin de soi, s'accepter, écouter ses besoins… et dire non.

Jérémy : Ça, c'est un grand pas.

Claire : Je disais oui à tout le monde, j'étais capable de faire des trucs pour qu'on m'aime. Parce qu'au fond, ce ne sont que des blessures d'amour.

Jérémy : De toute façon, c'est ça : je ne l'ai pas eu, ça a manqué, j'essaie de le combler adulte, sans en avoir conscience.

L'autocompassion : se porter l'attention que l'on mérite

Jérémy : Admettons que la personne soit prête : comment elle peut arriver à se connecter à son corps ? Tu disais qu'un moment de pleine conscience, prendre un café, c'est une première étape. Moi, j'ai eu besoin d'une grosse opération du cœur pour me connecter à mon corps, parce que c'était juste une enveloppe. Et d'un coup, j'ai ressenti de la douleur, j'ai ressenti tout un tas de choses, et je me suis dit : « Attends, j'ai des trucs à l'intérieur. » Est-ce que le travail par le corps est obligatoire ?

Claire : Pour moi, c'est indispensable. J'ai beaucoup travaillé en énergétique, j'ai commencé par une thérapie et des soins énergétiques — le voyage au cœur du cœur est énergétique. Mais après, il y a besoin de se reconnecter à sa chair, d'aller dans un toucher réconfortant. On est humains, on a besoin de câlins, de toucher.

Jérémy : Avec toi-même aussi ?

Claire : Je pratique l'autocompassion, je me fais des câlins moi-même. Quand j'ai un petit coup de mou, quand il y a des choses pas faciles qui remontent, rien que de me toucher le cœur ou le ventre. On en parlait tout à l'heure : en fait, on sait ce dont on a besoin.

« Nous sommes notre propre médecine. On a tout à l'intérieur de nous. »

C'est très bien de passer par des personnes, on a besoin d'être accompagné pour avoir des prises de conscience, pour avancer. Mais il y a des fois où il suffit d'être dans sa présence, de revenir à ses sens, de respirer, d'aller à l'intérieur : de quoi j'ai besoin, maintenant ? On est capable de se donner tous les signes, tous les messages.

Moi, je demande à l'univers. Dès que j'ai besoin de quelque chose, je le sens : ça va être une chanson, ça va être… Un jour, j'avais envie de faire une cure et je ne savais pas de quoi. J'étais dans un magasin, et d'un coup, il y a un mec devant moi qui dit : « J'achète des pommes, je vais faire une cure de pommes. » J'ai eu ma réponse. J'ai fait ma cure de pommes, et j'ai eu une peau exceptionnelle pendant quelques jours grâce à la pectine.

Retrouver sa souveraineté et son pouvoir personnel

Claire : C'est ça, en fait : reprendre son pouvoir personnel, Jérémy. Retrouver notre souveraineté. C'est vraiment mon message aujourd'hui.

« Petit, on écoute nos parents. Après, c'est nos profs. Après, c'est nos employeurs. Et on met tout le temps notre pouvoir à l'extérieur. »

Quand j'ai une cliente qui me demande : « Qu'est-ce que vous ressentez ? », je lui réponds : « Mais toi, qu'est-ce que tu ressens ? »

Jérémy : Mais ça nous construit aussi. Un enfant ne pourrait pas être seul comme ça, en mode « j'exprime ma nature » : il serait mort.

Claire : Exactement. Mais ce sont des habitudes qu'on prend.

Jérémy : C'est peut-être une question de degré.

Claire : Et il s'agit de déconstruire, de se dire : « Là, je suis en capacité de m'apporter moi-même ce dont j'ai besoin. » On mange parce qu'il faut manger à midi, on a tout un rythme sociétal. Alors que ce qui est bon pour toi n'est pas bon pour moi : toi, tu vas peut-être avoir besoin de huit heures de sommeil, moi je vais me contenter de six. Et on essaie de se caler sur les autres, parce qu'on entend ça sur les réseaux. Mais non : personne mieux que nous ne sait ce qui est bon et juste pour nous.

Jérémy : Et de plus en plus, sur les réseaux, tu entends un truc, dix minutes après tu entends le contraire, et tu es perdu.

Claire : Exactement.

Jérémy : Pourquoi tu penses qu'on a — je généralise — cette appétence, en tant qu'êtres humains, à devoir toucher le fond avant de se relever ? Moi avec mon opération, toi qui étais dans le dur jusqu'à 37 ans… Ça vient d'où ?

Claire : Se perdre pour mieux se retrouver.

Jérémy : Mais qu'est-ce qui fait qu'on n'a pas accès à cet état de conscience plus tôt : qu'est-ce qui est bon pour nous, l'écoute de nous ?

Claire : Je pense que petit, on sait.

Jérémy : On le perd, et il faut ensuite le temps de le retrouver.

Protéger ses enfants des conditionnements et croyances

Claire : Exactement. Avec mes filles, j'essaie vraiment le moins possible de leur mettre des conditionnements, des croyances, des peurs, pour leur évolution.

Jérémy : Et tu penses que c'est négatif ? Parce que dans ma vision des choses, je suis tellement convaincu — ou en tout cas je l'ai expérimenté tellement de fois — que qui on est est dû à ce qu'on a eu ou ce qu'on n'a pas eu, que je ne vois pas les conditionnements comme quelque chose de négatif dans l'absolu. Je les vois plutôt comme quelque chose de constructif : parce qu'à un moment on te met dans une case, parce que tu as une contrainte extérieure — et la vie fait qu'on a des contraintes —, tu vas développer un certain type de caractère, un certain type de réaction.

Et sur les enfants, pendant longtemps, j'ai été dans ce truc de me dire qu'il faut qu'ils soient protégés. Aujourd'hui, ma vision, c'est que de toute façon tu ne peux pas les protéger, et que les protéger ou pas ne change rien. Si tu les protèges, ça va créer quelque chose en opposition à ça. Si tu ne les protèges pas, ça va aussi créer quelque chose en opposition. Et dans tous les cas, ils construisent leur unicité. Donc quand tu dis que tu essaies de préserver tes filles, pourquoi et comment tu fais ça ?

Claire : C'est plutôt les laisser vivre, sans leur mettre… Après, on a du fardeau transgénérationnel. On a des dons de nos ancêtres, mais on a aussi des fardeaux, et c'est prouvé : ma grand-mère portait déjà mes cellules, c'est prouvé scientifiquement. Donc on a ces choses que nous décidons, dans cette incarnation, de transformer. C'est notre parcours de vie.

Et quand tu me demandes pourquoi il m'a fallu 37 ans pour aller vers qui je suis vraiment, c'est justement parce qu'enfant, j'ai eu des conditionnements, j'ai dû rentrer dans des cases sans qu'on me le demande — on le fait totalement inconsciemment. J'ai porté des croyances, des peurs transgénérationnelles.

« Aujourd'hui, j'ai vécu une déconstruction pour mieux me reconstruire, mais surtout pour mieux découvrir qui je suis. »

Comprendre ses « drivers » (Sois fort, Fais plaisir…)

Claire : Tu connais les drivers ? « Fais plaisir »… C'est super intéressant. Quand j'ai fait le test, j'étais élevée de partout. J'avais honte. C'est une amie chère à mon cœur qui nous l'a fait passer, et je n'avais même pas osé dire mon résultat.

Jérémy : J'avais le même : j'avais tout, « dépêche-toi », « sois fort »… Je pense qu'on est beaucoup à en avoir beaucoup.

Claire : Et quand tu prends conscience de ça, tu parles différemment à tes enfants. Parce que sinon, « fais vite », et ils vont tout faire vite, alors qu'on a notre propre rythme. Ce sont des trucs qu'on dit automatiquement. « Fais plaisir » : ta fille n'a pas envie de dire bonjour, et non, tu dis bonjour ! Il faut faire la bise… Ce sont des choses qu'on nous a obligés à faire et qui ne servent à rien.

Jérémy : En même temps, tu ne crois pas qu'on reste des animaux sociaux ? C'est comme dans une meute de loups, où tu pourrais dire qu'il y a aussi un driver : « toi, tu restes à la queue de la meute parce que tu es jeune ». Est-ce que ce n'est pas aussi nécessaire, parce que c'est une construction sociale bénéfique pour le vivre ensemble ? Si ton gamin ne veut jamais dire bonjour à personne, ce n'est pas non plus une ouverture pour lui. Tu viens en communauté, il y a des gens, il y a des codes.

Ce qui peut être dur à évaluer, c'est le curseur. Je suis d'accord avec toi qu'à l'extrême, c'est négatif, et que quand nos enfants n'ont pas envie, c'est important de les laisser s'exprimer, de les écouter. Mais en même temps, je pense que ces cases, entre guillemets, qui peuvent être enfermantes pour quelqu'un qui a une valeur liberté très importante, sont aussi socialement très importantes pour le vivre ensemble et pour l'écoute de l'autre, sur un plan empathique.

Claire : Je comprends, ce sont des codes sociétaux. Ce sont nous qui nous mettons ces codes, et on peut choisir de les avoir ou pas. Et quand on lâche, quand on est parent et qu'on se dit « bon, allez », c'est là que l'enfant dit bonjour.

« Pour moi, nos enfants sont nos maîtres. Je n'ai jamais autant appris sur moi que depuis que j'ai mes filles. »

Jérémy : Elles ont quel âge ?

Claire : 14 et 7 ans. Ça vient te chercher, ça vient te donner une force à l'intérieur que je ne soupçonnais pas, ce côté lionne. Et aujourd'hui, j'avance aussi pour elles. C'est pour ça que j'ai changé de boulot : je me suis dit que jamais de la vie je ne resterais pendant 20 ans dans un métier qui m'éteint. Quel exemple je leur donne ? Je voulais leur montrer que maman était capable de changer, de sortir de sa zone de confort. Il y a plein de choses qui se passent encore dans ma vie aujourd'hui que je fais pour moi, mais aussi pour elles.

Jérémy : Je trouve que c'est un vrai moteur. J'ai eu plein de clients, hommes et femmes, qui se disaient : « Je ne peux pas dire à mes enfants "sois heureux dans la vie, écoute-toi", si eux me voient dans un modèle où j'ai un boulot qui ne me plaît pas. »

Je me rappelle un déjeuner avec un client qui venait de quitter ma boîte. Il me disait : « Ma fille, moi je lui dis qu'il faut qu'elle fasse ce qu'elle aime. » Et je le regarde droit dans les yeux : « Mais Stéphane, est-ce que vous aimez ce que vous faites, vous ? » Et là, il me dit : « Ben non, pas du tout. » Il rêvait d'être coach en nature, et il avait un boulot administratif alimentaire qui ne nourrissait pas l'homme.

Claire : Qui nourrissait le compte en banque, le quotidien. C'est un choix. On peut le faire aussi en conscience et se dire : « J'ai un boulot alimentaire, mais à côté de ça, dans ma vie de tous les jours, je m'éclate. »

Jérémy : Et du coup, tu n'as pas la même énergie quand tu fais ça, parce que tu sais pourquoi tu le fais, il y a un sens derrière. Je suis obnubilé par la notion de sens : quand tu as un sens à faire quelque chose, tout est beaucoup plus facile, beaucoup plus fluide. Et c'est valable pour tout. Le podcast, par exemple : tu me disais « mais il y a du montage, tout ça ». Il y a des années, j'en faisais, et c'était un labeur pas possible, parce qu'il y avait moins de sens. Aujourd'hui, j'ai tellement hâte de partager ce qu'on dit que toute la partie qui peut paraître pénible n'est plus une contrainte pour moi. Ce sont les mêmes éléments, mais je le vis d'un autre espace.

Claire : C'est très vertueux. Merci pour ces podcasts, ce sont des échanges qui nous font grandir.

Le masque du « Tout va bien » : accepter sa vulnérabilité

Jérémy : Tu choisis un autre numéro, de 1 à 10 ?

Claire : 8.

Jérémy : Quel rôle joues-tu souvent, malgré toi, dans ton quotidien ? C'est un peu lié aux masques que l'on porte, et aux drivers.

Claire : La Claire qui va bien. Ça, il y a encore ça. Tout va bien, il faut positiver. Mais ça me permet aussi d'avancer, c'est mon moteur aujourd'hui.

Jérémy : En même temps, c'est quelque chose qui te définit aussi, malgré tout.

Claire : C'est ça. Et c'est intéressant ce que tu me dis, parce que je suis dans le soin. Pour moi, quand tu vas voir quelqu'un qui va t'accompagner, qui va te faire aller mieux, cette personne doit se montrer au top. Or je ne suis pas toujours au top. Quand je suis en soin, oui, je suis dans ma vibration, dans ma présence. Mais j'ai toujours cette exigence : il faut que j'assure. Et aller voir quelqu'un et montrer un peu cette faiblesse, ce côté vulnérable, c'est en cours, c'est le processus. C'est sûrement une croyance, mais je me dis qu'il faut que je sois au top pour pouvoir accompagner la personne.

Jérémy : Je suis comme toi, donc ça me parle. Un truc qui m'a beaucoup aidé il y a quelques années, sur lequel j'ai beaucoup lâché, c'est un bouquin sur le coaching. L'auteur disait : quelqu'un qui rentre le soir et qui parle à un lampadaire — on peut dire une plante — eh bien, rien que passer une heure à parler à une plante, tu te sens mieux. Il y a cette idée de décharger un peu la pression qu'on se met : la plante ne va rien faire, elle ne va pas interagir, le lampadaire ne va pas bouger. Rien que le fait d'être en présence et d'exprimer, tu vas mieux. Donc même si tu es à 10 % de tes capacités, de toute façon la personne ne pourra qu'aller mieux. Ça m'avait beaucoup aidé.

Et en même temps, pour contrebalancer : ce niveau d'exigence qu'on a tous les deux, c'est aussi — en tout cas je le vis comme ça pour moi — ce qui fait que je vais chercher à aller au bout des choses, à une forme de finesse, une forme de présence à l'autre, et du coup une qualité d'écoute, une qualité professionnelle, que je n'aurais pas sans ça. Donc la question, c'est : est-ce que c'est négatif, est-ce que ça me dessert ? Ou à quel moment cette manière d'être est bonne parce qu'elle me nourrit et que je vois qu'elle est bonne pour les gens autour de moi, pour mes clients ?

Claire : Oui, je comprends. Mais tu vois, c'est encore un rôle. C'est en cours, ce chemin où je peux me montrer aussi vulnérable — et c'est ce qui touche les personnes. C'est surtout après le désert, où j'étais très vulnérable, où je pleurais. Il y a un parcours de vie qui pouvait tout de suite me toucher au corps.

« On s'empêche, on veut se montrer tout le temps fort, alors que notre vulnérabilité fait partie de nous : c'est une énorme force. »

Jérémy : En même temps, ça rejoint ton histoire : tu n'avais pas le droit de pleurer, il fallait que tu sois forte, donc tu t'es construite comme ça. Et pour moi, c'est tout l'enjeu. Mes cartes sont organisées par domaines : d'abord les blessures, le manque, ensuite les valeurs, la singularité. Et ce que je crois, c'est qu'on a tellement été habitués à un mode de fonctionnement pendant des années qu'il fait partie de nous. La distinction, c'est : oui, bien sûr, c'est une blessure, mais ce n'est pas négatif que ce soit une blessure, parce que ça a créé une force de caractère, une manière d'être en opposition.

La vraie question, c'est : est-ce que je cherche encore à combler ma blessure continuellement en faisant ce que je fais ? Ou est-ce que je suis OK de dire que ce trait de caractère m'est propre, que c'est ma singularité, et que comme j'ai tellement été habitué à l'utiliser, c'est ce qui fait ma force et je l'utilise consciemment ? Pour moi, c'est là qu'est la balance. Parce que des personnes vont te dire : « Non, c'est négatif, il ne faut pas que tu sois aussi joyeux, il faut que tu acceptes tes parts d'ombre, que tu acceptes d'être déprimé. » Oui, mais en même temps, ta joie de vivre s'est tellement ancrée par rapport à ton environnement, à tes expériences, qu'elle te définit profondément, et c'est une putain de force pour interagir, pour aider les autres.

« C'est cette distinction qui est importante : ne pas mettre à la poubelle qui on est, et comment on s'est construit. »

Claire : Tu as raison, c'est joli de le voir comme ça.

Jérémy : Je te dis ça parce que c'est ce que j'ai vécu. J'étais dans la culpabilité : je suis quelqu'un d'assez positif, donc j'ai un problème, il ne faut pas que je sois positif, il faut que j'accepte mes émotions, donc il faut que je sois un peu plus mélancolique, il faut que je sois ci, que je sois ça. Et j'étais parti dans une quête de quelqu'un qui n'était même plus moi. Sous prétexte de « il ne faut pas que je sois comme ça parce que je n'ai pas exprimé mes émotions petit », je me suis coupé d'une part de moi qui était présente, que j'ai construite, et qui me va bien. C'est parfois trouver le juste équilibre, le juste milieu.

Se sentir à sa place : quand le cœur s'expanse

Jérémy : En parlant de force, de valeur et de singularité, tu peux choisir un autre numéro entre 1 et 10 ?

Claire : 3.

Jérémy : Dans quel moment tu te sens la plus alignée avec toi-même ?

Claire : Quand je suis en soin. Vraiment. Là, je suis dans ma totale présence, quand je suis dans le don de l'autre. Et c'est plus facile d'être dans cet alignement quand je vais aider que pour moi-même.

Jérémy : Pourquoi ?

Claire : Parce que je vais être au service. Au service de l'amour, au service de la vie. J'adore ça, ça vient me nourrir. Je sais comment faire pour être dans ces vibrations, pour être alignée, mais je ne le fais pas automatiquement pour moi. Je le fais en priorité pour l'autre.

Jérémy : Et c'est parce que tu ne sais pas le faire pour toi, ou parce que ça a plus de sens de le faire pour l'autre ?

Claire : Ça a plus de sens de le faire pour l'autre. J'en suis là.

Jérémy : Quand tu es dans cet alignement, dans ce « je suis à ma place », qu'est-ce qui t'indique que tu es à ta place ?

Claire : J'ai le cœur qui s'expanse. Et je sens que ma vibration est haute.

« En fait, je suis un instrument, je suis un canal d'amour. Je reçois les belles énergies pour les diffuser. Je suis dans mon plein rayonnement. »

Jérémy : Est-ce que tu as le sentiment que dans ces moments-là, les choses sont faciles, que ça ne demande pas d'énergie, que c'est doux ?

Claire : Si je pouvais être tout le temps en soin ! Après, quand on rentre à la maison, c'est différent, on n'a pas la même vibration, il y a les gosses, d'un coup c'est un chamboulement. Mais oui, c'est tellement plus facile. Et c'est ça qui est intéressant, c'est ce qu'on est venus expérimenter : on ne peut pas être tout le temps high vibes. On a nos vies de famille, nos vies de papa, de maman, nos interactions.

En tout cas, quand je suis dans l'accompagnement, en collectif ou en soin, je suis totalement à ma place. Et c'est trop bon de se sentir à sa place. Parce que dans notre famille, on ne se sent pas tout le temps à notre place — avec nos maris, nos enfants, ou dans la famille un peu plus élargie.

Jérémy : Je trouve que c'est ouf d'être à son compte et d'arriver à ce stade-là, parce qu'il y a des clients, des gens qui vont te payer, qui ont senti que tu étais la bonne personne avec qui bosser : il y a un vrai choix mutuel qui est fait, et ça laisse la place à ça. Dans le quotidien, ce choix est moins flagrant. Même avec les amis : il y a des amis que tu aimes bien, d'autres un peu moins, et selon les soirées, il y a du monde, ça peut être plus flou. Alors que là, quand tu es dans ce binôme, pendant une heure, deux heures, peu importe le temps, il y a cet espace pour que ça existe.

Et c'est intéressant, parce que pour moi, quand tu es dans ta singularité — ce qui te définit profondément, ta raison d'être —, c'est fluide, c'est facile, tu ne te poses pas de questions, il y a un vrai apport à toi et à l'autre. Du coup, j'ai cette croyance que l'important dans la vie, c'est d'arriver à toucher ça du doigt, et sur un plan business, de le commercialiser. Pour moi, le meilleur espace pour son activité, c'est de commercialiser cette singularité-là.

Claire : En fait, je suis dans ma pleine puissance. Et c'est trop bon de se sentir dans sa pleine puissance : là, je n'ai pas peur de rayonner, je n'ai pas peur d'être qui je suis. Alors que dans la vie à côté, peut-être que je me cache un peu plus.

Le courage de faire des choix et de rayonner

Jérémy : Qu'est-ce qui fait que tu as peur, ou que tu te caches dans la vie ? Qu'est-ce qui fait que tu es avec quelqu'un en soin et que tu es dans cette puissance, et qu'à la boulangerie, quand tu achètes ton pain, tu n'y es pas ?

Claire : Ça dépend, mais je n'ai jamais autant perdu de personnes, de proches, dans ma vie, que depuis que j'ai travaillé sur moi et que j'ai découvert qui je suis.

Jérémy : En même temps, c'est violent pour les autres de te voir changer, se rapprocher de toi, être heureuse, faire des choix. Et il y a un sujet qui revient tout le temps avec mes amis, ma famille : la question du choix. J'ai cette conviction qu'on a toujours le choix dans la vie. Tu n'as pas le choix de ce qui t'arrive, mais tu as le choix de comment tu y réagis. Et dès que je dis ça, les gens répondent : « Non, mais moi je n'ai pas le choix, de toute façon… »

Claire : Ça vient confronter, c'est ça.

Jérémy : C'est ce que ça m'évoque : c'est hyper violent pour les gens de voir que tu fais un choix qu'ils pourraient faire, mais qu'ils ne vont pas faire, parce que ça demande plein de choses derrière.

Claire : Mais c'est hyper violent pour moi aussi d'avoir le courage de le faire. J'ai passé des heures à pleurer, à me remettre en question, à travailler sur moi. Ça demande énormément d'énergie.

Jérémy : C'est une forme de sacrifice aussi.

Claire : C'est très challengeant. On vient brasser, on vient remuer. Et avoir le courage d'aller puiser dans mes ressources pour faire ce chemin-là, et qu'on me tourne le dos parce que justement je me rapproche de qui je suis réellement, ça, ça a été le plus dur. Surtout en 2025.

Jérémy : Tu l'as mal vécu ?

Claire : J'aime les gens, et quand on blesse mon cœur, c'est quelque chose. Même si je me dis que c'est le chemin de la vie, qu'il y a des gens qui rentrent dans ta vie et des gens qui en sortent, que chaque personne vient t'enseigner… Je le sais, mais ça reste douloureux.

Jérémy : Et en même temps, c'est marrant, parce que tout ce que tu disais tout à l'heure sur le fait de faire le ménage, c'est aussi ça : on fait de la place pour de nouvelles personnes.

Moi, j'ai vécu un truc un peu inverse. Quand je me suis lancé à mon compte, je me suis coupé de la plupart de mes amis d'enfance — pas tous, mais une grande partie — parce que je ne me sentais pas compris. Et quand je dis « je me suis coupé », ce n'était pas volontaire : on ne se voyait plus, la vie a fait que. Pendant une dizaine d'années, je ne les ai quasiment plus vus. Et il y a 3-4 ans, j'ai ressenti le besoin de me reconnecter à eux. J'ai l'impression qu'on a tous cheminé, avec des chemins très différents. Il y a Guillaume, qui passe dans le podcast, qui est un de mes meilleurs amis : on s'est retrouvés, et c'est génial dans nos échanges. Il y a Océane, avec qui j'étais au lycée, avec qui j'ai un podcast sur le couple et la sexualité. Il y a Élodie, une autre amie. Il y en a eu plein comme ça.

Je te dis ça aussi pour te dire que ce n'est pas une finalité en soi : parfois tu te coupes et tu ne sais pas pourquoi, mais il y a des personnes que tu retrouves. Parce que je pense que d'âme à âme, avec Océane par exemple, on avait ce truc-là créé ensemble : nos visions sont parfois radicalement opposées, mais on a une énergie complémentaire qui apporte. Et parfois, ce n'est pas le moment, parfois c'est trop violent pour une personne ou pour l'autre.

Mais tout ça pour en revenir à ce qu'on disait : rayonner sa pleine lumière, ça peut être un frein, parce que quelles sont les conséquences derrière ?

Claire : C'est vrai. C'est peut-être pour ça qu'il y a beaucoup de personnes qui n'en ont pas envie : c'est confrontant.

Jérémy : Tu choisis un autre numéro ?

Claire : Numéro 1.

Jérémy : Quelle est la force que les autres te reconnaissent souvent ?

Claire : Je ne sais pas quel mot mettre… Je donne l'impulsion, je donne l'élan. On a envie de suivre.

Jérémy : L'étincelle ?

Claire : Oui. J'inspire, on me le dit souvent. Et je trouve ça trop beau, parce que si j'inspire, on peut tous s'inspirer les uns des autres. Au début, on me disait souvent : « J'ai envie d'être comme toi. » Juste d'être comme moi, d'atteindre ce niveau de prise de conscience, de prendre soin de soi, de cheminement.

Jérémy : Tu as l'impression que depuis 2022, tu as fait un vrai bond en avant sur ces aspects-là, ou tu inspirais déjà les gens avant ?

Claire : J'avais ça, mais là, plus que jamais, parce que maintenant je suis en conscience, donc c'est différent. Et au début, ça m'a fait drôle. Mais je trouve ça vertueux, parce que toutes les personnes que j'accompagne, on chemine ensemble. On avance, on grandit toutes ensemble. Je donne juste l'impulsion : « Allez, viens, on y va, on va prendre soin de soi, on va faire quelque chose. »

Le drainage lymphatique : remettre les émotions en mouvement

Jérémy : Tu disais qu'il faut que les personnes soient prêtes. Tu le sens, si elles sont prêtes ?

Claire : Ah oui. Déjà, je part du principe que personne ne rentre dans ma vie par hasard. À un moment, on te côtoie, même une rencontre anodine. Et même un massage : je mets beaucoup de conscience dans mes massages. Quand je parle de drainage lymphatique, c'est mettre les liquides du corps en mouvement, mettre les os en mouvement — les os, c'est de l'information, ce sont des émotions — pour ensuite, au niveau du ventre, au niveau de notre centre, aller libérer, se délester. Ne serait-ce qu'un massage, ce ne sont pas des papouilles. Sinon, tu vas faire un massage bien-être où on te passe les épaules. Je ne fais pas ça. Il y a une volonté de la part de la personne de se mettre en mouvement.

Jérémy : Et comment tu communiques ça ? Parce que j'ai l'impression que c'est ce que nous faisons tous les deux : ces trucs qui ne sont pas palpables. En coaching, les gens ont cette vision du coaching de performance : tel exercice, tu vas être productif. Mais ce n'est pas ce que je fais. Toi, pour le massage, les gens vont avoir l'impression que tu vas leur masser le dos avec de l'huile et appuyer un peu là où ça fait mal. Comment tu arrives à les amener dans ton univers ?

Claire : J'ai déjà cette foi de me dire que rien n'est hasard, que tout est rendez-vous. Les femmes qui viennent me voir, c'est qu'il y a cette volonté de se mettre en mouvement, j'en suis convaincue. Et il y a des femmes qui viennent, et d'un coup c'est un peu trop pour elles, elles ne reviennent plus, et je ne le prends plus pour moi : elle y va à son rythme. Mais je pense sincèrement que ce que j'impulse, c'est la conviction, la certitude. J'ai une foi inébranlable en ça.

Jérémy : Et comment tu la gardes, cette foi, avec le quotidien, dans les moments où tu vas moins bien ?

Claire : Oui, il y a des moments où je ne vais pas bien, je suis humaine. C'est très intéressant que tu me poses cette question, parce que je peux laisser cette image de femme où tout va bien, où je ne suis pas stressée. Mais pas du tout : je suis humaine, incarnée. Des fois, je suis au bout de la bobine, pleine de remises en question, de doutes.

Jérémy : Et comment tu arrives à garder cette flamme dans ces moments-là ? Parce que quand tout va bien, que tu as des clients, de l'énergie, il n'y a pas de questions à se poser. L'intérêt, c'est comment on retrouve cette certitude, comment on la nourrit, comment on s'y rattache quand ça ne va pas.

Claire : Je pense sincèrement que quand il y a moins de clientes ou moins de demandes, c'est qu'il faut que je prenne soin de mon énergie. Alors, au lieu de culpabiliser, de stresser ou de douter, je mets ce temps à mon service. J'ai besoin de revenir au corps, de revenir à moi, à ma présence, de faire des choses pour moi. Prendre soin de l'autre me demande beaucoup : il faut vraiment qu'au niveau du sommeil, de l'alimentation, de l'énergie, je sois vigilante. Ce n'est pas une hygiène de vie stricte, mais quand je donne trop ou que je n'ai pas assez d'énergie, c'est un indicateur.

Jérémy : Et concrètement, comment tu reviens à toi ? Quels sont les outils, de manière basique, dans ton quotidien ?

Claire : De la marche, revenir au corps, des étirements, de la danse. Prendre un bain de pieds avec du gros sel et des huiles essentielles, respirer, me balader pieds nus dans l'herbe. Des choses totalement simples : regarder les papillons, regarder le ciel, m'émerveiller.

« Voir la beauté qui nous entoure : ce sont des choses simples qui me ressourcent, ce n'est pas d'aller faire du shopping. »

Revenir aux plaisirs simples et à la contemplation

Jérémy : Tu penses qu'un des problèmes majeurs de nos sociétés, c'est qu'on a perdu ça ? Parce que les enfants font des trucs simples. Ce week-end, ma fille a dû passer 4 heures à prendre des fourmis, les mettre dans sa main, leur parler — « comment tu vas, où tu vas » —, les reposer, en prendre une autre. Mon fils, à un moment, il me voyait poncer, il m'a dit « je veux faire ça ». Pareil, il a passé 3-4 heures à poncer des trucs. Il a trouvé une vieille table : « Je vais la poncer. » Et après : « J'adore poncer, on pourra reponcer. » Des trucs un peu anodins, dans l'observation. Est-ce que tu crois qu'on a perdu ça, à force de chercher à remplir par plein de choses, par du matériel, plutôt que de juste passer un temps avec des animaux, juste s'asseoir et contempler ?

Claire : M'asseoir par terre, sur le sol ou sur la pelouse, et regarder le ciel, sentir cette connexion à la terre : ça me porte.

Jérémy : Et comment tu te mets dans les conditions de faire ça ? Il y a plein de personnes qui vont nous écouter et se dire : « Moi, je n'arrive même pas à faire ça, je me pose 3 minutes et je suis angoissé, vite, il faut que je bouge. » C'est très galvaudé de dire que la nature ressource, mais la nature ressource vraiment. Tu as toujours été comme ça ? Comment on passe le cap de pouvoir passer ne serait-ce que 10 minutes ou un quart d'heure allongée dans l'herbe à regarder les nuages ?

Claire : Je n'étais pas du tout comme ça avant : il fallait me faire un apéro avec des copines, ou du shopping, un truc matériel. Qui remplit, en fait. C'est maintenant que je m'aperçois que ce sont les choses simples qui nous nourrissent. C'est de l'expérience, c'est de la présence. Et surtout, j'aime ma compagnie, j'aime être seule avec moi-même. Parce qu'il y a beaucoup de personnes qui font plein de choses, qui s'occupent énormément, alors que la vraie question est : qu'est-ce qui se passe si je descends là ? Si je me retrouve seule, que rien n'est comblé ? Qu'est-ce qui ressort ?

« Et c'est ça que j'accompagne : faire le pont entre la tête et le cœur. Parce que nos blessures demandent à être vues. »

C'est quand elles sont vues qu'elles partent, qu'elles sont dissoutes.

Jérémy : Tu peux les conscientiser, les voir, parler avec elles.

Claire : Exactement, comme les peurs. Au cœur du cœur, on s'en fait des voix : « Je ne veux pas voir mes peurs, c'est horrible. » Et là, la personne me dit : « Oh, mais ce n'est que ça ! » Ça peut paraître une petite tache, alors qu'on s'en fait des montagnes. Mais ces peurs ont besoin d'être vues. C'est : « Je te vois, je te reconnais, et je te laisse partir. »

Jérémy : C'est fou, parce qu'en t'entendant, je me souviens que petit, et même à l'adolescence, avec Guillaume dont je parlais tout à l'heure, on allait chez ses grands-parents en Lozère, et on pouvait passer des soirées allongés dans l'herbe, tout un groupe de potes, à regarder les étoiles, les étoiles filantes, et les nuages la journée. Parfois sans rien se dire, pendant des heures. Et aujourd'hui, c'est vrai que c'est moins un truc que tu fais, dire à tes potes : « Allez, viens, on va s'allonger et juste regarder. » Il faut toujours combler, remplir, avoir des discussions intéressantes.

Claire : On ne supporte pas le silence, il faut tout le temps dire des choses, regarder les infos, pour combler un vide. Alors que juste la présence, ça suffit. C'est d'être ensemble, pas forcément de faire ensemble. C'est d'être. Et pour moi, ce n'était vraiment pas quelque chose que je faisais avant, parce que je comblais, j'étais dans la vie. Mais maintenant, juste en me posant — et parce que j'ai aussi transcendé plein de choses — je vois que le silence est une invitation à aller dans son cœur. C'est là que notre petite voix nous parle. S'il y a tout le temps du brouhaha, on n'écoute pas notre guidance intérieure.

Jérémy : On a besoin d'espace pour créer, pour avoir les informations, les signes, pour s'y rattacher, pour les comprendre. Si on ne fait pas le silence à l'intérieur, si on est tout le temps en train de faire un truc, on n'a pas les informations.

Pourquoi 40 ans est le vrai début de la vie

Jérémy : Je vais te poser une dernière question, une petite question bonus d'introspection profonde. Tu choisis quel numéro, entre 1 et 10 ?

Claire : 5.

Jérémy : À quel moment de ta vie t'es-tu sentie la plus vivante ?

Claire : Maintenant. Là, je suis inarrêtable, j'ai des idées, je me sens bien.

« À 40 ans, c'est le début de ma vie, vraiment. »

Je sais ce que je veux, je sais ce que je ne veux plus, je ne me force plus, j'écoute mes idées, je suis mes élans. Je ne me force plus à aller à une soirée avec des potes si je n'ai pas envie d'y aller.

Jérémy : Tu fais ce qui t'inspire.

Claire : Et surtout, je m'écoute. Quand il y a des résistances, quand ça ne doit pas se faire, ça ne se fait pas. Je ne résiste pas, je suis le flot de la vie.

Jérémy : Ça change beaucoup de choses. Moi, il m'est arrivé d'annuler des tournages parce que je ne le sentais pas. Ne pas faire un truc parce que tu ne le sens pas, ça t'enlève un poids énorme.

Claire : Et là, j'ai vraiment ces idées, ces femmes autour de moi. Il y a six mois, tu m'aurais dit que je ferais ça, j'aurais dit non. Et là, je vais faire prochainement des cercles pour libérer la parole sur la jouissance de la femme. Parce que pour moi, la jouissance de la femme, c'est sa puissance. Et on n'en parle pas : on ne parle pas de sexualité, on ne parle pas de nos vulves.

Jérémy : Il y en a un peu qui en parlent.

Claire : De plus en plus. Mais en tout cas, là, je sens que c'est mon chemin.

Jérémy : Je suis persuadé que ta sexualité est profondément liée à ta manière d'être, à ta manière de voir le monde, à comment tu t'exprimes. Je le vois vraiment : des personnes qui sont beaucoup dans le contrôle ont souvent une sexualité dans le contrôle aussi. Avec Océane, mon amie, on a le podcast Nos Liens, où on parle beaucoup de couple et de sexualité. Elle parle beaucoup de sexualité compulsive : ce besoin de décharger. Et souvent, c'est parce que dans mon caractère, je n'arrive pas à prendre ce temps de contemplation dans mon quotidien, que j'en arrive à juste avoir besoin de décharger un truc. Le lien entre la sexualité et la manière d'être est très, très fort.

Claire : Exactement. Et ça, ça m'a été porté par des amis, c'est parti d'une conversation entre amis. On parlait d'orgasme, de sexualité, et ça s'est ouvert. Je trouve ça génial aujourd'hui d'avoir des échanges intenses, profonds avec des amis, et de ne pas parler de superficialité. Je trouve ça très nourrissant, j'adore. C'est pour ça que je suis à une période de ma vie où je m'éclate. Je suis vraiment dans la vie, dans la découverte.

Jérémy : Tu te sens vraiment vivante.

Claire : Vraiment. Et je sais que j'ai encore des blessures, encore plein de choses à travailler jusqu'à la fin de ma vie. Mais ça dure moins longtemps : je m'en occupe, je m'occupe de moi, et je transcende tout ça, je les dépasse.

Découvrir ses parties d'ombre grâce aux autres

Jérémy : Le podcast s'appelle Origines. Qu'est-ce que ça t'évoque, le mot « origines » ?

Claire : Ça m'évoque l'essence qu'on est réellement. Qui on est. Notre essence, notre origine, notre identité originelle. Je trouve ça magnifique, parce que je suis sur ce chemin de la découverte. Je vois toutes ces années où il se passe plein de choses : je me mets au chant. Ça me plaisait avant, mais j'étais super coincée, chanter je ne l'aurais jamais fait, sauf pour déconner. La danse aussi. C'est découvrir toutes ces parties de nous-mêmes. Et là, je suis en train d'en découvrir d'autres — tu m'en fais découvrir à travers ce podcast.

« Je pense que chaque personne vient nous mettre en miroir qui on est. »

Il y a des personnes avec qui c'est facile, c'est cool : je me vois, je suis bien. Et il y a des personnes où ça vient te remuer, où tu te dis : « Je suis censée me reconnaître chez elle ? Quelle horreur. » C'est quelque chose qu'on n'a pas encore regardé à l'intérieur.

Jérémy : C'est hyper intéressant. En coaching, ou en auto-coaching, il y a un travail fascinant à faire : aller voir ce que tu rejettes le plus chez les autres. Qu'est-ce qui te fait craquer ? Ça peut être chez tes proches — souvent tu prends ta mère, ton père, ton frère, tes sœurs, et tu as déjà du travail — et regarder quel trait de caractère tu rejettes chez eux. Parce qu'en fait, ça parle davantage de toi que de l'autre. Ça parle de quelle partie de toi tu n'oses pas exprimer.

J'ai eu un client en coaching qui jugeait sa mère d'être égoïste. Et surtout, lui, il ne voulait pas être égoïste. Quand tu es dans ce fonctionnement-là, cette part d'égoïste en toi, jamais tu ne vas vouloir l'exprimer : être égoïste, c'est négatif, c'est mal. Donc il y a vraiment ce truc d'aller explorer les parts de soi que l'autre te renvoie. Et quand je suis avec quelqu'un et que je ne le sens pas, au-delà du « je ne le sens pas », j'essaie toujours de me demander pourquoi : est-ce qu'il a un truc que je n'ose pas exprimer ? Est-ce que je l'ai ?

Claire : Ce n'est pas facile. Mais quand on est curieux, c'est génial. C'est comme ça qu'on apprend sur nous, quand on a cette envie de connaissance de soi. Et de se dire qu'on est tout ça.

Jérémy : On représente le tout, donc on a toutes ces parties en nous.

Claire : Tu as raison. C'est beau.

Libérer la parole sur l'intimité et la puissance féminine

Jérémy : Est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais partager, un sujet dont tu n'as pas envie de partir sans l'avoir abordé ?

Claire : J'en ai parlé un peu : mon nouveau sujet de créativité, c'est d'accompagner les femmes plus profondément, sur des échanges encore plus intimes. Parce que les rapports humains sont complexes, mais très intéressants. Aujourd'hui, je suis très fière de pouvoir lancer ces sujets sur la sexualité de la femme. Après, ils vont m'amener sur la complémentarité homme-femme, masculin-féminin : je vais avoir besoin de passer par là. Je trouve ça fabuleux, et je suis très fière d'y arriver. Avant, j'aurais dit qu'on ne parle jamais de ça, qu'il ne faut pas parler de sexe. Mais si, ça fait partie de la vie ! Et surtout chez la femme, il ne faudrait rien dire.

J'ai écouté un podcast super intéressant qui disait qu'on parle de foufoune, de mounette… mais la vulve, on ne la nomme même pas par son nom.

« Ce que j'ai envie, c'est que les femmes se reconnectent à leur vulve. Je trouve que ça va les faire monter en puissance. »

Ne plus rougir, ne plus avoir honte de ça. Il y a un film qui sort, J'ai 50 ans, je veux jouir : je pense que c'est dans l'énergie du moment, si c'est arrivé en même temps. Ne plus avoir honte de jouir de la vie.

Jérémy : Tous les sujets de honte et de culpabilité, je pense que ce sont de bonnes portes d'entrée pour aller travailler sur soi.

Claire : Et surtout la femme, qui porte le péché depuis des années.

Jérémy : Après, les hommes en portent plein d'autres aussi.

Claire : Je suis entièrement d'accord avec toi, Jérémy, ça pourrait faire l'objet d'un autre épisode. Moi, j'en suis vraiment là où je dois guérir mon féminin. Mais je sais, par rapport à ce que je vis aujourd'hui, que les hommes ont aussi toutes ces mémoires.

Jérémy : C'est pour ça que je le dis, pour rééquilibrer. Je ne veux pas que les gens croient que… Sur des sujets différents, sur des problématiques différentes, mais c'est lourd des deux côtés.

Claire : Je le sais.

Conclusion : l'importance des cercles de parole

Claire : Et c'est pour ça, Jérémy, qu'on va conclure là-dessus : s'il te plaît, fais des cercles d'hommes. Les hommes ont besoin de s'exprimer, ont besoin d'espaces comme ça, pour juste dire comment on est, comment on va, ce qu'on a sur le cœur. Juste poser le verbe là : c'est libérateur. Voilà, ce sera le mot de la fin. Il y en a vraiment besoin aujourd'hui. Moi je m'occupe des femmes, mais peut-être que tu vas t'occuper des mecs, et après on fera les deux un peu plus tard.

Jérémy : Les personnes qui veulent te retrouver, en savoir plus sur ce que tu fais, participer à tes prochains projets, elles vont où ?

Claire : Essentiellement sur les réseaux sociaux, Facebook et Instagram.

Jérémy : Je mettrai tous les liens en description. Merci beaucoup, c'était un super échange.

Claire : Merci Jérémy. J'ai senti un rythme posé, où on a pris le temps. C'était bien de pouvoir parler de ça en le respectant, nous deux aussi.

Jérémy : Merci Claire.