6 janvier 2026 · 1:37:36
Human Design : pourquoi tu répètes toujours les mêmes schémas dans ta vie (avec Camille Marisen)
Cette vidéo est hébergée par YouTube, un service tiers.
🎧 Écouter en version audio
🔗 Écouter ou partager cet épisode ailleurs
Le Laboratoire Origine
Un accompagnement collectif de 3 mois
Pour comprendre ce qui te freine, retrouver une vision claire de ce qui est juste pour toi, et repartir avec une méthode que tu pourras réutiliser toute ta vie.
Découvrir le Laboratoire OrigineTu as l’impression de revivre toujours les mêmes situations ?
Les mêmes blocages, les mêmes relations, les mêmes échecs, et cela, peu importe ce que tu changes ?
Et si ce n’était pas un manque de volonté, mais quelque chose de beaucoup plus profond qui guidait tout ça ?
Dans cet épisode du podcast Origine, je reçois Camille Marisen, spécialiste du Human Design, pour explorer une question centrale dans nos quotidiens : pourquoi certains schémas se répètent inlassablement dans nos vies, malgré le travail sur soi, les thérapies ou le développement personnel.
On parle de :
- Human Design comme clé de compréhension de soi
- Schémas répétitifs, conditionnements et blessures
- Pourquoi “se réparer” ne suffit pas toujours
- Énergie, alignement et fatigue chronique
- Différences fondamentales entre générateurs, projecteurs, manifesteurs et réflecteurs
- Libre arbitre, destinée et sens de la vie
- Comment arrêter de lutter contre soi-même
Cet échange est une plongée dans la connaissance de soi, loin des discours simplistes habituels.
Si tu ressens que quelque chose t’échappe, que tu es en quête de clarté, de sens et d’alignement, cet épisode pourrait bien provoquer un joli déclic chez toi.
👤 À propos de moi
Je m'appelle Jérémy, je suis coach introspectif pour entrepreneurs et créateurs.
J’explore à travers ce podcast les thèmes de l’identité, de l’origine, des blessures et de la zone de génie, pour aider chacun à se comprendre en profondeur et avancer avec plus de justesse.
🎙️ Origine, c’est en quelque sorte un nouveau départ. Une invitation à revenir à ce qui t’a construit avec les années pour avancer plus librement.
Suis Camille sur Instagram : https://www.instagram.com/toucher_terre/
Trouve ta zone de génie en 1h : https://cours.graouacademie.fr/cours-zone-de-genie-podcast
Mes accompagnements : https://graouacademie.fr/accompagnements/
Mon Instagram : https://www.instagram.com/jeremyguillaume/
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Le texte complet de cet épisode, reformaté
Introduction : l'origine du podcast et rencontre avec Camille
Jérémy : Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Origines. Aujourd'hui, je suis avec Camille. Merci, Camille, d'être là.
Camille : Merci à toi pour l'invitation.
Jérémy : Avec plaisir.
Camille : C'est précieux, pour un projecteur.
Jérémy : Venant d'un projecteur ! J'ai changé un peu la ligne éditoriale du podcast — j'ai fait un épisode juste avant pour l'expliquer. L'idée, c'est vraiment d'aller dans l'origine des personnes, de comprendre pourquoi elles font ce qu'elles font aujourd'hui, qui elles sont, d'essayer d'aller en profondeur. Je te suis depuis longtemps sur Instagram, je t'ai redécouverte un peu par hasard — c'est l'univers, je ne sais pas. Je t'ai proposé l'épisode, tu as accepté, et merci pour ça, parce que je pense que parler de Human Design aujourd'hui fait vraiment sens dans cette notion d'origine, de qui on est, de ce qu'on fait dans la vie, de nos forces et peut-être de nos faiblesses — si on peut parler de faiblesses.
Le parcours de Camille : du développement personnel au Human Design
Jérémy : Est-ce que tu peux commencer par te présenter, dire qui tu es, d'où tu viens ?
Camille : Je m'appelle Camille Mareyssen, j'ai 35 ans, je suis maman d'une petite fille de 11 ans. J'ai découvert le Human Design en 2020, donc ça fait bientôt six ans que je travaille avec. Et ça a été le début d'une nouvelle vie, parce qu'il y a une vie avant le Human Design et une vie après.
Je suis sur cette quête de développement personnel depuis bientôt douze ans. Je suis passée par un tas d'épreuves, d'étapes. Je me questionnais beaucoup sur le sens de la vie, sur qui j'étais, à travers ce que je vivais. Je suis quelqu'un qui est passé par un tas de schémas répétitifs. Et c'est ce qui a provoqué chez moi des prises de conscience : mais pourquoi tout ça m'arrive ? Pourquoi je me prends à chaque fois des murs ? Je répétais les mêmes schémas au niveau relationnel, professionnel, même financier.
Parce que parallèlement, je voyais autour de moi cette intelligence de la nature, les mécanismes sous-jacents à l'univers. Et je me disais :
Si tout autour de moi les choses ont du sens, s'il y a une certaine mécanique à l'œuvre, eh bien ça doit être aussi le cas pour moi.
Sauf que moi, je vivais tous ces schémas répétitifs et je n'en comprenais pas le sens. C'est à partir de là que je me suis embarquée dans cette quête de sens, et c'est comme ça que j'en suis arrivée au Human Design quelques années après.
Qu'est-ce que le Human Design ?
Jérémy : Est-ce que tu peux juste expliquer ce qu'est le Human Design, pour ceux qui ne savent pas ?
Camille : Le Human Design, c'est un système de connaissance de soi, basé sur vos informations de naissance. Un peu comme en astrologie quand vous éditez un thème astral : ça vous donne une carte de vous-même, qui traduit vos codes génétiques et énergétiques, votre matrice énergétique.
Ça vous donne de précieuses informations sur qui vous êtes, sur vos forces, vos faiblesses, et surtout sur votre fonctionnement et la manière qui vous est propre de prendre des décisions. Parce qu'on sait que dans la vie, tout est une question de choix, et que ce sont nos choix qui nous font prendre un chemin plutôt qu'un autre. Si vous faites les bons choix, vous allez être sur votre chemin, vous allez être alignés, comme on dit. Et si vous faites de mauvais choix, évidemment, vous allez être à côté de vos pompes.
Aligner ses choix : trouver sa propre notice d'utilisation
Jérémy : Ça veut dire que tu pars du principe qu'il y a un bon chemin et un mauvais chemin ?
Camille : Je pense qu'on est toujours sur notre chemin, ça c'est sûr, mais que parfois on dévie — et ce sont ces déviations qui nous font prendre conscience des choses et qui nous permettent ensuite de nous réaligner. Moi, je vois ça comme quand tu fais du bowling : tu as des rails sur les côtés, tu as besoin parfois de te cogner à droite, à gauche, pour aller vers ton objectif.
Mais je ne savais pas comment cheminer concrètement. Je suis très concrète, très pragmatique. Je suis ouverte d'esprit, j'aime comprendre les fonctionnements universels, les lois, et je m'y suis beaucoup intéressée. Mais je sais depuis toujours, au fond de moi, qu'il y a cette intelligence dont je parlais, que rien n'est dû au hasard, et qu'on doit trouver sa notice d'utilisation pour pouvoir avancer correctement.
C'est un peu ça, le Human Design : la notice de comment on fonctionne, de ce qui nous fait du bien.
On arrive avec ce bagage énergétique : on a nos talents, on a nos zones de vulnérabilité. Moi, je vois la chose comme si l'univers nous avait créés pour un objectif précis, pour une contribution qu'on est venu offrir au monde. Et ça passe aussi par la connaissance de soi, et par ces épreuves qui nous dévient de notre chemin — et qui nous y ramènent, parce qu'on a des prises de conscience.
Le but de la vie et la mission de vie en Human Design
Jérémy : On va rentrer un peu dans le deep : c'est quoi, pour toi, le but de la vie ? Parce que si on part du principe qu'on a chacun cette carte et que l'idée est de la suivre, ça sous-entend que les choses sont déjà actées. Est-ce qu'il y a du libre arbitre là-dedans ?
Camille : Je ne crois pas au libre arbitre. J'ai arrêté d'y croire avec le Human Design. Je pense qu'on est juste là en tant que passagers, pour expérimenter notre vie. On a chacun une mission, mais pas au sens où on l'entend beaucoup dans le monde de la spiritualité : on n'est pas là pour révolutionner le monde, on est là pour agir à notre échelle.
Chacun a ses objectifs et va là où il va. Ça, on ne peut pas le savoir avec le Human Design, et c'est ça qui est intéressant : on n'est plus dans cette démarche de planification. On ne cherche plus sa mission de vie, on cherche juste à la vivre.
La mission de vie, c'est notre vie. Ce n'est pas seulement l'objectif.
Jérémy : Du coup, pour quelqu'un qui a 50 ans, quelle est la part de ce qui a été façonné par la vie qu'elle a vécue, et la part de qui elle est parce que la charte l'a déterminé ? Quelle place tu laisses à l'expérience, qui peut te construire, changer ton caractère, ta manière d'être ?
Camille : Moi, je ne me fais pas ce genre de nœud au cerveau. Pour moi, les choses sont simples : tout est juste dans la vie. Comme je disais, on se réaligne au fur et à mesure. On a des conditionnements, qu'on peut voir à travers nos centres ouverts, et le conditionnement n'est pas foncièrement mauvais. Ça nous permet aussi, par exemple quand tu es projecteur, d'avoir cette énergie qu'on n'a pas nativement.
Comprendre les centres définis et les zones de conditionnement
Jérémy : Quand tu dis conditionnement, c'est quoi ?
Camille : On a neuf centres. Certains sont définis, colorés dans votre design : ça, c'est ce que vous êtes venu offrir au monde, ce qu'on peut utiliser consciemment. C'est votre talent, ce qui est fixe chez vous, et ce pour quoi vous devez être reconnu dans cette vie-là.
Jérémy : Est-ce qu'on peut dire que ça ne demande presque pas d'énergie, parce que c'est présent et donc facile ?
Camille : C'est tout le temps chez vous, c'est inné, vous êtes né avec ça. Et puis vous avez ces zones blanches, non définies, ouvertes au conditionnement extérieur. Encore une fois, ce n'est pas foncièrement mauvais d'être conditionné par l'extérieur, parce que ça nous donne l'énergie que nous n'avons pas de manière innée. Le tout, c'est de respecter ces fonctionnements.
Le Human Design vous donne aussi la manière dont vous êtes fait pour prendre des décisions : ce qu'on appelle la stratégie et l'autorité intérieure, propres à chaque individu. Ça vous permet de cheminer correctement, d'être aligné et de rencontrer les bonnes forces — c'est-à-dire les bonnes sources de conditionnement, celles qui vont vous amener à avancer correctement.
Jérémy : On peut rencontrer deux personnes : une qui va être moteur et nous élever, et une autre qui va nous épuiser.
Camille : Il y a une expérience sociale qui a été faite avec un violoniste hyper connu : vous le mettez dans une gare, dans un métro, les gens passent à côté, ils ne le calculent même pas, alors que le gars a un violon à plusieurs millions et un talent incroyable. Ça montre que tout dépend de votre environnement.
Jérémy : Pour revenir à ma question : tu penses que l'objectif de vie d'un humain, c'est d'avoir accès à cette compréhension de qui je suis et d'essayer de la respecter au maximum ? Parce qu'on a plein d'éléments extérieurs qui viennent perturber ça au quotidien.
Camille : Il y en a qui ne viendront jamais au Human Design, et c'est totalement OK pour eux, parce que ce n'est pas sur leur chemin. Il y en a d'autres qui se prennent beaucoup la tête avec, parce que ça peut devenir un piège : ça reste très mental. « Est-ce que je suis mon design ? Est-ce que je suis alignée ? » Le but du Human Design, c'est aussi de nourrir l'intellect pour qu'il lâche le contrôle.
Jérémy : Ce qui n'est pas évident, parce que quand tu nourris l'intellect et que tu comprends quelque chose, ça occupe une part de ton esprit : est-ce que j'y suis, est-ce que je n'y suis pas ? Tu as forcément un jugement que tu n'avais pas avant la connaissance.
Camille : Moi, j'ai un mental qui est défini, donc je n'ai pas cette zone de vulnérabilité. Je ne suis pas influençable au niveau de toutes ces pensées. C'est pour ça que je dis beaucoup aux gens : vous vous faites des nœuds au cerveau pour rien, les choses sont simples. Il y a des gens autour de moi qui arrivent à leurs objectifs de vie sans avoir une conscience particulière des choses.
Si tu rencontres le Human Design à un moment donné, je pense que c'est d'abord lui qui te choisit, qui vient te chercher. En tout cas ça a été mon cas, parce que je vivais ces schémas répétitifs et qu'à un moment donné j'en avais besoin. Mais ce n'est pas le cas pour tout le monde. C'est pour ça qu'en tant qu'accompagnante, je ne vais pas forcer les choses : si je vois que ce n'est pas adapté pour toi, je ne vais pas t'emmener au Human Design juste pour vendre, parce que ça peut vraiment devenir un fardeau.
L'objectif de vie, c'est juste d'expérimenter sa vie et d'atteindre ce qu'on appelle sa croix d'incarnation, la mission de vie. Sauf qu'en Human Design, c'est plutôt un cadre : on ne va jamais te dire que tu es fait pour faire tel métier de manière très concrète. Ça, c'est du bullshit pour moi. Ça te donne un cadre dans lequel tu vas pouvoir opérer. Et tu t'en rapproches vers tes 40 ans.
Jérémy : C'est bon, j'y suis !
Les 4 types énergétiques
Jérémy : Comment on sait qu'on est sur ce chemin-là ?
Camille : Le Human Design nous donne des indicateurs. Chaque type a sa signature, sa manière de ressentir son alignement. Par exemple, pour un générateur, ça va être la satisfaction.
Il existe quatre grands types. C'est vraiment la première couche quand vous commencez l'étude. Il y a les générateurs, qui constituent quand même 70 % de la population — ce qui est énorme. À l'intérieur de ce groupe, vous avez les générateurs purs et les générateurs manifesteurs, un peu plus rapides, mais qui font partie de la grande famille des générateurs.
Un type, c'est une qualité d'aura : c'est l'aura qui définit le type. Un générateur a une aura très grande, très ouverte, très disponible, très magnétique. Et il a cette énergie de manière innée, cette énergie continue à l'intérieur de lui.
On vit dans un monde de générateurs : le monde de la productivité, du travail. Un générateur est toujours en mouvement, c'est ce qui le drive.
Jérémy : Petite parenthèse : sur un aspect sociétal, tu penses qu'il y a dix mille ans, il pouvait y avoir une répartition différente ?
Camille : Oui, parce que le projecteur est arrivé — je ne me souviens jamais des dates exactes, je crois que c'était vers 1700. Avant, il n'y avait pas de projecteurs.
Jérémy : Donc possiblement, dans 500 ans, il y aura 40 % de projecteurs. On ne sait pas, mais ça peut varier.
Camille : Dans un autre cycle, peut-être qu'il y aura même un type en plus, ou des centres en plus, parce qu'avant on avait moins de centres. Le Human Design reprend aussi la science des chakras : on sait qu'il y a sept chakras, mais ça correspond à une ancienne espèce. Le Human Design est une version actualisée de la science des chakras hindou-brahmaniques, et on est passé de sept chakras à neuf centres. C'est l'humain évolué, avec ce qu'on appelle l'ère du projecteur, parce que le projecteur est arrivé à ce moment-là.
Focus sur le Projecteur : guide et conseiller de la société
Camille : Le projecteur correspond aujourd'hui à 20 % de la population. C'est pour ça qu'on est un peu considérés comme des extraterrestres : on ne nous connaît pas. On est le type le plus récent, et on n'est pas du tout des générateurs, c'est-à-dire qu'on n'a pas cette énergie permanente à l'intérieur de nous qui permet de travailler continuellement.
Nous, on est plutôt des guides, des conseillers. On est des personnes très intellectuelles, ici pour étudier les systèmes de compréhension, pour mieux guider le générateur à accomplir dans la matière.
Jérémy : Pour préciser : j'ai eu des coachs, des thérapeutes, à qui je disais « là je suis épuisé, j'ai fait un truc pendant deux heures, je n'ai plus d'énergie ». Et la personne me répondait : « Ah, tu peux encore faire un montage, tu peux encore faire un truc. » Je ne le savais pas à l'époque, mais c'étaient probablement des générateurs. Je pense que même quelqu'un qui ne veut pas s'intéresser plus que ça au Human Design devrait au moins aller voir les différents types, parce qu'il y a des fractures énormes dans la manière de fonctionner, de vivre au quotidien. Les gens ne comprennent pas qu'ils sont différents des autres.
Camille : Le Human Design amène aussi à une plus grande tolérance, au respect de l'unicité de chacun. Rien que de connaître les bases, ça peut vraiment faciliter vos interactions : vous comprendre vous-même, mais aussi comprendre les autres.
Le projecteur a cette aura focalisée sur l'autre. Là où le générateur a une aura très ouverte, le projecteur va pouvoir le cibler, aller se brancher sur son centre de l'identité. Et c'est ce qui lui permet de le voir de façon claire, et même mieux que ce que le générateur est capable de se voir lui-même.
Tout est basé sur la collaboration des générateurs et des projecteurs aujourd'hui. C'est vraiment le secret de la vie.
Jérémy : Pour un business, ça vaut le coup de s'associer avec le type complémentaire.
Camille : Sauf que c'est un type qui n'est pas encore reconnu à sa juste valeur, parce qu'il est récent.
Jérémy : Pourquoi tu dis ça ? Parce que les gens n'arrivent pas à le percevoir, ou parce que la société entière est basée sur la surproductivité, cette énergie constante ?
Camille : On se dit que c'est un pauvre type, parce qu'il n'a pas les compétences qu'il faut. En tant que projecteurs, on est beaucoup jugés : comme on n'a pas cette énergie permanente, on est un peu jugé fainéant.
Jérémy : Parfois, je culpabilise quand je m'assois juste parce que j'ai besoin de me reposer, et que je vois du monde qui bouge partout. Allez, j'y vais... Je sais que c'est contre nature, mais je me sens obligé parce que l'environnement indique ça.
Camille : En tant que type minoritaire, on se heurte toujours à des grosses majorités, malheureusement. Le projecteur est actuellement en train de prendre sa place, on le reconnaît petit à petit. Avant, on fonctionnait sur une énergie de manifesteur — un type plutôt imposant. On le voit dans nos systèmes, les gouvernements, tout ça, c'est très imposant.
Aujourd'hui, le projecteur est venu amener un nouveau fonctionnement : une nouvelle façon d'être avec l'autre et de fonctionner en société. La stratégie du projecteur, c'est l'invitation. Je te sollicite si je t'ai demandé ton avis. C'est ça qu'on est venu apporter : l'écoute de l'autre, la compréhension de l'autre, la lenteur, les choses bien faites.
Un générateur a beaucoup d'énergie, mais c'est comme les enfants : ils en gaspillent beaucoup. Ils se prennent des murs, ils tombent, ils se relèvent parce qu'ils ont de l'énergie — et ils sont capables de se reprendre encore des murs. Ils n'investissent pas leur énergie au bon endroit, et c'est dommage. C'est ce que le projecteur est ici pour voir et pour améliorer. Donc si vous avez des soucis dans votre vie, allez voir un projecteur et invitez-le.
Le projecteur est là pour aider le générateur à investir son énergie correctement, dans les choses qui ont du sens pour lui. Et le projecteur se réalise lui-même à travers l'autre : il vise votre réussite. Il est un peu dépendant de l'autre pour accomplir sa propre mission de vie.
Jérémy : Trop intéressant. Je valide, parce que ça me fait penser à ce que je vis aussi.
Le rôle du Manifesteur : initier et lancer des mouvements
Camille : Le manifesteur, c'est 9 % de la population. On a tous besoin des autres pour avancer, c'est sûr, mais beaucoup moins le manifesteur, parce que sa stratégie n'est pas basée sur la dépendance à l'autre. C'est quelqu'un qui peut initier, qui est là pour prendre des initiatives. Comme c'est le départ, il n'a pas besoin de l'autre pour agir et se mettre en mouvement.
C'est quelqu'un de très indépendant, qui cherche la liberté, la paix. Son problème, à lui, c'est vraiment d'être parmi les autres — un peu à l'inverse du projecteur. Ce n'est pas un générateur, donc il a aussi cette énergie fluctuante. Là où les générateurs vont venir concrétiser et le projecteur guider, le manifesteur, lui, est là pour lancer les choses.
Exemple concret : David Laroche et l'énergie du Manifesteur
Jérémy : Est-ce que tu peux donner des exemples de personnalités, pour que les gens puissent se projeter ?
Camille : Par exemple, quelqu'un d'hyper connu dans le monde du dev perso : David Laroche. Il est manifesteur. J'adore prendre son exemple parce qu'on est entrés dans ce cheminement du dev perso au même moment, il y a douze ou treize ans. Il commençait à faire ses vidéos YouTube. Sauf que lui a percé, et moi, en tant que projecteur, j'en suis où j'en suis. Tout ça pour dire que c'est très rapide, un manifesteur, parce qu'il a la capacité de manifester : il n'a pas besoin d'attendre l'autre pour manifester les choses.
Jérémy : Tu veux dire qu'un projecteur ou un générateur ne peut pas avoir le même niveau de réussite ?
Camille : Non, ce n'est pas ça. Lui était quand même aligné à son design — je suis allée lui demander ses infos de naissance, donc j'ai bien pu étudier son cas.
Jérémy : Il a accepté ?
Camille : Il a accepté. Chaque type a ses challenges, mais lui était aligné. Le manifesteur, c'est vraiment comme un bulldozer : quand tu es aligné à ce que tu fais, ça peut aller très, très vite.
Ce que je voulais dire, c'est qu'il est là pour lancer des choses, puis il passe à autre chose. Dans son entreprise, aujourd'hui, il fait plusieurs choses et il a appris à déléguer. C'est quelque chose de difficile pour un manifesteur, parce que c'est quelqu'un de très contrôlant, très exigeant. Mais évidemment, chaque type n'a pas le même rythme. Ça, il faut l'accepter.
Jérémy : Je l'ai connu aussi très, très jeune, au tout début de sa réussite, parce qu'un ami qui avait créé une start-up me parlait de lui : « Il y a un gars qui commence à sortir. » Et j'avais l'impression qu'il avait une belle énergie : faire ses vidéos, des séminaires, plein de trucs. Il la trouve où, cette énergie ?
Camille : Le manifesteur a quand même un moteur, à minima, directement connecté au centre de la gorge — le centre de la manifestation. Ce sont des gens qui ont une grande puissance d'action, mais c'est intense et temporaire, par phases. De loin, on le voit comme quelqu'un d'hyper productif, mais je pense qu'il a des phases : pendant quinze jours c'est à fond, et pendant trois semaines il n'y a plus rien. Il a besoin de phases de retrait où il travaille sa créativité pour lancer de nouveaux mouvements. Nous, on ne le voit pas via les réseaux, mais c'est comme ça qu'il fonctionne.
Ce qu'on voit, en revanche, quand il se reconfronte au monde, ce sont ses grandes phases de puissance, et les choses vont très vite pour lui. Il aura une énergie beaucoup plus intense qu'un générateur, mais il a besoin de déconnecter à certains moments.
Le générateur est là pour l'endurance, la durabilité : c'est un taureau. Le manifesteur, c'est un sprinter, c'est un léopard : il a besoin de se mettre sous son arbre et de dormir avant de repartir pour de nouveaux élans.
Le Réflecteur : miroir de la conscience collective
Camille : Et puis on a un quatrième type, le réflecteur. C'est un type extrêmement rare, 1 % des gens, qui sont ici pour refléter le niveau de conscience. Ce sont des gens qui sont tout ouverts dans leur schéma. Et quand on a des centres ouverts, c'est vraiment l'énergie qu'on va amplifier.
Jérémy : Ils n'ont aucun centre défini ?
Camille : Aucun. Ce sont comme des miroirs. Ils ne savent pas trop qui ils sont, en général, c'est assez difficile pour eux : un jour ils sont comme ça, le lendemain ils changent de personnalité. Mais c'est leur fonctionnement.
Jérémy : Tu as un exemple de quelqu'un de connu ?
Camille : Celle qui fait des câlins, comment elle s'appelle... Amma. Elle vient à Aix-en-Provence dans quinze jours. J'aime bien prendre son exemple parce que les réflecteurs goûtent à tout : ils adorent la consistance que leur procurent les autres. Amma, c'est vraiment cette figure du « je prends les gens dans mes bras ».
Jérémy : C'est intéressant, parce que quand tu parles des manifesteurs, je me reconnais dans ce truc de « je peux avoir beaucoup d'énergie pour quelque chose, mais après j'ai besoin de repos ». Et quand tu parles d'Amma, je me dis que j'adore faire des câlins, ça me ressource. Est-ce qu'il y a des subtilités où on peut avoir des traits d'un autre type ?
Camille : Quand on est un type, on est notre type. Mais ce que tu me dis là, j'ai ton schéma qui me vient en tête... Il faut bien comprendre que le type, c'est vraiment la première couche de l'oignon. Quand on rentre dans les détails d'un design, il y a plein de subtilités, et vous n'avez pas un design pareil. Par exemple, quand on est tribal, on aime bien les câlins — donc c'est ton cas. On peut avoir des similitudes avec un autre type, mais c'est pour ça qu'il faut bien étudier son schéma, et que ça demande du temps et de la compréhension.
L'influence de l'enfance et l'origine des blessures émotionnelles
Jérémy : On en a parlé un peu en off : je m'intéresse énormément à cette notion de comment notre vécu d'enfant crée la personne que l'on est. Ce qui peut être remis en question par le Human Design, parce que si on part du principe que c'est déjà écrit avant, qu'est-ce qu'il en est ? Est-ce qu'on vient juste expérimenter ? Est-ce que les expériences qu'on vit enfant sont juste là pour appuyer les choses, ou est-ce qu'elles sont vraiment créatrices de quelque chose ? En tout cas, dans ton parcours, sur tes vingt-neuf, trente premières années, est-ce que tu as eu des moments où tu t'es sentie vraiment perdue, où tu as senti qu'il te manquait quelque chose ?
Camille : Comme je disais, j'étais dans ces schémas répétitifs, depuis petite. J'étais toujours très observatrice depuis toute petite. Je m'intéressais au fonctionnement des autres, j'observais beaucoup, je voyais qu'il y avait autant de psychologies que d'individus sur Terre. Ça m'intéressait, même si je n'en avais pas vraiment conscience quand j'étais petite. Avec le Human Design, ça s'est confirmé.
Jérémy : Ça m'évoque quelque chose. En coaching — en tout cas dans le type de coaching que je pratique —, il y a toujours un moment où on arrive à l'origine de la problématique. Et l'origine, c'est quand la personne perçoit très concrètement l'événement, les interactions, ce qu'elle a vécu émotionnellement, et qui a créé cette blessure, mais aussi ses forces, sa zone de génie, son super pouvoir. Quand on part du principe qu'en Human Design il y a quelque chose qui est écrit, est-ce que ce truc-là, tu penses que c'est faux ?
Camille : Je pense qu'il y a plusieurs niveaux de conscience. Avoir de la hauteur, une vision globale des choses, ça ne veut pas dire qu'on ne va pas aller toucher, expérimenter des détails qui vont nous permettre d'avancer. On a besoin de se mettre en action : les choses ne se font pas miraculeusement. Donc on a besoin d'aller contacter les bons thérapeutes pour éclairer certaines choses. L'un n'empêche pas l'autre.
Jérémy : Je te donne un exemple typique. Une cliente n'arrivait pas à communiquer, à se montrer : un gros blocage, au point de ne pas pouvoir montrer sa tête sur les réseaux. Ce qui est problématique quand tu es à ton compte, parce que si on ne voit jamais ta tête sur ton site, tu ne crées pas cette connexion avec les gens. Et on remonte à un événement qui lui paraissait hyper anodin sur le coup, et qui a été révélateur : elle a deux ans et demi, trois ans, elle passe sous le grillage de l'école maternelle et elle rentre chez elle — la maison familiale était à quelques centaines de mètres. Elle arrive, sa mère est prise de panique, stressée, elle appelle l'école, c'est inadmissible... Et elle la déscolarise pendant un an.
Cette personne, à deux ans et demi, trois ans, avec sa conscience d'enfant, vit ce truc hyper violent : « Je suis déscolarisée. » Et ce qu'elle en retient, c'est que me montrer, sortir, m'exprimer, m'expandre, c'est un danger — donc je me replie sur moi, je me referme. Ce qui est intéressant en coaching, c'est que ça crée aussi plein de forces à l'âge adulte : le fait d'être enfermée sur elle-même, dès qu'elle voyait quelqu'un venir à la maison, lui a fait développer une faculté à comprendre l'autre de manière très précise. Par contre, elle a cette blessure persistante qui guide toute sa vie ensuite.
Cet événement concret, dans ma vision d'aujourd'hui, crée ce qu'on peut appeler une blessure, un vide, un manque, qui va guider ton cheminement, ton caractère, tout ce que tu crées à l'opposé de ça, ton rapport aux autres, ta manière d'agir au monde. Et ma question par rapport au Human Design, c'est : est-ce que c'est écrit et l'événement vient juste conforter le fait que ce soit écrit avant, ou est-ce qu'il y a vraiment des événements qui peuvent créer des choses en nous ?
Camille : Tu peux retrouver tous ces aspects, ce que tu appelles les blessures, dans ton design. En Human Design, il y a cette notion de polarité : chaque élément possède sa facette ombrageuse et sa facette plus lumineuse. Et le tout, c'est d'avoir les bonnes forces dans ta vie.
Le Human Design apporte cette vision globale, mais ça n'empêche pas que dans la matière, on a besoin d'avancer. Et comment on avance ? Parfois en allant se heurter à des situations, à des expériences qui nous provoquent des blessures. Mais ça a un sens, dans le sens où ça nous permet d'avancer, ça nous drive. À partir de là : bon, j'ai une blessure, je vais aller voir un thérapeute.
Transformer ses blessures en forces grâce au Human Design
Jérémy : Ce sont les personnes qui ont envie d'avancer qui vont se dire : « OK, c'est répétitif, je vais essayer de faire en sorte que ça change. » Pour quelqu'un d'autre, ce sera peut-être autre chose, une activité, je n'en sais rien.
Camille : C'est ce que j'ai observé dans mon vécu jusqu'à ce que j'arrive au Human Design. Chacun a ses méthodes pour avancer. On a besoin, comme je disais, d'aller se cogner sur les rails de cette piste de bowling pour aller jusqu'à l'objectif.
Chacun son chemin : ce ne sera jamais le chemin de votre voisin, ni de vos parents.
C'est pour ça que c'est important d'être ancré avec son autorité et sa stratégie. Chacun va aller contacter ce dont il a besoin pour avancer, et parfois ça demande de se heurter à des blessures pour prendre conscience qu'on a besoin d'aide à ce moment-là.
Jérémy : Et toi, aujourd'hui, tu ne te prends plus de murs ?
Camille : C'est très spécifique au profil. Après le type, quand vous allez plus en profondeur, il y a le profil. Moi je suis un profil 3, donc je ne m'arrêterai jamais de me prendre des murs. Mais la différence, c'est qu'aujourd'hui je le comprends. Je ne suis plus dans ces schémas répétitifs : je me prends des murs, mais c'est toujours nouveau.
Jérémy : Tu te prends de nouveaux murs, qui t'aident à élargir ta conscience.
Camille : C'est mon cheminement et ce sera toujours le cas dans ma vie. C'est comme ça que j'apprends : par l'expérience, par un processus d'essai et d'erreur. Et c'est ce qui fait qu'aujourd'hui j'ai de la valeur en tant que guide en Human Design : j'ai tellement connu de murs de merde, de galères, que je comprends les gens que j'accompagne. Avant, je ne comprenais pas pourquoi je me heurtais à ces choses et n'arrivais pas à m'en sortir.
Ces schémas répétitifs, c'était par exemple, dans mes relations, la trahison — mais à des niveaux indécents. À chaque fois la même chose : abandon, trahison, sentiment d'injustice démesuré. Il faut savoir que je n'ai jamais remis en question ma valeur. La plupart des gens vont aller réparer une confiance en soi qu'ils n'ont pas. Moi je me disais : « Camille, tu es quand même intelligente, tu mérites d'avoir une vie qui a de la valeur, tu n'es pas la dernière des connes, tu es plutôt jolie. »
Jérémy : Ce n'est pas valorisé dans la société, ça.
Camille : Voilà. J'avais quand même cette conscience de moi-même : je mérite la vie que j'ai envie d'avoir. Je n'étais pas là à me réparer sur ma confiance en moi, sur mon estime. J'ai de la volonté. Donc je ne comprenais pas.
Et je répétais aussi les schémas dans les jobs. Mon premier métier, c'était cavalière d'entraînement de chevaux de compétition — j'ai fait ça pendant huit ans. Après, j'ai été styliste, j'ai créé des robes de mariée. J'ai eu plusieurs entreprises dans le milieu de la mode, j'étais designer textile. Puis j'ai eu une marque de bijoux haut de gamme, une marque de cosmétiques. Ensuite je suis allée plutôt dans le bien-être, j'ai fait plusieurs formations. Bref, j'ai fait tout un tas de trucs. Et à la fin, tu te dis : à quoi ça sert ? Je ne vois pas le puzzle, je ne comprends rien à ma vie. Je me sentais complètement paumée.
J'étais aussi dans une situation très précaire, parce que j'étais complètement instable. J'ai fait des erreurs au niveau personnel. Le fait d'avoir un enfant, de me retrouver seule rapidement, ça m'a beaucoup impactée. J'ai vécu tout un tas de difficultés. Jusqu'au jour où j'ai vécu un énième échec sentimental.
La révélation : comment le Human Design change une vie
Camille : Et là, je n'ai pas compris. Je me suis dit : ce n'est plus possible. Et en fait, je ne m'écroule même pas. Sur le moment, je suis fascinée. Fascinée par ces mêmes schémas qui se répètent dans ma vie. Sauf que là, je le verbalise. Je me rappelle, j'étais seule chez moi, je me tourne vers le ciel et je dis : « Je veux comprendre. » Je m'en fichais de la personne qui venait de me détruire pour la énième fois.
Je voulais juste la clé de compréhension.
Et c'est là que le Human Design est apparu, quelques semaines après. Il est venu me chercher, il a insisté : à l'anniversaire d'un ami, quelqu'un m'avait édité mon design, mais il n'a pas su me l'expliquer, donc j'ai laissé ça de côté. Et puis il est revenu par le biais d'une story Instagram d'une nana que je ne suivais absolument pas, dont je ne regardais jamais les stories. Le jour où je regarde, elle avait fait son analyse en Human Design et elle redirigeait vers un autre compte. J'arrive sur ce compte qui parlait du Human Design, et là, c'était le coup de grâce. Une révélation.
Je commence à lire les trucs du projecteur... Dans le Human Design, il y a un vocabulaire très précis qui provoque de grosses prises de conscience. Rien que la notion d'invitation, de fluctuation de l'énergie, ça m'a beaucoup aidée. Je me rappelle, j'ai le cœur qui bat et je me dis : « Le pire est derrière toi. » Je conscientise ça, je me dis : ça y est, je suis délivrée.
Jérémy : C'est quoi, ce ressenti de « j'ai trouvé la solution » ?
Camille : Une intuition de ouf. Je savais que le pire était derrière, parce qu'à partir de ce jour-là, je suis sur ce chemin de compréhension, de clarté, qui va durer un moment. Ce n'est pas parce que vous avez des prises de conscience que tout se résout du jour au lendemain — le Human Design, ce n'est pas ça du tout. Mais je me dis : j'ai au moins les clés de compréhension que j'attendais depuis quinze ans de ma vie. Et là, d'un coup, tout ce que j'ai vécu se reconstitue sous mes yeux, dans ma tête.
Jérémy : Qu'est-ce que ça a changé pour toi ? Ce que j'imagine, c'est ce truc de : « Ah OK, tout ce que je vis a un sens, je comprends pourquoi. » J'imagine le soulagement.
Camille : C'est ça, un gros soulagement. Ça me donne des clés, plein de petits détails. Je ne suis pas un générateur, donc je n'ai pas cette énergie constante à disposition. Alors que moi, j'étais dans cette démarche de trouver le problème, la maladie que j'avais. Ma mère, pareil, était projecteur, et toute sa vie elle est passée par les médecins, elle était sous Prozac. Elle s'est détruite à chercher la maladie qu'elle avait, parce qu'elle n'avait pas d'énergie, en se disant : « Ça ne va pas, il y a un problème. »
Jérémy : À quel point ça peut détruire une personne, de ne pas se connaître...
Camille : Elle est vraiment tombée dans des phases dépressives intenses, par ce manque de connaissance de soi.
Jérémy : En tant que projecteur, je comprends ce truc où tu vois tous les gens qui s'activent et tu te dis : « Merde, il faut que je m'active. » Alors que tu puises, tu puises dans ton énergie. Tu le fais parce qu'il faut le faire, entre guillemets. On est conditionné : sinon c'est mal vu, sinon tu as l'impression de ne pas avancer. Tu as cette pression extérieure. C'est violent.
Camille : Exactement. Rien que de le savoir, ça te libère l'esprit. Après, la deuxième étape, c'est : comment je me mets concrètement en mouvement en sachant ça ? Moi, je savais, au moment où j'ai découvert le Human Design, que ça allait devenir mon métier. J'ai eu une grosse intuition sur le moment. Je ne savais pas trop ce que j'allais en faire, quelle voie j'allais prendre — je sortais de mes années de confusion, j'étais encore dans la galère. Mais je savais que le Human Design allait prendre une place très importante dans ma vie. Donc très rapidement, je me suis formée, j'ai étudié plus en profondeur.
Le Projecteur et les relations : apprendre à se connaître à travers l'autre
Camille : Il faut savoir aussi que le projecteur a plus une vision sur l'autre que sur lui-même. C'est comme un phare : il éclaire l'autre.
Jérémy : Tu peux préciser, pour ceux qui nous écoutent ?
Camille : De par son aura, qui est comme un laser branché sur l'autre, lui-même a des difficultés à se comprendre. C'est donc à travers les personnes qu'il côtoie au quotidien qu'il va apprendre à se connaître : il va remarquer des choses chez cette personne qui vont le ramener à sa propre identité.
Jérémy : Ah oui, ça, c'est quelque chose que je vois chez moi aussi.
Camille : Alors que le générateur a un mode de fonctionnement beaucoup plus centré sur lui : c'est son sacral qui lui donne des indications. Le projecteur, lui, a besoin d'être reconnu par l'autre, il a besoin de se reconnaître. C'est son carburant. Les relations sont vraiment au centre de sa vie, pour qu'il puisse avancer et apprendre à se connaître. C'est important de le comprendre. Donc j'ai beaucoup analysé, étudié mon entourage.
Les cycles de 7 ans : le processus de déconditionnement cellulaire
Camille : On sait que le déconditionnement, en Human Design, se fait par cycles de sept ans. Ce n'est pas quelque chose qui se fait du jour au lendemain parce que vous avez une prise de conscience.
Jérémy : Sept ans, c'est long.
Camille : Et en même temps, c'est ce qui m'a séduite, parce que j'en avais tellement marre de ces promesses de transformation qui ne transforment pas grand-chose. Je suis passée par toutes sortes de thérapies et de pratiques avant ça, sur ce chemin de dev perso. Ça t'apporte des clés, des prises de conscience sur le moment, mais c'était très éphémère pour moi. Ça ne me suffisait pas, parce que les schémas se répétaient et que je ne les comprenais toujours pas.
Jérémy : J'ai vécu la même chose. La plupart des thérapies et des méthodes, il y a toujours un truc un peu pansement : « Ah OK, ça va mieux. » Et puis rapidement, tu replonges, ou tu as la nouvelle couche d'oignon et tu ne comprends plus rien. Tu as l'impression de trouver la sortie, et puis tu te rends compte que pas du tout.
Camille : Ça fait du bien au mental sur le moment, parce que tu as l'impression de comprendre des trucs. Mais concrètement — et moi j'ai besoin de toucher terre dans la matière — ça ne changeait pas grand-chose. Le Human Design, lui, t'apporte des clés concrètes à appliquer dans ton quotidien : tes fonctionnements, comment tu es fait pour prendre des décisions. Ça change beaucoup de choses. Tu es beaucoup moins en lutte.
Jérémy : Il y a quand même des moments où tu es encore un peu en lutte contre ton design.
Camille : Ce n'est pas parce que vous allez rencontrer le Human Design que votre vie va devenir... On ne va pas vous vendre du rêve. Je pense qu'on n'est pas tous nés égaux, aussi. Il y a des gens qui ont des vies beaucoup plus challengeantes que d'autres.
Jérémy : Et c'est dû à quoi ?
Camille : À leur design, à leur bagage. Il y a des aspects dans un design qui sont beaucoup plus challengeants : des énergies de lutte, d'opposition, d'obstination. Certains en ont, d'autres non. C'est ce qui fait l'unicité de chacun. Par exemple, moi je suis 3-5 en Human Design, toi je crois que tu es 2-4. Ce sont des profils qui n'ont pas du tout la même façon d'interagir sur le plan social. Une ligne 3, c'est celle qui va vraiment se heurter aux choses pour pouvoir les comprendre et les partager. Je suis bien dans mon rôle, il n'y a pas de problème, sauf que je sais et j'ai accepté que les choses ne seront jamais évidentes. Mais ça n'enlève pas ce côté fascinant.
Jérémy : Tu pourrais te dire : « Ça fait chier, je n'ai pas envie de me prendre des murs », et du coup rejeter le truc en faisant tout pour ne pas t'en prendre. Mais alors tu ne vis pas ton design non plus.
Camille : C'était différent avant, dans le sens où je vivais des schémas répétitifs et je n'apprenais rien, parce que je répétais les choses. Maintenant, je suis sortie de cette boucle : je me prends des murs, mais j'apprends toujours des choses. Et surtout, je peux les mettre au service des autres.
Le vrai cadeau du Human Design, c'est que vous pouvez voir la beauté sous-jacente, même dans les mauvais aspects de vous-même.
Cette résilience qu'une ligne 3 a par nature, ça apporte quelque chose. La beauté, c'est que tu ne vas pas seulement te prendre des murs, c'est beaucoup plus que ça. Aujourd'hui, je suis contente. J'ai mis un peu de temps à l'accepter, je ne vais pas te mentir. Mais j'arrive à la fin de mes sept ans de déconditionnement, et de plus en plus je vois les cadeaux derrière tout ça, et à quel point la vie m'apporte des situations où je peux concrètement mettre mon expérience au service des autres. Si je n'avais pas vécu tout ça, je ne serais pas en capacité d'aider qui que ce soit.
Jérémy : Et tu dirais quoi à quelqu'un qui se dit : « Je suis générateur, j'aimerais être projecteur », ou l'inverse ? Parce qu'il y a toujours ce fantasme de croire que l'autre, c'est mieux.
Camille : C'est tout le temps comme ça. Il n'y a pas une personne, en première séance, qui ne me le dit pas : un projecteur qui a envie d'être générateur, un générateur qui a envie d'être projecteur.
L'ignorance de soi-même amène aussi à la haine de soi. On ne s'aime pas tel qu'on est parce qu'on ne se connaît pas.
Tout le but du Human Design, c'est d'apprendre à se connaître, puis petit à petit de se réaligner et d'être au bon endroit. Ce que je considérais comme des fardeaux à l'époque — un mental qui tourne en boucle, qui cherche des réponses à des choses dont mon entourage n'avait rien à faire — ce n'était pas valorisé. Aujourd'hui, j'ai des clients, un entourage qui valorise beaucoup ça. Je n'ai pas changé : c'est juste mon entourage qui reconnaît et valorise ça. Et aujourd'hui, je kiffe ma vie. Je n'ai pas changé qui j'étais intérieurement, je me suis juste mise au bon endroit avec les bonnes personnes.
Et je pense que c'est ça, l'amour de soi. On fait tous des pataquès sur l'amour. Qu'est-ce que l'amour ? Moi, je dis que l'amour, c'est d'être au bon endroit, au bon moment, avec les bonnes personnes. Et là, tu peux avoir de l'amour pour ta vie. Ce n'est pas l'amour pour une personne — ça, c'est l'attirance, c'est totalement différent. Quand quelqu'un arrive à accepter son design et à ne plus vouloir être autre chose que lui-même, c'est là qu'il a atteint un niveau d'amour qui est important.
Pourquoi le Human Design est une quête solitaire et nécessaire
Jérémy : Récemment, j'écoutais un podcast où trois ou quatre personnes dénigraient un peu l'importance de se connaître, l'importance de l'introspection. En gros, ils disaient qu'il y a beaucoup de gens dans une recherche de « qui je suis » qui peut être un puits sans fond — ce que tu disais tout à l'heure, on peut se perdre dans son design. Et surtout, ils disaient que ça va nous éloigner des autres, parce qu'on passe son temps à dire « moi, je, moi, je », à être tourné vers soi, « je fonctionne comme ça, les autres sont le mal et moi je suis le bien ». J'exagère, mais tu vois l'idée. Comment tu vois les choses ?
Camille : Le Human Design n'est pas un outil comme les autres. Il ne va pas faire en sorte que vous alliez bien les uns avec les autres.
Le Human Design t'amène sur un chemin qui est très solitaire. C'est une traversée du désert.
Je pense que tout le monde n'a pas le courage d'entreprendre cette démarche, parce que tu te coupes quelque part des autres, et surtout parce que tu as été conditionné pendant trente ans à être avec de mauvaises personnes. Donc à un moment donné, tu es obligé de couper avec tout ça, avec ce passé qui ne t'apporte rien. Ça demande de passer dans un tunnel pour ensuite te remettre au bon endroit et être à nouveau entouré des bonnes personnes.
Le fait de vouloir bien aller les uns avec les autres, c'est un reniement : on arrondit les angles, on fait en sorte que tout se passe bien, et la plupart des gens s'oublient complètement dans ce genre d'interaction. C'est vraiment de l'homogénéisation. Mais on ne veut pas être bien avec les autres, on veut être soi-même.
Jérémy : Paradoxalement, les gens que tu observes les plus incarnés, c'est parce qu'ils sont eux-mêmes. Plus tu te déconditionnes, plus tu as ce rayonnement, ce magnétisme. Et en même temps, c'est là où tu es le mieux avec les autres, j'ai l'impression. Le chemin introspectif que j'ai fait depuis une quinzaine d'années est un chemin très solitaire : ça demande de te couper de certains amis, parfois de ta famille, de voir les choses sous un angle complètement différent, ce qui peut être violent. Mais aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir un amour pour les autres beaucoup plus important qu'il y a quinze ans.
Camille : Avant le Human Design, j'étais aussi dans cette démarche introspective où je brisais beaucoup de liens, je coupais avec un entourage qui n'était pas adapté — mais je me remettais dans les mêmes schémas, avec d'autres personnes. Ça ne changeait pas. La différence avec le Human Design, c'est qu'à partir du moment où tu as cette clarté, c'est ce qui te fait sortir de ce schéma répétitif, de cette boucle. Là, tu vas être avec les bonnes personnes. Quand j'étais cavalière d'entraînement puis styliste, je ne comprenais pas : je me prenais pour un générateur.
Jérémy : Et en même temps, ça a été hyper utile. J'ai beaucoup de personnes qui vont dénigrer leur vécu, alors que je pense que c'est hyper important d'avoir vécu ça. C'est facile de dire : « Avant, ce n'était pas bien, maintenant, c'est bien. » Alors que si on en est là où on en est aujourd'hui, c'est parce qu'il y a eu l'avant, et qu'il a une vraie valeur bénéfique.
Camille : C'est parce que sur le moment, on n'a pas la clarté, et ça dérange. Parce que le mental est la partie de nous-mêmes la plus bruyante. On fonctionne beaucoup par le mental, donc on cherche à savoir. Et le Human Design nous demande l'inverse : ne pas savoir, et faire confiance.
Passer du mental au corps : pratiquer le Human Design au quotidien
Jérémy : J'ai une question là-dessus. Il y a beaucoup de thérapies qui sont dans le mental — la psychologie, c'est très mental. Et on voit de plus en plus de thérapies qui passent par le corps : j'ai une très bonne amie qui fait de la somatothérapie. Est-ce que le Human Design, pour toi, est quelque chose de mental ? Comment on va dans le corps avec ça ?
Camille : C'est un outil très intellectuel. Tout ce qui est connaissance vous donne des informations, donc c'est mental. La différence, c'est que ça peut être un piège si ça reste au niveau du mental — mais comme il te donne aussi des outils pour te déconditionner, si tu n'expérimentes pas, ça ne sert à rien.
Paradoxalement, apprendre à se connaître, étudier le Human Design, ça permet au mental de lâcher prise, parce que le mental comprend.
Jérémy : C'est ça, ça rassure, et c'est là que tu peux aller dans un autre espace.
Camille : Tu lui apportes A plus B : c'est ton corps qui doit fonctionner. Donc le mental est rassuré, il se dit : « OK, j'ai la preuve que c'est le corps qui doit fonctionner, donc je lâche prise. »
Jérémy : Est-ce qu'il y a des exercices, par exemple par rapport aux neuf centres ? Moi, je suis plutôt quelqu'un dans le mental, mais je fais du yoga méditatif à côté, j'essaie d'être de plus en plus dans mon corps. Est-ce qu'il y a des outils pour revenir dans le corps quand tu sens qu'il y a une problématique liée à un centre en particulier ?
Camille : Le mieux, c'est d'expérimenter face aux situations que t'amène la vie, au fur et à mesure : c'est ça qui fait le déconditionnement. Mais par exemple, tu es stressé, au boulot, surmené : on va s'attarder sur le centre racine, qui est le centre du stress, de l'adrénaline et de la productivité. Tu observes et tu te dis : « Là, mon centre racine est en surchauffe. » Qu'est-ce que je fais concrètement ? Je vais d'abord essayer de me détacher de la source de conditionnement : si c'est mon binôme, ma manager qui me met la pression... Après, ce n'est pas toujours facile concrètement.
Jérémy : Oui, surtout si c'est ton conjoint.
Camille : C'est aussi le but des accompagnements : tu as des outils, mais après il faut les mettre en pratique, et ça, c'est un autre level. Autre astuce : quand tu es émotionnellement surchargé, le centre émotionnel est relié à la respiration, aux poumons. Donc tu vas te mettre à respirer. On sait que quelqu'un qui respire mal, s'il est émotionnel, va dysfonctionner dans ce centre-là, et ça va impacter ses prises de décision. Chaque centre a des attributs biologiques sur lesquels on peut travailler. Ce n'est pas quelque chose qui va changer les choses d'un coup, c'est vraiment au fur et à mesure. Et il ne s'agit pas de faire des exercices : je ne vais pas organiser un atelier « aujourd'hui on fait les neuf exercices des neuf centres ».
Jérémy : C'était plus dans l'idée d'une aide à l'intégration.
Camille : C'est ça : d'abord observer, identifier ces schémas qui se présentent concrètement dans la vie. Faire passer toutes ces connaissances mentales au corps, à travers la question : qu'est-ce que je peux changer là, dans ma vie, pour me déconditionner ?
Jérémy : Ça me paraît essentiel. Dans ton exemple : tu sens que tu es stressé, tu te coupes de la source du stress, tu fais un peu de cohérence cardiaque, et en cinq minutes ça va beaucoup mieux. C'était ça, ma question sur le lien entre les deux, parce que j'imagine que si ça reste seulement mental, ça n'aide pas à évacuer le stress ou à sortir de certains schémas.
Camille : Ce qu'il faut savoir, c'est que le mental va toujours être le porte-parole de tes centres ouverts : il va toujours vouloir t'emmener à fonctionner sur ce que tu n'es pas. Il va te dire : « Non mais là il faut aller vite, Camille, sinon l'autre va te traiter de fainéante, ton patron va te virer. » Le mental pousse, avec la pression extérieure, à fonctionner sur les centres ouverts, et ça amène à un certain dysfonctionnement. À partir du moment où tu identifies ça, tu peux discerner ce qui vient de toi — tes centres définis — et ce qui ne vient pas de toi. Et tu as une marge de manœuvre.
Valoriser ses forces innées plutôt que de corriger ses lacunes
Jérémy : Qu'est-ce qui fait, selon toi, qu'on ne se concentre justement pas sur les centres définis, qui peuvent être nos forces ? Parce que tout l'enjeu de ce que je fais aujourd'hui dans les accompagnements, c'est d'aider les personnes à identifier leurs blessures, à prendre conscience et à arrêter de tourner en rond dedans. Voir que ça a créé en elles de vraies forces, et ce que je nomme la singularité, un peu le sommet de l'iceberg. Et de se concentrer sur cette singularité, ce qu'on a apporté au monde, ce qui est facile pour nous, ce qui nous procure de l'énergie. En fait, les gens sont à 90 % dans le dysfonctionnement.
Camille : Parce qu'on fonctionne par le mental, et que le mental est l'interprète des centres ouverts. Et pourquoi ? Parce que déjà, quand tu vas à l'école, on te fait te concentrer sur tes lacunes. On te conditionne au lieu de valoriser : « Ah, tu es bon là-dedans ? Ce n'est pas grave, ne le fais pas, va là où tu es mauvais pour progresser. » Même dans le dev perso, on va toujours se concentrer sur les lacunes d'une personne pour l'améliorer, pour devenir une meilleure version de soi-même.
Et on passe à côté de nos véritables forces, de nos atouts, de ce qui est défini chez nous, de ce qu'on est là pour offrir.
On a été conditionnés à ignorer nos forces innées, naturelles. Quand tu passes vingt ans à l'école à te faire dire qu'il faut toujours t'améliorer là où tu es faible...
Jérémy : Je vais partager une anecdote. Avec ma meilleure amie de l'époque, je devais avoir 16-17 ans, on a une discussion et je lui demande : « Tu aimerais que les gens se souviennent de quoi de toi, plus tard ? » Et moi je lui dis : j'aimerais bien qu'ils se souviennent que j'ai pu les aider, les accompagner pour faire ci, ça. Elle me répond : « Mais t'as un sacré ego ! » Alors que tu as juste envie d'aider les autres.
Et ce que tu disais tout à l'heure m'a beaucoup parlé : « J'ai envie d'avoir une belle vie parce que je suis quelqu'un de chouette. » J'ai été confronté plein de fois à ça, parce que je pense comme toi : je me dis que j'ai vraiment des trucs à apporter au monde, j'ai cette confiance qu'il peut y avoir des trucs incroyables, que j'ai une vraie valeur. Je n'ai pas ce sentiment de manque de confiance. Et plein de fois, je me suis pris des claques de personnes qui me disaient : « Mais t'es qui pour dire ça ? » De la même manière qu'avec cette amie.
Je pense qu'il y a ce truc dans la société : tu sais comment tu es, ou tu as ce truc qui vient naturellement, et on vient te mettre une petite gifle de « non mais tais-toi, t'as pas le droit d'être comme ça ». J'en parle parce que j'ai envie de dire aux gens : peut-être qu'il y a des choses que tu ressens au fond de toi et que tu n'arrives pas à assumer parce qu'autour de toi on te dit qu'il vaut mieux être comme ci ou comme ça, ou parce que l'école t'a un peu détruit sur plein d'aspects. Arriver à reconnecter à ce truc de « non, en fait, je suis vraiment comme ça, et j'ai envie de le valoriser et de le porter ».
Camille : Oui, parce que quand tu es toi-même, tu vas heurter les gens qui ne sont pas eux-mêmes. C'est terrible pour se remettre en question.
La guérison véritable : stratégie, autorité et amour de soi
Jérémy : Qu'est-ce que tu pourrais dire à quelqu'un qui est dans ce schéma-là, un peu déconnecté de lui, décentré, et qui en t'écoutant se rend compte que le Human Design existe, qu'il y a un moyen de se défaire des conditionnements et de ramener de l'intégrité à qui il est ?
Camille : Déjà, apprendre à se connaître. C'est la base : faire une analyse — attention à la personne que vous choisissez.
Jérémy : En gros, prends les sept prochaines années...
Camille : C'est mon parcours, parce que je suis à fond dedans. J'évite de le dire en général, parce que les gens voient ça comme un truc inatteignable. Mais de toute façon, les sept prochaines années, tu vas faire quoi ? Tu vas travailler sur toi, oui ou non ? Donc il vaut mieux que tu travailles sur toi de la bonne manière, et qu'au bout du compte tu aies des résultats.
Jérémy : Pour préciser : ces sept années, ce n'est pas « je veux travailler une problématique et il me faut sept ans pour l'intégrer ». Tu vis ça tous les jours, ce sont des cycles continus ?
Camille : Le déconditionnement, ce n'est pas la prise de conscience. Ça ne se résout pas du jour au lendemain, parce que c'est au niveau cellulaire. C'est le corps. Et cellulairement, le corps se renouvelle par cycles de sept ans. Donc à chaque fois que tu vas entrer dans une relation qui n'est pas correcte pour toi, ça va te causer une blessure qui va perdurer pendant sept ans. À partir du moment où tu appliques ta stratégie, tu vas te déconditionner, tu vas guérir en quelque sorte tes blessures.
J'en ai fini avec le fait de revenir dans le passé pour comprendre les schémas. Aujourd'hui, je suis ma stratégie, mon autorité intérieure, et j'avance.
C'est ça qui me permet de faire de mes blessures une force. Et pour moi, c'est ça, la vraie guérison.
Jérémy : Je vois beaucoup de personnes qui ont besoin de revenir dans le passé, et je le comprends. Dans une certaine mesure, c'est OK, parce que ça permet d'avoir une compréhension. Mais ça peut être un piège de ruminer tout le temps ton histoire.
Camille : J'ai des amies dans ces démarches-là qui ne s'en sortent pas, qui n'avancent pas. Oui, il faut avoir conscience du passé, en tirer des leçons. Mais ce qui va vraiment transformer ta vie, c'est d'avancer et de te remettre au bon endroit avec les bonnes personnes, et d'avoir de l'amour pour toi-même. Tes blessures seront toujours là, ton vécu sera toujours là. On est humain, et l'humain, avec toutes ses aspérités, a des blessures. C'est ce que c'est, être humain, par définition.
Jérémy : Du coup, c'est changer ton regard sur les choses. Si on prend ton exemple : tu continues de te prendre des murs, mais c'est cool, parce qu'ils sont différents et parce que ça nourrit plein de choses en toi. Ce n'est pas de la rumination, c'est un changement de paradigme.
Camille : Tu as un basculement au niveau de ta vision. Ta perception des choses est complètement différente. Pour moi, c'est la clé. La première clé, ce qu'apporte le Human Design de manière instantanée, c'est vraiment ça : changer ta perspective de vie. Et ensuite, au niveau corporel, comment ça va se manifester extérieurement, dans ton environnement — ça, c'est ce qui prend sept ans. Avoir les bonnes opportunités, rencontrer les bonnes personnes, avoir de l'amour pour ta vie, pour ton métier, pour la personne avec qui tu es : ça prend du temps.
La prise de conscience, elle est instantanée. Tu peux basculer du jour au lendemain et dire : « J'ai trouvé la clarté. » Ça fait du bien, ça libère le mental, le mental lâche le contrôle et te redonne les rênes. Mais se déconditionner cellulairement prend sept ans. Plus tu vas être toi-même, plus la nature de tes cellules va changer.
L'impact de l'environnement sur notre évolution personnelle
Camille : Et ça conditionne ton environnement. Pour les personnes qui ont du mal à sortir d'un environnement néfaste, c'est là que la problématique ne peut jamais se diluer.
Jérémy : Encore une fois, c'est le mental : c'est confortable, c'est la peur du changement.
Camille : Ça demande du courage. D'ailleurs, le fondateur du Human Design disait que seulement 4 % de ceux qui auront accès à cette connaissance parviendront à aller jusqu'à la fin du cycle de sept ans de déconditionnement. C'est très élitiste, parce que ça demande tellement de courage. Les premières années, tu n'as pas idée.
Jérémy : Je pense que selon le chemin qu'on a fait avant, ça peut être plus ou moins difficile.
Camille : J'étais dans cette quête de dev perso depuis douze ans, sauf que j'avais l'impression d'avancer, mais je n'avançais pas tellement, parce que je me remettais chaque fois dans les mêmes schémas toxiques. Quand j'ai découvert le Human Design, j'étais dans une relation terrible : il y avait une force d'attraction incroyable avec cette personne, qui s'expliquait aussi, parce qu'on peut faire des analyses relationnelles. L'analyse relationnelle, c'est merveilleux : le couple, la famille, le groupe. Ça permet de mettre des mots sur nos maux, de comprendre ce qui se joue dans les interactions, les mécanismes. Parce qu'on peut être d'une certaine manière avec une personne et, dans la relation suivante, être quelqu'un de totalement différent : la relation crée une troisième entité.
Donc il y avait cette force d'attraction incroyable, sauf que ce n'était pas une personne correcte pour moi. Je peste un peu contre ceux qui parlent de pervers narcissiques, je ne suis pas du tout dans cette team. Je dis juste qu'il y a des personnes compatibles, faites pour être sur notre chemin, et d'autres qui n'ont rien à faire là.
Jérémy : Je suis d'accord. J'ai eu tellement de discussions avec des amis, des thérapeutes, des psys, qui me disent : « Il y a des mauvais thérapeutes, des mauvais coachs. » Je n'y crois absolument pas. Je pense qu'il y a juste la personne qui te convient, avec qui ça va résonner et qui va te faire avancer au prochain stade.
Camille : Il y a juste la bonne personne pour toi dans le moment. De toute façon, on est tous le pervers narcissique de quelqu'un, et cette personne-là sera très heureuse avec une autre.
Jérémy : J'ai un exercice en coaching : quand les personnes me disent « cette personne est prétentieuse parce qu'elle fait ça », je les invite à aller voir toutes les parts d'elles qui sont prétentieuses, à faire la liste des domaines où elles le sont. Et là, ça vient rééquilibrer les choses. Je pense qu'il y a ce fantasme de croire qu'il y a des trucs parfaits et des trucs moins parfaits, alors que ça n'existe pas.
Camille : C'est subtil d'en prendre conscience, ça demande un grand niveau de conscience et du recul. Quand j'ai découvert le Human Design, j'étais dans cette relation et je n'arrivais pas à la quitter. Ça m'a duré deux-trois ans. C'était un gros fardeau, parce que le Human Design me disait que je n'avais rien à faire là et, en même temps, je n'arrivais pas à partir. Cette relation m'épuisait : je n'avais pas le carburant, en tant que projecteur, parce que je n'avais aucune reconnaissance de qui j'étais. Je me faisais happer par sa direction de vie à lui, par ce qu'il était, lui. C'est le piège du projecteur : s'oublier complètement dans le regard de l'autre. C'est pour ça qu'il est très important qu'un projecteur s'entoure correctement, des bonnes personnes.
Ça a été terrible, ce tiraillement entre ma conscience et ce que mon corps était capable de faire — ou pas capable de faire, justement. Je suis passée par une phase dépressive qui a duré un an et demi. J'ai même un ami qui m'a dit : « Il faut que tu te fasses hospitaliser, parce que tu n'as plus de force. » C'est à quel point ça peut être destructeur, surtout pour un projecteur, un type extrêmement vulnérable, qui a besoin de l'autre pour avancer dans sa vie. S'il n'est pas avec la bonne personne, c'est terrible.
Ce gars-là avait une force d'emprise sur moi, mais il n'en avait pas conscience. Attention, je ne dis pas que c'était une mauvaise personne — j'adore ce mec, je pense qu'il va regarder la vidéo. Je l'aime toujours, et tous mes ex, je les aime, parce que j'ai ce détachement. La victimisation, ce n'est pas du tout dans mes codes, parce que ça ne te permet pas d'avancer. Ce sont des gens que je porterai toujours dans mon cœur et qui m'ont fait beaucoup avancer. Mais la relation en elle-même et l'expérience que j'ai vécue ont été terribles : je n'arrivais pas à m'en détacher. Et finalement j'ai réussi, après plusieurs allers-retours.
Jérémy : C'est la vie aussi. Je pense qu'il y a un fantasme de croire qu'il peut y avoir un déclic et bam, tout passe.
Camille : Il y avait cette notion de radicalité : quand j'ai découvert le Human Design, il fallait que je parte, parce que j'avais l'impression de mourir. Je n'avais pas le choix, quelque part. Ça a été mon chemin, je ne dis pas que c'est celui de tout le monde, mais moi ça m'a demandé d'être assez radicale. Et j'ai eu cette impression de déchirement à l'intérieur de moi pendant trois ans. En plus, c'était mon retour de Saturne, la trentaine : c'était terrible. Et en général, c'est à ces moments-là, dans des phases importantes de notre vie, que le Human Design apparaît.
Vision du futur : l'humain face à l'intelligence artificielle
Jérémy : J'avais envie de finir sur un sujet d'actualité : l'intelligence artificielle. J'aimerais bien avoir ta vision de ce qu'on va faire, en tant qu'humains, avec l'IA, avec les robots. Il y a le CEO de NVIDIA qui disait que d'ici dix ans, 70 % des emplois n'existeront plus parce qu'ils seront remplacés par des machines. Tu te dis : cool, on aura du temps, de l'espace...
Camille : C'est ce qui était prévu à la base.
Jérémy : Le fordisme, c'est déjà ça : on est censé augmenter la production en passant moins de temps. Et on voit que ça se passe rarement comme ça — souvent, on est plus malheureux après qu'avant. Quelle est ta vision, en lien avec le Human Design ? Tu n'es pas voyante, mais ça t'évoque quoi ?
Camille : En Human Design, tu peux étudier les cycles au niveau astrologique, ça te donne un cadre. Concernant l'intelligence artificielle, il y a le fantasme qu'on projette, et la réalité. Moi, je ne crois pas à son développement.
Jérémy : Tu ne crois pas à l'AGI, à la super-intelligence ?
Camille : Ça va durer quelques années, mais ça ne pourra pas aller au-delà, parce qu'on arrive dans un cycle qui ne le permettra plus. Et d'abord : de quelle intelligence on parle ? Quand je vois une personne alignée, qui vit son design, qui est incarnée, ça, c'est la vraie intelligence. L'intelligence émotionnelle, le rayonnement, ce qu'elle dégage. Je peux voir une personne et imaginer son Human Design sans même avoir ses données de naissance.
Jérémy : C'est intéressant, parce que jusqu'à présent, une intelligence artificielle a besoin qu'on la nourrisse de connaissances. Et il n'y a a priori pas les connexions chimiques qu'on peut avoir dans le cerveau, tout le côté émotionnel, tout le feedback qu'on a parce qu'on a un ressenti. Comme tu dis, parfois tu vois des personnes, tu lis un truc en elles alors que tu ne les connais pas du tout — et il y a de la justesse là-dedans, sans aucune autre info qu'un ressenti.
Camille : Il y a plusieurs sortes d'intelligence. L'intelligence artificielle, c'est vraiment l'intelligence du mental — c'est ce qu'on valorise beaucoup à l'école, dans la société : la productivité, le gain de temps, en savoir toujours plus, aller toujours plus vite.
Pour moi, ça, ce n'est pas la vraie intelligence. La vraie intelligence, c'est d'avoir une personne qui est elle-même.
Tu peux avoir quelqu'un en face de toi que tu ne connais pas, et tu sais qu'elle est intelligente, parce qu'elle dégage une intelligence corporelle, un rayonnement.
Le cycle de 2027 : transition vers l'ère de l'individualité et de la souveraineté
Camille : Pour en revenir aux cycles : ça fonctionne par cycles de 400 ans au niveau astrologique.
Jérémy : Tu es obligée de t'intéresser à l'astrologie si tu veux t'intéresser au Human Design ?
Camille : Pas tellement. Le Human Design reprend plusieurs systèmes : les planètes, on les retrouve dedans. Mais je ne suis pas astrologue, j'ai quand même des notions. Je ne sais même pas si, au niveau cyclique, c'est pareil en astro : ça, c'est vraiment propre au Human Design. Je parle de cycle astrologique parce que c'est lié au mouvement des planètes.
On est dans un cycle qu'on appelle de planification. Depuis 400 ans, les choses ont beaucoup évolué : l'industrialisation, la médecine, l'éducation, les gouvernements, les hôpitaux. C'était propre à ce cycle-là, un cycle d'organisation très tribal, très soutenant. C'est ce qui fait notre colle dans la société, ce qui permet à la société de survivre : le travail, l'équilibre pro-perso, ce qui fait l'harmonie.
Sauf qu'en 2027 — c'est demain — on va basculer vers une nouvelle ère, qui va passer de ce côté très tribal à un côté très individuel. C'est vraiment le retour à soi. C'est pour ça que le projecteur est ici à cette époque-là : pour ramener les générateurs à leur propre souveraineté. Aujourd'hui, on obéit à des lois, à des règles, qui font qu'on est dans une société qui fonctionne plus ou moins. Après 2027, on n'aura plus cette trame de fond, cette fréquence de fond capable de soutenir ça.
Jérémy : L'idée, c'est que ça se délite petit à petit ?
Camille : Ça s'écroule. Tu vois déjà que dans les hôpitaux, il n'y a plus personne qui veut travailler, parce que les gens en ont marre : ils ont envie de faire ce qu'ils ont envie de faire. On va arriver à cette ère d'individualité, recentrée sur soi-même.
Jérémy : Ça veut dire que demain, il n'y aura plus de gens dans les supermarchés pour faire des trucs que personne n'a envie de faire ? Que les robots vont les faire à notre place ?
Camille : Ça veut dire qu'il va y avoir un manque de ressources, qui va faire que la technologie ne pourra pas se développer comme on le projette aujourd'hui. C'est aussi l'ère du retour à l'essentiel. De plus en plus, on voit des gens qui ne veulent plus travailler : ce n'est plus comme à l'époque de nos grands-parents.
Jérémy : J'écoutais un gars qui disait qu'au Japon, des start-up développent des robots — je ne sais pas si c'est déjà commercialisé, mais il y a des tests — pour combler les besoins de certaines personnes : un robot avec l'apparence physique d'un humain, qui sera toujours d'accord avec toi, parce qu'il n'aura pas le truc de vouloir te confronter, ni son propre système de valeurs. J'ai l'impression qu'il y a tellement de personnes dans un mal-être qu'il y a une porte énorme pour ce genre de chose. Toutes les personnes qui ont besoin d'aller sur OnlyFans... Il y a plein de trucs qui existent parce qu'il y a une détresse psychologique, sexuelle, sur plein d'aspects. Je pense qu'il y a une propension à aller vers l'IA, vers les robots, parce qu'il y a un mal-être, un manque de sens. Ce que tu dis, c'est que les gens n'auront plus le choix que de se tourner vers eux et de comprendre qui ils sont ? Ou est-ce qu'il y aura une société à deux vitesses, avec deux visions ?
Camille : De toute façon, le monde est dualiste, ça ne changera jamais. Mais je pense qu'on arrive à un point de rupture. Entre deux cycles, il y a toujours une période de changement important, et qui dit changement dit aussi rupture : du chaos, des crises, pour aller vers ce nouveau paradigme. Et ça va se manifester, je pense, notamment autour de l'intelligence artificielle. Je ne sais pas comment ça va se faire, mais je pense que ça ne va pas se développer comme on l'imagine. On nous promet de ne plus travailler, que tout soit récupéré par les robots — on nous le dit depuis la révolution industrielle. Et qu'est-ce que ça cause ? Plus de mal qu'autre chose : le chômage, la précarité.
Comme je te disais, le Human Design reste quelque chose de très élitiste, et tout le monde n'arrivera pas à ce point où il pourra vivre la vie qu'il veut. Il y aura toujours des gens perdus. C'est comme dans Matrix, avec les anomalies : il y aura toujours le programme en place.
Le Human Design ne te demande pas de sauver la planète entière, il te demande de te sauver toi. Et quand tu te sauves toi, tu es toujours au bon endroit au bon moment, tu es toujours en sécurité quelque part.
Peu importe le chaos extérieur. Moi, je sais que je serai toujours en sécurité, parce que je ferai toujours les bons choix.
Jérémy : Quand tu arrives à être bien avec toi-même, à être détachée aussi de certaines choses, tu as une vraie force que tu n'as pas quand tu es toujours en attente de l'extérieur.
Camille : Je ne me préoccupe plus de l'extérieur. À mon échelle personnelle, les drames que je vivais n'ont plus le même impact qu'à l'époque. Et c'est pareil à plus grande échelle : ce qui se passe, les catastrophes... Ça me fait rire, parce que je suis complètement détachée des événements de la vie. J'ai ce petit côté « on ne va pas s'ennuyer », parce que je me lasse vite, je m'ennuie vite s'il ne se passe rien. Donc je me dis : waouh, on va vivre des choses incroyables. Alors que les gens ont peur — même dans le Human Design, il y a des gens qui ont peur de ce nouveau cycle, des crises. Moi je me sens bien, je sais que je suis en sécurité. Je n'ai pas de crainte particulière.
S'ancrer dans sa vérité pour dissiper la pression extérieure
Jérémy : C'est beau, ce que tu dis. Sur ce truc de « j'ai besoin de nouveauté tout le temps », moi je suis comme ça aussi : des nouveaux challenges, des nouveaux trucs. Et il y en a plein qui vont te dire : « Il faut que tu changes ça, il faut que tu persistes dans une voie. » Je pense qu'on est constamment en confrontation avec la vision de quelqu'un qui ne connaît pas qui on est, qui n'est pas dans notre corps, ni dans notre tête. Et c'est tout l'intérêt de se connaître, de se comprendre — j'ai changé le nom du podcast pour ça : reviens à l'origine de qui tu es. Tu reprends ton pouvoir : je vois comment je fonctionne, je vois qui je suis, qui je ne suis pas, de quoi j'ai besoin.
Camille : Bien sûr. Mon dernier post en date, justement : j'étais responsable d'une agence d'aide à domicile, j'avais un bon job. Et ma manager : « Non mais où tu vas ? Reviens ! » Parce que je faisais le job — un projecteur est incroyable, il sait tout faire, il amplifie, il met l'énergie, il est super productif. Mais je ne suis pas là pour être ton esclave, je suis là pour me suivre.
Jérémy : Il y a un côté rébellion, en même temps.
Camille : Ça me fait rire. Les gens ne comprennent pas. Elle pense que je suis perdue — et quelque part, oui, parce que je n'ai pas la vision. Le Human Design te demande de ne pas savoir où tu vas, juste de faire confiance. Donc je ne peux pas lui dire où je vais : je ne sais pas. Mais je sais que je suis sur mon chemin, c'est là où je me sens bien.
Jérémy : C'est hyper honnête, en même temps.
Camille : Paradoxalement, je me sens toujours plus ou moins paumée. Mais je le sais, parce que j'ai un centre de l'identité, un centre G, non défini : je n'aurai jamais cette énergie constante de savoir où je vais dans la vie. Et je ne fonctionne pas sur les centres ouverts — on le rappelle. Je n'ai pas à chercher ma direction, mon mode de vie, mon identité. Ce n'est pas sur ça que je dois compter. Donc je ne vais pas te donner de réponses : je ne sais pas où je vais. Mais paradoxalement, je me sens tellement à ma place. C'est ce que je vis dans le moment : je suis invitée ici, je ressens ma signature. J'ai plein de cadeaux comme ça dans la vie, qui me donnent des indications : le succès du projecteur, l'efficacité, le sentiment d'être alignée, l'épanouissement.
Tout ça, la personne en face ne peut pas le savoir : elle n'est pas à l'intérieur de ton corps. Qu'est-ce que tu veux faire ? On est sept milliards d'individus, tu ne peux pas y échapper. Le tout, c'est de ne pas prendre en compte ce genre de réflexion.
Le Human Design t'ancre tellement dans la personne que tu es, tu as tellement confiance, tu sais pertinemment que tu es là où tu dois être, que finalement la pression extérieure se dissipe. Elle n'a plus cette emprise qu'elle avait à l'époque.
Conclusion : sagesse, clarté et héritage personnel
Jérémy : Est-ce qu'il y a quelque chose que tu aurais aimé partager, un message important que tu n'as pas dit ?
Camille : Je crois que j'ai fait passer des messages assez pertinents. Mais pour en revenir à cette clarté, tellement indispensable à l'être humain : c'est la première des choses à lâcher. Ce que nous enseigne le Human Design, c'est que vous ne pouvez pas avoir la clarté quand vous êtes au milieu d'une expérience.
La clarté, elle arrive après l'expérience.
C'est ce que je disais avec mon parcours : pendant quinze ans, je me suis heurtée à des choses que je ne comprenais pas, et d'un coup j'ai eu la clarté avec le Human Design qui est apparu dans ma vie. C'est toujours comme ça pour tout le monde — même si ce n'est pas le Human Design, ce sera autre chose. Donc ne vous accrochez pas : vivez votre expérience, et je vous promets que ça vous servira à quelque chose un jour. Il y a du sens dans tout. Comme je disais au début, la vie est intelligente. Vous n'êtes pas ici pour forcer les choses. Vous n'êtes pas perdu sur une planète au hasard : vous avez un but particulier. Tout a un sens, il ne faut pas le perdre de vue. C'est ce qui alimente ma foi aujourd'hui et qui fait que j'avance sans savoir où je vais.
Le mental, il faut le nourrir correctement, mais ne pas baser sa vie sur son mental et sur le besoin de savoir pourquoi on vit les choses.
Jérémy : Ni penser qu'on a un problème.
Camille : Voilà. Détache-toi de ton mental : ton mental n'est pas qui tu es. Ton mental est là pour observer les choses, pour être le passager de ce que tu vis, pour partager aux autres, pour être une source de solutions et d'inspiration. Et tu as ton corps. Ton corps t'emmène : fais confiance à ton corps. C'est dans le corps que réside l'autorité intérieure, c'est ce qu'on voit en séance avec les clients.
Jérémy : Ça t'évoque quoi, « origine » ?
Camille : Ça m'a tout de suite parlé, et tu sais pourquoi ? Je n'en ai pas parlé, mais le Human Design a été découvert à Ibiza, il y a une trentaine d'années. Et moi, je suis originaire d'Ibiza, j'ai de la famille là-bas. Ma formation devait s'appeler « Héritage ». C'est quelque chose qui va peut-être naître bientôt, mais c'est totalement ça, le Human Design : ça nous donne tout notre héritage. Et comme on connaît notre héritage, on peut aller vers le futur — comme moi — de manière hyper sereine. Connaître l'héritage de tes enfants, de ton compagnon, de ta compagne... Ton design, c'est ton héritage, donc tes origines. Ça m'a fait sourire, parce qu'avec Ibiza, il y avait toute cette notion d'héritage aussi, concrètement, dans ma vie, au niveau familial.
Jérémy : Les personnes qui ont envie de se former au Human Design, en présentiel avec toi, ou de faire une séance, elles vont où ?
Camille : J'ai mon site Internet, toucher-terre.fr, où vous pouvez réserver directement votre séance en ligne. Sinon, je suis beaucoup sur Instagram. Je suis analyste — si vous voulez juste votre analyse, et puis vous vous débrouillez avec ça. Et je suis aussi accompagnante, je fais du suivi pour le concret, dans la matière : qu'est-ce qu'on fait après ? « Camille, je n'arrive pas à me reconnecter avec mon autorité, est-ce que tu peux m'aider ? »
Jérémy : Les premières analyses sont intéressantes pour la découverte, mais je trouve que la force, c'est aussi de le connecter concrètement avec ta vie, au fur et à mesure.
Camille : C'est ça. Les gens ont une première séance, c'est l'analyse. Ensuite ils sont confrontés à des situations et là ils se rendent compte : « Punaise, je n'ai pas eu accès à mon autorité intérieure. Pourquoi ? Peut-être que j'étais trop dans le mental. » Moi je suis 3-5, donc expérimentatrice et aussi solutionneuse : le 5 est là pour apporter des solutions par rapport aux expériences qu'il a vécues. Et en général, les gens ont toujours des problèmes que j'ai moi-même rencontrés — on n'attire pas les personnes par hasard. Donc je les accompagne à trouver des solutions quand ils rencontrent des blocages, sur tous les plans. Je suis de plus en plus spécialisée dans le domaine professionnel : les transitions, les reconversions, les collaborations, les carrières, le business. Mais je traite toutes sortes de problématiques.
Et il y a la formation : je forme les gens à être autonomes. Il y a trois modules dans la formation générale — « Vivre son design », le module ABC et « Cartographie ». Le présentiel, c'est ce que j'aspire à développer de plus en plus.
Jérémy : Tu fais de la formation en ligne aussi ?
Camille : Oui, régulièrement, même si c'est ce qui me plaît le moins. Les dates ne sont pas forcément régulières, il suffit de me contacter.
Jérémy : De te suivre sur Insta, et il y aura toutes les infos.
Camille : Je fais beaucoup au feeling, je n'ai pas vraiment de plan précis : je suis une expérimentatrice. Je ne suis plus dans la planification, dans la rigidité. Il y en a qui sont faits pour ça, mais pas moi, mon profil n'est pas fait pour fonctionner comme ça.
Jérémy : Écoute, merci beaucoup, Camille. C'était un plaisir, j'ai appris plein de trucs. Je pense que j'ai encore à peu près un demi-million de questions à te poser — on regardera peut-être pour un prochain épisode.
Camille : Avec plaisir. Merci à toi. Et à toutes les personnes qui ont envie d'aller plus loin : je suis là. À bientôt.