ORIGINE

Hypnose : reprendre le contrôle de sa vie (avec Marni Lecoustre)

Cette vidéo est hébergée par YouTube, un service tiers.

🔗 Écouter ou partager cet épisode ailleurs

Le Laboratoire Origine

Un accompagnement collectif de 3 mois

Pour comprendre ce qui te freine, retrouver une vision claire de ce qui est juste pour toi, et repartir avec une méthode que tu pourras réutiliser toute ta vie.

Découvrir le Laboratoire Origine

Dans cet épisode d’Origine, je reçois Marni Lecoustre, chirurgien-dentiste et hypnothérapeute.

Elle me partage comment elle a réussit dans une voie toute tracée, sans jamais se sentir à sa place, avant de changer radicalement de cap.


💛 Origine : ma formation pour reconnecter ton coeur à tous tes domaines de vie : https://graouacademie.fr/cours/origine/


On parle d’un sujet qui nous concerne tous : être soi-même ou jouer un rôle sans s’en rendre compte.


On explore ensemble pourquoi on finit par vivre pour les autres, comment les attentes familiales et sociales influencent nos choix, et surtout comment s’en libérer.


Pourquoi répète-t-on toujours les mêmes schémas ?

Pourquoi a-t-on du mal à lâcher le contrôle ?

Et qu’est-ce que notre inconscient dirige dans notre vie sans qu’on le voie ?


À travers son parcours et son double regard (médical et thérapeutique), Marni partage sa vision du lien entre le corps, les émotions et l’inconscient.

Un échange qui invite à ralentir, à observer et à revenir à soi.


À retenir de cet épisode :

- L’inconscient influence une grande partie de nos décisions

- Le corps envoie des signaux qu’on ignore souvent

- Le besoin de contrôle cache souvent autre chose

- Comprendre ses schémas, c’est reprendre du pouvoir sur sa vie

- Être aligné demande du courage

- Pourquoi tu te mens à toi-même sans t’en rendre compte

- Le poids de la loyauté familiale dans tes décisions

- Comment ton enfance construit ton identité actuelle

- La différence entre qui tu es… et ce que tu crois être

- Pourquoi les croyances limitantes te maintiennent bloqué

- Comment arrêter de te définir par ton passé

- Le vrai chemin pour te reconnecter à toi-même


Cette discussion va probablement te faire remettre en question certaines choses, mais surtout t’ouvrir à une nouvelle manière de te voir.


🎥 Découvre notre échange en vidéo : https://youtu.be/37Amo9nv30w

⚡ Retrouve Marni sur Instagram : https://www.instagram.com/marnistudio.hypnose/



👤 À propos de moi

Je m’appelle Jérémy Guillaume et je crois profondément qu'un changement durable n’est possible que dans l’amour de ce que tu es et de ce que tu as été.

Et c'est exactement pour ça que j'aide les entrepreneurs à se reconnecter à leur cœur et à leur singularité en identifiant clairement leurs valeurs et leurs blessures dans le but de se créer un business parfaitement aligné.

On bosses sur la stratégie, sur l'acquisition, la conversion, la délivrabilité, le marketing, la communication, mais toujours avec une approche basée sur la rechercher des causes plus profondes des blocages existants.

Si t'es pas prêt à une introspection profonde, ce n'est clairement pas pour toi.


Viens échanger sur https://www.instagram.com/jeremyguillaume/ et direction www.jeremyguillaume.fr pour bosser ensemble.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Le texte complet de cet épisode, reformaté

Introduction : Qui est Marni Lecoustre ?

Jérémy — Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast. Aujourd'hui, je suis avec Marni Lecoustre. On s'est rencontrés dans une soirée réseau, on a discuté un peu et je me suis dit : « C'est trop intéressant, j'ai envie d'en savoir plus sur toi. » Tu es chirurgien-dentiste et hypnothérapeute, et c'est ça qui m'a interpellé : ces deux mondes qui, a priori, n'ont rien à voir. Est-ce que tu peux te présenter ?

Marni — Je m'appelle Marni, j'ai 28 ans — j'ai toujours du mal à me souvenir de mon âge. J'ai déménagé dans le sud de la France il y a quatre ou cinq ans et, comme tu l'as dit, je suis dentiste et hypnothérapeute.

Jérémy — Pourquoi ce déménagement ?

Marni — Je viens du nord de la France, j'ai fait mes études à Paris. Et à Paris, j'avais l'impression d'être à la fois surstimulée et de ne pas arriver à construire ce que je voulais. C'était trop éparpillant pour moi, alors que j'avais besoin de construire quelque chose de concret, notamment dans l'immobilier. Et puis je suis partie dans le sud aussi pour le soleil, parce que j'avais besoin de chaleur et de lumière.

À Paris, j'avais l'impression d'être à la fois surstimulée et de ne pas arriver à construire ce que je voulais.

Ce qui rend Marni unique : Authenticité et liberté

Jérémy — Une question que je pose toujours en démarrage de podcast : qu'est-ce qui, selon toi, te rend unique ?

Marni — Je pense que ce serait mon authenticité et ma liberté.

Jérémy — Qu'est-ce qui fait que c'est si important pour toi d'être authentique ?

Marni — Déjà, c'est lié à mon histoire personnelle. Quand on n'est pas authentique et qu'on se ment — avant même de mentir aux autres —, pour moi, on passe à côté de qui on est, à côté de sa vie. Je l'ai compris assez tôt, même si c'est toujours trop tard à mon sens. Et ça m'a vraiment libérée de comprendre qu'il y avait un chemin que je m'étais peut-être imposé toute seule, et qu'à tout moment j'étais libre de le modifier, et de changer d'avis aussi.

Quand on se ment, on passe à côté de qui on est, à côté de sa vie.

S'émanciper du schéma familial et des loyautés

Jérémy — C'est le chemin des études de dentiste, ce genre de choses ?

Marni — Oui, je pense que je me suis imposé un chemin par copie, par loyauté familiale, c'est clair. Dans ma tête, en terminale, il n'y avait que deux voies : prépa ou médecine. Ça réduit le champ des possibles. Et j'ai choisi médecine juste parce qu'on m'avait dit que c'était plus dur. Je me suis dit : « OK, je prends le challenge. » Sauf qu'une fois que j'ai eu ma première année, pour moi c'était terminé. Le jeu s'arrêtait là. Je l'avais fait, c'était bon. Il n'y avait pas de suite. Et je me suis retrouvée coincée parce que les gens me disaient : « Non mais tu l'as eue, il faut que tu continues. » Avec le recul, j'aurais dû arrêter là.

Jérémy — Tu regrettes ?

Marni — Non, déjà parce que je ne suis pas de nature à regretter, et aussi parce que je pense que je suis ici grâce à cette rigueur. J'avais besoin d'aller loin dans le faux pour être aujourd'hui vraiment dans le vrai. J'ai poussé le vice très loin. Donc non, je ne regrette pas — même si je ne sais pas comment aurait été ma vie si je m'étais écoutée dès le début.

Jérémy — Quand on préparait l'épisode, tu me disais que ça t'avait apporté une forme de rigueur.

Marni — C'est ma plus grande leçon : j'ai tout réussi alors que ça ne me plaisait pas. Et c'était vraiment mon malheur quand je réussissais, parce que je me disais : « Merde, j'ai réussi, je n'ai plus qu'à le faire. » C'est très lourd, pour moi, de réussir. Presque, je leur dirais : « Je vous donne mon diplôme, si vous le voulez tant que ça, allez-y. » Et à un moment, tu es obligée de faire des choix : quand on te propose de devenir collaboratrice d'un cabinet, puis associée, puis d'investir, là tu te dis que tu ne peux plus faire semblant d'aimer.

J'avais besoin d'aller loin dans le faux pour être aujourd'hui vraiment dans le vrai.

Concilier dentisterie, hypnose et psychologie

Jérémy — Aujourd'hui, tu es toujours dentiste. Comment tu répartis ton temps ?

Marni — Je suis dentiste, mais pas en cabinet — c'est pour ça que je tiens, je pense. Je travaille dans des écoles, où je suis chargée de prévention et de dépistage. Ça me va très bien. J'y suis deux jours par semaine, parfois trois quand il y a besoin, et le reste du temps je suis hypnothérapeute. Et je ne t'ai donné que ces deux activités, mais évidemment il y en a plein d'autres : en parallèle, pour mon challenge personnel, j'ai repris des études de psychologie à distance. Voilà mes trois principales activités. C'est déjà très compliqué à gérer.

Le besoin de pluridisciplinarité et de sens

Jérémy — D'où te vient ce besoin d'avoir autant d'activités ? C'est une question qui m'intéresse beaucoup, parce que je prône la pluridisciplinarité. Beaucoup de gens s'interdisent des choses en se disant qu'il faut être expert dans un seul domaine.

Marni — Pour moi, c'est clairement ma raison de vivre. J'en discutais en séminaire il y a quelques semaines, on parlait de nos objectifs pour 2026 : le mien, c'est d'ajouter beaucoup de conscience dans mes projets. Parce que j'ai tendance à trop écouter mon inconscient et à faire ce dont il a envie. Parfois, j'oublie même que je me suis lancée dans des projets. Ma rentrée de psychologie, je l'ai oubliée. J'ai reçu un mail et je me suis dit : « Merde, la rentrée ! » Je l'ai loupée, je l'ai rattrapée, mais ça montre bien que j'ai du mal à conscientiser tous mes projets.

Mon cerveau a toujours fonctionné comme ça : beaucoup de choses à gérer, beaucoup d'envies, beaucoup de projets. Le vrai challenge, c'est de faire des projets qui ont du sens tout en m'écoutant, en écoutant mon corps. Parce que là, c'est vraiment trop. Et il faut travailler ses croyances limitantes : si j'avais écouté les gens autour de moi, je serais orthodontiste — j'ai poussé jusqu'à l'ortho — et ça satisferait tout le monde, sauf moi.

Jérémy — Parce que socialement, c'est un symbole de réussite.

Marni — Exactement. Orthodontiste, c'est vraiment l'étiquette qui satisfait beaucoup de monde : le banquier, l'assureur… Mais quand tu commences à raconter que tu fais ça à mi-temps, tu as perdu 90 % des gens.

Jérémy — C'est fou qu'à l'heure de l'IA, il y ait encore autant de personnes qui n'aient pas intégré tous ces nouveaux métiers. On est dans un groupe business ensemble qui est un peu hybride. Moi, j'ai beaucoup de mal avec les groupes business traditionnels : dès que tu sors de la banque, du courtage, de l'industrie, tu es vu comme un ovni. Si tu dis « je fais de la formation, du coaching, je suis aussi youtubeur », les gens trouvent ça bizarre.

Orthodontiste, c'est l'étiquette qui satisfait beaucoup de monde. Mais quand tu racontes que tu fais ça à mi-temps, tu as perdu 90 % des gens.

L'impact de l'enfance et du divorce sur la construction de soi

Jérémy — J'ai une conviction profonde — c'est ma vérité, je ne dis pas que c'est la vérité : tout ce qu'on cherche dans notre vie, qui on est aujourd'hui, est profondément lié à notre histoire. Comment était la Marni enfant ?

Marni — J'étais une enfant très sage, qui rentrait dans les clous, qui ne faisait pas de vagues. Très sensible, mais ni écoutée, ni écoutant moi-même ma sensibilité. J'ai très vite compris qu'il fallait que je rentre dans les cases, que je ne fasse pas trop de bruit et que je fasse ce qu'il fallait faire. Je n'ai manqué de rien, c'était très cool, mais il n'y avait peut-être pas tant d'écoute que ça.

Jérémy — C'est intéressant, parce qu'on s'imagine souvent qu'il faut avoir vécu quelque chose de très douloureux. Moi, je pense au contraire que c'est plus une histoire de ce qui a pu nous manquer dans le regard des autres. Quelles ont été les étapes importantes de ton enfance ?

Marni — La première, c'est clairement le divorce de mes parents. J'avais 12 ans.

Jérémy — Ça a impacté quoi ?

Marni — Ça m'a beaucoup chamboulée. Je fais très souvent l'amalgame, et c'est quelque chose que j'ai encore du mal à corriger : je dis tout le temps « mon divorce ». J'ai bien conscience que ce n'est pas le mien, mais inconsciemment, c'est comme si j'avais divorcé. Je ne m'y attendais pas du tout. Je n'ai pas tout perdu, mais j'ai perdu un équilibre. Je suis l'aînée, donc j'ai tout géré. J'avais 12-13 ans et, d'un coup, j'en ai eu 20. J'ai beaucoup dû gérer mes deux frères parce que ma mère travaillait énormément. Mon père a été directement absent : c'était un divorce vraiment on-off. Il était là le matin, et l'après-midi il n'était plus là. Tout s'est effondré comme un château de cartes.

Et du coup, à l'inverse, je me suis retrouvée dans la rigidité et dans les cases, parce que j'avais besoin de me rassurer énormément. C'est là que j'ai complètement laissé ma créativité de côté, et j'ai suivi un chemin tout tracé. C'était noir ou blanc, oui ou non. C'était simple, ça m'a rassurée. J'étais très, très carrée, presque rigide.

Jérémy — Tu avais des personnes avec qui parler de tout ça ?

Marni — C'était entre la quatrième et la troisième, en pleine scolarité, et je me suis retrouvée assez seule. On m'a emmenée voir un psy, une ou deux fois, ça n'a rien fait. J'en aurais bien eu besoin à ce moment-là, mais voilà. Et non, je ne parlais à personne, puisque je devais porter les choses. C'était à moi qu'on parlait.

J'avais 12-13 ans et, d'un coup, j'en ai eu 20.

Pourquoi aider les adultes à trouver leur vérité ?

Jérémy — Tu penses qu'aujourd'hui, le fait de travailler avec les enfants est lié à ça ?

Marni — Ça s'est présenté comme ça, mais j'ai aussi un vrai feeling avec les enfants, ça m'a toujours plu, même en tant que dentiste au cabinet. J'ai pu avoir ce besoin de sauver ou d'aider, qui aujourd'hui ne résonne plus vraiment en moi. Ce qui résonne davantage avec mon histoire, c'est d'aider en tant qu'hypnothérapeute plutôt qu'en tant que dentiste.

Jérémy — En hypnose, c'est qui, ta patientèle ?

Marni — Pas trop d'enfants, justement, parce que j'essaie de contrebalancer. Ça me plaît beaucoup d'aider les adultes à trouver leur vérité.

Jérémy — Qu'est-ce qui te challenge là-dedans ?

Marni — Tout me challenge, en fait. Mais j'aime beaucoup les personnes qui ont des croyances très limitantes. J'ai l'impression que je vais pouvoir tout détruire en une minute — pas leur prouver, mais leur montrer qu'eux voient le verre comme ça, et que moi je le vois autrement. Que c'est juste un changement de perception, et que c'est plus ouvert que ce qu'ils pensent.

Le danger des faux souvenirs sous hypnose

Marni — Je leur dis toujours : « Je ne changerai jamais votre passé, ce n'est pas le but. » Parce qu'avec l'hypnose, il y a tout ce mythe : « Je ne veux plus m'en souvenir », ou à l'inverse : « Je ne me souviens plus de mon enfance, je veux trop m'en souvenir, faites-moi une séance d'hypnose. » On m'a demandé ça il n'y a pas longtemps.

Jérémy — Ils cherchent quoi, tu penses ?

Marni — Des réponses à leur mal-être. Ils se disent : « Il s'est passé un truc, je ne sais pas quoi, si je le sais, tout ira mieux. » Après, chacun sa façon de travailler, mais ce n'est pas du tout quelque chose avec lequel je suis à l'aise. S'il y a eu une amnésie, c'est pour une raison. Et si ça ne remonte pas, c'est pour une raison. Il faut travailler le mal-être, bien sûr, et je prône de trouver la cause, mais je n'irai pas l'induire.

Jérémy — Je suis d'accord. Dans certaines thérapies, il y a ce truc d'aller absolument trouver le trauma, le réveiller. Parfois c'est nécessaire, parfois ça crée juste de la confusion et un mal-être plus fort. J'ai vu des personnes qui n'allaient pas trop mal commencer à toucher un truc sans en être vraiment sûres, se mettre dans la tête que c'était catastrophique, et ne plus penser qu'à ça. Au final, tu te demandes si ça ne fait pas plus de mal que de bien.

Marni — Le risque, c'est de créer des faux souvenirs. Si l'inconscient a plus de bénéfices à créer un souvenir qu'à ne pas en avoir, il y a un risque qu'il crée quelque chose pour satisfaire tel ou tel besoin. Moi, je préfère aller chercher quel est le besoin : pourquoi avez-vous besoin de savoir ? Qu'est-ce qui se cache derrière ? Comment on peut combler ce besoin ? Parfois, c'est juste apprendre à se connaître. Alors oui, le passé peut donner des réponses, mais on peut peut-être commencer par le présent : qui êtes-vous aujourd'hui ? C'est quoi votre vérité ? Comment vous fonctionnez ?

S'il y a eu une amnésie, c'est pour une raison. Et si ça ne remonte pas, c'est pour une raison.

Se détacher de son passé et de ses traumas

Jérémy — Récemment, j'entendais un psychologue qui expliquait quelque chose qui m'a beaucoup parlé : il disait que c'est plus facile de dépasser un vrai traumatisme — un viol, par exemple — que de dépasser une histoire qu'on se raconte, comme « je n'ai pas été assez aimée ». Parce que le trauma, c'est factuel, c'est violent, tu as envie de t'en détacher. Alors que l'histoire qu'on se raconte depuis tout petit a tellement construit notre environnement et notre identité que s'en séparer devient très difficile : ça sous-entend quitter son identité, remettre en question ses relations, son caractère.

Marni — Le trauma, tu n'en as pas besoin : ça te tombe dessus, tu n'as aucun bénéfice à l'avoir. Et souvent, il y a des flashs assez concrets — la couleur, l'odeur — donc on peut travailler sur ce moment précis. Le problème de l'histoire qu'on se raconte, c'est que tu te définis par elle. J'ai plein de personnes qui viennent et qui me disent : « De toute façon, moi je suis dépressive », « je suis capricieuse ». Ça devient un trait de caractère. Quand tu grattes, tu te rends compte qu'ils ont peut-être vécu une dépression, ou la vivent encore, mais que ça ne les définit pas. Sauf qu'ils se sont tellement mis dans cette catégorie que leur enlever ça est beaucoup plus dangereux que de rester avec cette histoire.

Jérémy — Et en plus, ton mental fait que si tu crois à quelque chose, il t'oriente vers tout ce qui vient le valider. Si tu crois que tu n'es pas aimé, tu vas remarquer toutes les personnes qui te rejettent, toutes les situations où tu te sens mal aimé. Et à l'inverse, si tu te trouves hyper aimé, tu vas voir tous les moments où tu te sens bien.

Marni — J'essaie de leur dire : « Est-ce que vous avez déjà eu une gastro ? — Oui. — Elle est terminée ? — Oui. — Et pourtant, vous ne venez pas me voir en me disant : bonjour, je suis gastro. » Ça leur paraît logique. Je leur dis : c'est pareil. Vous avez peut-être vécu une dépression, vous la vivez peut-être encore, mais vous n'êtes pas dépressive. Et c'est difficile, parce que c'est ancré.

Vous avez peut-être vécu une dépression, mais vous n'êtes pas dépressive.

Conseils pour s'accepter et cultiver la bienveillance

Jérémy — Qu'est-ce que tu conseillerais à quelqu'un qui se dit : « Je ne suis pas définie par ce que j'ai vécu, ni par mes émotions », et qui veut commencer à sortir de ça ?

Marni — Déjà, s'accepter. Quand on se définit ou qu'on essaie d'entrer dans une case, c'est qu'on n'accepte pas qui on est, et on essaie de justifier nos envies ou nos besoins en se cachant derrière une étiquette. Il s'agit d'accepter qui on est, qu'on sache ou qu'on ne sache pas. Il y a peut-être des choses qu'on ne veut pas s'avouer : alors on accepte qu'on n'a pas envie de se les avouer.

Et même si ça aide de rentrer dans des cases — moi-même, je suis bien obligée, je ne peux pas dire « bonjour, je suis Marni », on me demandera qui je suis —, j'accepte d'y rentrer et parfois de ne pas y rentrer. J'accepte d'avoir cette case-là, et cette case-là, et que toute cette pluralité de cases, c'est moi.

Jérémy — C'est essayer de mettre plus de conscience ?

Marni — Avant la conscience, je dirais plus de bienveillance. Plus d'amour, en fait. Parce que quand on essaie de rentrer dans une case, c'est qu'il manque de l'amour de soi.

Jérémy — Est-ce qu'il y a un côté « accepter ses parts d'ombre » aussi ? C'est plus facile d'accepter certains traits de caractère que d'autres.

Marni — Ce qui est très challengeant pour moi, c'est d'accepter que je donne des conseils à 18 h et qu'à 18 h 30, je fasse l'inverse dans ma vie perso. Plus j'accepte de ne pas encore être alignée avec celle que je voudrais être, plus je déculpabilise. La culpabilité, c'est quelque chose qu'on s'est construit pour que l'ego se dise qu'on est quelqu'un de bien : tu t'en vas, mais tu culpabilises, donc tu es quelqu'un de bien. Sauf que tu t'en vas quand même. Si tu as envie de partir, pars.

Et plus j'accepte, plus ça génère des émotions agréables — je ne dis pas positives ou négatives, parce que les émotions sont toujours positives, mais agréables. Je me dis : « OK, tu es comme ça, c'est déjà super cool. » Je suis dans quelque chose de constructif. Alors que si je commence à remarquer tout ce que je ne fais pas et que j'aimerais faire, ça génère de la colère, de la frustration, je me dis que je suis nulle, je pars dans mon ego, et c'est foutu.

Avant la conscience, je dirais plus de bienveillance. Plus d'amour, en fait.

Le chemin vers l'hypnose : De la médecine au bien-être

Jérémy — Pourquoi tu as choisi l'hypnose ?

Marni — Ce n'est pas moi qui ai choisi, c'est l'hypnose qui m'a choisie. J'ai commencé très tôt, à 18 ans, dans le nord de la France, où il devait y avoir un ou deux hypnothérapeutes. Je ne disais même pas que j'en faisais : il n'y avait que ma meilleure amie qui le savait. Pour les gens, c'est de la sorcellerie. Heureusement, elle est très ouverte — c'est sans doute pour ça qu'on est toujours meilleures amies.

On faisait notre première année de médecine ensemble. Moi, j'étais trop stressée, une vraie boule de nerfs ; elle, elle était détendue au possible. Il me fallait quelque chose de miraculeux, un échappatoire. Il me fallait un chaman, ce que tu veux, j'étais prête à aller n'importe où. On m'a parlé de l'hypnose et j'ai été hyper réceptive. Ça me mettait dans une bulle de bien-être, c'était ma bouffée d'air frais. Je me suis dit : « Si l'hypnose fonctionne là, c'est miraculeux, et j'en ferai toute ma vie. »

Et ça a hyper bien fonctionné : je suis arrivée cinquième. Au concours, c'était ma meilleure amie qui était stressée. Moi, je pense qu'en me voyant, tu aurais cru que j'avais pris de la drogue — et je n'en ai jamais pris de ma vie. J'arrivais au concours et c'était le plus beau jour de ma vie. Je rigolais, c'était un jour merveilleux, j'allais faire du shopping. Tu passes un tronc commun et, selon ton classement, tu choisis ta filière ; il y avait 28 places, c'était ça ou rien.

Jérémy — Et ensuite ?

Marni — J'ai continué l'hypnose de temps en temps, quand j'en avais besoin. Ça m'a toujours suivie. Et je l'ai retrouvée en tant que dentiste, sous la forme de l'hypnose médicale.

Jérémy — Nous, on a une pédodontiste pour nos enfants, et elle utilise beaucoup l'hypnose.

Marni — J'en faisais beaucoup au cabinet avec les enfants, et ça me plaisait. Mais les enfants rentrent et sortent très facilement de l'hypnose, donc ça prend beaucoup d'énergie. Et surtout, ce n'est pas l'hypnose que j'aime faire : moi, j'aime l'hypnose avec un attrait thérapeutique. Comme je m'ennuyais en tant que dentiste, je me suis dit que j'allais faire une petite formation d'hypnothérapeute. Je l'ai faite, toute contente, et à la fin la formatrice me dit : « Bon, toi, tu vas ouvrir ton cabinet où ? » Alors que ce n'était pas du tout la question à la base. J'ai répondu : « Je ne sais pas encore. » Et là je me suis dit : « Pourquoi je lui ai répondu ça ? Je ne veux pas du tout l'ouvrir. » C'est mon inconscient qui a répondu plus vite que moi. Et voilà, deux ans après, je suis là.

Ce n'est pas moi qui ai choisi l'hypnose, c'est l'hypnose qui m'a choisie.

Relever le défi des études de psychologie

Jérémy — Et pourquoi la psychologie aujourd'hui ?

Marni — C'est vraiment tout le temps un cheminement, je me laisse guider. Dans six mois, si on refait une interview, je te dirai sûrement autre chose. Je me suis dit que je savais beaucoup de choses sur les dents — même plus que ce que je voudrais savoir, j'ai fait une thèse de recherche — et que c'était dommage. J'ai de l'énergie, je n'ai pas d'enfant aujourd'hui, et j'ai encore tellement de choses à apprendre. Je ne voulais pas regretter plus tard de ne pas m'être formée dans le domaine qui me passionne aujourd'hui.

C'est très challengeant. Ça m'a beaucoup fait rire, parce que j'ai une très bonne amie neuropsychiatre à qui j'ai dit : « C'est hyper dur, il y a des maths ! » Elle m'a répondu : « Toi, tu as l'arrogance du médecin. » Et j'ai dit : oui, en fait. On m'a toujours dit que le plus dur, c'était médecine. Alors psycho, je me disais : détente, tu en as vu d'autres, tu as fait l'ortho, qu'est-ce qui peut t'arrêter ? Ça ne m'arrête pas, mais franchement, ça me fait gravir des montagnes.

Jérémy — Ça demande beaucoup d'investissement. Comment tu gères, avec l'hypnose et les écoles à côté ?

Marni — Quand je fais quelque chose, je veux que ce soit bien fait. Je vais dépasser l'horaire avec un patient s'il y a besoin, contacter son médecin généraliste s'il le faut. Sur le moment, je ne pense jamais au fait que je n'ai pas le temps, je pense à ce qui est mieux pour eux. Mais quand la consultation se termine, je me dis : « Ah merde, il faut que je fasse ça, que je contacte untel, que je lui trouve un psychologue près de chez lui… » Et puis je propose d'envoyer la facture pour la mutuelle. Petit truc par petit truc, ça fait vite une ou deux heures en plus.

Je commence même mes consultations en disant : « Si vous avez besoin de moi, vous m'appelez, vous m'envoyez un message. » Et deux minutes après, mon mental me dit : « Mais pourquoi tu as dit ça ?! » Alors que c'est souvent l'inverse : j'ai eu plein de thérapeutes qui me précisaient bien que c'était uniquement en cas d'urgence. Mais ça sort tout seul. J'ai de la chance, je n'ai pas trop de messages — je touche du bois, enfin, je touche ce que je peux.

Objectifs 2026 : Mettre de la conscience dans ses projets

Marni — C'est tout l'objectif de 2026 : mettre de la conscience. Avant de m'engager dans un projet, il faut que je me rende compte de ce que ça va me coûter, parce que c'est ma vie perso qui en pâtit. Pour la psycho, je suis rentrée directement en L2, j'ai commencé en septembre, passé mes partiels en janvier, et je suis au semestre 2.

Et ça va peut-être te paraître drôle, mais mon objectif n'est pas d'être psychologue en one-to-one. Ce serait plutôt d'être psychologue du travail. Toujours ce côté sortir des cases : quand je le dis, j'aime bien qu'on me réponde « Ah bon ? Bizarre ! » Et à terme, j'aimerais aussi faire des retraites, des séminaires. J'ai déjà organisé des petits repas.

Jérémy — Et mêler plein d'outils, finalement.

Marni — L'hypnose, j'adore, mais ce n'est pas mon seul outil. À mon sens, ce n'est qu'un outil. Je n'ai pas envie qu'on me réduise à « hypnothérapeute ».

Jérémy — Je te comprends tellement. Moi non plus, je ne sais jamais comment me définir. Certains me disent « coach », un autre m'a dit récemment « le psy des entrepreneurs » — et je n'ai pas de diplôme de psychologie. Je fais aussi de la photo. Pour moi, tout ça, c'est aider les gens à mieux se comprendre, et tous les outils sont bénéfiques parce qu'ils apportent quelque chose au bon moment pour la personne. Je crois vraiment que ton histoire, ton vécu, ont beaucoup plus de poids dans ta compréhension du monde qu'on ne veut bien le croire. J'ai fait des études d'urbanisme et, quand j'ai commencé à travailler, j'utilisais peut-être 5 % de ce que j'avais appris. Tout le reste, ce sont des automatismes que tu prends sur le terrain.

L'indépendance et la vision de l'engagement

Jérémy — Tu m'as parlé aussi de l'absence de ton père. C'est une étape importante dans ta construction ?

Marni — C'est compliqué, parce qu'à 12 ans, je me suis construite comme ça. J'ai du mal à mesurer l'impact que ça a pu avoir. J'ai beaucoup travaillé dessus, donc oui, clairement, il y a eu un impact. Ça fait notamment que je suis très indépendante.

Tiens, je vais me marier cet été, et on m'a dit : « C'est drôle qu'une personne comme toi veuille bien se marier. Est-ce que l'engagement ne te fait pas peur ? » Je leur ai répondu que je voulais bien me marier à condition de pouvoir divorcer. Et ça, je l'ai dit à mon futur mari. Le fait de pouvoir divorcer, dans ma tête, c'est me dire : « Tu as une porte, tu es libre. » Et c'est parce que je suis libre que je peux m'engager. C'est contradictoire, mais pour moi c'est très sain : je suis libre à tout moment, donc je m'engage en toute conscience.

Jérémy — Ma pensée profonde, c'est que tout est une question d'équilibre, sauf qu'on ne le voit pas. Les personnes qui ne voient que de la liberté ne se rendent pas compte d'où sont leurs prisons, de l'autre côté. Ça marche toujours par vases communicants.

Marni — Être libre, pour moi, c'est aussi être libre de s'engager. C'est très important d'être libre, mais attention au penchant presque toxique de la liberté, où tu es tellement libre que tu ne construis rien.

Jérémy — Et ça n'existe pas, de toute façon. À partir du moment où tu es sur terre, tu as des responsabilités. Quelqu'un qui cherche une liberté totale se crée peut-être la prison de ne pas avoir de revenus stables.

Marni — À partir du moment où on a besoin de manger, de boire, on n'est pas libre. Donc, m'engager, oui, si je sais ce que ça me coûte et ce que ça m'offre. Ma balance est positive : j'ai plus de bénéfices. Pour moi, s'engager est un acte magnifique, et le mariage est un engagement énorme. J'ai toujours voulu me marier, alors même que j'ai vécu le divorce de mes parents et que je prône la liberté. Mais je prône la liberté en couple : être qui on veut, tout en respectant son couple.

Jérémy — Il y a un exercice que j'ai fait il y a quelques années en couple : lister tous les avantages à se séparer. Ça fait peur à beaucoup de gens autour de moi, mais c'est un super exercice, parce qu'ensuite tu comprends pourquoi tu es avec la personne, et c'est un vrai choix. La liberté, dans ma perception, c'est la liberté de pouvoir choisir. Et choisir, ça ne veut pas dire qu'il n'y a que des trucs chouettes : c'est accepter certaines choses moins chouettes parce que tu sais que ça t'apporte autre chose.

Marni — Ou que tu en as besoin. Moi, parfois, je mange plein de bonbons, je sais que ce n'est pas bien, mais en même temps je suis alignée avec ça, et c'est OK.

Je voulais bien me marier à condition de pouvoir divorcer. Et ça, je l'ai dit à mon futur mari.

Gérer l'absence paternelle et en tirer une force

Jérémy — Il y a d'autres moments importants dans ton parcours ?

Marni — Le manque de mon père, clairement. J'ai été obligée d'être sur mes deux pieds toute seule parce que je n'ai jamais pu compter sur lui. Être présent en étant absent, c'est très compliqué à gérer : tu as l'impression d'avoir un fantôme.

Jérémy — Quand tu dis absent, tu n'avais aucun contact ?

Marni — Non, c'est plus ambigu que ça. C'est comme l'hypnose : tu es là sans être là. Il répond, il est là, tu peux communiquer avec lui, il n'y a pas de dispute. Mais dès que tu demandes de l'aide, non.

J'ai vécu un deuil de la vie de famille, et le deuil d'un père présent au quotidien. Quand tu n'es plus au quotidien, tu ne peux plus juste « faire » : il faut être, il faut communiquer, il faut créer des moments. Et il en était incapable — sans aucun jugement de ma part. C'est lui qui a quitté le foyer, il n'y avait pas de garde alternée. Il était là pour aller chercher à l'école, chercher du pain, c'est vrai. Mais après, qu'est-ce qu'on fait ? Il nous reste quoi ? Rien.

Jérémy — Et ça a créé quoi chez l'adulte que tu es devenue ?

Marni — J'ai été très en colère contre les hommes, ça a été très difficile. Mais je pense que ça m'a donné une force énorme. Quand tu appelles ton père pour avoir de l'aide et qu'il te dit non, tu te dis : « OK, d'accord, je vais me débrouiller toute seule. » Tu n'as pas le choix : il est 23 h, tu es à la porte.

Jérémy — Tu as toujours le choix de te dire « ma vie est horrible ». Je trouve chouette que tu puisses te dire que ça a créé quelque chose de bénéfique. Quelqu'un d'autre, avec la même histoire, aurait pu être démonté et se raconter que sa vie est horrible et que son père n'a jamais été là. Toi, tu es allée voir les bénéfices, ce que ça avait créé chez toi.

Apprendre à voir le positif dans chaque situation

Marni — La chance de ce divorce, c'est que je n'ai pas pu me plaindre. Je n'en avais pas le temps. Ma mère était au bout du rouleau, elle avait plein de salariés à gérer, elle partait de 7 h à 20 h. Il fallait gérer mes frères, gérer tout le reste. Donc, pour survivre, j'ai vu le positif. Je me suis dit : « Le positif, c'est que je vais pouvoir boire du Coca. » Vraiment, je crois que ça a été une de mes premières pensées. Ma mère, elle, acceptait le Coca. Mon père était très strict là-dessus, il me forçait à boire du lait alors que je ne l'ai jamais digéré — ça a été tout un combat pour que je boive des Actimel à la place. Tout ça pour dire que ma première pensée a été : « Au moins, je serai libre. »

Du coup, je n'ai vu que le positif, et je pense que j'ai forgé mon mental comme ça. Sinon je m'écroulais. Parce que si je voyais le négatif — mon père plus là, ma mère qui travaille et qui n'a pas de temps pour nous, une maison en travaux dans laquelle on était posés parce que c'est lui qui devait faire les travaux… Donc oui, pour survivre, j'ai dû voir le positif. Et tant mieux, parce que maintenant je ne vois que le positif, tout le temps. Quand il m'arrive un truc, je dis toujours : « Dieu le rendra. » Mon fiancé me répond : « OK, t'es mignonne, mais là tu as perdu 2 000 balles, c'est quand même pas cool. » C'est vrai, mais moi je vois le positif pour avancer. Au moins, un non, c'est un oui ailleurs.

Jérémy — C'est intéressant, parce qu'il y a un vrai sujet : comment tu décides de voir ta vie. J'ai cette conviction profonde que n'importe quelle situation est neutre, et que tu peux choisir de la voir de manière plus positive, plus négative, ou avec un équilibre — les avantages et les inconvénients de chaque situation. Moi, j'ai eu une grosse opération du cœur. J'aurais pu me dire que c'était horrible ; je suis allé voir quels étaient les avantages à être opéré du cœur, et même quels seraient les avantages si je mourais, pour ma femme, pour mes enfants. Et émotionnellement, j'étais hyper détendu. Je n'ai pris aucun cachet. L'infirmier est venu avec tout le cocktail, les anxiolytiques, le somnifère, et j'ai dit : « Non, je n'en ai pas besoin, c'est OK. » Parce que oui, je voyais tout ce qui pouvait être horrible, je pouvais ne pas me réveiller, mais je voyais aussi qu'il y avait plein d'avantages : la maison est payée, etc. Ça ramène de la sérénité.

Pour survivre, j'ai dû voir le positif. Et tant mieux, parce que maintenant je ne vois que ça.

Vivre ses émotions et faire son deuil

Jérémy — Après, je pense qu'il y a quand même une étape de deuil à faire. C'est important de dire que c'est aussi OK, à un moment, de ne pas être bien.

Marni — Complètement, et ça va dans les deux sens. Il y a des moments où, avant de voir le positif, je ne vois que le négatif, et je vis mon émotion. On m'a déjà posé la question : « Et quelqu'un qui vient avec le deuil d'un enfant, tu fais quoi ? » Là, franchement, il n'y a pas à tergiverser : c'est de la merde, et c'est injuste. Il ne faut pas voir que le positif.

Jérémy — Voilà, ce n'est surtout pas minimiser l'autre aspect. J'ai une amie qui a perdu son fils, il devait avoir deux ans — j'espère qu'on fera un épisode ensemble un jour, on devait le faire et ça ne s'est pas fait. Ce n'est pas du tout à minimiser. Mais tu peux choisir de te construire en ne gardant que les aspects négatifs, ou de ne pas rester dans ce déséquilibre-là. Elle, elle a écrit un livre, et tout ce qu'elle fait aujourd'hui, c'est son moteur. Ce n'est pas renier qu'elle a perdu son enfant, c'est retrouver un équilibre : il y a aussi des choses belles qui se passent avec ça. Mais oui, il faut aller vivre ses émotions, pas les enfouir en se disant « la vie est belle », parce que ce n'est pas le cas.

Marni — J'ai eu une patiente récemment qui m'a dit : « Je ne suis pas bien, et ce n'est pas OK de ne pas être bien. » Je me rends compte que ne pas être bien, c'est inconfortable pour beaucoup de gens. Alors que quand tu listes tout ce qui lui est arrivé l'année d'avant, tu comprends. C'est normal.

Jérémy — Il n'y a même pas à comprendre. Tu te cognes le doigt de pied, tu as mal, tu n'es pas bien, et tu es peut-être passé à autre chose alors qu'en vrai il fallait que tu pleures, que tu sois en colère contre ce coin de meuble.

Marni — Exactement. « Ce qui m'est arrivé n'est pas grave à côté d'untel. » Non : si tu as besoin d'être triste, sois triste. Il n'y a pas à justifier.

Jérémy — Si tu commences à renier des parts de toi, tu renies des morceaux qui te construisent.

Marni — Et parfois, tu vas pleurer pour un truc que tu juges minime. Ce que j'essaie d'aller chercher, c'est : vous pleurez peut-être plus que de raison pour cet événement-là, mais c'est peut-être pour l'événement d'avant, celui pour lequel vous n'avez pas pleuré. À un moment, les émotions doivent sortir. Ceux qui disent qu'ils sont très sensibles devant un film triste et qu'ils pleurent tout le temps, c'est peut-être de la tristesse non évacuée qui trouve là un moyen de sortir.

Jérémy — Parce que tu te l'autorises à ce moment-là. Dans la société, quelqu'un qui pleure, c'est difficile, on n'est pas à l'aise. Moi, j'étais quelqu'un qui ne pleurait jamais, et depuis mon opération du cœur, ça m'arrive beaucoup plus. Je pense que ça a libéré plein de choses.

Marni — Ça a libéré ton cœur. Il y a quelque chose de symbolique.

Jérémy — Ça m'arrive souvent devant des films, dès qu'il y a un acte d'amour. Pas forcément romantique : un acte d'amour sans attente. Quand je sens ça, j'ai les larmes.

Marni — Ce n'est pas toujours de la tristesse, c'est ta sensibilité. Tu trouves ça beau. Et c'est libérateur d'exprimer ses émotions.

Si tu as besoin d'être triste, sois triste. Il n'y a pas à justifier.

La peur de manquer d'amour et le besoin d'harmonie

Jérémy — J'ai une petite fiche avec dix questions. Donne-moi un numéro entre 1 et 10.

Marni — 7.

Jérémy — De quoi as-tu le plus peur de manquer dans ta vie ?

Marni — Je crois que c'est d'amour. Pour moi, c'est vraiment le but de ma vie : ressentir de l'amour, et que les gens puissent en ressentir. L'amour de soi, l'amour des autres. Si je n'arrive plus à sentir l'amour chez les autres — pas forcément pour moi, mais envers eux —, j'ai peur de me sentir vraiment vide. Une de mes plus grandes peurs, c'est qu'il n'y ait plus d'amour autour de moi, de façon globale. Quand je sens des personnes très dans l'ego, ça m'éteint. J'ai un total désintérêt pour ces personnes-là, ça n'a plus de sens.

Jérémy — Tu penses que c'est lié à la séparation de tes parents ?

Marni — J'imagine que c'est lié à ma construction, et à plein d'autres choses, mes rencontres, etc. Mais oui, j'ai peut-être un besoin d'harmonie autour de moi, et de vérité. Si tu es en harmonie avec toi, si tu es dans ta vérité, tu es forcément dans ton cœur. Et c'est sécurisant.

Une de mes plus grandes peurs, c'est qu'il n'y ait plus d'amour autour de moi.

Pourquoi changer de prénom ? Un acte d'identité fort

Jérémy — J'aimerais qu'on parle de ton changement de prénom. Tu ne m'en avais pas dit grand-chose, et ça m'a interpellé, parce que c'est un acte fort. Il y a l'identité, le choix que les parents ont fait, et certains diront même que c'est l'enfant qui choisit son prénom, inconsciemment.

Marni — On me l'a dit : « Ton âme a choisi ton ancien prénom. » Mon ancien prénom, c'était Marie-Sophie. Je leur ai répondu que mon âme avait peut-être aussi choisi d'en changer. Sinon, tu te rattaches encore à un truc et tu ne bouges pas. Pareil, on m'a dit : « Va sous hypnose pour vérifier que tu es OK. » Non, pas du tout. C'était tout à fait aligné.

J'ai changé de prénom pour plusieurs raisons. La première, c'est que Marie-Sophie me catégorisait beaucoup trop. Avec le divorce, j'avais pris les deux noms de famille, par souci de facilité — le livret de famille, les vacances, c'était toute une affaire. Autant dire qu'une fois que tu avais dit tout ça, tu n'allais pas te coucher. C'était comme si j'avais juste donné mon prénom et qu'on avait déjà tout dit sur moi — alors qu'en fait, on n'avait rien dit du tout.

J'en avais hyper marre d'être catégorisée, marre qu'on me traite de bourge. En plus, dans ma famille, ils ont quasiment tous des prénoms composés, la plupart commençant par Marie-quelque-chose. Je ne me reconnaissais pas du tout dans ce prénom. Avec la dentisterie, c'était nickel, il ne me manquait plus que le cabinet. Ça demandait un énorme travail de déconstruction, et c'était très fatiguant : je disais mon prénom et tout commençait, je me justifiais de tout. Parfois ça prenait des mois. C'était lourd, horrible. Ce prénom ne m'a jamais convenu, même dans l'enfance. Je ne l'ai jamais aimé.

Deuxième point, pas des moindres : en prenant conscience de la loyauté familiale transgénérationnelle, j'ai compris qu'il y avait un petit hic avec tous ces « Marie ». Et mon deuxième prénom était celui de ma tante, décédée à 27 ans. Je n'ai aucun problème avec elle — on me dit souvent que je lui ressemble et c'est un honneur pour moi. Mais je n'ai pas envie d'en porter le poids. Elle était malade à 27 ans, elle est décédée à 27 ans ; j'en ai 28, c'est bon. Je sais que ça a stressé ma mère. D'ailleurs, ma mère m'a eue à 27 ans, et elle m'a donné ce deuxième prénom. Je me suis dit qu'on allait peut-être couper ça.

Et surtout, le point principal que mon inconscient m'a fait oublier : ma mère s'appelle Anne-Sophie. On m'a beaucoup trop catégorisée comme ma mère. Dans les hôpitaux, on se trompait, on me mettait sur son dossier — en plus, on est nées toutes les deux dans la même ville. Horrible. Il fallait vraiment que je coupe avec tout ce poids.

C'était comme si j'avais juste donné mon prénom et qu'on avait déjà tout dit sur moi. Alors qu'en fait, on n'avait rien dit du tout.

L'impact du transgénérationnel et du choix du prénom

Jérémy — Pourquoi Marni ? Ce n'est pas commun, c'est la première fois que je l'entends.

Marni — C'est trop drôle, on me dit souvent : « Waouh, c'est trop beau, vos parents ont super bien choisi. » Je réponds merci, ça me fait tellement rire. Les gens me demandent : « C'est quelle origine ? C'est italien ? » Non, ils sont belges et du nord de la France. Ils n'y comprennent rien, et je me dis : super. Ils sont perdus, tout est à construire, et je n'ai rien à déconstruire de ce qu'ils se mettent en tête.

J'ai une liste de prénoms que j'adore, que je construis depuis dix ou quinze ans — c'est la liste des prénoms pour mes enfants. Donc c'est un prénom que j'aurais pu donner à ma fille.

Jérémy — Tu es devenue ton enfant, d'une certaine manière. Tu as fait renaître ton enfant intérieur, symboliquement.

Marni — Exactement. Quand j'ai pris la décision, je suis allée sur ma liste et je me suis dit : « Marni, c'est parfait. »

Pour l'anecdote : je l'ai dit à ma mère d'abord, puis à mon père. Lui m'a répondu : « Ah d'accord, et c'est comment alors ? Marine ? Non. Marion ? Non. Attends, je note. » Et je sais qu'à chaque fois qu'il doit m'envoyer un message, il cherche le message précédent. Mais tout le monde joue le jeu, tout le monde est respectueux. Et ma mère, quand je lui ai dit que j'avais choisi Marni, a rigolé : « Oh là là, mais ce n'est pas un prénom, ça ! Pourquoi tu ne t'appellerais pas… » et elle a commencé à me proposer des prénoms. Je lui ai dit : « Écoute, tu as eu ta chance une fois, elle est finie. Là, tu vas juste dire oui. Anouk, c'est très beau, mais je ne vais pas m'appeler Anouk. »

Jérémy — Je rebondis sur le côté transgénérationnel des prénoms. Mon père fait beaucoup de généalogie, il est passionné. Sur neuf ou dix générations, il y a eu un « Jean-quelque-chose », puis Antoine, puis Jean-quelque-chose, puis Antoine… Mon père, c'est Jean-André. Moi, je suis le premier à déroger, parce que je m'appelle Jérémy — mais mon deuxième prénom est Antoine, et mes deux grands-pères s'appelaient Antoine. Quand notre fils est né, avec ma femme on s'est dit : « Antoine, on adore ! » C'est très inconscient. Et d'un coup, on s'est regardés : « Non, on ne va pas l'appeler Antoine. » On l'a appelé Raphaël, et j'ai l'impression qu'on a vraiment brisé ce truc-là. Cette puissance de l'inconscient familial sur neuf ou dix générations, c'est incroyable.

Marni — Moi, je n'ai plus de deuxième prénom. Et on m'a demandé ce que voulait dire Marni. Je suis allée voir vite fait, et j'ai dit : « C'est un rapport à la mer, M-E-R. » Et là je me suis dit : « Bah merde, je n'ai pas tant brisé le truc que ça ! » C'est un rapport à la mer, l'élément naturel que j'aime beaucoup, et à ma mère, que j'aime beaucoup aussi. Donc inconsciemment…

J'ai vraiment l'impression que certaines choses sont programmées. Un exemple très parlant : avant de rencontrer mon fiancé, j'ai eu quelques copains, et c'étaient tous des Gémeaux. Tous. Ce n'était pas écrit sur leur figure, mais Gémeaux, Gémeaux, Gémeaux. Je me suis dit : « Alors là, le prochain… » Dès mon troisième message, j'ai demandé : « Tu es né quand ? » On ne se parlait même pas encore. Il est Verseau, ouf. Et mon petit inconscient me dit : « Demande quand même l'ascendant. » Je demande son heure de naissance, je vérifie, tout va bien, Verseau ascendant je ne sais plus quoi. Trop contente.

Il me demande en mariage, on organise le mariage, et je reçois l'acte de naissance. « Mais mon gars, tu t'es trompé sur ton heure de naissance ! » Et je sens le truc venir : ascendant Gémeaux. J'ai beau essayer de tout contrôler, si mon inconscient a envie…

Jérémy — Il ne l'a pas fait volontairement, mais tu avais besoin d'entendre ça, sinon tu ne serais peut-être pas avec lui.

Marni — Ah non, non, non. J'étais tellement arc-boutée, je ne voulais plus de Gémeaux, je pense que j'aurais été capable de faire capoter le truc.

Jérémy — Il y a un épisode sorti il y a quelques mois avec une personne qui fait de l'Human Design. Son postulat, c'est que tout est écrit, qu'on n'a même pas de libre arbitre. Moi, j'ai envie de croire qu'on en a. Peut-être que c'est écrit d'une certaine façon, mais qu'on a des libertés de le mettre en œuvre comme on veut. Une amie psychologue, très cartésienne à la base, qui exerce depuis trente-cinq ans, me dit qu'il y a des moments où tu vois des trucs et où tu te dis que ce n'est pas possible.

Marni — Peut-être que mon âme voulait un prénom lié à ma mère, et qu'au final je suis toujours dans le truc.

Jérémy — Et finalement, ce qui est important, c'est : « Et alors ? » On peut s'attacher ou ne pas s'attacher aux choses. L'important, c'est d'avoir le choix : « J'ai envie de changer de prénom. Ah, c'est quand même attaché à ma mère, OK, mais au moins j'ai l'impression de l'avoir choisi, d'avoir construit mon identité. » Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise décision, et pas besoin de justifier.

Marni — Et je sais que ça gêne les très cartésiens, de ne pas justifier.

Jérémy — Comment ça se passe administrativement ?

Marni — Tu fais une demande à la mairie. Il y a une sorte d'enquête : pourquoi tu veux changer de prénom, vérifier que tu n'as pas d'antécédents, que tu ne cherches pas à falsifier ton identité. Ça prend des mois, il faut des justificatifs, des attestations. Pour moi, ce n'était pas compliqué : Marie-Sophie, Anne-Sophie… ils n'ont pas trop cherché à comprendre, ils ont vu que c'était pénible. Je leur ai expliqué qu'au quotidien on se trompait vraiment, que des gens m'appelaient au lieu d'appeler ma mère, que leurs répertoires faisaient des amalgames, qu'on m'appelait Anne-Sophie. Je n'avais plus d'identité. Même des gens qui ne connaissaient pas ma mère : je disais « Marie-Sophie », ils m'appelaient Anne-Sophie. C'est inconscient. Et au pire, je me suis trompée. Et alors ? Ça devait se passer comme ça.

L'ouverture comme qualité développée face aux épreuves

Jérémy — J'ai une deuxième fiche. La première portait plutôt sur les manques, les vides, les blessures ; celle-ci porte sur tes forces, tes valeurs, ta singularité. Donne-moi un numéro entre 1 et 10.

Marni — 4.

Jérémy — Quelle qualité as-tu développée grâce à une difficulté que tu as vécue ?

Marni — Je pense que c'est l'ouverture. Quand je me suis rendu compte que je ne pouvais plus continuer sans m'écouter, et que je me suis écoutée, j'ai dû m'ouvrir à tout ce qui était possible : aux façons de penser, aux façons d'être. Maintenant, je suis assez ouverte sur tout.

Trouver son équilibre grâce à la nature et au calme

Jérémy — J'aimerais qu'on parle de la Marni qui a rencontré son amoureux et qui est partie dans cette nouvelle vie.

Marni — J'ai changé de prénom en déménageant dans le sud. Je me suis dit : « J'arrive, personne ne me connaît sous Marie-Sophie, nickel, j'y vais. » Dans le sud, on m'appelle Marni. Dans le nord, ma famille galère parfois — je n'ai pas choisi un prénom courant comme Alice ou Léa. Elles n'y comprennent plus rien, les pauvres. Mais ça me fait trop rire.

Jérémy — Et c'est là-bas que tu as rencontré ton fiancé ?

Marni — Non, je l'ai rencontré à Paris, on a déménagé ensemble.

Jérémy — Qu'est-ce que tu as trouvé dans le sud qui a comblé tes besoins ?

Marni — La nature. Le calme. Et moi. Parce que j'ai pris beaucoup de distance avec ce que j'avais construit. Mettre de la distance physique, il n'y a pas à dire, ça aide. Je vois beaucoup moins ma famille du côté maternel, ils sont tous dans le nord, on est originaires d'Amiens. Ici, il n'y a que ma mère et un de mes frères, un cercle très restreint. Le projet de ma mère de venir près d'Aix était antérieur au nôtre, mais comme elle faisait construire, elle est arrivée après. Nous, on voulait partir de Paris tout en gardant quelque chose de facilement accessible depuis Paris — parce que je donne aussi des cours là-bas.

Jérémy — Ah, ça, tu ne me l'avais pas dit.

Marni — Je donne des cours et je suis tutrice en licence de sciences de l'éducation. Mais ça, c'est un peu pour le kiff.

Jérémy — Qu'est-ce que ça nourrit chez toi, tout ça ? Est-ce que tu as une valeur « apprentissage et transmission » très haute ?

Marni — Transmettre, ça me plaît. Mais surtout, c'est une question de vie ou de mort pour mon cerveau. J'ai été diagnostiquée TDAH il n'y a pas très longtemps : ça m'a permis de mettre des mots, c'est tout, je fonctionnais déjà comme ça. Mon cerveau ne peut pas se concentrer très longtemps sur une même tâche. Quand j'apprends mes cours de psycho, j'en ai quatre en même temps : je fais une partie du premier, une partie du deuxième, du troisième, du quatrième, et je tourne. Parfois je fais un paragraphe et je me dis : « Oh non, quel cours de merde », et je change.

Toutes mes activités me plaisent. Mais si tu me dis que je ne ferai que celle-ci toute ma vie, pour moi c'est la mort. Si tu me dis que je peux faire un peu des quatre, tout va bien. Cela dit, quatre, c'est peut-être trop en ce moment, parce que la psycho me prend beaucoup de temps — le tutorat va sûrement diminuer.

Jérémy — Moi, dans l'accompagnement, je me demande souvent quel est le besoin à combler.

Marni — Tu as raison. Pour moi, c'est vital : s'il n'y a pas de projet, pas de stimulation, pas de choses qui changent. Au cabinet, je limite volontairement le nombre de séances par jour pour rester présente avec mes patients. Les nouvelles consultations me stimulent de ouf. Et j'ai cette envie, ce besoin de transmettre et d'accompagner. Mais il faut peut-être changer la forme à chaque fois pour que je reste performante.

Jérémy — Ou voir sous quelle autre forme tu peux aider la personne. Pendant longtemps, je ne voulais pas faire d'accompagnements longs : deux ou trois sessions de coaching, bim, un vrai avant-après. Sur les transformations longues, ce n'est pas qu'il ne se passe rien, mais c'était moins stimulant. Alors je suis allé voir de quelle manière ça permettait d'ancrer les choses, comment des trucs subtils se débloquent au fil des semaines. J'ai déplacé l'intérêt. Et aujourd'hui — je suis plein de contradictions — je ne fais plus d'accompagnements courts.

Marni — Moi non plus, je ne travaille pas comme ça. On pourrait partir sur le symptôme, mais je n'en suis pas partisane, parce que la transformation prend du temps. Mes accompagnements sont souvent moyennement longs à très longs.

Jérémy — À chaque fois que j'ai fait de l'hypnose, c'était cinq à sept séances.

Marni — C'est à peu près ça. Après, il y a des gens qui reviennent tous les deux, trois, quatre mois, juste pour discuter, entretenir. Le long terme, je trouve ça hyper gratifiant, au contraire. Sinon, j'aurais l'impression d'être restée en surface — et pour moi, la surface, ce n'est pas la vérité.

Jérémy — Tu vois des changements installés. Ça bouge à des endroits où la personne n'aurait jamais imaginé que ça puisse bouger.

Marni — Exactement, et ça, c'est waouh. Je le perçois rarement comme un déclic, ce n'est pas si brutal. Mais je leur relis parfois ce qu'ils m'ont dit à la première séance : « Vous savez, il y avait ça, ça et ça. Comment ça va aujourd'hui ? » Et là, on se rend compte ensemble que ça a changé. Parfois, à la troisième ou quatrième séance, ils me disent des trucs et je me dis : « Mais vous ne me l'avez jamais dit, ça ! » Et c'est le B.A.-BA. Comme moi avec le prénom : « Ah oui, ma mère s'appelle Anne-Sophie », je te le dis à la fin. Eux, c'est pareil. Il fallait quatre séances pour que ça sorte, et là tu te dis : « OK, on est dans le truc. » Avant, tu rôdes autour de l'endroit, mais tu sens que tu n'y es pas encore.

Si tu me dis que je ne ferai que cette activité toute ma vie, pour moi c'est la mort.

Se sentir vivante : La renaissance par le changement

Jérémy — Retour à la fiche. Un chiffre entre 1 et 10 ?

Marni — 5.

Jérémy — À quel moment de ta vie t'es-tu sentie la plus vivante ?

Marni — Très belle question. Ça aurait été plus facile à l'envers : à quel moment je me sens le moins vivante… Je pense que c'est quand j'ai changé de prénom. C'était vraiment une renaissance. À chaque fois que je dis que je m'appelle Marni, je me sens vivante. C'est une consécration.

Jérémy — Pourquoi ?

Marni — Parce que j'ai l'impression que ça me correspond vraiment. C'est vraiment moi. Une fois que j'ai dit ça, je peux tracer ma route, j'ai tout dit. C'est mon image, pas besoin de rajouter quoi que ce soit, c'est parfait.

Quand j'ai changé de prénom, c'était vraiment une renaissance.

L'importance de ne pas être prévisible

Jérémy — Tu me dis « ça me correspond parce que personne ne comprend ». Est-ce que c'est important pour toi que les gens ne te catégorisent pas, que tu gardes une part de mystère ?

Marni — Très important. Le fait qu'ils ne comprennent pas m'amuse énormément — c'est mon côté enfantin. Moins ils comprennent, plus je rigole. J'adore les dérouter, j'adore quand les gens me regardent comme un ovni. Je me dis : « Super, là il est vraiment perdu. » Et souvent, j'aime bien provoquer un peu, dans la subtilité, dire des choses auxquelles on ne s'attendait pas. Je me dis : « C'est bon, je leur donne à manger pour trois heures. »

Et on revient à la liberté : s'ils ne me comprennent pas, ils ne peuvent pas projeter des choses sur moi. Ils se disent : « Elle est imprévisible, aujourd'hui elle fait ça, demain autre chose. » Du coup, ils me laissent tranquille. Je n'ai pas de chemin tracé, donc laissez-moi tranquille.

Jérémy — C'est énorme, parce que j'ai vu des personnes qui cherchaient au contraire à être comprises au maximum, parce que ça les sécurisait.

Marni — Moi, c'est l'inverse : tu ne projettes rien sur moi, tu n'attends rien de moi. Tu m'as catégorisée comme incompréhensible ? Très bien. Comme ça, demain, tu ne viendras pas me faire de reproches. Rien qu'avec mon fiancé : quand on fait des projets à deux et que je le vois ruminer, il me parle de chiffres, et je lui dis que je lui fais confiance, que pour moi c'est bon, ça passe. Il me répond : « Mais tu n'en sais rien, tu n'as pas regardé. » Je lui dis : « Si tu viens avec moi, c'est que ça passe. » Pour moi, c'est ça, la liberté.

Je n'ai pas de chemin tracé, donc laissez-moi tranquille.

Vision à 10 ans : Maternité, stabilité et ancrage

Jérémy — Tu te vois où dans dix ans ? Je te pose la question parce que ça peut être challengeant, avec ton refus d'être définie.

Marni — J'ai quand même des objectifs assez ancrés. Déjà, je me vois mère, ça c'est clair.

Jérémy — Comme ton prénom, du coup.

Marni — Oui. Je ferai très attention au prénom de mes enfants — ce serait un beau pied de nez qu'ils en changent. Je pense que je vais avoir des enfants challengeants : j'ai déjà une chienne golden, censée être la race la plus facile et la moins têtue de la Terre. Elle n'a rien à faire de ce que je lui dis, elle décide elle-même. Je pense que j'ai eu la plus têtue. Je la cherche pendant quinze minutes dans le jardin alors que je dois partir, et elle ne répond pas.

Donc, dans dix ans : je me vois mère, toujours dans le sud, toujours mariée. Je me vois très entourée — plus d'amis, en fait, parce qu'aujourd'hui je me construis avec un cercle restreint. Très en contact. Je me vois en pleine santé. Et j'aimerais avoir des projets plus gros, mais moins nombreux.

Jérémy — Qu'est-ce que tu entends par « plus gros » ? Parce que quand on t'écoute, on en voit déjà trente. Plus ambitieux ?

Marni — Plus engageants. Demain, si je veux, j'arrête dentiste, je stoppe les consultations — il me faudrait quelques mois pour finir les accompagnements. Dans quatre mois, je peux partir à l'étranger. Mon vrai challenge, et c'est aussi pour ça que j'aime l'immobilier, c'est de m'ancrer, de voir ce que je construis. Dans dix ans, ce serait d'être OK avec un gros projet que je ne peux pas quitter demain, qui me corresponde, dans lequel je sois heureuse et qui dure longtemps. J'aimerais pouvoir dire : « Ça fait six ans que je fais ça. » Et que ça me convienne. Et oui, parfois, m'ennuyer.

Jérémy — Pourquoi tu te souhaites ça, alors que ça peut aller à l'encontre de ton fonctionnement ?

Marni — Parce que j'ai envie de trouver cette liberté dans la stabilité, dans quelque chose de concret qui dure. Et parce que je suis très fatiguée. J'ai envie d'avoir du temps pour mes enfants, du temps pour ne rien faire, du temps pour moi. Donc il va falloir que je m'ancre plus et que, au lieu d'avoir plein de sources de revenus moyennes, je mise sur une grosse.

Jérémy — Ça correspond aussi à des phases de vie. Quand je me suis lancé à mon compte, j'avais 27-28 ans, j'étais urbaniste avant, j'avais une énergie débordante et pas d'enfants. Tu fais forcément les choses différemment qu'à 40 ans, avec une maison et des enfants. L'étape « enfant », en tout cas comme je l'ai vécue, c'est le moment où tu n'es plus juste toi avec toi-même : il y a un petit être qui n'a rien demandé et qui a besoin de toi pour subvenir à ses besoins. Ça change pas mal la perception des choses.

Marni — Si j'ai un enfant, je ne dirai plus « si je veux, demain, je fais ça ». J'ai cette responsabilité, et mon histoire fait que j'ai conscience de ce dont j'ai besoin. J'ai envie qu'il grandisse dans tel environnement. Mes décisions sont rarement prises à la légère.

Oser être soi-même : Une philosophie de vie

Jérémy — Est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais partager aux personnes qui nous écoutent ?

Marni — C'est ce que je dis au quotidien, mais c'est hyper important : oser être soi-même. Et il n'y a pas de bon ou de mauvais moment.

Jérémy — Il y a la citation d'Oscar Wilde : « Soyez vous-même, les autres sont déjà pris. »

Marni — C'est exactement ça. Pour moi, il n'y a pas de bon ou de mauvais moment : si ça arrive là, c'est le bon moment. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise personne. C'est une question de choix. On n'a pas toujours le choix de ce qui arrive, mais on a toujours le choix de décider comment on le voit. Et ce n'est pas juste dire « c'est facile, tout va bien » : c'est aussi pouvoir dire « là, c'est la merde, et j'ai sûrement besoin que ce soit la merde, je dois le vivre comme ça ».

Jérémy — C'est important de le préciser, parce que j'ai eu des discussions houleuses là-dessus, même en famille. Tu ne choisis pas nécessairement ce qui t'arrive : quelqu'un te rentre dedans en voiture, c'est factuel. Mais tu peux prendre conscience du choix de comment tu perçois les choses et comment tu y réagis.

Marni — Quand on apporte de la compréhension, on se dit : « J'ai vécu ça, et ça m'a apporté ça. » C'est peut-être une vision de l'esprit, parce que l'esprit se dit toujours que c'était bien comme ça. Mais majoritairement, les gens finissent par dire : « Finalement, c'est bien comme ça, ça devait se passer comme ça, ça m'a aidé. » C'est un choix de le voir comme ça. Parce qu'il y en a qui disent : « À partir de ce moment-là, tout a été la merde, tout est détruit depuis. » S'attacher à ça, c'est aussi un choix.

Soyez vous-même : il n'y a pas de bon ou de mauvais moment, si ça arrive là, c'est le bon.

Identifier les bénéfices secondaires de nos situations

Marni — Et il y a des bénéfices secondaires, il faut en avoir conscience. Si tu restes dans une situation qui ne te convient pas, cherche pourquoi tu y restes, quels sont tes bénéfices. C'est dur. Toi tu demandes quels sont les avantages à se séparer ; moi je demande : quels sont les avantages à être malade ?

Jérémy — C'est ce que j'ai fait pour mon cœur, et ça change tout.

Marni — Parce que quand tu es malade, on prend soin de toi. Tu as peut-être une aide, une allocation…

Jérémy — Et pour rebondir sur « accepter les aspects négatifs » : j'étais beaucoup dans la critique des personnes qui se posaient en victimes. Très, très critique. Et je me suis rendu compte, avec l'opération, que je rejetais ça parce que moi, je ne m'autorisais pas à me poser en victime. Après l'opération, dire « j'ai besoin d'aide », « non, ça ne va pas », m'a permis de réintégrer cette part en moi, que je ne voyais pas sur plein d'autres aspects. Ça fait du bien, parce que tu rééquilibres les choses : tu n'es plus dans la confrontation aux autres, tu es dans la connaissance de toi, ce qui est beaucoup plus sain.

Marni — Quand on critique les gens, la vraie question, c'est : qu'est-ce que ça dit de moi ? Et souvent, plus tu critiques, plus tu es autocritique avec toi-même. La victimisation, c'est dur à supporter pour les gens qui avancent toujours — ça veut dire qu'ils ne s'autorisent pas à mal faire, ni à demander de l'aide. Moi, je suis OK avec la victimisation temporaire. Quand ça dure trente ans, là je ne suis plus OK, et je me demande ce que ça nourrit chez la personne. Tout est une question d'équilibre et de dosage : tous les comportements sont sains jusqu'à un certain point. C'est toujours la valeur et la contre-valeur.

Jérémy — Et quand on rejette la victimisation, la question devient : est-ce que moi, je m'écoute ? Est-ce que j'écoute mes besoins ? Est-ce que je demande de l'aide quand j'en ai besoin ? Souvent, non : on est trop dans « il faut se débrouiller tout seul ». Alors qu'on a des besoins, comme tout le monde.

Si tu restes dans une situation qui ne te convient pas, cherche pourquoi tu y restes, quels sont tes bénéfices.

Définition de l'origine : Revenir à la source

Jérémy — Le podcast s'appelle Origines. Qu'est-ce que ça t'évoque ?

Marni — C'est la source. C'est revenir à qui on est vraiment. Notre naissance, d'ailleurs. Parfois, quand on me dit « moi, je suis râleur », je réponds : « Quand vous étiez dans le berceau, vous râliez aussi ? Vous avez déjà vu un bébé râler ? » Non : il pleure, il a faim, il a besoin de quelque chose, mais est-ce qu'il râle, est-ce qu'il est bougon ? À l'origine, quand on naît, on n'est pas toutes les étiquettes qu'on se colle aujourd'hui. On est juste issu de la source — après, chacun sa source, ça peut être très médical ou très spirituel, peu importe.

À l'origine, on n'est qu'amour en soi.

Spiritualité, karma et écoute des signes

Jérémy — Tu m'avais dit que dans ce qui compte pour toi, il y avait la liberté, la créativité et la spiritualité. Quelle place prend-elle dans ta vie ?

Marni — Elle fait partie de moi sans que je m'en rende toujours compte. J'ai toujours eu cette spiritualité, qui s'est beaucoup développée avec le divorce — besoin de réponses, besoin de réconfort, je ne sais pas. J'ai la croyance que je n'ai pas à aller punir les gens, qu'on aura tous ce qu'on mérite. Une forme de karma. Et je crois qu'il y a un destin, des signes, des symboles, des aides.

Ça va avec le fait de voir toujours le positif : quand je tombe, je me demande quel est le message. Quand j'ai signé dans mon dernier cabinet dentaire, je suis sortie avec mon contrat signé, il y avait une marche : je suis tombée. Je savais. Je savais très bien. J'y suis allée consciemment en me disant : « Je sais que je fais une connerie, mais je n'ai pas les couilles de dire que je viens de signer et que finalement non. » Je n'avais pas de raison à donner, et je ne me voyais pas leur dire : « Je me suis cassé la figure, c'est un signe. » J'avais juste une belle égratignure.

Jérémy — Alors que tu le savais au fond de toi.

Marni — Je le savais, mais je ne le savais pas. J'ai dit à mon copain : « Qu'est-ce que je vais leur dire ? Que je suis tombée ? Ils vont me dire que je suis tarée. »

Jérémy — C'est ça aussi : derrière ce qu'on qualifie de spiritualité ou de signes, il y a toute cette part inconsciente de nous qui agit pour nous envoyer des petits messages. Le problème, c'est que l'ego revient ensuite avec ses « blablabla ».

Marni — Ce matin, sur la route, j'étais au téléphone avec ma mère et elle me disait : « Dans mon corps, j'ai senti direct, j'ai su, c'est non. Mais bon, en même temps… » Je l'ai arrêtée : « Stop. Il n'y a pas de justification. Pour toi, c'est non, c'est non. » Et là son mental repartait : « Mais tu sais, en même temps, lui, et peut-être que c'est moi… » Stop. Non, c'est non.

Après, encore une fois : à 9 h je dis ça, et à 9 h 30 je vais signer mon contrat en me disant que je ne peux pas expliquer que je suis tombée. J'ai fait le pour et le contre, je me suis dit que j'avais besoin d'argent. Je ne suis pas restée longtemps — de toute façon, je savais déjà qu'il ne fallait pas y aller.

Le corps comme boussole : Exercice pour prendre des décisions

Jérémy — Quel rapport as-tu au corps ? Parce que l'hypnose et la psychologie, ça a un côté très « tête ». Et pourtant, j'ai l'impression que la conscience du corps est importante pour toi.

Marni — Dans ma pratique, je prends vraiment en charge globalement. Les maladies, pour moi, ont une signification, un message. Quand on libère des émotions, même sous hypnose, le corps réagit. On dit que la tristesse, c'est les poumons : ce n'est pas rare que des patients quittent le cabinet après une séance sur la tristesse et qu'ils se mettent à tousser. Je leur dis : c'est normal.

Le corps est hyper important, c'est une boussole. Et c'est un vrai travail pour moi, parce que j'ai tendance à être très cérébrale.

Jérémy — Je ne veux pas opposer les choses non plus. Beaucoup de gens opposent le mental et le physique ; moi je n'y crois pas du tout, parce qu'il suffit de penser à un truc dans ta tête pour le vivre physiquement.

Marni — Pour moi, c'est un tout. Ayant été très cérébrale, j'essaie vraiment d'être dans mon corps, avec une routine chaque semaine — ce qui est très compliqué pour moi. On me dit « tous les lundis, tu vas là », et j'ai envie de me dire « et si je n'y allais pas ? ». Mais j'ai une carte et je prends toujours le même créneau, et je décide chaque semaine d'y aller.

Ton corps sait bien plus que toi. C'est la plus grande des richesses. Le mental essaiera toujours de dire autre chose, mais le corps, lui, il sait.

Jérémy — Tu as un exercice pour ça ?

Marni — Oui, un exercice que je conseille beaucoup. Quand tu hésites entre deux décisions, tu prends deux papiers et tu écris chaque option : « je vais au golf » ou « je fais une sieste ». Tu plies les papiers pour qu'ils ne soient pas reconnaissables, tu les mélanges, tu les poses par terre. Tu te centres au milieu, tu prends une profonde inspiration, tu es neutre. Puis tu vas sur le papier de gauche et tu ressens. Il faut être très rapide, parce que le mental va vite revenir dire « non, non ».

Je conseille de noter de 1 à 10, parce que si tu commences à chercher les mots, tu repasses par le mental. 1, c'est de la merde, vous ne vous sentez pas bien ; 10, c'est le Graal, la plénitude. Tu reviens au centre, tu recommences avec l'autre papier. Et là tu te dis : « Celui-là, c'est 3 ; celui-là, c'était 6. » Très souvent, c'est très parlant. Ensuite, tu prends la décision en conscience, en sachant que ce n'est peut-être pas aligné.

Jérémy — Ça me fait rire, j'ai déjà fait ça pour définir mes tarifs.

Marni — Exactement. Tu peux ne pas te sentir à l'aise et te sentir fière en même temps. Au moins, tu sais ce qui se passe à l'intérieur de toi, et quand tu décides, tu sais si c'est ton mental qui parle ou pas.

Jérémy — J'en utilise un autre en coaching : la personne hésite entre deux chemins — elle le fait, elle ne le fait pas. J'écris à l'avance, et je lui demande de dire 0 ou 1. Peu importe si ça tombe juste ou non : ce qui compte, c'est ce que ça lui procure. Si ça tombe sur « aller dans cette direction » et qu'elle se dit « ah non, je n'ai pas envie », c'est un bon indicateur que c'est l'autre. Et si elle est soulagée, c'est la bonne.

Marni — Au fond, tu sais déjà ce que tu veux que ça tombe. De toute façon, quand tu en arrives là, c'est qu'il y a un conflit entre le mental et le corps. Sinon, tu ne te poserais pas la question.

Ton corps sait bien plus que toi. C'est la plus grande des richesses.

Où retrouver Marni Lecoustre ?

Jérémy — Merci beaucoup, Marni. Les personnes qui veulent te retrouver, échanger avec toi, peut-être participer à ton futur gros projet, elles peuvent aller où ?

Marni — Sur Instagram, marnistudio.hypnose. Et sur Resalib, tant qu'il est ouvert, pour les séances.

Jérémy — Je mettrai les liens dans la description du podcast.

Marni — C'est vrai que je ne prends pas beaucoup de séances. J'en fais aussi à distance, donc si jamais…

Jérémy — Merci beaucoup.

Marni — Merci à toi. À bientôt.