ORIGINE

J'ai testé le jeu qui brise les tabous dans le couple (VÜ)

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Le Laboratoire Origine

Un accompagnement collectif de 3 mois

Pour comprendre ce qui te freine, retrouver une vision claire de ce qui est juste pour toi, et repartir avec une méthode que tu pourras réutiliser toute ta vie.

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Comment transformer nos relations grâce à la puissance des questions ? 🎙️ Dans cet épisode du podcast "Origine", je reçois Nadège et Louisa, les créatrices de Nous Vü, une web-app révolutionnaire dédiée à l'introspection et à la communication profonde.


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ORIGINE : c'est ma méthode pour comprendre ce qui te bloque profondément et (re)mettre ta singularité au cœur de ton activité (et de tous tes domaines de vie).


Nadège et Louisa partagent leur parcours, de leur rencontre à distance jusqu’à la création de ce projet né de leur propre histoire de couple. On explore ensemble comment cet outil permet de lever les masques, de désacraliser les discussions difficiles et de redécouvrir l’autre, que ce soit en couple, entre amis ou même en solo.


Au programme de cet épisode :

- L'origine et la genèse du projet Nous Vü.

- Pourquoi la qualité de nos vies dépend de la qualité de nos questions.

- Entreprendre en couple : défis, alignement et communication.

- Le pouvoir de la vulnérabilité pour créer une intimité émotionnelle réelle.

- Session de questions "en direct" avec les cartes du jeu.

- Une discussion passionnante sur l’art de se sentir "vu" et écouté dans un monde qui va souvent trop vite.



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👤 À propos de moi

Je m’appelle Jérémy Guillaume et je crois profondément qu'un changement durable n’est possible que dans l’amour de ce que tu es et de ce que tu as été.

Et c'est exactement pour ça que j'aide les entrepreneurs à se reconnecter à leur cœur et à leur singularité en identifiant clairement leurs valeurs et leurs blessures dans le but de se créer un business parfaitement aligné.

On bosses sur la stratégie, sur l'acquisition, la conversion, la délivrabilité, le marketing, la communication, mais toujours avec une approche basée sur la rechercher des causes plus profondes des blocages existants.

Si t'es pas prêt à une introspection profonde, ce n'est clairement pas pour toi.


Viens échanger sur https://www.instagram.com/jeremyguillaume/ et direction www.jeremyguillaume.fr pour bosser ensemble.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Le texte complet de cet épisode, reformaté

Introduction au Projet Vü

Jérémy — Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Origine. Aujourd'hui, je suis avec Nadège et Louisa, et je suis très heureux d'enregistrer cet épisode. On se connaît bien, les filles. Comment vous allez ?

Louisa — Très bien, très enthousiaste d'être ici.

Jérémy — C'est un épisode qui va être un peu différent de d'habitude. Déjà parce qu'on est trois — c'est la première fois — et parce qu'on va parler d'un projet que vous avez créé toutes les deux : le projet Vü. Le podcast est dédié à l'introspection et au business, et ce que je trouvais beau dans votre projet, c'est votre association à toutes les deux pour créer ce business, ce projet. Et en même temps le côté introspectif, parce que c'est un jeu qui est très, très introspectif : on peut se poser des questions assez profondes sur soi, sur tous les domaines de vie. J'avais vraiment envie de mettre ça en avant. Pour commencer, est-ce que vous pouvez nous dire qui vous êtes, d'où vous sortez, pourquoi vous êtes là aujourd'hui ?

Nadège — Moi, c'est Nadège. Pourquoi je suis là aujourd'hui ? Je pense parce qu'on s'est connus à une époque, on a travaillé ensemble, tu étais mon coach pendant un moment, et toi tu m'as appris la photo, en particulier le portrait et la photo de nuit. On s'est un peu mentorés tous les deux, sur deux choses différentes. Et comment je me présenterais ? Je dirais que j'adore l'humain, la psychologie humaine, la poésie, la lumière. Ce que j'aime le plus faire au monde, c'est aider les gens à vraiment capter ce qui les anime profondément et à oser le mettre en pratique dans la matière, oser suivre cette voie-là. Aujourd'hui, c'est grâce au coaching et à la photo, et peut-être plus tard avec d'autres médiums, le chant ou que sais-je. Dans le passé, je l'ai fait via la kinésithérapie et le tatouage.

Jérémy — Trop bien. Et toi, Louisa ?

Louisa — Moi, c'est Louisa. On est deux amoureuses, c'est quelque chose qu'on n'a pas précisé.

Jérémy — C'est vrai, c'est important de le dire. Je pense que ça fait partie de l'essence du projet.

Louisa — Je suis là aussi parce que, par effet domino, je te connais maintenant, Jérem, et j'ai eu la chance de te croiser. Je suis une grande passionnée de l'humain depuis très longtemps. J'arrive du monde de la psychologie et de la vente, et à un moment donné j'ai eu la chance de rassembler les deux, puis de découvrir un peu plus le développement personnel et l'entrepreneuriat. Ça fait bientôt une petite dizaine d'années que j'entreprends en ligne et que j'accompagne beaucoup d'entrepreneurs, de dirigeants, de cadres, à voir les choses qu'ils n'arrivent pas à voir par eux-mêmes, et à se connecter un peu plus à ce qui est important pour eux et à le mettre dans la réalité, dans la matière, au quotidien.

Jérémy — On voit déjà les prémices du projet, j'ai l'impression.

Les origines et motivations des intervenantes

Jérémy — Pour rentrer dans le vif, j'ai toujours une question que je pose à mes invités : qu'est-ce qui te rend unique selon toi ? Là, je peux vous la poser individuellement, ou sur le projet : qu'est-ce qui rend votre projet unique ?

Nadège — J'ai presque envie de répondre pour toi.

Louisa — Vas-y, on se fait une réponse croisée.

Nadège — J'ai l'impression que ce qui rend Louisa unique, c'est sa capacité à voir au-delà des choses et des gens, à voir plus grand que ce que les gens voient d'eux-mêmes, et à leur permettre d'ouvrir leur perspective et d'aller dans des voies qu'ils n'avaient pas envisagées.

Louisa — Oui, je pense que ça parle assez bien de moi : voir des systémiques, des fonctionnements qu'on ne voit pas d'office, et se raconter une autre histoire dessus. À ton sujet, je pense que Nadège a un super pouvoir : sublimer les gens, les choses, la nature, tout ce qui l'entoure. Elle voit le beau direct chez les gens. Elle ne voit pas que le beau, mais elle voit tout de suite le beau, en tout cas chez les gens et chez les choses. Et elle est capable de vraiment sublimer les choses, de son regard et de son âme.

Jérémy — C'est trop beau, j'adore. Je suis trop content d'être avec vous. Du coup, pour le projet Vü, peut-être avant de dire ce qui le rend unique : c'est quoi ? Parce que les personnes qui nous écoutent et qui ne connaissent pas doivent se dire « c'est quoi ce truc ? ».

Louisa — Vü, c'est une web app, un jeu en ligne de questions, notamment introspectives, mais aussi pour s'accompagner à découvrir l'autre. Et ce qui le rend unique, c'est que c'est notre histoire : c'est vraiment comme ça qu'on s'est rencontrées, en se posant des questions à distance.

Pour nous, la qualité de notre vie dépend de la qualité de nos relations. Et la qualité de nos relations dépend de la qualité des questions qu'on se pose dans ces relations : la relation à nous-mêmes, la relation aux autres.

Louisa — Des questions de qualité, aujourd'hui, tu peux y avoir accès facilement : avec un coach, avec des jeux papier, avec l'IA. Ce qui rend Vü unique, je crois, c'est qu'on a pris tous les défauts de ce qu'on pouvait voir ailleurs. Les cartes papier, par exemple : tu vas au resto, tu ne les as pas prises. Eh bien on a fait un jeu en ligne. Le fait que ce soit introspectif alors que tu as envie d'y jouer avec tes amis : il y a une option pour y jouer avec tes amis, parce qu'il y a plusieurs modes. Et il y a beaucoup d'humain et de cœur dans ce qu'on a fait, parce qu'on a écrit les cartes à la main, une par une, on a tout fait de nos petites mimines. C'est ce qui rend le projet très unique aussi.

Nadège — Rien à rajouter.

Le processus de création de Vü

Jérémy — Comment vous est venue cette idée ? Tu l'as dit un peu, Louisa : on a pris ce qu'on ne trouvait pas ailleurs, ce qui est souvent la genèse d'un projet. Mais comment vous en êtes arrivées à vous dire « OK, on lance, on crée ce truc » ? Parce que moi j'ai suivi, ça a duré longtemps : écrire toutes les cartes à la main, réfléchir au projet… C'est quoi l'étincelle ?

Louisa — C'est clair qu'entre le début du projet, où on se dit « un jour, peut-être », et les bêta-testeurs et les premières ventes, il se passe un an. Pour moi, le déclic, ça a été : peu importe que ça marche ou pas. Ce qu'on fait, on pourra le distribuer dans ce qu'on fait déjà, ça peut être un cadeau supplémentaire dans les séances de coaching avec nos clients. La question, c'était : est-ce qu'on est prêtes à embrasser toute la partie technique, le temps, l'énergie dépensés là-dedans, pour que le pire des résultats soit un truc optionnel dans les accompagnements qu'on fait déjà ? Et je me suis dit : rien que pour ça, je serais trop contente de le faire, de vivre le process, de créer un projet de A à Z, d'aller développer une web app. Ce n'est pas du tout moi qui ai fait la partie technique, mais me dire : je change, j'ai la discipline, j'avance, je kiffe le process. Même le plus petit des résultats — le donner à quelques personnes — nous suffisait, parce que même pour nous, on kiffe l'avoir, on kiffe l'utiliser.

Ça a été de descendre le niveau d'enjeu à un tout petit résultat. Ça, c'est l'étincelle de mise en action.

Louisa — L'étincelle du « et si on faisait ça ? », je ne me souviens pas du moment précis. Tu t'en souviens, toi ? En voiture ?

Nadège — Je pense en voiture. Et je pense qu'une fois, on part en week-end, on n'a pas pris de cartes physiques et on se dit « ah putain, on aurait pu y penser ».

Louisa — Je suis devenue minimaliste, mais Nadège est très minimaliste en voyage. Donc quand tu partais en bivouac, la priorité, ce n'était pas d'avoir un jeu de cartes en plus. En fait, c'est plus quand on a vécu les freins à l'action que…

Nadège — Plusieurs fois on l'a vécu, et à un moment on s'est dit stop. Et ce qui nous a fait passer à l'action, c'est aussi le moment où on s'est dit : on a trop de clients qui ne sont pas anglophones. Des chouettes jeux en anglais, on en a plein en papier, mais en français, on n'en avait pas des tonnes. Il y avait les deux, en fait : pour nous, et pour nos clients, on voulait que ce soit accessible en français.

Jérémy — Du coup, quand vous l'avez créé, vous avez pensé à vos clients, à leurs problématiques ?

Louisa — Carrément. Et au moment où on le fait tester, on ouvre un peu plus : on le fait tester à des amis qui ne sont pas du tout dans le questionnement introspectif, à ma mère, à des amis à toi aussi. On essaye de le faire tester à d'autres gens que ceux à qui on pense, en se disant que ça va peut-être nous ouvrir les chakras et nous faire découvrir des choses qu'on n'aurait pas imaginées.

L'importance des questions profondes

Jérémy — Tu l'as un peu dit, Louisa : quand vous vous êtes rencontrées, vous avez beaucoup échangé avec des questions de ce type-là, des questions profondes ?

Louisa — On habitait à distance, et c'était notre manière de nous rencontrer. On s'appelait et on répondait à ça.

Jérémy — Et qu'est-ce que ça vous apporte, encore aujourd'hui, de prendre le temps de vous poser et de vous poser des questions que je qualifie de profondes ? Parce que ce ne sont pas des questions qu'on se pose tous les jours : ce sont des discussions en profondeur, avec cet aspect de la relation, et il y a aussi des questions sur la sexualité, des choses comme ça.

Louisa — Déjà, sur la rencontre, j'ai l'impression que ça a enlevé très rapidement les masques, les personnages que tu peux avoir dans la séduction — jusqu'où est-ce que tu veux montrer une part de toi, et après tu crées des espèces d'attentes irréalistes, « il faut que je tienne ce truc que j'ai fait croire au début ». Ça a permis assez tôt d'avoir un standard sur la relation en termes de transparence et de vulnérabilité, qui nous a servi et qui nous sert encore : quand tu fais du business en couple, il y a plein d'enjeux, plein d'espaces dans lesquels, si tu n'as pas mis les choses au clair assez rapidement, ça peut devenir compliqué. Et le deuxième truc qui me vient, c'est que ça désacralise le côté « viens, il faut qu'on parle ». Ce « viens, il faut qu'on parle », il est difficile, il est vraiment en mode « OK, il faut que je sorte quelque chose ». Alors que là, il y a des opportunités au travers d'une question. C'est un vrai rituel : on se pose des questions tous les jours, souvent autour du repas, ou en voiture. Et ça enlève le poids de « il faut que je trouve une question, il faut que je trouve le moyen d'aborder un sujet ». Là, c'est une autre question qui entraîne un « et si on parlait de ça, en plus ».

Le principe de Vü, c'est d'avoir un médium qui te donne le petit impulse pour avoir une conversation profonde, sans que ce soit sacralisé, ritualisé, sans avoir besoin de se mettre la main sur le cœur quand on se parle. Ça peut être léger et profond en même temps.

Jérémy — C'est vrai que souvent, le plus difficile, notamment dans le couple mais même avec tes amis, c'est le démarrage. Une fois que tu es lancé, une fois que tu es chaud, c'est facile de rebondir, de questionner. Alors que démarrer, je trouve que c'est toujours le plus délicat, parce que selon la période, selon le moment, tu ne sais pas trop comment faire. C'est une super idée. Tu as quelque chose à rajouter, Nadège ?

Nadège — Plus en termes de résultats factuels : on a beau s'en poser tous les jours, vraiment tous les jours et depuis longtemps, on apprend toujours des choses. À chaque repas, on se dit « ah ouais, pourquoi ? ». C'est ouf.

L'impact des origines sur le projet

Jérémy — Vous connaissez cette étude où ils ont mis des inconnus face à face avec 36 questions ? Ce qui m'avait marqué, quand j'ai découvert ça il y a des années, c'est que la plupart de ces inconnus disaient des choses qu'ils n'avaient jamais dites aux personnes les plus proches d'eux. Vous, il y avait cette volonté en toile de fond d'aider les personnes à grandir en conscience, à se libérer, à s'exprimer, sur le côté relationnel ?

Nadège — Évidemment. On a créé le jeu en se disant d'abord : c'est pour le couple. On s'était vraiment dit ça, parce que c'est comme ça qu'on s'est connues. Ensuite, assez rapidement, on s'est dit qu'on voulait que ce soit introspectif, que les gens puissent se poser des questions à eux-mêmes. Et puis, de fil en aiguille, on est arrivées sur l'envie qu'ils puissent aussi connecter à d'autres gens : des amis, de la famille, des collègues, peu importe. Et la partie dating, le quatrième mode, est arrivée encore après, ce sont les retours des bêta-testeurs qui nous ont dit ça. Donc oui, il y avait cette volonté que les gens puissent approfondir leur relation à eux-mêmes et leur relation aux autres.

Jérémy — J'ai vu le projet, je fais partie des bêta-testeurs : c'était un PDF avec les questions, où je switchais comme ça pour tomber sur une carte. Je l'ai fait avec ma femme, avec des amis, et ça a lancé des discussions. J'ai trouvé ça vraiment génial de pouvoir rentrer dans des questions qu'on n'a pas l'habitude de se poser, notamment avec des amis. Je trouve que c'est encore plus flagrant là : dans le couple, ça dépend des couples, mais tu as l'habitude d'avoir des relations plus ou moins profondes. Avec les amis, c'est quelque chose qui n'est pas commun. Donc ça lance vraiment quelque chose.

Ce que je vous propose : j'ai mes petites fiches, vous choisissez un numéro entre 1 et 10, et je vous pose la question qui correspond.

Louisa — Deux.

Les défis de travailler en couple

Jérémy — Qu'est-ce que tu aurais aimé entendre plus souvent de la part de tes parents ?

Nadège — Alors, c'est des fantasmes, parce que je sais très bien que s'ils me l'avaient dit, je ne serais pas la femme que je suis. Mais j'aurais aimé plus de valorisation. En gros, ils me valorisaient beaucoup sur les cours, l'école, parce que j'étais bonne élève. Je pense que j'aurais aimé de la valorisation aussi physique, sur mon apparence, sur d'autres choses que juste mes neurones, parce qu'ils étaient plutôt dans la critique ouverte de ça. Et en même temps, au moment où je te le dis, je sais aussi que c'est le vide perçu qui crée la femme que je suis aujourd'hui : cette recherche du beau, je l'ai aussi pour ça. Pareil, j'aurais sûrement aimé qu'ils me parlent plus de poésie, de philosophie. Et ma recherche de poésie et de sagesse aujourd'hui, elle est là parce que j'ai eu la perception d'en manquer. Ils avaient leur sensibilité, c'est juste qu'on n'en parlait pas beaucoup.

Jérémy — Quand tu l'as dit, j'ai tout de suite pensé au beau, à la lumière, à ce que tu disais quand tu te présentais. Après, ces questions sont peut-être faites pour des personnes un peu moins conscientes que vous deux, forcément, avec votre métier. Et toi, Louisa, qu'est-ce que tu aurais aimé entendre plus souvent de la part de tes parents ?

Louisa — Je rebondis d'abord sur la dernière chose : peut-être que, des fois, les questions sont faites pour être réinventées. La manière dont j'entends la question me permet aussi d'y répondre autrement. Pour nous, clairement, il n'y a pas de bonne réponse à une question. C'est : qu'est-ce que la question fait émerger ?

Si je devais y répondre… Je pense que ce n'est pas forcément des choses envers moi. J'ai été élevée uniquement par ma mère, et je pense que j'ai vraiment eu une maman qui a eu l'équilibre entre le challenge et le soutien, vraiment très présente. Mais je crois que j'aurais aimé qu'elle se sente à l'aise de partager plus sa vulnérabilité, ses difficultés. Je m'en rends compte maintenant, adulte : je pense qu'enfant, elle a beaucoup masqué tout ce qu'elle a traversé, tout ce qu'elle a vécu, tout ce qu'elle a supporté, pour me préserver. Bon, je n'étais peut-être pas disponible pour ça, étant enfant, et j'avais assez à porter. Mais j'aurais été curieuse qu'elle puisse créer cet espace. Le lien s'est fait après, différemment.

Jérémy — Tu le lui as déjà dit ?

Louisa — Pas littéralement comme ça. On a une relation très, très belle aujourd'hui, d'égale à égale. On est revenues sur quelques épisodes de vie qui font qu'aujourd'hui, j'ai plus conscience de ça. Je lui ai dit que j'avais été assez aveugle, enfant, et qu'elle m'a beaucoup appris : que des fois, porter un masque, c'est préserver l'autre. C'est aussi utile.

Conclusion et perspectives futures

Jérémy — Comment vos origines — et quand je dis origines, c'est au sens large : toutes les blessures qui vous ont construites, vos valeurs — ont contribué au projet ? Et comment, indirectement ou directement, vous avez réussi à combiner vos deux énergies dedans ? Parce que finalement, c'est un projet très personnel : on le voit, il est né de votre histoire, des échanges que vous avez eus, de votre envie pour le coaching. Du coup, quelle est la place de chacune là-dedans ?

Nadège — Ce qui me vient directement, c'est en termes d'origine geek : c'est moi qui ai pris le lead sur la partie technique. Même si aujourd'hui, en vrai, Louisa aurait complètement pu le faire, surtout avec les nouveaux outils, avec Claude Code. Mais au moment où on le développe, ce n'était pas aussi abouti. J'ai quand même mis les mains dans le cambouis, donc le côté geek a bien aidé.

Louisa — Moi, je pense que ça m'a reconnectée avec un côté artistique. Si je reparle de ma mère : l'avoir toujours vue écrire, peindre, même quand il y avait beaucoup de charge à porter. L'importance du fait maison, on va dire. Je pense que ça prend cette forme-là à la fois dans mes origines directes avec ma mère, mais aussi dans la génération d'avant : si je peux le faire et y laisser un petit bout de moi, ça a beaucoup plus de valeur. Alors que parfois je peux déléguer des choses, mais je n'y mets plus trop de moi, de ce côté artistique.

Et il y a les origines de nous deux : quand on capte des choses un peu plus tôt dans la relation de couple, on repère qu'on peut avoir tendance à se subordonner aux désirs et aux envies de l'autre. Donc, dans ce projet, il fallait faire attention à vérifier : est-ce que tu le fais parce que tu en as envie, ou parce que moi je montre que j'en ai envie ? Moi, des fois, je peux aussi avoir tendance à minimiser ce que je fais, donc ses encouragements et sa capacité à mettre ça en lumière m'aident.

Repérer et identifier nos modes de fonctionnement, pour qu'ensuite on puisse se sentir contribuer à des échelles différentes, sous des formes différentes, mais au même degré infini.

La dynamique de collaboration dans le projet

Jérémy — C'est challengeant de bosser en couple sur un projet comme ça ?

Louisa — Ça demande beaucoup de communication. En tout cas, je pense que ça n'a pas été un gros challenge, parce que c'est assez naturel pour nous, et l'enjeu qu'on y avait mis au lancement n'était pas très important. Et sur les décisions, on connaît bien nos modes de fonctionnement. Quand tu comprends comment tu fonctionnes… Moi, j'ai aussi beaucoup travaillé en binôme, donc je connais la dynamique, la systémique qui peut se créer. On a tendance à se dire : attention, là on est en train de créer un jeu de pouvoir, ou attention, là on est en train de créer des peurs qui n'ont rien à voir avec le projet. Si on ne le pointe pas du doigt, si on ne se fait pas des petits débriefs, ça peut coincer.

Par contre, ça a été important de voir le projet comme un projet entrepreneurial, mais aussi de regarder ce qu'il y a autour. Il y a des soirs où elle codait jusqu'à pas d'heure et où moi je m'occupais de faire à manger, de prendre soin de nous. C'était ma manière de contribuer au projet à ce moment-là. Si je m'étais comparée, je me serais dit « là, je n'ai plus rien à faire, j'ai fini d'écrire les cartes, je ne sers plus à rien ». Eh bien non, c'est une autre forme de contribution.

Jérémy — Moi, pour avoir bossé pendant des années en binôme, et pendant des années avec ma femme, je sais que ce n'est pas évident si tu n'as pas cette communication. Et c'est ce que je disais tout à l'heure : vous avez un état de conscience qui aide, parce qu'il y a la conscience de l'autre, de ce que l'autre prend, de ce que l'autre laisse, de la perception de l'autre. Ça demande des réajustements constants, j'imagine.

Pour revenir au process : il y avait cette volonté de faire les cartes à la main, sur iPad, pour avoir cette patte humaine. Pourquoi ?

Louisa — On s'est questionnées, parce qu'au moment où on fait le bêta-test, j'écris 150 questions, un peu plus. Et on se dit : avant d'en écrire 800, on va quand même vérifier que les gens kiffent, que c'est lisible, que ça amène une plus-value. Parce qu'en soi, on peut mettre une typo classique et que ce soit hyper normé — et là, tout se ressemble.

Nadège — Ou tu peux même reproduire un truc manuscrit avec l'ordi.

Louisa — Et les retours ont été plutôt positifs sur le sujet, en disant que ça faisait une vraie différence. Et ce sont des gens qui utilisent d'autres jeux, donc qui sentent la différence. Je ne sais pas si c'est perché, mais je pense que j'ai mis beaucoup de mon cœur et de mon énergie dans chacune des questions. On s'est dit plusieurs fois que dans la manière dont tu poses une question à l'oral, le non-verbal, les accents que tu mets sur certains mots, c'est beaucoup plus important que les mots en tant que tels. Là, c'est un peu pareil : il y a des petites emphases, des trucs écrits plus gros, des trucs entourés.

C'est une forme d'intentionnalité dans la question, pour mettre le regard de l'autre à un endroit spécifique.

Louisa — Et je pense que c'est un mix de nous deux : essayer d'aller voir qu'est-ce qu'il y a de beau là-dedans, mais aussi qu'est-ce que tu peux voir que tu n'aurais peut-être pas vu. La manière dont c'est posé change l'orientation de la réponse. Je le vois dans ton propre podcast : en fonction de la question, ça amène la personne dans un endroit auquel tu n'avais pas forcément pensé. J'ai souvenir d'un moment où tu dis « je ne l'ai pas écrite pour ça », mais ça mène dans un espace où ça crée autre chose.

Jérémy — Ce qui m'a marqué, c'est exactement ça. Tu as l'habitude des jeux de cartes où c'est écrit en typo classique, à la suite, et il n'y a pas d'émotion. Là, les petits pictos, les petits trucs, ça ramène un peu à une intention au-delà.

Les retours des bêta-testeurs et l'évolution du projet

Jérémy — Dans le process, c'est toi, Louisa, qui as écrit les cartes, et Nadège s'est occupée de la partie technique, le développement. Vous avez validé 150 questions : qu'est-ce qui a fait que vous vous êtes dit « OK, on y va, je fais les 650 qui restent » ?

Nadège — Sur l'histoire de la typo, on a hésité assez longuement, parce que Louisa avait calculé combien de temps elle avait mis, et on s'est dit : OK, ça va prendre quelques semaines. Quelques temps de plus, en réalité. Et on s'est dit deux choses. D'abord, il y a quelques personnes qui nous ont dit « c'est un peu moins lisible, c'est moins pratique », et on se demandait si on allait les écouter. Puis on s'est dit : nous, on préfère que ça prenne plus de temps à lire, et que les gens mettent plus d'intentionnalité dans la manière de lire, avec le niveau de profondeur que ça crée. Donc on a été OK avec ça. Et ce qui a fait qu'on s'est lancées, c'est qu'on a eu des retours de ouf. Concrètement, à part une ou deux personnes qui avaient déjà plein de jeux, qui n'avaient pas trop d'intérêt à en rajouter un et qui adorent le papier, tout le monde était assez unanime sur le fait que c'était trop cool. C'est surtout ça qui nous a fait bouger.

Louisa — Et ce que je disais tout à l'heure : on a retiré l'enjeu. Ça reste aujourd'hui un side business pour nous. Il n'y a pas d'enjeu financier, il n'y a pas d'enjeu de réussite. On est clairement sur un jeu long terme avec Vü, et ça ne nous empêche pas de passer à l'action, de faire des choses.

Jérémy — Vous prenez quand même beaucoup de temps pour communiquer, pour créer du contenu.

Louisa — Parce que ça vient aussi soutenir le reste. J'ai envie de renvoyer mes clients en coaching vers un sujet qu'on a pu poser dans Vü, et de me dire que ça aide aussi à d'autres endroits. Et à l'inverse, on vient nous chercher pour ça, et ensuite les gens découvrent qu'on est coachs.

Jérémy — J'allais poser la question : est-ce que ça crée des synergies ?

Louisa — De ouf. Demain, on va à un festival en local dédié aux femmes entrepreneures et on a un corner pour présenter. On est venu nous chercher pour ça. Ça crée des opportunités qu'on ne serait pas allées chercher par nous-mêmes.

Jérémy — Et comment vous allez le présenter sur ce corner, puisqu'il n'y a pas de format papier ?

Nadège — On va mettre nos deux portables plus un iPad, donc les gens pourront y jouer. On a un énorme kakémono avec le QR code pour aller directement sur le site. On s'était demandé si on allait imprimer quelques cartes pour que les gens puissent en avoir, et on s'est dit que c'était un peu chelou : nous, on veut sortir une app. À la rigueur, les gens prendront des questions en photo sur nos portables et sur l'iPad. Mais on s'est dit que c'était en jouant qu'ils allaient kiffer.

Les défis de la communication dans les relations

Jérémy — Ça vous est déjà arrivé, avec vos clients ou avec des inconnus, de voir des personnes buguer, avoir une réticence, ne pas être prêtes à se livrer ?

Louisa — De ouf. Une des premières présentations qu'on fait, c'est dans un accompagnement pour les couples, surtout au niveau de la différence de libido. C'est une amie qui porte cet accompagnement et qui nous dit : venez présenter le jeu, je pense que ça peut vraiment aider les couples à recréer de la communication. On fait une partie : on tire une carte, chaque couple se répond entre eux, et on refait un petit point de connexion derrière — ce n'est pas tout le monde qui répond devant tout le monde. Et il y en a deux ou trois où tu te dis : il y a des définitions qui ne sont pas très claires. Il y avait certains couples pour qui c'était difficile de prendre le courage de se dire « viens, on répond à des questions ».

C'est marrant, parce que tout à l'heure tu disais que c'était cool entre amis, parce qu'on n'a pas l'habitude de poser des questions profondes, alors que dans le couple c'est plus habituel. Moi, j'ai eu le retour très inverse : « je me rends compte que dans mon couple, on se parle de la logistique du quotidien, on s'est fait happer par le rythme ». Reprendre le fil de ce qu'il y avait il y a dix ans, quand on s'est rencontrés, retrouver cette connexion, ces moments d'intimité émotionnelle, c'est parfois difficile — « c'est bizarre si j'arrive avec une demande comme ça ». Le jeu permet d'avoir un biais. Et ce sont ces mêmes personnes, en difficulté lors de ce live, qui nous ont écrit quelques semaines après :

« On pensait qu'on allait avoir besoin d'un thérapeute ou d'un coach avec nous pour tenir l'espace, et en fait on y arrive bien. On fait ça presque tous les jours et ça nous aide. »

Jérémy — C'est marrant, parce que quand tu le disais, j'ai eu une image : avec ma femme, parfois, on est dans le lit et on scrolle sur nos téléphones respectifs. Et je me dis que ce serait bien s'il y avait la petite notif Vü qui apparaissait à ce moment-là, pour te faire penser à cliquer et à poser une question. C'est là où je trouve que ça a tout son sens : aujourd'hui, on est souvent sur nos téléphones, et pouvoir rester sur ton téléphone tout en allant dans ces sujets… finalement tu finis par le poser, parce que tu finis par discuter.

Nadège — On m'a déjà demandé si c'était possible : quand les gens sont ensemble sur leur téléphone au même moment et qu'au bout de dix minutes ils ne se sont pas parlé, comment tu envoies une notif ? Je n'ai pas la solution.

Alignement personnel et mission de vie

Jérémy — Deuxième question, avec une autre carte : choisissez entre 1 et 10.

Louisa — Trois.

Jérémy — Dans quel moment vous sentez-vous le plus alignée avec vous-même ?

Louisa — Je pense qu'il y a différents types de moments : aligné avec ma mission, et aligné avec la vie, qui sont parfois deux choses différentes. Les moments où je me sens alignée avec moi dans ma mission, ce sont plutôt des moments en coaching, en conversation, où je vais voir les yeux de la personne, son corps, son non-verbal, et voir qu'il y a une porte qui s'est ouverte, qu'elle ne pourra plus jamais regarder sa vie de la même manière. Se dire « OK, j'ai une autre grille de lecture, j'ai d'autres ressentis sur une situation » : ça me fout des frissons et je me dis « là, je suis dans ma mission ». Et alignée avec la vie, c'est dans des moments de synchronicité forte. Je mets beaucoup d'attention aux synchronicités, et à l'ironie de la vie parfois. Je me dis que ce sont des signaux, des petites gouttes qui me disent « OK, tu es alignée dans ce moment-là ». Ça dépend totalement de mon regard, j'en suis consciente, mais…

Je crois profondément que les synchronicités sont des symptômes d'alignement.

Jérémy — C'est beau. Je n'avais jamais fait la distinction entre la mission et la vie. Dans la mission, tu te sens à ta place parce que tu es dans ta zone de génie. Et pour la vie, il y a ce côté « être touchée par la grâce », je ne sais pas comment le qualifier.

Louisa — Et des fois, ce n'est pas synchrone : être touchée par la grâce, ça arrive à des moments beaucoup plus banals, et tu ne t'attends pas à ce que ça te touche. Alors que quand je suis dans ma mission, il y a cet élan du cœur : je sais que j'ai envie d'aller transformer, de contribuer, donc je vais tendre vers une forme de résultat d'alignement. En soi, il y a moins de probabilité que ça arrive quand je suis dans la rue, dans un truc qui n'a rien à voir avec ma mission.

Jérémy — Tu as souvenir d'un moment où c'est arrivé ?

Louisa — Je repense à l'histoire du petit garçon que je croise dans la rue. Une fois, je sors d'un rendez-vous, je vais décrocher mon vélo, et là il y a un petit gars de 8-10 ans qui vient me voir et qui me dit : « Est-ce que je peux utiliser votre téléphone ? Mes parents ne sont pas chez moi et il faut que je les contacte. » Je me dis : OK, je ne vais pas décrocher mon vélo tout de suite. Je le raccroche, je lui demande ce qui se passe. Il devait rentrer chez lui, il n'y a personne. On se rend compte que ses parents ne répondent pas, on appelle les deux, j'ai le carnet de liaison devant moi. Tu sens le stress monter, tu ne sais pas trop ce qui va se passer. Je décide de passer du temps avec lui, on attend dans la cage d'escalier, on voit ce qui va se passer, et au bout d'un moment on appelle la grand-mère. Il finit par retrouver les clés au fond de son sac. Puis le père me dit : « Je rentre dans dix minutes, il y a eu un petit couac dans l'agenda. » Et là, je vois l'émotion monter chez lui, du soulagement, mais aussi toute la peur qui avait été maintenue. Et je sais que les mots que je vais lui dire à ce moment-là — comment est-ce que tu gères tes émotions, comment est-ce que tu fais face à ça — peuvent avoir énormément d'impact dans sa vie. Et il y a un espèce de mix : c'est trop mignon, c'est un petit garçon un peu asiatique, je viens de rencontrer Nadège pas très longtemps avant, il s'appelle Léo, qui est le prénom de mon ex. Il y a plein de trucs : le moment, l'impact. Ça m'a touchée de ouf, je suis repartie sur mon vélo avec les larmes aux yeux.

Des fois, tu es dans ta mission à des moments où tu ne t'y attends pas. La question, c'est : à quel point est-ce que j'ouvre mon cœur dans ce moment-là ?

Louisa — Ça a été une synchronicité qui m'a marquée : notre mission, elle est aussi à des moments inattendus.

Jérémy — Oui, parce que dans ce moment-là, tu es complètement dans ta mission.

Louisa — Clairement, mais c'est juste une autre forme. Si je m'attends à ce que ma mission ne ressemble qu'à du coaching…

Nadège — Tu vas être déçue.

L'impact des synchronicités dans la vie quotidienne

Jérémy — Et toi, Nadège : dans quel moment te sens-tu la plus alignée avec toi-même ?

Nadège — Le critère qui me fait me sentir alignée, c'est quand j'ai de l'enthousiasme, quand je suis dans un état de flow, que je peux faire ça pendant des heures. Concrètement, dans mon quotidien, ça arrive quand je coache, quand je prends des photos ou que je traite des photos, quand j'écoute de la musique ou que je fais de la musique.

Jérémy — C'est quoi le fil rouge entre le coaching, la photo, la musique ? C'est quoi l'essence de ça ?

Nadège — Celui que j'ai envie de voir, c'est le côté « faire ressentir aux gens ce qui les anime vraiment ». Dans le coaching et le chant, c'est vraiment le fil rouge : tu entends un truc, tu ressens des choses ; tu entends des questions, tu ressens des choses. Dans la photo, je ne sais pas si c'est vraiment ça, c'est plus la suite logique : la photo permet la deuxième partie de ma mission, qui est d'oser aller dans cette voie. Le coaching et le chant te permettent de connecter à ce qui t'anime, à ce que tu veux vraiment, et la photo peut t'aider à apporter ce message.

Jérémy — De l'ancrer physiquement, concrètement.

Nadège — Voilà.

Jérémy — Je pose la question parce que, tu sais, je la pose aussi pour moi. Il y a peut-être un autre fil rouge, et tu n'es pas obligée d'être d'accord : une forme de matérialisation du beau. Que ce soit le plus beau dans l'humain, le plus beau dans les émotions.

Louisa — Je le vois dans la photo, dans le chant, oui. Ça te permet d'avoir un point où ça projette le beau que tu ressens, toi, avec un médium quel qu'il soit : la voix, la musique, la photo.

Nadège — Je le vois plus comme un effet secondaire cool. Je crois que l'intention, c'est plutôt de faire ressentir des choses aux gens. Avant, j'étais plus en mode « j'ai envie de vous aider à vous aimer et à aimer votre vie », ce qui reste une trame de fond. Mais typiquement dans le chant, ce n'est pas mon but. Mon but, c'est qu'ils ressentent des choses, et qu'en ressentant ces choses, ils puissent se dire « ça m'attire » ou « ça me fait penser à ça », et qu'ensuite ils se posent des questions. Quand tu écoutes une musique un peu dramatique et que tu ressens plein d'émotions : OK, qu'est-ce que tu fais de ça ? Quand tu écoutes une musique qui te drive, qui te met en enthousiasme, en joie : qu'est-ce que tu fais de ça ? Est-ce que tu l'utilises pour le mettre en action, et si oui, vers où ? C'est plus comme ça que je le vois.

Jérémy — C'est vrai que dans la photo et le chant, il y a un côté où tu te mets un peu plus en avant, une part de toi. J'ai l'impression que dans le coaching c'est moins le cas — peut-être que vous ne serez pas d'accord. Mais dans ta photo, je trouve que c'est très marqué : c'est un mix de la personne en face et de toi.

Louisa — Je vois l'idée que le coaching t'apporte moins de toi, parce que moins de projection. Et en même temps, j'ai la sensation que les gens qui me veulent pour les accompagner, c'est parce que j'ai une certaine énergie, parce que je parle familier, parce que je ramène tout au sexe tout le temps. Les gens qui travaillent avec moi y vont parce qu'il y a un truc de moi.

Jérémy — Parce que c'est toi, en fait.

Nadège — Tu as raison.

Vision à long terme pour le projet Vü

Jérémy — Comment vous voyez Vü dans dix ans ? Je veux travailler sur la vision, les filles.

Nadège — En plus, Louisa adore les visions.

Louisa — J'ai du mal, des fois, avec la vision un peu factuelle. Je vais plus avoir tendance à avoir une vision émotionnelle : c'est quoi les émotions que j'ai envie de vivre dans les dix prochaines années ?

L'énergie des projets sans pression

Jérémy — Tu as dit que c'était un projet à long terme, en mode side business, et que vous visez le long terme. C'est aussi pour ça que j'avais envie de vous poser cette question.

Louisa — Side business ne veut pas dire quelque chose qui ne peut pas totalement exploser et devenir notre source d'échange, d'énergie, d'investissement en temps le plus important. Je ne le mets pas en mode « je veux que ça reste petit », ce n'est pas ça. Par contre, je ne veux pas qu'il y ait la pression de nous nourrir, de nous apporter la sécurité. Je ne mets cette pression sur aucun de mes business.

Jérémy — Pourquoi tu ne veux pas ? Ça change quoi pour toi ?

Louisa — Je pense que ça change l'énergie. Tu es dans le manque, tu es dans l'attente. C'est difficile de se responsabiliser, d'avoir les idées claires, quand un projet est là pour te faire bouffer — c'est le bas de la pyramide de Maslow. Pour moi, c'est du bonus. Je vois beaucoup de choses comme du bonus, et je pense que c'est ton cas aussi.

Tu n'as pas la même énergie quand tu profites de la vie comme un bonus que quand tu en profites comme si ça t'était dû.

Jérémy — Juste pour faire un point là-dessus, parce que ça peut parler à beaucoup de monde : je trouve ça beau. Je vois beaucoup de personnes que j'accompagne qui sont dans ce truc de « j'ai perdu le sens, c'est une pression, c'est devenu un boulot alimentaire » alors qu'au début c'était un boulot-passion — parce qu'il y a une nécessité. C'est beau de repartager ce message, qu'on a déjà entendu, mais là il est vraiment incarné, vécu. Peut-être que la solution, c'est de lancer un autre projet où il y a moins de friction, moins d'enjeux, pour retrouver cette énergie, cette essence.

Nadège — Moi, c'est très clair : je préfère aller bosser à la Biocoop que de mettre de la pression sur le projet pour qu'il fonctionne, et de faire des choses désalignées avec moi qui vont lui faire perdre son essence.

Louisa — C'est quelque chose que je communique beaucoup avec les entrepreneurs que j'accompagne : à quel point le niveau de pression que tu mets sur un projet est exactement ce qui est en train de le détruire plutôt que de le faire grandir.

L'importance des rencontres et des échanges

Louisa — Pour répondre à la question de ce que j'ai envie que ça nous fasse vivre dans les dix prochaines années : des moments d'échanges, des rencontres qu'on ne serait peut-être pas allées chercher par d'autres projets. Au même degré où l'outil est un médium pour les gens, pour se poser des questions entre eux ou avec d'autres, pour nous, c'est aussi un médium pour aller à la rencontre de personnes qu'on ne serait pas forcément allées chercher.

Et puis, quand tu as un business qui est toi — quand tu es coach, que tu accompagnes, c'est ton identité — ça nous permet de mettre un peu de distance avec ça. On n'a pas le même élan, on ne promeut pas les choses de la même manière, on est un peu plus détachées : si on nous dit que c'est de la merde, c'est le produit, ce n'est pas moi qu'on vient critiquer. Ça permet de vivre une autre expérience, qui nous inspire dans notre perso aussi. Ça m'a donné de l'élan pour me détacher un peu du « je suis ce que je fais et je fais ce que je suis » — ce qui n'est pas le cas : je suis ce que je suis, point barre.

Nadège — Moi, j'ai envie que Vü nous fasse vivre des rencontres, des events. Et qu'on puisse le propager dans des environnements inattendus.

Dans dix ans, j'aimerais que ce soit dans les poches, dans les téléphones de plein de gens, avec plein d'éditions différentes.

Nadège — Que ce soit quelque chose qui serve de porte vers la découverte de soi, y compris pour des gens qui ne sont pas forcément à l'aise avec ça et qui veulent en rester là, mais qui ont un outil qui leur permet quand même de disséminer de temps en temps une question profonde dans leur vie.

Vision à long terme et projets futurs

Louisa — Dans dix ans, et sur le chemin des dix ans aussi.

Nadège — On a déjà plein d'idées, après on verra ce qui se passe. On pensait faire des collabs avec des restos pour en mettre sur des sets de table. Sortir quand même des éditions papier pour les aficionados et les fans de papier. Pourquoi pas faire toute une communauté avec du merch : là, on s'est fait des pulls et des t-shirts pour demain, vu qu'on est en présentiel, mais pourquoi pas voir plus grand. Un coup, en rigolant — à moitié —, on s'était dit que si on en vend dix mille, ça peut vraiment participer activement à un projet de maison.

Louisa — Pour nous, c'est vraiment un bonus, et on aimerait l'injecter dans des projets qui font sens. Par exemple, pouvoir accueillir des gens en présentiel — pas beaucoup de gens, mais des one-to-one, parce qu'on fait des rendez-vous coaching où on prend une personne ou un couple à la journée. Ce serait trop cool de pouvoir utiliser le jeu dans le rendez-vous coaching.

Nadège — Carrément, surtout le midi.

Louisa — Dans les moments un peu off, où ça permet de continuer l'approfondissement sous couvert du jeu, mais de façon plus relax.

Jérémy — Pour la partie coaching avec des clients, je trouve que c'est une trop bonne idée. Moi, j'ai mon Google Keep avec une section coaching et des dizaines de questions, et je me dis « je vais piocher là-dedans », c'est chiant. Rien que de pouvoir cliquer et lancer la question à la personne… On y croit ou pas, mais la question qui sort, c'est celle qui est juste à l'instant T. Je trouve ça ouf.

Louisa — En tout cas, Vü, nous, on le voit comme une marque qu'on a envie de développer sur plein de projets. Des trucs dans la rue aussi, pouvoir interroger des gens, faire un peu de l'expérience dans la rue, pas du présentiel comme demain.

Jérémy — Franchement, je vous encourage. Moi, je l'ai fait cet été, je suis allé poser des questions dans la rue avec mes petites fiches, et c'est ouf. La première personne me dit : « Moi, je ne sais pas trop, je n'ai pas trop envie de répondre à ça, je ne suis pas trop podcast, et en plus les questions sont trop personnelles. » Je lui dis : écoute, on le fait, et si tu n'as pas envie, je ne publie pas, c'est OK. À la fin, elle m'a dit « c'était trop bien, vas-y, tu peux le publier, monte ma tête » — alors qu'au début je n'avais filmé que ses pieds parce qu'elle ne voulait pas être vue. C'est ouf, parce que j'ai l'impression que quand tu déclenches cette petite flamme chez certaines personnes, elles s'ouvrent et elles sont écoutées.

Je pense qu'un des besoins primaires aujourd'hui dans notre société, c'est d'être écouté, parce qu'on n'est plus écouté par personne. C'est vraiment un truc hyper libérateur.

Jérémy — Et après, je les prends en photo.

Se sentir écouté et reconnu

Louisa — Je rebondis sur ce « se sentir écouté », parce que le nom Vü vient de là. À quel point est-ce qu'au travers d'une question et d'une intention, tu peux te sentir vu. Le besoin de reconnaissance est un besoin énorme chez l'être humain : se voir en l'autre dans des espaces de vulnérabilité, et aussi se sentir vu. C'est vraiment ce qu'on a envie d'apporter. Des fois, ce n'est pas toujours évident d'ouvrir cette porte-là. Une fois qu'elle est ouverte, c'est plus facile. Mais l'ouvrir pour se sentir vu, c'est important.

Jérémy — On arrive bientôt à la fin. J'ai une dernière fiche avec d'autres questions : choisissez entre 1 et 10.

Nadège — 1.

Jérémy — Quand tu regardes ton parcours, qu'est-ce qui relie tous les grands tournants de ta vie ?

Nadège — Moi, je dirais que c'est suivre ce qui m'anime — c'est pour ça aussi que c'est ma mission aujourd'hui. Quand j'arrête médecine pour faire kiné, quand j'arrête kiné pour faire du tatouage… À chaque fois, les gros tournants de ma vie, ce sont des moments de reconversion pro ou de gros choix amoureux. Et à chaque fois, même si c'est difficile, même si c'est challengeant socialement, financièrement…

Louisa — Émotionnellement aussi.

Nadège — Émotionnellement. Suivre la petite flamme, même si c'est dur.

Les tournants de vie et la foi

Jérémy — Et toi, Louisa, qu'est-ce qui relie tous les grands tournants de ta vie, quand tu regardes dans le rétro ?

Louisa — J'ai l'impression que le moment de la décision du tournant, c'est souvent mon corps. Un petit rappel de : est-ce que tu es vraiment là où tu as envie d'être ? L'angine, par exemple. Généralement, il faut un peu plus qu'une angine, mais en tout cas ça a été des déclencheurs, un indicateur que le virage n'est pas loin. Ça, c'est le truc qui me pousse. Et le truc qui me tire, qui m'attire vers un tournant, ça va être une espèce de foi en la vie.

Je ne sais pas pourquoi j'ai envie d'aller par là, mais j'ai confiance et je sais qu'il va se passer un truc. Une forme de foi un peu inébranlable.

Louisa — Quand j'arrive et qu'on s'installe dans le Vercors, je ne sais pas ce qui se passe, je ne sais pas pourquoi là. Et ces synchronicités viennent m'aider à avoir cette foi dont je parlais tout à l'heure. Première visite, ça se passe bien, la vie est incroyable. Je crois que je vois un potentiel dans certains endroits où je n'ai pas de faits, pas de preuves.

Nadège — Comme avec les clients, en fait.

Louisa — C'est ça, il y a vraiment ce truc-là : je vois quelque chose qui pourrait se passer, et plus j'y crois, plus ça arrive.

Nadège — Je pense que ton super pouvoir de voir plus grand marche mieux sur ce genre de situation que mon pouvoir de voir le beau, parce que je vois plus le beau chez les gens que dans les faits. Quand elle choisit cet endroit où on habite, moi je ne vois pas le potentiel, j'avoue. Je n'ai pas la vision du potentiel, et aujourd'hui je ne regrette pas du tout qu'on soit là — mais si ça n'avait été que moi, je ne pense pas que j'aurais choisi ce logement.

Jérémy — Ça me parle, parce qu'on est un peu pareils, Nadège, sur plein d'aspects. Ce n'est pas pour rien que tu m'as choisie comme coach, je pense ! Ça me fait penser à Élodie et moi, avec ma femme : la maison, elle voit le potentiel, alors que moi je me dis « qu'est-ce qui se passe ? Où on va ? C'est la fin du monde ». Donc je comprends tout à fait.

L'origine et son impact sur notre identité

Louisa — Il y a deux mots qui me viennent en reliance avec ça : racine et empreinte. Racine, dans le côté « d'où je vais chercher l'énergie, d'où je viens, qu'est-ce qui fait ce que je suis aujourd'hui ». Je pense que le fait de venir d'une famille immigrée crée un rapport à ce que les origines viennent dire de ce qu'on est. Et des fois, tu portes des choses qui ne t'appartiennent pas — ou pas complètement — et que tu es peut-être là pour transcender à un autre niveau. Et le mot empreinte : dans une empreinte, il y a quelque chose de très beau, ça laisse une marque, ça laisse quelque chose.

Tu peux raconter l'histoire que tu veux sur une empreinte, sur une cicatrice, sur une origine. L'origine de quelque chose, c'est aussi un récit.

Jérémy — Et toi, Nadège, ça t'évoque quoi, l'origine ?

Nadège — Quand tu m'as dit « origine », je n'ai pas eu des mots, j'ai eu des images. La première, c'était une sorte de galaxie, une nébuleuse, en mode Big Bang. La deuxième, c'était le ventre de maman, un peu avec la forme arrondie. Et c'est intéressant, parce que dans ma tête, je n'ai pas du tout fait le lien avec des origines culturelles. Louisa, c'est plutôt les origines italiennes ; moi, c'est plutôt chinoises et vietnamiennes. Et il y a ce truc de « OK, qu'est-ce qu'on fait de tout ça ? ». On parle relativement souvent, en ce moment, de bagage ancestral, de transgénérationnel. Hier, j'étais sur Psychosoma, un projet de Louisa sur la santé, et il y a tout un module sur le transgénérationnel qui me donne trop envie de creuser ça. Sur le fond, je suis complètement d'accord avec elle : c'est un récit, on fait ce qu'on veut de ce récit, on se narre comme on veut. Et en même temps, il y a des trucs que tu as peut-être là, sur tes épaules, que tu pourrais déposer pour raconter une autre histoire. Mais c'est parfois difficile de le faire seul. Je trouve ça cool, le côté « comment tu travailles cette narration » et comment tu peux te faire aider à la changer, si c'est ton souhait.

Jérémy — Hyper intéressant.

Apprécier le moment présent et la beauté éphémère

Jérémy — Est-ce que vous avez envie d'ajouter quelque chose, de partager un ressenti, un point de vue, de transmettre un message qui est important pour vous ?

Louisa — J'aurais envie de revenir à quelqu'un qui se posera la question : « Tiens, j'ai cette petite idée dans un coin de ma tête, je ne sais pas s'il y aura une réponse en face, mais juste de le faire, ça me ferait kiffer. » J'ai envie de revenir à ce que je disais tout à l'heure, descendre le niveau d'enjeu. C'est Margot qui dit ça :

Si l'expérience devient l'objectif, alors tout devient réussite.

Louisa — Et il y a un livre pour enfants que j'adore, qui a cette même référence : Big Panda et Tiny Dragon — en français, ça doit être le gros panda et le petit dragon. Le petit dragon demande au panda : « Qu'est-ce qui est le plus important, la destination ou le voyage ? » Et le panda lui répond : « C'est le voyage. » Donc, à quel point la compagnie de soi, la compagnie de l'autre, font que dans un process on peut kiffer plus. J'ai l'impression que ces deux idées-là peuvent aider quelqu'un à aller faire germer quelque chose. Quand tu commences ton jardin au printemps, tu ne sais pas s'il y aura des fruits cet été, mais ce n'est pas pour ça que tu le fais. C'est à quel point tu kiffes jardiner, à quel point tu kiffes être dehors, à quel point tu kiffes avoir les mains dans la terre.

Jérémy — Elle est belle, cette métaphore. Récemment, j'ai vu passer un truc où le gars disait que planter des arbres est l'un des gestes les moins égoïstes, parce que probablement que l'arbre, tu ne le verras jamais à sa taille adulte, tu ne seras plus là. Là, tu parles des fruitiers : il faut des années avant qu'un arbre se développe, fasse des fruits, nourrisse une famille. C'est beau, c'est un peu une transmission, finalement. Tu poses le truc, tu le fais pour toi sur le moment, mais aussi dans la perspective d'un futur auquel tu n'as pas accès, sur lequel tu n'as pas le contrôle.

Louisa — J'ajoute une petite image, dans les images nature. C'était l'anniversaire de Nadège, elle a eu plein de fleurs coupées. Moi, j'ai longtemps eu de la résistance aux bouquets de fleurs, je me disais « ça ne sert à rien, ça fane ». Et j'ai vu une image où la personne demande ce qu'on peut faire pour que ça fane moins vite, et la fleuriste répond : les fleurs sont faites pour faner, ça fait partie du principe. Mais elles sont là pour nous apprendre à apprécier le moment présent, parce que si, au moment où elles sont là, belles et fleuries, tu passes ton temps à te demander comment elles peuvent rester comme ça, tu ne profites pas de ce qu'elles sont maintenant.

Le but d'une fleur, c'est de mourir à un moment donné, et il n'y a pas de problème à ce qu'elle meure. Elle, elle n'a pas de souci avec ça. Donc comment est-ce que tu peux accompagner ça par un niveau de présence élevé ?

Jérémy — C'est hyper inspirant, j'adore. C'est une fleuriste connectée, quand même : moi, ma fleuriste, elle s'en fout, elle me vend son bouquet et puis ciao, au revoir. Et en plus, elle te vend des petits trucs à mettre dedans pour qu'ils durent plus longtemps.

Louisa — Non, elle ne vend pas ça !

Jérémy — Comment on fait pour vous retrouver, les filles ? Pour ceux qui veulent découvrir le jeu, vous suivre, découvrir votre podcast ?

Nadège — Le plus simple, c'est notre Insta, @nous.vu, et sinon il y a notre site, nousvu.com. Et sur @nous.vu, il y a nos deux comptes : @nadege.depriester et @louisa.gerard.

Jérémy — Je mettrai les liens en description de la vidéo sur YouTube et du podcast audio sur toutes les plateformes. Merci à vous, merci pour ce chouette moment de partage. Merci d'avoir créé ce jeu, parce que je trouve qu'il n'y en a pas assez, des jeux comme ça. J'en ai quelques-uns en papier et je ne m'y retrouvais pas toujours — et c'est aussi limité en nombre de questions, alors que là on l'est beaucoup moins, ce qui est un énorme avantage. On se fera un épisode dans dix ans pour savoir où ça en est.

Louisa — Avec plaisir.

Jérémy — Merci à tous.