ORIGINE

Je pose des questions profondes à une inconnue dans la rue… (Street Origine #2)

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Le Laboratoire Origine

Un accompagnement collectif de 3 mois

Pour comprendre ce qui te freine, retrouver une vision claire de ce qui est juste pour toi, et repartir avec une méthode que tu pourras réutiliser toute ta vie.

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Dans cet épisode d’Origine, je suis allé poser des questions introspectives dans la rue.


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L’idée : rencontrer des inconnus et explorer, avec eux, ce qui fait qui ils sont vraiment.

Leur histoire, leurs blessures, leurs forces, leur manière de voir la vie.


Mais cette fois-ci, je tombe sur quelqu’un que je connais.

Ce n'était absolument pas une inconnue, mais une amie de longue date... 😅


Et la discussion a prit une toute autre dimension.


On parle d’enfance, de manque d’amour, d’estime de soi, de quête de sens, ou encore de neuroatipique…

De ces parts de nous qui cherchent à être reconnues, comprises et apaisées.


On parle aussi de ce qui nous construit pour de vrai :

➡️ Est-ce que c’est notre parcours ?

➡️ Est-ce que tout ce qu’on vit a un sens ?

➡️ Est-ce qu’on peut vraiment se connaître ?


Et surtout…

➡️ Pourquoi certaines personnes ressentent ce besoin profond d’aller à l’intérieur d’elles-mêmes, et d’autres non ?


Comme toujours, c'est une conversation simple et profonde.


Si cet épisode te parle, n'oublie pas de le liker, le commenter, le partager autour de toi, ou t’abonner pour découvrir les prochains épisodes d’Origine.


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🎥 Découvre notre échange en vidéo : https://youtu.be/vrl_iLkZJ4U



👤 À propos de moi

Je m’appelle Jérémy Guillaume et je crois profondément qu'un changement durable n’est possible que dans l’amour de ce que tu es et de ce que tu as été.

Et c'est exactement pour ça que j'aide les entrepreneurs à se reconnecter à leur cœur et à leur singularité en identifiant clairement leurs valeurs et leurs blessures dans le but de se créer un business parfaitement aligné.

On bosses sur la stratégie, sur l'acquisition, la conversion, la délivrabilité, le marketing, la communication, mais toujours avec une approche basée sur la rechercher des causes plus profondes des blocages existants.

Si t'es pas prêt à une introspection profonde, ce n'est clairement pas pour toi.


Viens échanger sur https://www.instagram.com/jeremyguillaume/ et direction www.jeremyguillaume.fr pour bosser ensemble.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Le texte complet de cet épisode, reformaté

Introduction : Le concept des questions introspectives

Bienvenue dans ce nouvel épisode d'Origine. Aujourd'hui, on se retrouve pour un second épisode dans la rue : je suis parti à la rencontre d'inconnus pour leur poser des questions. Ce sont les petites questions que j'utilise lors de mes podcasts, sur mes fiches — des questions introspectives, assez profondes, sur leur singularité, leur force, leurs blessures. J'avais vraiment envie d'aller connecter avec des personnes dans la rue et de leur poser ces questions.

Alors pour ce second épisode, c'est un peu particulier, parce que la personne que j'ai croisée n'est pas du tout une inconnue : c'est une amie que je connais depuis des années. Mais je me suis dit qu'on allait jouer le jeu quand même, donc l'épisode est un peu plus long.

J'attends encore une fois de savoir ce que tu en penses. Laisse-moi tes impressions en commentaire si tu me regardes sur YouTube, et si tu m'écoutes en podcast, n'hésite pas à m'écrire sur Instagram. Je te laisse avec l'épisode.

Rencontre avec Hélène : Une amie pas si inconnue

Jérémy : On se connaît, c'est marrant, on s'est croisés… Mais est-ce que tu peux dire, pour ceux qui vont nous écouter, qui tu es, comment tu t'appelles ?

Hélène : Moi je m'appelle Hélène, comme tu sais. J'ai 44 ans, je suis mariée, j'ai deux enfants. Que dire ?

Jérémy : Tu es une femme incroyable !

Hélène : Non, pas du tout ! Je suis un peu stressée d'être au micro.

Jérémy : Regarde, il y a écrit quoi ? Origine. On est venus dans la rue, dans ce parc, et l'idée c'est de te poser trois questions et d'enregistrer ça. Des questions assez introspectives, pour comprendre un peu l'origine de qui on est, pourquoi on est comme on est, pourquoi on fait ce qu'on fait.

Qu'est-ce qui nous rend uniques ? Parcours et personnalité

Jérémy : La première question est la seule que je pose à tout le monde : qu'est-ce qui te rend unique, selon toi ?

Hélène : Ce qui me rend unique, c'est mon parcours de vie.

Jérémy : Pourquoi ?

Hélène : Parce qu'il a été semé d'embûches. Il y a eu des moments supers, des moments beaucoup moins bien, et je pense que c'est ça qui construit la personnalité de quelqu'un. En dehors du fait qu'on a tous un ADN unique, on a une personnalité qui nous rend unique, et un chemin de vie qui est le nôtre. Toi, tu n'as pas le même que moi, par exemple.

Jérémy : Tu crois qu'on est déjà tous uniques, ou que c'est notre parcours, notre histoire, qui nous construit ?

Hélène : Ça nous construit, je pense. Après, biologiquement, on est déjà uniques : on est le résultat de nos parents, donc il y a des choses qui se transmettent. Mais la personnalité, elle est façonnée par rapport à nos parents, à l'école, aux autres. Dans le métier, c'est pareil.

On se perçoit toujours dans le regard de l'autre. Même si on ne s'y attarde pas, on ne se voit qu'à travers l'autre.

Confiance en soi et regard des autres : Pourquoi se comparer ?

Jérémy : Pourquoi il y a beaucoup de personnes qui ne se suffisent pas à elles-mêmes, qui ne voient pas qu'elles sont uniques, qu'elles ont quelque chose à apporter, et qui vont chercher à être quelqu'un d'autre ou à plaire aux autres ? Qu'est-ce qui fait ça, selon toi ?

Hélène : Le manque de confiance en soi. Et ça se construit dans la petite enfance : si on a eu des manques, des carences affectives quand on est petit, après il va falloir compenser, trouver des stratégies. Je pense que même quand on a une enfance un peu basique, on compense toute notre vie, parce qu'on va se comparer à nos copains, à nos copines, et essayer de calquer.

On est des êtres sociaux : à un moment donné, on va s'identifier par rapport à un groupe, que ce soit à l'école ou au travail. On est obligés de s'intégrer, et quand on ne s'intègre pas, c'est compliqué.

Donc oui, plaire à l'autre, pour être accepté dans le groupe, respecté. Et ça, ça se prend avec les années.

La peur de manquer : L'importance de l'amour et de l'épanouissement

Jérémy : Trop intéressant. Maintenant j'ai plein de questions ! Il y en a dix sur la feuille, tu peux la choisir en me donnant un numéro entre 1 et 10.

Hélène : 7.

Jérémy : De quoi as-tu le plus peur de manquer dans ta vie ?

Hélène : C'est dur, ça. Je ne manque pas d'amour, donc je pense que j'ai réussi ma vie.

Jérémy : Pour toi, avoir le sentiment d'avoir suffisamment d'amour, c'est ce qui fait qu'on réussit sa vie ?

Hélène : Moi je trouve que l'amour, c'est la base de tout. Ça te permet de faire ce que tu veux dans la vie, de t'accomplir, de t'élever, que ce soit psychologiquement, émotionnellement, socialement.

Les gens qui sont tout seuls ont du mal à s'aimer, ils ont du mal à grandir, ils ont du mal à faire beaucoup, beaucoup de choses.

Jérémy : La question porte sur ta perception dans tous tes domaines de vie.

Hélène : C'est un peu dur, parce que je m'épanouis professionnellement, mais j'aimerais faire tellement d'autres métiers. J'essaye de construire autour, mais j'aimerais faire encore plein de choses.

Jérémy : Qu'est-ce qui t'en empêche ?

Hélène : C'est un peu compliqué. J'ai essayé de mettre des choses en place, mais en ayant déjà un travail et des enfants, il y a toujours des contraintes. Après, on peut toujours se dire que tout le monde a des contraintes et qu'il y en a qui y arrivent. Je pense que ce sont surtout de gros blocages internes et profonds.

Cycles de vie et reconversion professionnelle : Accepter les phases

Jérémy : Est-ce que tu ne peux pas te dire aussi que ce n'est peut-être pas le moment ? C'est intéressant, dans l'échange que j'ai eu avec une personne juste avant toi, j'ai pris conscience de ça. Elle fait des études d'avocate, et elle disait : « J'ai l'impression que j'aurai peut-être une autre vie vers 40 ans, où je ferai un métier plus artistique. » Et je me suis dit : est-ce que ce n'est pas ça, le secret ? Parfois on est pressé, on se dit « je ne suis pas encore là où j'aimerais être », alors que ce sont juste des phases. Il y a des phases où on doit vivre ça, et c'est juste. D'autres où on doit vivre autre chose, et c'est juste aussi.

Hélène : Clairement, ma deuxième activité, je l'ai mise en pause, et ça me soulage. Je suis contente, parce que j'ai tout mis en œuvre pour le faire et ça ne s'est pas fait comme dans mon imagination. Il y a la réalité, il y a ce qu'on veut et ce qu'on a. Mais ça ne me pose pas de problème.

Ce n'est pas un échec pour moi. À partir du moment où j'ai essayé et où j'ai mis des choses en place, ce n'est pas une erreur. Maintenant que j'ai fait le chemin, si ça s'arrête, c'est que ça devait s'arrêter.

Et puis ce n'est pas définitif : je pense que ça prendra une autre forme plus tard. Avec les années, la sagesse faisant… Là, ta copine avocate est dans un cursus, elle ne va pas se dire « je vais tout plaquer maintenant ».

Jérémy : Je ne la connaissais pas, c'était une interview juste avant.

Hélène : Quand on est jeune, on est dans un chemin : tu fais tes études, tu ne vas pas arrêter alors que… ça fait quoi, six ou sept ans, les études d'avocat ? Elle en était où ?

Jérémy : Elle a 23 ans, donc j'imagine qu'il lui reste un an ou deux.

Hélène : Elle ne va pas se dire « je vais tout plaquer maintenant pour aller faire de la céramique », tu vois ce que je veux dire ? Elle est jeune. Mais c'est bien qu'elle se questionne.

Jérémy : J'ai trouvé ça hyper inspirant, de se poser ces questions-là maintenant. Et quand tu es lancé, jeune, que tu as fait Parcoursup, que tu t'es pris la tête, que tu as eu ta fac, tu es dedans.

Hélène : Elle va faire son diplôme, elle va être avocate, et forcément, si elle se pose la question aujourd'hui, soit elle aura une activité qu'elle façonnera par rapport à ses besoins, soit elle changera d'activité. Aujourd'hui, je pense que le cerveau est fait pour faire plusieurs choses.

Trouver du sens dans son travail : Le profil TDAH et l'engagement

Jérémy : Et toi, il y a 20 ans, tu te voyais faire autre chose ? Tu sens que tu as eu différentes phases dans ta vie ?

Hélène : Ma valeur prédominante depuis que j'ai 15 ans, c'est d'aider les autres. Que ce soit dans mes études, mes stages ou mes divers boulots, j'ai toujours aidé les autres, quelle que soit la forme que ça prend. En dehors, c'est pareil : je suis comme ça, c'est propre à ma personnalité. Je peux faire n'importe quel boulot, mais si ça n'a pas de sens, je ne le fais pas. Et si ça n'aide pas les autres, je ne le fais pas non plus.

Jérémy : On est un peu pareils, on a ce besoin que ce qu'on fait ait un sens. Mais tu ne crois pas qu'il y a des gens qui n'ont pas besoin de ça, qui peuvent faire un boulot qui n'a pas de sens et dissocier le boulot du perso ?

Hélène : Oui, il y en a qui sont programmés comme ça et qui n'ont pas de ressentiment. Après, il y a les profils psychologiques des gens.

Typiquement, moi je suis TDAH : si ça n'a pas de sens, je ne fais pas la tâche. Je vais remettre à plus tard, je vais procrastiner, je ne vais pas la faire du tout.

Heureusement, j'ai la chance d'évoluer dans un métier qui a du sens, où on me demande de faire des choses qui ont du sens. Sinon je ne pourrais pas les faire. Et ça aussi, ça construit : par exemple, si tu es porteur d'autisme, tu ne peux pas avoir un échange comme celui qu'on a là tous les deux, ce n'est pas possible. Ça dépend aussi de ton profil psychologique.

L'importance de la connaissance de soi pour cheminer dans la vie

Jérémy : Tu as toujours eu conscience de ça, ou c'est quelque chose qui est venu après ?

Hélène : On m'a toujours dit que j'étais hyperactive, depuis que je suis petite. C'est avéré dans la famille, de génération en génération, vu que le pourcentage de transmission à ses enfants est quand même très important. En fait, je suis quelqu'un qui me connaît très bien. Et moi, je trouve ça normal.

Jérémy : Depuis toujours ?

Hélène : Depuis toujours. À la dernière formation que j'ai faite, je discutais avec une sophrologue qui faisait de la réflexologie, et elle m'a dit : « Tu te connais quand même par cœur, comment tu connais tout ça ? » Je lui ai dit :

Si tu ne te connais pas, toi, comment tu veux cheminer dans la vie ?

Jérémy : Qu'est-ce qui t'a poussée à aller dans ce questionnement intérieur ? Depuis toute petite ?

Hélène : À huit ans, je demandais à ma mère comment, en analysant l'écriture des gens, on détectait leur personnalité, la graphologie. Depuis toute petite, je pose des questions sans arrêt, je questionne le monde. Après, ça dépend des gens : je vois des personnes qui ne se connaissent pas, qui ne savent pas pourquoi ils ont ci, pourquoi ils ont ça.

Jérémy : Et toi, tu penses qu'il vaut mieux ne pas se connaître, parce que plus tu tires la pelote, plus tu en découvres ?

Hélène : Non, ça m'angoisserait.

Jérémy : J'ai déjà rencontré des personnes qui ne veulent pas aller là-dedans, qui disent : « Je suis très bien comme je suis, je n'ai pas envie de découvrir autre chose qui pourrait déstabiliser mon état. »

Hélène : C'est parce qu'ils ne veulent pas aller gratter. De toute façon, ce travail, même en psychothérapie, on pourrait le faire jusqu'à la fin de sa vie. Mais plus on le fait, qu'on soit suivi ou non, plus on se pose les questions, plus la vie est chouette. Parce que sinon, on se met des masques et on vit avec des fakes.

Accepter ses parts d'ombre et ses défauts

Jérémy : Comprendre ton fonctionnement, comprendre tes parts d'ombre…

Hélène : Oui, et les accepter, parce qu'on a tous des défauts et des qualités. J'explique ça à mes enfants : parfois ils me disent d'un copain « oui, mais là, il n'est pas sympa ». Je leur dis : « C'est ton copain ou ce n'est pas ton copain ? » — « C'est mon copain. » Alors je dis : « Tu vois bien que s'il est ton copain, c'est qu'il a plus de qualités que de défauts. Ou alors c'est ton copain parce que ce défaut-là ne t'horripile pas. Sinon, ce ne serait pas ton copain. »

On a tous des qualités et des défauts.

Jérémy : Dans tous les cas, ça vient nourrir quelque chose.

Hélène : Si tu n'es pas copain avec quelqu'un, c'est que ce n'est vraiment pas dans tes valeurs. Tu ne peux pas être copain avec quelqu'un dont les valeurs ne te parlent pas du tout.

Blessures émotionnelles et relations inconscientes

Jérémy : Ce que j'expérimente depuis des années, c'est qu'on a ses valeurs d'un côté — ce truc construit, qui nous nourrit, qui est assez fluide, qui nous fait du bien. Et on a aussi des blessures, des vides. Parfois on est avec quelqu'un qui peut être « nocif », parce que ça ne vient pas nourrir les valeurs, ça vient nourrir une autre part de soi, une part de blessures, une part à guérir. J'ai l'impression qu'on peut rester avec des personnes, dans son couple, avec ses amis, parce que ça vient appuyer sur une blessure qui n'est pas guérie, pour la supporter, la nourrir.

Hélène : Là, c'est de l'auto-flagellation. Non, c'est inconscient. Mais ces gens-là, au lieu de faire le travail en étant éclairés, avec un psychiatre en face d'eux, ils vont le faire avec des relations qui vont mettre en lumière cette part sombre. Ça peut être constructif : si tu fréquentes quelqu'un et que ça te gêne, ça te pousse au questionnement.

Si c'est temporaire et que ça ne te nuit pas vraiment, je pense que c'est bien de rencontrer des gens qui ne sont pas comme nous, parce que ça déclenche des pensées, des réflexions, des réactions. Mais il faut que ça reste sain.

Transmettre l'empathie à ses enfants : Un savoir-faire essentiel

Jérémy : Une autre question. Tu peux choisir entre 1 et 10.

Hélène : 9.

Jérémy : Quel savoir-faire aimerais-tu transmettre à tes enfants ?

Hélène : Je le fais déjà, mais je pense que c'est l'empathie.

Jérémy : L'empathie…

Hélène : C'est essentiel pour vivre en société, et les gens en sont de plus en plus dépourvus. On le voit avec les faits d'actualité aujourd'hui : les gens passent par la violence, verbale ou physique, ils n'arrivent plus à communiquer parce qu'ils n'arrivent pas à se mettre à la place de l'autre. Après, il ne faut pas que ça nous bouffe, c'est ce que j'explique aux enfants : tu peux être une éponge émotionnelle.

Fais attention à qui tu parles, parce que tu ne sais pas ce qu'il est en train de vivre actuellement. En même temps, ça n'excuse pas tout.

Jérémy : Comment tu transmets l'empathie à tes enfants ?

Hélène : Il faut la vivre. Par l'expérience, par le fait de la vivre toi et de leur expliquer. Quand tu élèves des enfants, tu la transmets, c'est inné. Et quand il se passe des choses, tu expliques les situations. J'ai des enfants curieux, ils me posent des questions à chaque fois. Et même s'ils ne m'en posent pas, je vais commenter, je vais leur expliquer. La mère relou !

Moi, jeune, j'avais plutôt une vision soit blanc soit noir. Avec les années, j'ai vachement mis du gris dans mes pensées, même si je reste quelqu'un d'assez tranché. Tout ça vient avec les années.

Par exemple, l'autre jour je discutais avec mon grand, il me dit : « La prof nous dit “le bonheur, c'est ça”, elle ne nous demande pas notre avis, on n'a pas le droit d'échanger. C'est nul, la philo. » Je lui ai dit : « Non, ce n'est pas nul, la philo. Là, tu es en terminale, elle va t'apprendre des notions qu'il va falloir que tu apprennes, et pour l'instant on ne te demande pas ton avis. Après, oui. » Mais ces trucs-là, à 16 ans… ça te passionne entre 30 et 40 ans, voire plus. C'est maintenant qu'on a envie de parler de ça. Moi, je n'aimais pas la philo, et là j'ai des bouquins de Charles Pépin qui l'enseigne comme j'aurais aimé.

Jérémy : C'est génial ! Ça dépend qui la transmet aussi.

Hélène : Et effectivement, j'ai rencontré sa prof de philo, ça ne donne pas envie, elle est rigide. Quand tu parles à des gamins qui sont en pleine construction, il faut que tu t'adaptes. C'est de la philo scolaire, avec le programme. Alors que lui, il part dans tous les sens, il voudrait échanger sur des trucs super intéressants, et je lui dis : « Ce n'est pas l'heure, ce n'est pas le moment. » Tu t'adaptes. Eux ont du mal à s'adapter.

Message à l'enfant intérieur : De la souffrance à la résilience

Jérémy : Hyper intéressant. Est-ce que tu veux une question bonus ?

Hélène : Finalement, c'est bien, l'interview !

Jérémy : Tu es bavarde. Entre 1 et 10, toujours pareil.

Hélène : 3.

Jérémy : Si ton toi d'enfant te voyait maintenant, qu'est-ce qu'elle te dirait ? Si la Hélène enfant était là, devant nous.

Hélène : « Putain, bravo. »

Je suis partie de loin. Très loin. Très, très, très loin.

Et je reviens encore aux enfants : les enfants, ça te fait vachement grandir, vachement évoluer. Moi, je les ai élevés pas comme on m'a élevée. On m'a transmis des valeurs, mais j'ai tellement souffert à l'école — scolairement, intellectuellement, psychologiquement — qu'aujourd'hui, avec mes enfants, quand ils sont à l'école, je ne fais pas ce qu'on m'a enseigné à moi. Ce n'est pas possible, sinon ils vont…

Se réparer à travers la parentalité et l'éducation

Jérémy : Est-ce qu'en tant qu'adultes, encore plus quand on a des enfants, on ne se répare pas aussi à travers ces enfants ?

Hélène : Il ne faut pas qu'ils subissent ce qu'on a subi, ce qui nous a fait du mal. Mais alors, il ne faut pas rentrer dans l'excès : moi, je suis un peu la mère juive, il faut que mes enfants aient tout, qu'ils soient aux petits soins. Et parfois, être trop, ce n'est pas bien. Ça révèle tes blessures d'enfance à toi.

Jérémy : Quand tu dis « trop », c'est trop couvé ?

Hélène : Oui, je les couve. J'ai deux garçons, je leur laisse quand même des libertés, mais sur certains trucs, je vois après que, quelque part, je leur ai enlevé certaines choses.

Jérémy : Parce qu'ils ne peuvent pas vivre ce qu'ils ont besoin de vivre pour expérimenter la vie.

Hélène : Je ne dis pas que je les ai entravés. On a eu un parcours, on a fait tout ce qu'on a pu.

On fait toujours avec ce qu'on a, les bagages qu'on a. C'est vrai qu'on peut en vouloir à ses parents, mais il y a un âge où on comprend qu'ils ont fait ce qu'ils ont pu, avec ce qu'ils avaient dans leurs bagages.

Jérémy : Et puis quand tu comprends que la personne que tu es adulte, tes forces actuelles, c'est aussi dû à ce qui t'a manqué, à ton chemin — ce que tu disais au tout début. Finalement, il n'y a pas besoin de supprimer le chemin, parce que c'est lui aussi qui te construit, qui te crée.

Transformer ses erreurs en outils de force

Hélène : Je vois plein de gens dans mon métier… C'est bizarre à dire, mais ceux qui ont eu des enfances classiques, normales, sans trauma — même si on en a toujours des petits — font moins face à l'adversité, adultes, que ceux qu'on a rencontrés enfants. Je n'ai pas de statistiques, c'est juste mon ressenti personnel, mais ça fait quand même 20 ans que je travaille en psychiatrie. Donc je me dis : finalement, tu as subi du harcèlement, ce n'est pas grave, ça te permettra dans quelques années de savoir te retourner dans certaines situations. Tout ce que tu peux vivre à l'école, que ce soit bon ou mauvais, tu t'en sers. Ce sont des outils.

Et on n'arrête pas de répéter aux enfants qu'il faut être dans l'hyper-performance, être bon à l'école, avoir des bonnes notes.

Les erreurs, il n'y a rien de mieux. Tu as loupé, ce n'est pas grave, tu vas te relever — et c'est toi qui dois te relever, pas ta mère.

Jérémy : Et qu'est-ce que tu penses de ça : souvent, dans beaucoup de thérapies, on part du principe que la personne a un problème. Moi, je suis convaincu qu'on n'a pas de problème, et que tout ce qu'on vit est un indicateur d'où on est, de ce sur quoi on a besoin d'aller travailler.

Hélène : Oui, c'est une jauge. Nous, on ne parle pas de problème dans notre métier : on parle de trouble, de handicap ou de gêne. C'est là où tu situes le curseur.

Accepter ses troubles et handicaps pour avancer

Hélène : Je reprends l'exemple du TDAH. Il y a des gens qui consultent parce qu'ils sont au niveau du handicap. Et il y a des gens qui compensent leur TDAH et qui sont juste avec un trouble fonctionnel dans leur vie de tous les jours. Ça ne les empêche pas d'avancer : ils arrivent à avoir un mari, des enfants, un travail, ils arrivent à se structurer. Moi, personnellement, je suis dans un trouble fonctionnel, et j'ai des patients qui arrivent parce qu'ils sont dans un handicap : ils ont besoin de faire un dossier à la MDPH, ils ne peuvent pas travailler comme les autres, ils ont besoin d'aménagements de leur poste de travail. Le curseur, il est là, même dans le handicap. Comme l'autisme : tu as des gens qui ont un autisme léger, d'autres modéré, d'autres très sévère.

Dans la vie, toutes les difficultés que tu rencontres ont toujours un curseur. Et c'est à toi de l'identifier.

Mais beaucoup sont d'abord dans le déni. Il y a encore d'autres phases avant.

Jérémy : Ce n'est pas évident d'accepter qu'il y a quelque chose.

Hélène : Il faut le voir d'abord. Ils sont dans le déni, ils ne le voient pas. Du coup, quand ils le voient, c'est violent pour eux. Ensuite il faut identifier. Et tout ça, c'est fait pour l'accepter à la fin. Quand tu as un trouble du neurodéveloppement, tu vas vivre avec ça toute ta vie, donc il vaut mieux l'accepter pour pouvoir avancer. Quand ce sont juste des petits soucis dans la vie, tu les surmontes. Et même quand ce sont des soucis médicaux, dans la maladie aussi, on trouve vachement de ressources. Il y a des gens qui me disent : « Je n'aurais pas pensé que j'étais capable de trouver autant de ressources pour combattre la maladie. »

Jérémy : Ça va chercher tellement profond en toi qu'il y a des choses qui ressortent. En fait, on est tous capables.

Origines de la vie, intuition et énergies

Jérémy : Qu'est-ce que ça t'évoque, l'origine ? L'origine de la vie ?

Hélène : C'est quoi, l'origine de la vie ? C'est une grande question, c'est philosophique. Tu vas m'en parler, de la philo ! Après, je vais partir dans les vies antérieures, là tu vas me pousser très loin. Je suis là maintenant, dans cette vie-là, mais j'ai eu des vies avant, je pense. Et je me dis que parfois, quand on a des facultés ou qu'on fait des trucs naturellement, sans qu'on nous les ait appris… ça vient d'où, ça ? Je me dis que c'est l'inconscient collectif, une vie d'avant. Par exemple, mon fils, à 5 ans, se posait déjà la question de la réincarnation. Je pense qu'il n'y a pas d'explication scientifique. Et parfois, la science n'a pas toujours raison.

Jérémy : La science, de base, ça reste un questionnement ouvert, et constant surtout. Les gens sont vachement carrés là-dessus, mais la médecine a fait plein de conneries, elle en fera encore, et on avance. C'est le principe même de la science : questionner, expérimenter, remettre en question.

Hélène : Mais comme tout ce qui est vie antérieure n'est pas palpable, les gens sont cartésiens, scientifiques, et je pense que ça les angoisse.

Jérémy : Avec les gens qui sont coupés de ce truc un peu d'énergie, il y a une image qui marche bien :

Tu le vois, le Wi-Fi, aller de ton téléphone à ta box ? Non. Et pourtant, ça marche.

Parce que quand tu as un ressenti vis-à-vis d'une personne, il n'y a rien qui explique ça, si ce n'est quelque chose de pas palpable.

Hélène : Quand je rencontre des gens, je peux avoir des aversions avec certaines personnes. Maintenant, dans mon métier, je sais ce qui me bloque : suivant les pathologies des gens, il y a des choses où ça me dresse le poil, je n'y arrive pas.

Sortir du mode victime pour transformer son caractère

Hélène : Tout comme avec la victimisation, j'ai du mal.

Jérémy : Moi aussi.

Hélène : J'ai vachement de mal. Parce que quand tu as un parcours un peu chaotique et que tu ne te victimises pas, tu te dis : « Ils peuvent le faire, quoi. »

Jérémy : J'ai l'impression que dès que tu commences à poser des questions sur qui je suis, pourquoi je suis là, ce que je peux transformer dans mon caractère pour être mieux, les gens qui sont un peu en mode victime — « je ne peux rien faire, je subis » —, forcément, ça leur renvoie à quelque chose.

Hélène : Oui, j'ai vachement de mal avec ça. Mais en même temps, j'ai de l'empathie, parce que je pense qu'on passe tous un peu par là, à un moment donné.

Jérémy : Ça peut être intéressant aussi d'aller voir les parts de toi où tu es en mode victime. Parce qu'on a tous un truc qui va nous déplaire, et il y a probablement des domaines de ta vie où tu es victime de choses.

Hélène : Bien sûr. Par exemple, une valeur qui n'est pas commune à la tienne : qu'est-ce que ça te renvoie ?

C'est toujours à toi que ça renvoie. Ce qui va te déplaire, à toi, ce ne sera pas la même chose pour moi.

Parce que ça nous renvoie à des trucs inconscients de ce qu'on a vécu. Et souvent, c'est dans la petite enfance.

Conclusion : Partagez vos impressions en commentaire

Jérémy : Trop bien, Hélène. Franchement, merci, je suis trop content de t'avoir croisée. Je ne pensais pas avoir cette discussion avec toi.

Hélène : Moi j'avais un peu peur de faire ce podcast, et en fait tu as été super sympa. Je ne sais pas si j'ai dit trop de bêtises, mais bon…

Jérémy : Tu verras en regardant. On en fera peut-être un autre, un jour, si on se recroise.

Hélène : On s'est croisés deux fois dans la même semaine ! On peut avoir plein de thèmes. Sur ces sujets-là, il n'y a pas de problème, je pourrais toutes les faire. Il y a des trucs où je serais incapable de te répondre, mais ça, ça se fera.

Jérémy : Merci.

Hélène : De rien, c'était un plaisir.

Merci à toi d'avoir regardé cet épisode jusqu'au bout. J'ai hâte de savoir ce que tu penses de ce que Hélène a partagé, si ça t'a inspiré, ce que ça t'a fait ressentir. Je te dis à très vite pour un prochain épisode de podcast, et en attendant, prends soin de toi.