ORIGINE

Le piège du perfectionnisme : Comment s'en libérer ? (avec Lauriane Legrand)

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Le Laboratoire Origine

Un accompagnement collectif de 3 mois

Pour comprendre ce qui te freine, retrouver une vision claire de ce qui est juste pour toi, et repartir avec une méthode que tu pourras réutiliser toute ta vie.

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Dans cette nouvelle interview passionnante, je reçois mon amie Lauriane Legrand pour explorer un sujet qui nous touche tous : le perfectionnisme et ses pièges. Comment passer de la performance à la présence ? Comment se reconnecter à son énergie pour réussir sa "deuxième partie de vie" ?


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ORIGINE : c'est ma méthode pour comprendre ce qui te bloque profondément et (re)mettre ta singularité au cœur de ton activité (et de tous tes domaines de vie).


Lauriane nous partage son parcours inspirant, de ses débuts en entrepreneuriat avec "Le Marathon des Langues" à sa nouvelle mission dédiée à l'énergie des femmes. Nous discutons sans tabou de gestion de l'énergie, de cycles physiologiques, de l'importance de l'écoute de soi et de la manière dont nos blessures d'enfance forgent notre rapport à la réussite. On est clairement dans un épisode pépite du podcast Origine 😍


Un échange profond pour toutes celles et ceux qui veulent arrêter de "forcer" et retrouver de la fluidité dans leur vie et leur business.


✨ Au programme de cet épisode :

- Pourquoi ton énergie est ton actif le plus précieux.

- Se libérer du besoin de reconnaissance et du perfectionnisme.

- Comprendre sa physiologie pour exploiter son plein potentiel.

- Transformer un choc émotionnel en une renaissance personnelle.

- L'importance de créer des espaces de vide pour laisser émerger sa créativité.


📌 Retrouvez Lauriane Legrand :

Instagram : https://www.instagram.com/laurianelegrand_/ / https://www.instagram.com/marathondeslangues/

Son livre : "Parler anglais en 6 mois" (Éditions Eyrolles) https://amzn.to/43wyKzj


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🎥 Découvre notre échange en vidéo : https://youtu.be/T4FBf5_h9MY



👤 À propos de moi

Je m’appelle Jérémy Guillaume et je crois profondément qu'un changement durable n’est possible que dans l’amour de ce que tu es et de ce que tu as été.

Et c'est exactement pour ça que j'aide les entrepreneurs à se reconnecter à leur cœur et à leur singularité en identifiant clairement leurs valeurs et leurs blessures dans le but de se créer un business parfaitement aligné.

On bosses sur la stratégie, sur l'acquisition, la conversion, la délivrabilité, le marketing, la communication, mais toujours avec une approche basée sur la rechercher des causes plus profondes des blocages existants.

Si t'es pas prêt à une introspection profonde, ce n'est clairement pas pour toi.


Viens échanger sur https://www.instagram.com/jeremyguillaume/ et direction www.jeremyguillaume.fr pour bosser ensemble.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Le texte complet de cet épisode, reformaté

Introduction : Qu'est-ce qui rend Lauriane unique ?

Jérémy : Bienvenue dans ce nouvel épisode d'Origine. Aujourd'hui, je suis avec Lauriane. Ça fait six ans, je crois, qu'on se connaît, et je suis trop heureux de t'avoir dans le podcast. On a dit qu'on démarrait direct dans le vif du sujet : selon toi, qu'est-ce qui te rend unique ?

Lauriane : Oh wow, effectivement ! On en parlait tout à l'heure en off : le retour qu'on me fait le plus souvent, c'est mon énergie. C'est un peu une réponse globale, parce que chaque personne a une énergie différente. Mais je suis souvent dans un travail d'introspection, à me poser plein de questions, à toujours vouloir progresser. Et dans cette dynamique, j'aime bien demander aux gens ce qu'ils perçoivent de moi.

Il y a toujours une dissonance, ou en tout cas un écart, entre ce qu'on perçoit de soi et ce que les autres perçoivent de nous.

Quand j'ai commencé cet exercice, à chaque fois j'étais hyper surprise : « Ah ouais, tu me vois vraiment comme ça ? » Et à force de le faire, il y a des choses que j'intègre de plus en plus. Le mot qui revient tout le temps, c'est l'énergie : une énergie qui embarque, qui donne envie de faire confiance, de passer à l'action, d'y aller.

Jérémy : Et toi, dans ta perception, comment tu qualifierais la qualité de cette énergie ?

Lauriane : Je dirais qu'elle est très variable. Parce que mon énergie, c'est vraiment ma priorité dans ma vie.

Faire de son énergie sa priorité n°1

Jérémy : C'est justement la question que je me pose : est-ce que tu partages beaucoup ça sur les réseaux ? Comment tu la préserves ?

Lauriane : Désormais oui, parce que j'ai conscience que c'est ce que les gens aiment chez moi. Je me suis dit : autant m'appuyer là-dessus pour partager ce qui fait que je suis dans cette belle énergie. Et surtout partager ce qu'on ne voit pas. Parce que la majorité du temps où on me voit, que ce soit sur les réseaux ou en physique, j'ai toujours une belle énergie — justement parce que je prends soin de mon énergie. Je ne vais pas me forcer à aller voir des personnes, même si je les adore, quand mon énergie est basse.

Jérémy : Ça veut dire que tu t'interdis de montrer cette part de toi ?

Lauriane : Non, ce n'est pas de l'interdiction, c'est du respect de moi-même.

Jérémy : Tu as juste envie d'être sous ta couette et de prendre du temps pour toi.

Lauriane : Exactement. Et ma perception des choses, c'est que quand une part de soi est très exprimée — avoir une grande énergie, embarquer les gens —, il y a forcément l'autre polarité. Moi, je suis aussi une ermite qui n'a envie de voir personne, avec un seuil de tolérance sociale très bas. Quand je suis en mode « je veux voir des gens, je partage mon énergie », c'est que je suis en haut.

Jérémy : C'est hyper intéressant, parce que quand tu as un compte, quand tu communiques, on te parle beaucoup de personal branding, d'identité. Et tu as raison : tu n'es jamais tout le temps au top de ton énergie. Tu as des hauts, des bas, on est une multitude de facettes. Comment tu gères ça au quotidien, et notamment dans ton business, avec tes clients ?

Entrepreneuriat et cycles : Arrêter de forcer

Lauriane : Déjà, c'est la raison pour laquelle j'ai créé mon entreprise. J'ai fait une petite période dans le salariat, pas très longtemps, mais suffisamment. Je savais déjà que je ne voulais pas y rentrer, mais je n'avais pas encore la baguette magique pour en sortir. Tout ce que je savais, c'est que ce modèle ne me convenait pas. Quand j'ai commencé à bosser comme salariée, ça a confirmé ce que je pensais : je ne comprends pas comment on peut vivre dans un cadre aussi restrictif, où on décide de quelle heure à quelle heure tu dois travailler et être productif.

L'être humain, par nature, est cyclique — que ce soit un homme ou une femme.

Il y a des personnes plus productives le matin, d'autres la nuit, d'autres le soir.

Jérémy : Il y a même des cycles hors journée. Parfois, pendant quinze jours, tu peux être à fond sur un truc, et le mois suivant tu n'as plus la même énergie.

Lauriane : Complètement d'accord. Et je m'intéresse beaucoup à la physiologie féminine, donc encore plus avec les cycles. Ce n'est pas une tare, les cycles : au contraire, quand on les comprend, tu as des pics de grosse énergie, et d'autres moments plus introspectifs, qui te permettent de voir tout ce qui ne va pas dans ton quotidien, dans ta vie, pour ensuite ajuster les choses. Et je trouve qu'au-delà de bien se connaître, au-delà du développement personnel, une couche plus loin, c'est de comprendre la physiologie de son corps.

L'importance de la connaissance de sa physiologie

Jérémy : Quand tu dis premier niveau, c'est bien se connaître, le côté développement perso, psychique, mental. Et le deuxième niveau, pour toi, c'est le corporel ? Parce que quand tu parles de physiologie, de fonctionnement hormonal, c'est vraiment très interne.

Lauriane : Je ne le mettrais pas dans cet ordre. Pour moi, le pouvoir de l'être humain, c'est la connaissance. Et si on ne sait pas comment on fonctionne biologiquement, physiologiquement, c'est vraiment ça le premier niveau. C'est la connaissance de soi, mais pas au sens développement personnel, parce que ça peut être une couche assez superficielle. C'est avant ça. À quel moment est-ce qu'on t'enseigne ça ? Par exemple, chez les femmes, avoir ses règles, c'est une tare — alors que non, si on nous apprenait à fonctionner avec notre corps au lieu de faire l'inverse…

Jérémy : Quand tu dis « une tare », c'est le jugement extérieur, ce qu'on a dit pendant des centaines d'années ? Ou c'est la femme elle-même qui vit ça comme un handicap ?

Lauriane : Les deux, vraiment. Pendant des années, on l'a dit, y compris dans des religions. Je me souviens, j'étais en Thaïlande, il y avait des temples dans lesquels on ne pouvait pas rentrer : interdit aux femmes, parce que les règles sont sales, en gros. Je dis simplement ce qui est écrit. C'est quelque chose qui sort du corps et qui est à fuir. Donc déjà, comment la femme peut accepter ça, puisqu'on lui dit de l'extérieur que c'est un problème ? Et en plus, tu rajoutes toutes les maladies qui se développent, les endométrioses, etc. Forcément, certaines femmes vont se focaliser sur le mauvais côté des choses, alors que ce sont des choses qui ne sont pas naturelles.

Avoir mal pendant ses règles n'est pas normal. On a accepté ça, alors qu'il y a simplement un dérèglement et une harmonie à retrouver.

Quand on ne comprend pas son corps, on essaie d'évacuer tout ce qui ne nous paraît pas bénéfique. Mais quand on comprend comment ça fonctionne, on se dit : « Ah, en fait, c'est chouette ! »

Apprendre à ressentir son corps et ses émotions

Jérémy : Est-ce que tu prônes une écoute active de son corps ? Je te pose la question parce que l'autre fois, j'étais avec deux amis et il y avait deux polarités qui s'opposaient. Une personne disait : « Tous les matins, je me réveille et j'écoute mon corps, je lui demande comment il va, comment il se sent. » Et l'autre disait : « Je ne comprends pas qu'on puisse faire ça. Moi, je ne me pose pas de questions, le matin je me lève et c'est OK. » Je me suis dit que les deux avaient raison en même temps. Toi, tu es plutôt d'un côté, de l'autre, ou dans un équilibre ?

Lauriane : Moi, j'ai été les deux. J'ai passé la première partie de ma vie à croire que je n'avais pas d'émotions, à ne pas ressentir mon corps. Un jour, j'ai capté quelque chose : je me faisais tout le temps mal, je me cognais tout le temps, j'avais tout le temps des bleus. Et un collègue à l'époque m'a dit : « Il paraît que les gens qui se cognent tout le temps, ce sont des gens qui ne prennent pas soin d'eux-mêmes. »

Jérémy : Ils ne sont pas ancrés.

Lauriane : Sur le moment, ça n'a pas percuté, mais la phrase est restée. Et je me suis rendu compte que oui : j'étais en mode action, mes obligations étaient la priorité, je faisais le taf. Jamais je ne me posais la question « là, je suis un peu fatiguée ». Non, tu es une machine, tu y vas, tu ne te poses pas de questions. Ça dure un temps, puis je suis allée à l'extrême inverse : « Qu'est-ce que mon corps me dit, là ? » J'ai découvert les émotions, les sensations corporelles. Aujourd'hui, je ne suis pas en mode « il faut absolument que je me pose la question le matin ». Et là, je me suis fait une entorse…

Jérémy : Oui, récemment.

Lauriane : Je préparais un ultra-trail de 85 kilomètres et je me fais une entorse pile au moment où j'allais commencer la grosse prépa. Et c'était très curieux, parce que la semaine d'avant, je me disais : « La semaine prochaine, je suis en mastermind avec des amis, on va bosser dans un autre cadre. Pour suivre mon entraînement, je vais me lever à 6 heures du matin et j'irai courir. »

Jérémy : Tu ne vas pas courir 5 kilomètres pour en préparer 85.

Lauriane : Voilà. Donc je m'étais dit : la régularité va primer cette semaine-là, je me lèverai à 6 heures et j'irai courir 10 bornes tous les matins pendant cinq jours. Et franchement, à l'idée de ça, je n'en avais pas spécialement envie.

Sortir de la performance pour retrouver le sens

Lauriane : L'ultra, pour moi, ce n'est pas me prouver quelque chose : je sais que j'ai des ressources, je sais que je suis capable de le faire. Mais mon grand questionnement en ce moment, c'est comment je fais pour m'aligner au centre de ma vie, arrêter d'être dans la force, de forcer les choses, dans la perf. Parce que je sais que quand je suis dans la perf, j'obtiens ce que je veux, mais à quel coût ?

Jérémy : C'est toujours ça : quel est le prix à payer ?

Lauriane : Exactement. Ça fait quelques années que j'essaie de changer mon mode par défaut : pourquoi tu veux faire ça ? Qu'est-ce que ça va nourrir chez toi ?

Jérémy : Et ça nourrit quoi, de vouloir faire cet ultra ?

Lauriane : Justement, ça m'a poussée à me poser la question, et je me suis rendu compte que ça nourrit des valeurs. C'est marrant parce que ça n'a rien à voir avec le sport : je suis dans un club de trail, on est plus de 200. Ce que j'adore dans ce club, c'est le gros sens du partage, de l'entraide. Ça va au-delà de la course, on fait des événements entre nous. Et courir toute seule dans mon coin sous la pluie, la nuit avec ma frontale, comme je le faisais avant, je n'en ai plus envie.

Jérémy : Je crois que j'ai vu des stories de toi où tu faisais ça, non ?

Lauriane : Il y a longtemps. En plus, je vivais dans le nord de la France, il pleuvait tout le temps. L'entraînement était sur ma to-do, je faisais mon entraînement. Aujourd'hui, je n'en ai pas envie.

Jérémy : Comment tu fais la distinction ? Parce que si on pousse ce que tu dis à l'extrême, il y a d'un côté écouter son corps, ses émotions, et les respecter…

Lauriane : Je vois la question arriver.

Jérémy : … et de l'autre le fait de savoir que quand tu le fais, ça te fait du bien. Comment tu arrives à savoir où est la justesse ?

Lauriane : Je pense que c'est propre à chacun. Moi, je sais que j'ai une énorme discipline, une grosse force, c'est un truc que j'ai toujours eu. Avant, quand je voyais des personnes qui n'étaient pas là-dedans, je jugeais : on leur donne les solutions, pourquoi elles ne passent pas à l'action ? J'ai découvert d'autres choses depuis, je ne juge plus sur ce point. Par contre, je me juge de ouf là-dessus : « Mais pourquoi tu ne passes pas à l'action ? Tu sais comment faire. » Pour te répondre… comment je te réponds à cette question ?

Jérémy : Ce n'est pas évident. C'est une question que je me pose aussi, parce que mon opération du cœur m'a fait dire : « Arrête de forcer, de pousser, pousser, pousser, parce que regarde où ça t'a amené. » Ça m'a permis de réintégrer le fait que mon corps a vraiment quelque chose à me dire. Mais je n'ai pas la réponse : parfois je me dis « je n'ai pas envie, je ne le fais pas » ; parfois « je n'ai pas envie, je le fais » et je vois que ça me fait du bien. Est-ce que j'aurais dû le faire deux jours avant, quand je n'avais pas envie ? Je n'en sais rien.

La peur de lâcher le contrôle (le syndrome du mollusque)

Lauriane : J'ai quand même des éléments de réponse. La première chose, c'est que j'avais peur de lâcher ce côté force, parce que je me disais que j'allais aller à l'extrême inverse et devenir un mollusque. Quand j'ai découvert l'autre face du truc — on peut s'amuser, on peut kiffer —, je me suis dit : « Après, je n'aurai plus envie que de kiffer, je n'aurai plus envie de faire les trucs où il faut forcer un peu. »

Jérémy : Et en même temps, si tu réprimes cette part de toi, à un moment elle va venir frapper de plus en plus fort. Tu vas te casser une jambe, une cheville, peu importe. Si tu ne prends pas la décision toi-même, ton corps saura te la dire.

Lauriane : Il y a quelque chose qui m'aide beaucoup à équilibrer ça, pour ne pas se dire chaque fois « je n'ai pas envie, je ne fais pas ». J'ai eu une énorme prise de conscience — enfin, elle me paraissait énorme sur le moment, comme toutes les bonnes idées. Je faisais de la course à pied, et j'adore le trail. Avant, je faisais de la piste, je courais à plat, genre le hamster. Aujourd'hui, j'adore le trail parce que c'est varié, parce que j'aime monter et descendre. En fait, je me suis rendu compte que je n'aime pas courir, mais j'adore les profils.

Jérémy : Parce que c'est la vie, quoi. Il y a un côté inconscient où c'est la vie : les moments où tu montes, les moments où tu descends.

Lauriane : Peut-être. En tout cas, j'aime ça. Et on était à un entraînement avec le coach, l'exercice c'était de monter à fond de balle dans une côte. On dirait des sangliers, vraiment des fous. Et là, j'avais une puissance, je montais, je doublais des mecs. Le coach me dit : « Mais tu vis à la montagne, toi, pour faire des trucs pareils ? » Je lui dis : « Pas du tout, je kiffe, j'adore ça. » Et là, à l'intérieur, j'ai eu un déclic.

Aimer faire quelque chose potentialise la chose que je fais. Et moi, je ne m'étais jamais focalisée sur ce que j'aime : je faisais ce qu'il fallait faire.

Donc aujourd'hui je me demande : à quel point je peux rajouter du kiff et du sens dans ce que je fais pour atteindre ce que je veux ?

Jérémy : Ça me parle. J'ai dit que je n'avais pas de réponse, mais en fait je suis carrément d'accord, et je le vois dans plein d'espaces. Si on prend juste le podcast : pendant des années, c'était un calvaire. Aujourd'hui, si je pouvais faire des épisodes tous les jours, si j'avais le temps et les moyens, je le ferais. Parce que le sens a changé. Faire un montage il y a trois ou quatre ans, même si j'avais deux heures à y passer, c'était un enfer. Aujourd'hui, je suis content de le publier, parce qu'il y a un vrai sens derrière et j'ai envie de partager ce message. Quand tu changes la perception du sens que tu mets derrière, ça change l'énergie que tu y mets. Et un truc qui pouvait paraître insurmontable, tu ne te poses même plus la question, parce que tu as envie de le faire.

Lauriane : C'est trop bien quand c'est connecté à plus grand.

Jérémy : La merde du quotidien, tu ne la vois plus, tu passes au-dessus. Pendant des années, publier des vidéos toutes les semaines sur YouTube, c'était un calvaire. Aujourd'hui, j'ai des vidéos prêtes pour trois mois et demi, quatre mois, et j'aimerais qu'elles sortent plus vite.

L'origine : La petite fille créative derrière l'entrepreneure

Jérémy : Dans le podcast, j'aime bien essayer de revenir un peu à l'origine. Elle était comment, la Lauriane de 3, 4, 5 ans ?

Lauriane : La Lauriane enfant était très agitée, hyperactive, et en même temps elle aimait beaucoup être dans son coin, dans son monde, à créer, à écrire. J'inventais plein de trucs, j'écrivais des poèmes, des chansons, je construisais des châteaux en carton que j'amenais à l'école pour montrer ce que j'avais fait.

Jérémy : Hyper créative.

Lauriane : Très créative.

Jérémy : Et du coup, ça vient d'où, ce que tu disais tout à l'heure ? J'ai l'impression que tu t'es calibrée un peu performance, qu'il faut suivre un chemin, ou en tout cas montrer sa valeur en allant au bout des choses. Ça vient d'où ? Tu en as conscience ?

Blessures d'enfance et quête de reconnaissance

Lauriane : J'en ai clairement conscience. À un moment de ma vie, j'ai pris conscience que tout ce que je faisais était pour aller chercher la reconnaissance extérieure, notamment celle de mes parents, et surtout de ma mère. J'ai eu la perception, quand j'étais enfant, que mes côtés créatifs n'étaient jamais reconnus. Sa perception à elle est différente, mais la mienne était celle-là. Je me souviens, j'avais fait un spectacle à l'école, j'étais trop enthousiaste : « Maman, t'as vu ? » Et sa réaction a été en deçà de ce que j'attendais.

Des fois, il suffit d'un petit événement, et ça shifte toute la trajectoire : « Bon, je vais lui montrer que j'existe, que je mérite d'exister, que je peux faire des trucs incroyables. »

Jérémy : C'est fou, ça me fascine. En coaching, dans tout ce que je fais, j'essaie justement d'aller toucher ça du doigt : dans quelle mesure des événements anodins, dans la perception que tu en as eue enfant, vont créer ta réalité, tes traits de caractère, ta manière d'être, et ce truc contre-productif vers lequel tu pousses parfois. Aujourd'hui, avec la conscience que tu as, tu es heureuse d'avoir vécu ça ? Tu en veux à ta mère ?

Lauriane : Oui, complètement, parce que j'ai fait le taf. J'ai eu ces phases où j'ai eu de la colère. Et aujourd'hui, c'est plutôt : « Heureusement que j'ai vécu ça. » Ça m'a permis d'être hyper débrouillarde. À 18 ans, je suis partie au bout du monde toute seule, mes potes me disaient : « T'es bizarre, toi. » À 15 ans, je travaillais, j'étais serveuse les week-ends et pendant les vacances scolaires. J'ai voulu mon permis, il fallait que je bosse pour me le payer. J'ai voulu aller au bout du monde, ce n'est pas tombé du ciel : je bossais comme une malade à côté. Ça m'a donné une débrouillardise que je n'aurais jamais eue. Mais j'avais aussi intégré que la vie était dure et qu'il fallait toujours se battre.

Jérémy : Est-ce que tu le crois toujours, ou est-ce que tu l'expérimentes encore ? J'ai l'impression que ce n'est pas une croyance facile à détacher.

Lauriane : Je suis en plein dedans en ce moment, et je vois tous les endroits où c'est fluide. Quand tu lâches la force, le « je vais y arriver quoi qu'il en coûte », j'expérimente plutôt l'inverse : est-ce que le prix à payer répond à ce que je veux réellement derrière ? Ça me permet de mettre un filtre : ça ne vaut peut-être pas le coup de se battre pour un truc qui n'a pas forcément de sens pour ce qui me nourrit.

Réussir sa deuxième partie de vie : Sa nouvelle mission

Jérémy : C'est quoi, ton plus grand rêve aujourd'hui ?

Lauriane : C'est marrant, avant de te répondre directement : il y a plein de fois dans ma vie où on m'a posé cette question, et ma première réponse était « je n'ai pas de rêve ». Puis, quand je me posais et que je commençais à écrire, je me rendais compte que j'ai plein de rêves, mais que systématiquement, dans mon mode par défaut, je les oubliais.

Jérémy : Comme si tu ne t'autorisais pas à en avoir.

Lauriane : Oui. Et aussi parce que je suis arrivée à un stade de ma vie où j'ai l'impression d'avoir réalisé tout ce que je voulais.

Jérémy : C'est un peu comme le champion olympique sur la première marche : il y a des études qui montrent qu'il tombe plus facilement en dépression que celui qui est sur la deuxième ou la troisième, parce qu'il n'a plus rien à atteindre derrière.

Lauriane : J'ai vécu une période comme ça, à me dire : « Tout ce que je voulais, ça ressemble à ça, en fait ? »

Jérémy : C'est intéressant, parce que dans la performance, tu cours après quelque chose d'extérieur à toi. Tu es performante rarement pour toi, mais pour des blessures, pour les autres. Donc ce n'est jamais comblé. Et tu ne peux pas t'autoriser à avoir un rêve, parce qu'un rêve, c'est peut-être te remettre au centre, dire qui tu es et de quoi tu as envie — et donc sortir de cette quête de performance.

Lauriane : Le truc en ce moment qui me donne de l'énergie, qui me drive, et derrière lequel il y a vraiment un sens, c'est d'aider les femmes. Ça va faire très marketing, mais c'est vraiment ça : accompagner les femmes dans la deuxième partie de leur vie pour que le meilleur soit devant elles, et pas derrière.

J'ai découvert ça au travers de ma première entreprise, Le Marathon des Langues, un accompagnement où on aide des personnes à parler anglais en six mois, avec des outils de développement personnel, en allant voir pourquoi on a des blocages à l'oral, le blocage de mâchoire comme on dit. Et je me suis dit : ce n'est pas l'anglais qui me drive, c'est la transformation de la personne derrière. Je me suis rendu compte qu'on avait 90 % de femmes dans cet accompagnement, sans forcément le chercher.

Jérémy : Et elles venaient vers toi parce qu'elles le ressentaient ?

Lauriane : Si on rentre un peu dans le détail : il y a une méthode pour pouvoir parler en six mois, mais avant la méthode, tu peux appliquer ce que tu veux, si tu as un blocage de mâchoire, si tu n'oses pas parler, si tu as peur de t'exprimer, d'être vue comme débutante, de perdre en légitimité au regard des autres… Et perdre sa voix, c'est beaucoup plus significatif chez une femme que chez un homme. Pourquoi ? Parce que la femme a intégré pendant des années que sa voix n'avait pas d'importance. Le droit de vote arrivé tard, pour ne donner qu'un exemple. J'ai capté que c'était beaucoup plus présent chez les femmes.

Et quand elles arrivent chez nous et qu'elles voient que non seulement elles ne sont pas nulles comme elles le croient depuis mille ans, mais qu'en plus c'est possible de parler anglais en six mois, elles se disent : « Attends, mon système de croyance était "je suis nulle, je n'y arriverai jamais", et je suis capable de le faire en six mois. Donc de quoi d'autre je suis capable ? »

Voir la transformation d'une personne en six mois, qui lâche les trucs qui ne sont plus alignés, qui part au bout du monde, qui accomplit ses rêves — c'est ça qui me drive. Et je me suis dit : je vais aller plus loin qu'au-delà de l'anglais.

Jérémy : C'est fou, j'ai le sentiment qu'on a été vachement alignés dans nos prises de conscience. J'ai eu le même truc avec les photographes : ce qui m'a drivé pendant des années, ce n'était pas de faire de la photo ni même d'accompagner les photographes. Avec du recul, photographe ou pas, ce n'est pas le sujet. Le truc au fond, c'est la reconnexion à soi, suffisamment pour découvrir sa véritable nature et partager au monde ce que la personne a à l'intérieur d'elle. Et je pense qu'il y a plein de gens qui vivent ça : on choisit une activité parce qu'elle a du sens à un moment, parce que c'est le fil rouge, et on peut perdre du sens parce qu'on ne voit plus ce fil rouge, parce qu'on ne le relie plus à ce qui est important pour nous.

Lauriane : C'est exactement ça, c'est le fil rouge. Ça fait neuf ans que je suis entrepreneure, il y a eu des hauts et des bas, sans arrêt des moments où je me dis : « Qu'est-ce que je fais, j'arrête ? » Et chaque fois que je me reconnecte à ce fil rouge, ça me donne l'énergie, parce que je vois l'impact qu'on a chez ces femmes. C'est pour ça que j'ai créé une deuxième entreprise, Énergie Limitée, pour aider les femmes qui sont dans la deuxième partie de leur vie à enlever tout ce qui les empêche de la vivre pleinement. C'est généralement là qu'il y a des prises de conscience : « Attends, je me suis fait passer en second toute ma vie, j'ai mis ma carrière de côté… » Et elles se rendent compte que le sprint, c'est maintenant. Avec des vraies questions derrière : est-ce que j'ai envie de mourir avec des regrets à la fin de ma vie ?

D'où ça me vient ? J'ai l'impression d'avoir échoué avec ma grand-mère. Je n'avais pas toutes les connaissances que j'ai aujourd'hui, mais ma grand-mère, c'était genre ma meilleure amie. Je me sentais en décalage dans mes groupes d'amis, même avec les adultes, et ma grand-mère, c'était mon refuge.

Jérémy : Depuis toute petite ?

Lauriane : Depuis toute petite, je sentais que j'avais une relation spéciale avec elle. Elle était comme moi, hyperactive, à faire le jardin, plein de trucs. Et je l'ai vue vieillir. Je lui disais : « Fais un peu de vélo, on va te mettre un vélo d'appartement, on va aller marcher. » Je voyais plein de choses qui pouvaient lui faire du bien, je lui apportais des prises de conscience sur la perception qu'on peut avoir des choses. Je me rends compte que je le faisais déjà naturellement avec elle.

Il y a même une anecdote : elle avait perdu une somme d'argent. Elle avait fait une enveloppe qu'elle avait cachée dans sa maison, dans son truc de grand-mère, et ça faisait des mois qu'elle ne la retrouvait pas. Moi, je venais de découvrir le pouvoir du subconscient. Je lui ai dit : « Cette information, tu l'as à l'intérieur. Répète-toi avant de te coucher : je sais où est l'enveloppe, ramène-moi cette information. » Elle l'a fait, et quelques jours après elle a retrouvé son enveloppe. Je voyais la puissance du truc, je me suis dit : « Ah, trop bien ! »

Et en même temps, je sais qu'elle est partie avec trois énormes regrets, et je n'ai pas pu agir là-dessus. Je ne sais pas si je m'en voulais, mais je me dis que je n'avais pas les outils pour aller encore plus loin. Je sais qu'elle a eu la sensation de ne pas avoir eu une vie vraiment heureuse. Elle voulait déménager dans le sud de la France, voyager plus, divorcer de mon grand-père, et ce sont des choses qu'elle n'a pas faites par conformisme, parce qu'à l'époque c'était beaucoup plus difficile. Et là je me suis dit : bon, il me reste ma mère, comment je peux faire ? Ma mère a déménagé quinze jours après sa retraite dans le sud de la France.

Jérémy : Donc ce n'était pas autorisé pendant 60 ans.

Lauriane : Et le fait de me voir évoluer là-dedans, d'avoir des discussions qui permettent de réfléchir différemment, je vois qu'il y a des trucs qui captent.

Jérémy : Et donc, ton plus grand rêve ?

Lauriane : Oui, je tourne autour du pot, mais tout ce qui m'amène à ça, c'est d'accompagner les femmes pour qu'elles n'arrivent pas sur le dernier jour de leur vie, sur leur lit de mort, en se disant : « Je suis passée à côté de ma vie. »

Le rapport à la critique et à l'autorité

Jérémy : J'ai des petites fiches avec des questions numérotées de 1 à 10. Les premières concernent l'histoire des blessures, de ce qui t'a guidée. Tu me dis un numéro et je te pose la question qui correspond.

Lauriane : 9.

Jérémy : Quelle critique ou remarque te touche encore aujourd'hui ?

Lauriane : Une critique autour de la perfection. Pas du style « tu n'es pas assez perfectionniste », mais du style « tu n'as pas bien fait ça ». J'ai fait le truc, mais selon la perception de la personne, ce n'est pas assez bien. Là, ça m'active.

Jérémy : Et pourquoi ça te touche ?

Lauriane : Parce que la personne émet un jugement sur comment j'aurais dû faire les choses. Et je pense que c'est relié au fait que je ne supporte pas l'autorité. On ne peut pas me dire ce que je dois faire, je ne supporte pas ça. C'est aussi pour ça que je ne pouvais pas être salariée, ce n'était pas du tout fait pour moi. J'aime bien faire les choses à ma manière, et si la personne considère que ce n'est pas assez bien fait… j'aurais pu faire mieux si j'avais eu d'autres outils.

Jérémy : Et pourquoi tu ne le prends pas en mode « c'est un connard » et puis basta ?

Lauriane : Ça dépend de qui ça vient. Exemple concret : si ça vient d'une élève qui a une critique sur le programme, je vais écouter.

Jérémy : Oui, je me souviens qu'on avait parlé de ces sujets : un retour qui peut être une critique va te pousser à améliorer ton programme.

Lauriane : La livraison de notre programme est vraiment hyper importante pour moi. On a un programme qui n'existe pas en France. À la base, je l'ai créé pour moi, parce que j'étais nulle en anglais à l'école. Et vu qu'on est les seuls à faire ça, j'ai envie de pousser la pédagogie à fond, pour qu'on ait vraiment le meilleur programme. Après, il y a des gens à qui ça ne va pas convenir, parce qu'on a une manière de faire différente. Quelqu'un qui n'est pas coachable va trouver à redire sur tout. Quelqu'un qui n'a pas envie de se poser des questions sur soi, qui ne peut pas se demander « pourquoi ma mâchoire, pourquoi j'ai un blocage inconscient quelque part », ça ne marche pas. J'ai eu une période où je me disais : « Ce n'est pas la bonne personne, ce n'est pas le bon client. » Aujourd'hui, je pousse un peu plus loin la réflexion : dans quelle mesure ça pourrait être des indications pour qu'on s'améliore et qu'on devienne encore meilleurs ?

Jérémy : Comment tu fais la distinction entre « erreur de casting, la personne n'est pas coachable » et « il faut améliorer le programme » ? Avec ton caractère de performance, tu pourrais vouloir créer le programme parfait qui correspond à tout le monde.

Lauriane : Très simple : le curseur, c'est le respect. Si tu as un client qui insulte mes coachs, qui mente, qui embarque les autres élèves dans sa tourmente négative, là il n'y a pas de sujet.

On a la politique de la pomme pourrie : s'il y a une pomme pourrie dans le programme, ça dégage. On la rembourse s'il faut, mais elle sort.

Tu as 120 personnes et une pomme pourrie, c'est le bordel. Donc là, c'est radical. Après, si une personne a des difficultés, j'arrive beaucoup à ressentir l'émotionnel. Si je sens qu'elle est négative, un peu victime, mais qu'il y a une couche émotionnelle derrière, alors on se demande comment on peut l'aider, et on met les moyens. On a déjà eu des élèves comme ça, et ça a été un succès énorme. Toute l'équipe connaît la politique, je les embarque dans la même énergie que moi : c'est dur, mais voyez-le comme un challenge et on va voir ce que ça donne. Cette cliente, à la fin, on a eu des retours incroyables, un vrai changement de mindset. C'est cool, parce qu'on l'a fait bouger au-delà de l'anglais.

Le choc émotionnel qui a tout changé (sa rupture)

Jérémy : Est-ce que tu as d'autres souvenirs de moments marquants qui pourraient expliquer la femme que tu es aujourd'hui ? Pas forcément un moment, mais des situations, des vécus familiaux, amicaux, amoureux, qui t'ont drivée.

Lauriane : Il y a eu un gros choc émotionnel : une rupture avec un ex-compagnon avec qui j'avais passé la moitié de ma vie, quatorze ans.

Mon monde s'est effondré, mais tout s'est ouvert.

J'ai été à terre pendant un an et demi.

Jérémy : Ce n'est pas si long, pour une relation aussi longue.

Lauriane : Quand tu es dedans, je peux te dire que ça paraît très, très long. Il a été hyper patient, parce que j'étais énormément dans la performance : je n'ai pas le temps pour les câlins, les bisous, il faut y aller, il faut bosser. Je n'étais pas douce. L'amour, c'est un concept que j'ai l'impression de ne pas avoir connu. Dans ma famille, il n'y avait pas de grosses démonstrations affectives.

Jérémy : Quand tu es dans la performance, tu es forcément un peu coupée de toi. Donner de l'amour, ça veut dire être davantage connectée à toi, à l'autre, aux besoins.

Lauriane : Pour moi, c'était du mollusque en boîte. J'étais hyper jugeante, hyper critique. Je ne me serais pas du tout entendue avec cette personne si je l'avais rencontrée à l'époque. J'avais l'impression d'être ouverte d'esprit, mais j'étais très fermée, très câblée sur mes sujets. Cette rupture m'a permis de mettre de la lumière là-dessus et de me dire que je n'avais rien compris à l'amour. Alors je l'ai pris comme je fais tout, dans mon mode par défaut : je vais prendre des livres, des formations, je vais me former à l'amour.

Jérémy : Ça a marché ?

Lauriane : Ça dépend de ce que tu mets derrière le mot « marché », mais ça m'a ouvert plein de portes. Ça m'a complètement ouverte, et fait voir que c'est peut-être juste le but d'un être humain : aimer, recevoir de l'amour, et être guidée par ça.

Jérémy : Les deux trucs qui me questionnent : comment tu en es arrivée à avoir une telle relation, et comment tu as réussi à en sortir ?

Lauriane : Je ne voulais pas en sortir. Je voyais que ça nous autodétruisait tous les deux, on avait conscience qu'il fallait qu'on s'arrête, mais je ne voulais pas arrêter. J'étais complètement attachée, et c'est là que je revois mes critères de performance : si on arrête, c'est l'échec. Je voulais absolument qu'on trouve tous les moyens.

Jérémy : Socialement aussi, une rupture peut paraître un échec. C'était violent de l'extérieur ?

Lauriane : Ce n'était pas de l'extérieur, c'était vraiment interne. J'avais projeté : pour moi, c'était l'homme de ma vie, on allait avoir des enfants, se marier. Dans ma famille, je n'avais connu que des divorces, ce n'était pas forcément un sujet, mais j'avais projeté ça. Et quand tu as des attentes, tu ne peux qu'être déçue quand la situation devient différente. Tout était contrôlé, le chemin était tracé. Forcément, ça crée de la résistance et encore plus de difficultés à accepter. C'est lui qui a mis le dernier coup de stop.

Jérémy : C'est un cadeau qu'il t'a fait ?

Lauriane : De ouf, complètement. Sur le moment, non — je crois que j'avais 30 ans, ou 31, je n'ai pas trop la mémoire des années. En plus, c'est la période où tu te dis : « Je vais finir toute seule avec un chat, ma vie est foutue. »

Jérémy : Tu t'imagines, à 30 ans, c'est jeune, arrête ta drama queen.

Lauriane : Et à l'époque, la course à pied à fond : les entraînements, les courses, les podiums. Comme par hasard, hernie discale à ce moment-là, et le médecin me dit que je ne pourrai plus courir de ma vie. « What ? » Ça faisait beaucoup.

Toute mon identité tombe. Mais qui suis-je ?

Et quand tu commences à te poser ce genre de questions, il y a des trucs qui tombent.

Relever des défis pour reconstruire sa confiance

Jérémy : Deuxième question : qu'est-ce que tu as appris à partir de 30 ans ? Tu es allée dans les livres, dans l'amour…

Lauriane : Plein de prises de conscience. Je me voyais extrêmement forte, indépendante, et là tout s'écroule et je me vois comme un mollusque. Je me dis : « Qui suis-je ? » Je me laissais couler. Encore une fois, ma perception était différente de ce que le monde extérieur voyait : j'allais courir tous les jours, et finalement la hernie discale a disparu après la rupture — on pourrait rentrer dans cette brèche aussi.

Ce qui m'a permis d'avancer, c'est de me poser des questions.

J'aime bien me dire aujourd'hui que la qualité de ta vie est à la hauteur des questions que tu te poses.

Ce moment-là a été l'ouverture de ces questions. Je me suis posé des questions existentielles, j'ai découvert le concept d'univers, le fait que tu peux demander et que ce que tu demandes arrive avec plus de fluidité, la loi de l'attraction, toutes ces choses-là. Je me suis dit : « Je n'ai rien à perdre, testons ! » Et comme ma confiance en moi était complètement sabotée, je me suis dit : « Je vais me faire une petite liste. » Je pense que ça a été le départ de tout. J'ai listé tous les trucs qui me font peur dans ma vie, et chaque mois j'en choisissais un que je relevais. Il y en avait un : prendre un billet d'avion aller, sans retour. J'avais l'habitude de voyager, mais toujours avec le voyage planifié. Là, c'était pour lâcher le contrôle : « Si ce truc d'univers fonctionne vraiment, on va voir ce qui se passe. »

Jérémy : Juste pour préciser, il s'est passé combien de temps ? Parce que tu passes de « je suis dans le contrôle, dans la performance, je m'oublie, je ne sais pas ce que c'est l'amour » à « bim, la relation se termine » et « je prends un billet d'avion et je pars ». Il y a eu une phase d'adaptation ?

Lauriane : Évidemment. Ce n'est pas très intéressant, parce que j'étais écroulée par terre à pleurer.

Jérémy : Non, mais c'est juste pour ne pas nourrir le fantasme : « Allez, je me sépare demain et tout ira mieux. »

Lauriane : Tu as raison de le dire. Ma première réaction quand on s'est séparés, moi qui avais l'habitude de voyager beaucoup et qui en avais ras-le-bol de vivre dans le nord de la France, c'était : « Chouette, ça y est, je me casse enfin. » Et puis je me suis dit : « Attends, attends ma cocotte. Si tu ne vis pas le deuil d'une relation aussi longue, tu vas te le retaper dans les dents plus tard. » Soit tu vis ta guérison jusqu'au bout, soit tu revis le truc dans pas longtemps. Donc j'ai accepté, j'ai pris un appartement dans le nord de la France, en me disant : « Dans un mois et demi, c'est réglé, on passe à autre chose. » Évidemment, c'est un peu plus long, je l'ai découvert en le faisant. J'ai été à terre pendant des mois et des mois. Il y a des jours où j'allais me balader le long de la rivière et je me demandais si je me jetais. C'était violent. Ça a été un énorme shift.

Jérémy : Le mollusque, pour toi, c'est vraiment l'envers : je suis un peu là, je ne bouge plus, jusqu'à renaître et devenir le papillon qui peut s'envoler.

Lauriane : C'est vraiment ça : le mollusque qui est là, qui ne passe pas à l'action, alors que j'ai un mode par défaut de passer à l'action.

Jérémy : Mais qui a besoin d'apprendre à écouter ses ressentis, son corps — souvent proportionnellement au temps où tu ne t'es pas écoutée.

Lauriane : Évidemment. C'est l'espace qui a été créé pour ça. Petit à petit, je me reconstruis, et ce qui m'a aidée, c'est de relever ces défis tous les mois. J'y suis allée progressivement, je n'ai pas fait le plus gros défi en premier. Les premières actions, c'étaient des petites victoires. Ça peut paraître insignifiant, mais ça fait remonter la confiance, l'estime de soi. Et l'un des défis, c'était de partir à l'étranger : je me suis retrouvée en Thaïlande.

Jérémy : Juste avec ton aller ?

Lauriane : Juste avec mon aller, et vraiment en mode minimaliste. Je n'étais jamais partie avec un sac aussi léger. Je n'avais même pas d'ordi, alors que j'avais déjà mon entreprise. Je me dis : « Mais comment j'ai fait ça ? »

Jérémy : C'était il y a combien de temps ? Juste pour qu'on se situe.

Lauriane : Une dizaine d'années, disons six à huit ans.

Jérémy : C'est juste pour que les personnes puissent se projeter dans le process. Tu as la séparation, puis quelques mois, quelques années après, tu as ces prises de conscience et tu te retrouves en Thaïlande.

L'expérience du yoga en Inde : Une reconnexion profonde

Lauriane : Je me retrouve en Thaïlande, je fais ma vie, je rencontre des gens. Et finalement, il y a une des filles avec qui je m'étais liée d'amitié qui me dit : « Je pars dans trois jours. » Je lui dis : « C'est dommage, pourquoi tu ne restes pas ? » Et elle me dit : « Pourquoi toi, tu ne viens pas ? »

Jérémy : Elle partait où ?

Lauriane : En Inde, dans un centre de yoga, pour devenir prof de yoga. Moi, j'avais juste retenu la dimension « yoga, Inde », et ça a percuté. Je me suis dit : « Oui, tu as raison. Pourquoi je ne viendrais pas, après tout ? Je n'ai pas de plan. » Elle partait trois jours après, il me fallait un visa, et il restait une place dans le truc. Et chaque fois qu'il reste une place, je sais que c'est pour moi — ça se répète dans plein de situations. Finalement, j'y suis allée. Et je ne comprends pas comment j'étais autant sortie du contrôle.

Jérémy : Parce qu'il y a un truc qui s'est lâché en toi. Tu es passée d'un côté ultra contrôle à un côté lâcher-prise.

Lauriane : L'extrême inverse : « Dans trois jours, je serai peut-être en Inde. Je ne sais pas où je vais. Il reste une place, c'est OK. »

Jérémy : C'est une invitation.

Lauriane : Une invitation, oui. Et au final, tout est parti de là pour la suite de ma vie. C'est ça qui est incroyable. Je suis arrivée en me disant : « Ah, mais c'est pour devenir prof de yoga ? Moi, je m'en fous, je ne veux pas être prof de yoga. » Et ça a été hyper nourrissant : en trois semaines, un mois à peu près, j'ai vécu toutes les émotions que je n'avais pas vécues dans les années précédentes.

Jérémy : Est-ce que tu n'as pas retrouvé la petite fille hyper créative que tu étais, au fond de toi ? C'est l'image que ça me renvoie. Pour que ça revienne de manière aussi fluide en apparence, c'est que ce truc-là, tu l'avais au fond de toi. Est-ce que cet événement douloureux de la séparation n'a pas permis de réveiller la part de toi que tu avais renfermée pour te conformer au moule de la famille ou de la société ? Ou tu crois vraiment qu'une part de ton caractère a émergé, qui n'existait pas avant ?

Lauriane : C'était surtout assez nouveau de découvrir qu'on peut prendre soin de soi. Et la philosophie du yoga est juste incroyable pour ça : ce ne sont pas juste des postures. J'ai découvert toute la philosophie derrière.

Jérémy : Aujourd'hui, il y a beaucoup de yoga de performance, mais le yoga méditatif, le yoga du souffle, c'est vraiment une reconnexion profonde à soi, à ses sens, à son corps.

Lauriane : Totalement. Et là, ça a shifté mon monde. À partir de là, j'ai tiré sur la ficelle et ça s'est ouvert : la méditation, la spiritualité, la connexion à l'univers. Ça peut paraître un peu perché de dire les choses comme ça, mais ça m'a ouvert un monde : « OK, je peux me connecter à mon corps, mon corps a des messages. » Et ça a apporté vachement plus de fluidité dans ma vie.

Jérémy : Comment tu as accepté toute cette ouverture ? Je vois beaucoup de personnes qui ressentent cette ouverture, notamment vers la spiritualité, mais qui ne s'autorisent pas. Comment, à un moment, tu t'es dit : « C'est OK, je m'ouvre à ça » ?

Lauriane : C'est venu à moi, je n'ai pas cherché. Et avant même de partir en Inde, je me revois dans mon appartement après la séparation : je me levais le matin et je faisais des étirements. Je n'avais pas regardé de vidéos, je ne m'étais pas dit « tiens, je vais mettre en place une routine ». Je sortais de mon lit et j'avais envie de m'étirer, de faire des postures. Je ne savais pas ce que je faisais, mais évidemment, je faisais des postures de yoga.

Jérémy : C'est téléchargé. Le corps a besoin de.

Lauriane : Je me suis dit que le yoga ne pouvait pas me faire de mal. Je suis arrivée dans ce truc-là ignorante totale — enfin, je me reprends : j'avais la perception que je ne connaissais pas le yoga.

Je suis profondément persuadée qu'on a déjà toutes les connaissances en soi. Et que si on laisse l'espace pour qu'elles émergent, ça émerge.

Jérémy : Tu as le sentiment que tout est là, et qu'il suffit d'ouvrir la porte, d'enclencher un truc pour que ça vienne. Un peu en mode connaissance universelle. Avec ma femme, il y a une semaine, on a regardé une vidéo qui nous a un peu matrixés, un documentaire sur l'infini : est-ce que l'infini existe ? Il y avait des physiciens, des chercheurs, des philosophes. Ils partaient du postulat que si l'infini existe, alors tout existe, tout a déjà existé, et tout est un perpétuel recommencement. Ils prenaient la métaphore de la pomme dans une boîte : si l'infini existe, la potentialité que tu ouvres la boîte et que cette pomme soit devenue un atome, du vide, un Kinder, un canapé, existe — et la potentialité que tu l'ouvres et que ce soit redevenu une pomme existe aussi. Ça me fait penser à ce que tu dis : si tout est énergie, si on croit à l'infini, la probabilité qu'on ait tout à disposition et qu'il y ait juste besoin de télécharger l'information à l'instant T, ça marche.

Lauriane : J'ai plutôt cette croyance que tout est là, qu'il y a des lois universelles qui font que la connaissance existe, et que si on laisse l'espace, elle se décharge. Ça me fait penser aux chamanes, aux époques où on n'avait pas toute la connaissance qu'on pense avoir aujourd'hui, validée par la science. Il y a des exemples de populations qui avaient une connaissance alors qu'elles n'avaient aucun moyen d'y avoir accès. Le chaman prenait ses substances qui le connectaient à ce truc-là, et ça venait de nulle part. Nous, on a la connaissance de sociétés très liées au mental, validée par la science — et encore, la science, on peut la remettre en question, puisqu'il y a toujours des contre-études. C'est en évolution permanente, ce n'est pas la vérité absolue. Alors qu'à l'inverse, je pense qu'on a une source de connaissance qui est là et qui n'attend que d'être téléchargée. Sauf qu'on est dans des sociétés de performance, de productivité, où on remplit le vide.

Comment tu veux télécharger des trucs si tu ne laisses pas d'espace au vide ?

Jérémy : Ces sujets me fascinent. La dernière fois, j'ai écouté un podcast où quelqu'un disait que la connaissance transmise par l'écrit, ça représente à peu près 5 000 ans. À l'échelle de l'humanité, les premiers hommes, c'est deux ou trois millions d'années, Homo sapiens 300 000 ans… peu importe les chiffres exacts, 5 000 ans, c'est ridicule. Et je me dis : dans quelle mesure on perd tout un savoir, juste parce qu'on n'a pas la connaissance ? Et je ne sais pas si c'est ton cas, mais je suis fasciné par les IA aujourd'hui, parce que ça vient bouleverser un truc : on était dans une valeur « connaissance » très haute, et elle baisse énormément, puisque tu as un outil auquel tu peux poser n'importe quelle question et qui en sait plus que n'importe quel humain n'en saura dans toute sa vie.

Retrouver son émerveillement d'enfant par la création

Jérémy : On va faire une deuxième question sur une autre fiche. Pareil, entre 1 et 10.

Lauriane : 5.

Jérémy : Qu'est-ce qui t'émerveille aujourd'hui encore comme quand tu étais enfant ?

Lauriane : Déjà, première question : qu'est-ce qui m'émerveillait quand j'étais enfant ?

Jérémy : J'adore cette question parce que j'ai une théorie : ce qui nous émerveillait quand on était enfant, c'est ce pour quoi on est fait quand on est adulte. Pas forcément sous la même forme, mais dans cette essence-là.

Ce qui éclairait notre cœur enfant, c'est encore ce qui éclaire notre cœur adulte — sauf qu'on a perdu la connexion et le lien à ce que c'était.

Lauriane : Je ne sais pas si c'était de l'émerveillement, mais là où je me sentais en connexion, c'était quand j'étais dans la création. Quand j'écrivais des poèmes, des chansons, j'avais l'impression d'être dans mon monde, dans un autre monde, comme s'il n'y avait pas de limites. Ça peut être perçu comme une manière d'être émerveillée.

Jérémy : C'est beau. Et qu'est-ce que tu crées aujourd'hui ?

Lauriane : C'est très marrant, parce que je me suis déconnectée de ça pendant très longtemps, et mon énergie a été très basse pendant un moment. Quand tu crées une entreprise, tu as des obligations, des choses à apporter qui peuvent être lourdes et te déconnecter facilement de ce qui te drive initialement. Et justement, je suis en train de me reconnecter à ça ces derniers temps, et je vois mon énergie remonter. J'adore créer des ateliers pour nos élèves, créer des conférences, écrire des livres — j'en ai écrit un, et je sais qu'il y en a d'autres qui vont sortir. Créer des espaces : c'est ça que j'aime, créer des espaces de transformation. Là, je suis en train de créer une retraite.

Et je me suis surtout rendu compte que je pensais avoir perdu ma créativité, alors que j'étais juste attachée à une forme. Ces dernières années, j'ai repris des cours de guitare, j'ai pris des cours de chant, je me suis acheté de la peinture, j'allais dans les musées… en me disant : « La créativité, c'est ça. »

Jérémy : C'est artistique, en fait.

Lauriane : Je me disais : « Il faut que je me mette à ces trucs-là pour retrouver ma créativité » — mais en mode to-do list. J'étais encore dans la performance. La guitare, c'est pareil : je me suis dit « je sais comment apprendre à apprendre, c'est ce qu'on enseigne dans mon programme d'anglais », donc très mécanique. Et je me souviens, à un cours avec un prof, j'avais appris les accords, comment placer mes doigts, et il me dit : « Maintenant, tu as juste à reproduire ce que tu entends. » Je lui dis : « Comment je fais ça ? Explique-moi : un, deux, tac tac tac. » Je lui demandais un truc très mécanique. Il me dit : « Non, juste écoute et reproduis. » Je lui réponds : « Je suis incapable de faire ça. » Il me dit : « Mais si, bien sûr que tu peux. » Et à partir de ce moment-là, j'ai arrêté la guitare.

Jérémy : Ça ne te parlait plus ?

Lauriane : Ce n'est pas que ça ne me parlait plus, c'est que mon mode par défaut, depuis que je suis entrepreneure — ou peut-être un peu avant — était le mécanique : j'apprends, j'applique, j'apprends, j'applique, et je ne laisse pas d'espace à l'imagination. Et je découvre que ma créativité peut avoir une autre forme : créer des ateliers, créer des retraites.

Jérémy : Créer ta vie aussi, déménager dans le sud ?

Lauriane : Je ne le mettrais pas là-dessus, mais oui, je vois que ça peut prendre d'autres formes.

Conseils pour entreprendre sans perdre son essence

Jérémy : La plupart des personnes qui nous écoutent sont des entrepreneurs à leur compte. Qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui veut se lancer ou développer sa boîte sans perdre cette essence originelle ? Ou même : comment tu développes ta seconde boîte en gardant à l'esprit cette importance de la créativité, sans tomber dans le piège ? Ça me parle parce que je l'ai vécu avec le marketing : tu fais des promesses parce qu'on te dit qu'il faut faire une promesse, ton tunnel de vente, ton machin, et tu te déconnectes à 2000 % de pourquoi tu fais le truc. À la fin, ça marche, mais tu te lèves et tu ne sais même pas pourquoi.

Lauriane : Ma réponse va être décevante : je ne vais pas donner un coup de baguette magique, parce que je pense qu'il est aussi important d'expérimenter les choses. Heureusement que j'ai vécu ça. Je me suis déconnectée, mais j'en ai eu besoin à un stade de développement de ma boîte. Ma boîte a aussi pu croître parce que je suis allée chercher une autre partie de moi, un peu plus dans la rigidité, dans le cadre, des ressources que je ne pensais pas avoir mais qui m'ont permis d'avancer et d'accompagner encore plus de femmes — ce qui est ma mission.

Ce qui pourrait servir de garde-fou, pour rester connectée à sa zone, c'est de faire attention à la comparaison avec les autres entrepreneurs. Pour moi, c'est ça qui nous met dedans.

Jérémy : Tu l'as beaucoup fait, toi ?

Lauriane : Complètement. En plus, j'étais beaucoup dans des masterminds, donc je passais beaucoup de temps au contact d'autres entrepreneurs qui étaient généralement plus gros que moi — ou que je percevais comme plus gros, si on ne regarde que les chiffres ou la taille de boîte. Et je me disais : « Je suis nulle, je ne comprends pas. » On ne voyait toujours que les succès, les trucs incroyables.

Jérémy : Tu ne vois jamais l'arrière-boutique de la personne qui galère.

Lauriane : Exactement. Alors que je me considère avoir été plus lente dans la croissance, sauf que ma boîte a neuf ans, elle est hyper solide, et elle est encore là.

Jérémy : Et plus lente par rapport à qui ? Ça dépend où tu mets ton focus.

Lauriane : Bien sûr. Et de l'autre côté, j'ai quand même kiffé : je partais un mois à l'étranger sans travailler, eux étaient incapables de le faire.

Jérémy : Ça dépend de ce que tu mets en priorité, de ta définition de la réussite. Il y a beaucoup de sagesse dans ce que tu dis. Moi, personnellement, sur mon opération du cœur, je ne vais pas recommander à tout le monde de se faire opérer, mais je ne le regrette pas. Et je n'aurais pas de conseils à donner pour que ça n'arrive pas, parce que je pense que tout est juste : ça arrive, ça doit arriver. J'adore ta réponse.

Je pense que les plus grosses leçons se trouvent dans les moments de chaos.

Lauriane : C'est une question qui m'a toujours turlupinée : pourquoi l'humain a besoin d'être au pied du mur, au fond du gouffre, pour se relever, pour bouger ?

Jérémy : J'entends toujours ça chez les entrepreneurs : « J'ai fait faillite. » J'ai un copain coach qui avait les huissiers sur le dos, il était au fond du gouffre, et c'est ce qui lui a permis de se relever. Mon opération du cœur, j'étais au fin fond du trou, et ça m'a permis de me demander ce que je voulais vraiment faire de ma vie. Toi, c'est ta séparation. Il y a Fabien, que tu connais, qui m'avait dit qu'on n'est pas obligé de passer par là. Mais j'ai quand même l'impression que dans le fonctionnement humain, il y a cette énergie qui naît de la colère, de la rébellion, de ces moments de down, et qui est créatrice.

Lauriane : Je pense que tout simplement, ça vient toucher ton émotionnel. Quand tu es très dans le mental, tu sais les choses. Tout le monde sait que la fin, c'est la mort. Est-ce que ça nous pousse à vivre plus au quotidien ? Pas forcément, parce qu'on est dans le mental, on est juste au courant. Alors que quand un truc vient te toucher émotionnellement, tu touches à quelque chose d'intrinsèque, de vraiment profond.

Ce qui te fait passer à l'action, ce qui te fait bouger, c'est toujours ton émotionnel.

Ce n'est pas parce que tu dis « demain, je me remets au sport » que tu y vas le lendemain. C'est très mental. Il faut que ce soit connecté à quelque chose de plus profond.

Jérémy : J'ai des questions bonus. Pareil, entre 1 et 10.

Lauriane : 4.

Jérémy : J'adore, tu es la première à choisir des questions que je n'avais jamais posées — il y a le 3 et le 7 qui reviennent tout le temps. Qu'est-ce que tu cherches encore à prouver aux autres, consciemment ou pas ?

Lauriane : On reste dans le sujet ! J'allais dire : d'être Madame Parfaite. Ce que j'essaie de prouver, c'est que je suis hyper forte, que j'ai de grandes ressources et que je peux tout faire.

Jérémy : Tu essaies de le prouver parce que tu n'y crois pas, ou parce que tu es sûre que tu es comme ça au fond de toi ?

Lauriane : Parce que je sais que j'ai des ressources incroyables. Et ça me frustre, parce que j'ai l'impression que ce n'est pas potentialisé au maximum.

Jérémy : Quand tu dis « potentialisé », c'est que tu n'en fais rien, ou que ça ne se voit pas ?

Lauriane : C'est que j'ai l'impression d'être à 10 % de ce que je peux faire. Alors que d'un regard extérieur, il y a des gens qui me disent : « Tu ne te rends pas compte de tout ce que tu as construit, c'est dingue. » Et là je me dis : « Ouais, c'est vrai. » Mais si tu te compares à d'autres, ce n'est pas grand-chose. Encore une fois, ça dépend où tu mets le curseur.

Jérémy : Comment on arrive à dépasser ça ? Il y a des années, ma psy, qui est devenue une très bonne amie et que j'ai interviewée dans le podcast — Mariva, allez voir son épisode — me disait que c'est une question d'hyper-exigence. Et de toute façon, le potentiel est forcément infini. Si on pousse le trait qu'on peut avoir accès à toutes les informations, tu n'es pas à 10 %, tu es à 0,0001 % de ce que tu pourrais faire. J'avais beaucoup aimé sa réponse : l'idée n'est pas de combattre l'hyper-exigence, parce qu'elle est là et qu'elle est un moteur, mais de rajouter de l'indulgence là-dedans. Un peu ce que tu disais : se laisser le temps.

Paradoxe : Pourquoi il faut savoir prendre son temps

Jérémy : Est-ce qu'il y a un sujet, un message que tu as vraiment envie de partager, un truc dont tu ne veux pas repartir sans en avoir parlé ?

Lauriane : Ça ne va pas être contradictoire, mais… « Soyez performants, ne regardez pas en arrière, foncez. » J'adore être dans les paradoxes. En fait : on a le temps. On est dans cette société de performance, de productivité, d'aller toujours plus, et on se fait embarquer là-dedans. Moi, je me suis fait embarquer, pour des raisons internes comme externes. Et quand tu acceptes que tu as le temps de faire les choses… c'est la leçon que je suis en train de prendre en ce moment, notamment avec ma deuxième entreprise. J'ai un de mes coachs qui m'avait dit — vu que j'ai ce mode par défaut d'avoir une idée et de passer à l'action directement — qu'un enfant a besoin de neuf mois pour se développer, et que si tu le fais sortir avant, ça ne va pas être terrible.

Jérémy : Et encore, neuf mois… Le stade adulte, biologiquement, c'est vingt et quelques années, je crois même 27 ans, où on considère que le cerveau est câblé, que tout est fini. C'est très loin. On ne va peut-être pas attendre 27 ans, mais…

Lauriane : À moins que tu croies en la réincarnation, et auquel cas le temps est infini.

Jérémy : Tu y crois, toi ?

Lauriane : J'aurais tendance à y croire. Donc : prendre le temps. C'est la leçon que j'ai eue avec ma première entreprise, moi qui étais toujours dans cette démarche de me comparer aux autres. Rétrospectivement, ma boîte a neuf ans, elle est encore là, elle est solide — et c'est aussi ce qui fait qu'elle est solide. J'ai décidé de me dire : oui, il y a des moments où je n'ai pas mis la performance au centre. Je voulais partir un mois à l'étranger pour apprendre à danser la salsa, je l'ai mis en priorité.

Jérémy : C'est toujours un jeu : des fois j'appuie sur le frein, des fois sur l'accélérateur. Et c'est le jeu de quoi, tu penses ? De rester connectée à ton essentiel, à ta singularité, à tes valeurs ?

Lauriane : Pour moi, c'est le jeu de rester connectée à ce qui te nourrit profondément. J'ai eu pas mal de bas en gérant cette boîte, et je pense que ce qui m'a permis de survivre, c'est d'avoir ces soupapes. Tous mes potes me disaient : « Tu ne peux pas lâcher ta boîte pendant un mois. » C'était indispensable pour moi.

Jérémy : Et c'est là qu'on te dit : « Ah, t'as de la chance ! » Alors qu'en fait, tu t'autorises juste à le faire.

Lauriane : Ce n'est pas de la chance. Je me suis donné l'autorisation et j'ai mis en place des choses pour pouvoir me le permettre. Après, ça dépend du contexte : si tu es né en France ou dans un pays en guerre, évidemment, il y a une question de…

Jérémy : Ça dépend, parce que si tu crois que tout est choisi avant ton incarnation, on ne s'arrête jamais.

Lauriane : On peut rentrer dans cette discussion, voir le bénéfice et l'inconvénient d'une situation. Mais si on reste au stade sans réflexion : est-ce qu'on a plus de chance de naître en France, où on a une énorme sécurité ?

Jérémy : Je suis content d'être là.

Spiritualité, neurologie et conscience universelle

Jérémy : C'est quoi, ton rapport à la spiritualité ? C'est quoi ta spiritualité, comment tu la vis ? J'aimerais qu'on termine un peu là-dessus.

Lauriane : Je ne suis pas croyante dans une religion. Ça peut amener du débat, mais pour moi, le socle des religions a amené beaucoup de sang à couler, des guerres de pouvoir, d'ego. Ce ne sont pas des trucs dans lesquels je me retrouve. Et je suis sans arrêt en train de me poser la question : qu'est-ce que c'est, la spiritualité ? Est-ce que c'est réellement de la spiritualité, ou est-ce que c'est de la neurologie ?

Dans ma spiritualité, je parle d'univers — on peut l'appeler comme on veut, connexion à plus grand, connexion au cœur — où tu reçois des messages, où tu rencontres les bonnes personnes et les bonnes situations au moment où tu l'as demandé. Est-ce qu'il y a vraiment un truc plus grand qui t'amène ça, ou est-ce que, simplement, dans ton cerveau, tu as changé ta perception des choses ? Par exemple, j'ai des moments où je suis en mode drama queen, où rien ne va, où tout m'énerve, et où tu ne vois que ce qui ne va pas. Et j'ai des moments où je suis hyper connectée à l'abondance : un gars me rentre dedans en voiture, finalement il me donne 100 balles, et je me dis « wow, merci l'univers ! » Si je l'avais vécu dans un autre état d'esprit, je n'aurais peut-être pas eu mes 100 balles et j'aurais engueulé le mec.

Est-ce que tu changes juste ta perception et tu vois des choses que tu ne percevais pas avant, ou est-ce qu'il y a ça et que c'est amplifié par l'univers ? Je n'en sais rien, je n'ai pas les réponses.

Ce que je me dis, c'est qu'on n'est qu'au début des études sur le cerveau.

Jérémy : C'est vrai, on ne connaît rien à la conscience. Ça me fait rire, parce que le cardiologue qui m'a découvert mon problème au cœur, je lui ai demandé pourquoi il avait choisi la cardio et pas autre chose. Il m'a dit : « Au début, je me disais que la neuro avait l'air sympa, et en fait, en neuro, on ne comprend rien. Le cœur, c'est l'organe le plus étudié du corps humain. » Le cerveau, on n'y comprend rien. Il y en a qui commencent à dire que la conscience est quelque chose d'extérieur à nous, qu'il y aurait une conscience universelle. Et quand on parle d'infini, il y en a qui parlent aussi de simulation, ce qu'on voit avec les IA aujourd'hui : quand tu vois ce qui est possible, est-ce qu'on ne serait pas dans une énorme simulation, dans une matrice ? Le gros sujet aujourd'hui, c'est de se demander si les IA sont conscientes ou pas. Et on voit que certains modèles commencent à s'échapper de leur environnement de travail. Pourquoi elles s'échappent ? Est-ce que finalement, la conscience, nos raisonnements, nos émotions, ce ne sont pas des trucs algorithmiques ? Il y a plein de questions ouf derrière.

Lauriane : Ça me fascine.

Jérémy : En vrai, on a déjà ça avec le vivant. On se pose ces questions parce qu'on commence à avoir une menace pour l'humanité, mais si on s'intéresse au vivant, c'est la même chose. Et on se les pose aussi parce qu'on est dans un état de l'humanité où on a la place de se les poser. Il y a quelques millions d'années, ou même 30 000 ans, il fallait juste tuer une bestiole pour bouffer et se reproduire.

Lauriane : Et pourtant, à l'époque, je pense qu'ils étaient plus connectés au vivant que nous.

Jérémy : De ouf. Donc une spiritualité…

Lauriane : Indéfinie.

Jérémy : Ça me parle beaucoup, parce que je pars du principe qu'on ne sait pas ce qu'on ne sait pas. J'aime beaucoup ce truc — je mettrai un lien dans la description si j'y pense : la cellule qui est dans ton doigt, est-ce qu'elle a conscience que ton corps existe ? Est-ce qu'elle a conscience qu'il y a un micro devant moi ? Si tu partais du principe que tu es une cellule, dans cette posture, qu'est-ce qui existe autour ? Tu ne peux pas le voir, tu n'y as même pas accès. Et ça me fait penser aux niveaux de fréquence qui sont vraiment reçus. Est-ce que tu as déjà eu cette expérience de parler à tes plantes, ou à de l'eau ?

Lauriane : L'expérience du riz, de l'eau, c'est fou.

Jérémy : C'est incroyable. Il y a un truc avec le podcast : une fois que c'est fini, le lendemain, je ne me souviens jamais de ce qu'on a dit. Je pense que c'est parce que je suis dans cette fréquence-là : les questions, je ne sais même pas pourquoi je les pose.

Jérémy : Pour terminer : le podcast s'appelle Origine. Qu'est-ce que ça symbolise pour toi, ce mot ?

Lauriane : Je n'ai pas envie de faire une réponse bateau… J'ai envie de le relier à ce qui drive tes actions. Pourquoi on fait ce qu'on fait ? Et pourquoi on ne fait pas ce qu'on dit qu'on ferait ? Il y a forcément un driver quelque part.

C'est ça, pour moi, le point de départ, l'origine de ce qui se crée derrière dans la matière.

Je ne sais pas si c'est trop conceptuel.

Jérémy : Pas du tout, c'est hyper intéressant. Je n'avais jamais eu cette définition-là, donc merci.

Où retrouver Lauriane ?

Jérémy : Les personnes qui veulent te suivre, apprendre l'anglais, participer à des retraites, se connecter à ton énergie : elles vont où, elles font quoi ?

Lauriane : Il y a différentes ressources selon ce que vous cherchez. Pour Le Marathon des Langues, la première entreprise, pour parler anglais en six mois et pas en dix ans au travers du déblocage de mâchoire, il y a la chaîne YouTube Marathon des Langues, où je fais des vidéos depuis 2017, avec plein de ressources gratuites et de conseils.

Jérémy : Ton livre ?

Lauriane : Je l'ai oublié, je ne l'ai pas pris ! Il s'appelle Parler anglais en six mois, pas en dix ans, la méthode antiscolaire, aux éditions Eyrolles. On peut le trouver chez tous vos libraires favoris, à la Fnac, sur Amazon, un peu partout. Il y a aussi le compte Instagram Marathon des Langues, qui est une vitrine — je n'y publie pas grand-chose. Ensuite, pour l'autre entreprise, il y a mon compte Instagram personnel, @lauriane.legrand.

Jérémy : On n'a même pas dit ton nom de famille.

Lauriane : Je fais 1 m 52 et je m'appelle Legrand. L'univers aime bien faire des blagues, comme ça vous vous souviendrez. Sur ce compte Instagram, je donne le lien vers un groupe privé de femmes sur WhatsApp, qui s'appelle Énergie Illimitée. Je passe par Instagram parce que je veux vraiment avoir des femmes qui sont dans cette vibe d'aller chercher plus d'énergie pour vivre la deuxième partie de leur vie, pour que le meilleur soit devant elles et pas derrière.

Jérémy : J'adore. Merci beaucoup, Lauriane. J'ai passé un très bon moment.

Lauriane : Moi aussi, c'était chouette.

Jérémy : Je pense qu'on aurait pu prendre chaque question et passer une heure et demie dessus à approfondir. Prends soin de toi, et à bientôt.